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Full text of "Annales de la Société entomologique de France"

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ENTOMOLOGIQUE 


DE FRANCE. 


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Société Entomologique 
DE FRANGB 


—sñûs# CUS QE—— 


TABLEAU INDICATIF DES JOURS DE SÉANCE, 


PENDANT L'ANNÉE 1932. 


Les séances se tiennent à 7 heures du soir, rue d’Anjou- 


Dauphine , n° 6. 


|| Févr. ! Mars. Avril. | Mai. | Juin. [Juillet} Août. | Sept. [Octoh.| Nov. | Déc. 





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DO MINE O 21 








PARIS, IMPRIMERIE DE COSSON, 
rue Saint-Germain-des-Prés, no 0. 


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ENT DE LA 


SOCIÉTÉ 


ENTOMOLOGIQUE 


DE FRANCE. 


TOME PREMIER. 


Naiura maximè miranda in minimis. 


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PARIS. 
MÉQUIGNON-MARVIS, LIBRAIRE-ÉDITEUR , 


RUE DU JARDINET, N° 13. 
1032. 


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ANNALES 


DE LA 


SOGÈRÉ BREOMOLOGIOUR 


DE FRANCE. 








RÉGLEMENT. 


CHAPITRE PREMIER. 
FORMATION DE LA SOCIÉTÉ. 5 


ARTICLE 1°", La société prend le titre de Société Entomolo- 
gique de France. 

2. Son objet est de concourir aux progrès de l’Entomo - 
logie. 

5. Elle s'occupe de tout ce qui concerne l’histoire naturelle 
des Crustacés, des Arachnides , et des Insectes. 

4. Le nombre des membres de la Société est illimité. 

Les Français et les Etrangers peuvent également en faire 
partie. 

5. Tout membre Français ou Etranger paie une cotisation 
annuelle fixée à la somme de vingt-quatre. jrancs, Il reçoit 
toutes les publications de la Société, ainsi que son diplôme. 

6. Pour être reçu membre de la société il faut être pré- 
senté par un membre résidant, Le bureau, sur cette présen- 


6 __ ANNALES 
tation, nomme une commission pour faire un rapport sur Île 
candidat. Quand le rapport est fait, la Société prononce au 
scrutin secret et à la majorité à la séance suivante. À cet effet 
les membres résidans sont convoqués par lettre. 

7. La Société choisit des membres honoraires parmi les sa- 
vans qui auront illustré la science. 


Leur nombre ne pourra jamais dépasser celui de douze, 
dont deux tiers Français et un tiers Etranger. 

Ils ne sont astreints à aucune cotisation, et reçoivent les 
diverses publications de la Société. 

Lorsqu'il y a lieu à la nomination d’un membre honoraire , 
le président désigne une commission de cinq membres qui 
présente à la séance suivante un rapport et une liste de can- 
didats. Celui de ces candidats qui réunit la majorité des suf- 
frages est proclamé membre honoraire. 

8. Tout membre non résidant a droit d'assister aux séan- 
ces; mais il n’a pas voix délibérative. 


. La Société publie un recueil périodique de ses travaux 
sous le titre de Annales de la Société Entomologique de 
France (1), qu'elle envoie gratuitement à tous ses membres. 


(1) Extrait du traité avec M. Méquignon-Marvis , éditeur des ANNALES. 


Lesdites Annales, tirées au nombre de cinq cents exemplaires , forme 
ront par année un volume in-octavo de trente à trente-cinq feuilles 
( 480 à 560 pages ). 

Chaque volume contiendra en outre, par année, de douze à dix-huit 
planches, tant au trait que coloriées. 

Tous les dessins des planches devront être fournis gratis par les auteurs 
des mémoires insérés dans les Annales : lesdits dessins resteront la pro- 
priété des auteurs. 

Une fois un mémoire remis par la commission chargée de la publi- 
cation à M. Méquignon-Marvis pour être imprimé et inséré dans les An- 
nales, l’auteur s’interdit le droit d'y faire pendant l’impression et sur 
les épreuves aucunes corrections extraordinaires entrainant un remanie- 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 7 


CHAPITRE IL. 
DU BUREAU, ET DE L'ADMINISTRATION DE LA SOCIÉTÉ. 


Arr. 10. L'administration de la Société est confiée à un 
bureau, 

11. Le bureau est choisi parmi les membres résidens, élu 
au scrutin secret , el à la majorité absolue. 

Il se compose de six fonctionnaires, savoir : 

1° Un président , 

2° Un vive-présent , 

3° Un secrétaire, 

4° Un secrétaire-adjoint , 

5° Un trésorier, 

6° Un archiviste. 

12. La Société pourra nommer un président honoraire. 


ment quelconque , elc. ; conséquemment toutes celles de ce genre qui 
pourraient être faites seront à la charge des auteurs. 

La publication des Annales sera faite par numéros de trois mois en 
trois mois. 

Chaque auteur aura le droit de faire tirer à part dix exemplaires de ses 
mémoires, à la condition qu’il en préviendra M. Méquignon-Marvis (si 
l’auteur réside à Paris’), ou le secrétaire de la société (s’il réside hors 
Paris }, avant le tirage. Le prix de cc tirage se fera à raison de cinquante 
centimes la feuille (16 pages), ou d’un franc cinquante centimes avec une 
planche tirée en noir, ou de trois francs cinquante centimes avec une plan- 
che coloriée, le tout tiré à dix exemplaires, à moins que l’auteur ne pré- 
fère que ce soit à prix débattu. 

La société pourra étendre d'avantage ses publications lorsque le nom- 
bre de ses membres venant à augmenter le lui permettra. 

M.Méquignon-Marvis restera propriétaire de tous les mémoires insérés 
dans les Annales, tant que l'édition qu’il en aura faite ne sera pas épui- 
sée. Conséquemment aucun des mémoires séparés ou réunis ne pourra 
être réimprimé sous la même forme par la société, avant leur épuisement. 

La société ne se regarde pas comme responsable de ce que pourraient 
faire individuellement les auteurs-<contrairement à ces conventions. 


& ANNALES 
13. Le bureau est renouvelé tous les ans à la première 
séance de Janvier. 
14. Tous les fonctionnaires sont rééligibles , à l’exception 
du président qui ne peut être nommé deux années COnséCU- 
tives. | 


CHAPITRE IL 
DES FONCTIONNAIRES: 


AnT. 15. Lo président (et en son absence le vice-président} 
dirige l’ordre des stances , nomme les commissions de concert 
avec le bureau, distribue le travail, etc. 

16. Quand les votes sont également partagés, le président 
a voix double pour déterminer l’adoption ou le rejel. 

17. Le secrétaire (et en son absence le secrétaire-adjoint) 
rédige le procès-verbal détaillé de chacune des séances. 

IL est chargé de donner lecture de la correspondance, des 
mémoires adressés à la société, etc. 

Il reçoit et inscrit les travaux à mesure qu'on les présente. 

Il est chargé de la correspondance. 

18. En cas d'absence de ces deux fonctionnaires, le der- 
nier président , ou à son défaut le doyen d’âge, préside, et le 
plus jeune remplit les fonctions de secrétaire. 

19. Le trésorier est personnellement responsable des fonds 
qui Jui sont confiés. | 

#0. Les dépenses courantes sont payées par lui sans auto- 
risation pealahle Les dépenses extraordinaires ne peuvent 
l'être qu’en vertu d’une délibération de la Sociéié, prise en 
présence de son trésorier, et qui Jui sera notifiée par le secré- 
laire. 

Il justifie de touics dépenses par pièces à l'appui. 

21. Une commission de trois membres est nommée chaque 
année par la Société, à sa séance de danvier, à l'effet d’exa- 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 9 


miner les comptes du trésorier : elle én fait un rapport à la 
séance suivante. 

29. L’archiviste est personnellement responsable des objets 
et pièces qui sont sous sa garde, et doit donner communication 
de ceux qui lui seront demandés 

23. Chaque objet prêté ne peut l’être que sur un récépissé, 
et doit être rendu dans le délai de quinze jours , sauf à être 
redemandé par la même personne, si nulle autre n’en a fait & 
la demande, 


CHAPITRE IV. 
ORDRE DES SÉANCES, — TRAVAUX. 


AnT. 24. Les séances ordinaires de la Société ont lieu à 
Paris, à sept heures du soir, les premier et troisième Mercredis 
des mois de Vovembre , Decembre, Janvier, Février, Mars et 
Avril, et seulement le premier Mercredi des autres mois. 

29, Chaque membre résidant est tenu d’y assister. 

Celui qui y manque paie une contribution d'absence. La 
seule excuse admissible est l’absence de Paris, ou empêche- 
ment majeur, Dans l’un ou l'autre cas, la Société devra en 
avoir été prévenue par lettre. Gelte lettre est mentionnée au 
procès-verbal. 

_ 26. Chaque séance a lieu dans l’ordre suivant : 

1° Lecture du procès-verbal de la séance précédente ; 

2° Lecture de la correspondance; 

5° Rapport sur les travaux des sociélés savantes ; 

4° Communications verbales relatives à l’Entomologie ; 

5° Rapports divers demandés par la Société; 

6° Lecture des travaux des membres ; 

7° Lecture de ceux des personnes étrangères à la Société ; 

8 Propositions de présentation , et celles administratives 
des autres membres ; 


10 ANNALES 


9° L'ordre du jour pour la prochaine séance réglé par le 
président. 

27. Toute lecture a rigoureusement lieu par ordre d’in- 
scription, En conséquence , tout membre qui a des rapports, 
travaux ou propositions manuscrites à faire , doit en prévenir 
le secrétaire , avant la séance , pour être inscrit à l'ordre du 
jour. 

28. Toute proposition n’est décidée au scrutin secret que 
lorsque deux membres au moins le demandent. 

29. Toute proposition réglémentaire doit être écrite et 
signée par son auteur , et déposée en séance entre les mains 
du président. Ge dernier la renvoie à une commission qui fait 
son rapport à la séance suivante, dans laquelle elle est adoptée 
ou rejetée par la Société. 

50. Les membres de la Société, qui font partie d’autres so- 
ciétés savantes, sont invités à chaque séance à faire un rap- 
port verbal ou par écrit, sur ce qui a pu s’y passer de relatif 
à l’'Entomologie. 

51. Les ouvrages manuscrits ou imprimés présentés ou 
adressés à la Société, sont renvoyés à une commission de 
trois membres nommés ad hoc par le président, pour qu’il 
en soit fait un rapport ou analyse écrit dans le plus bref délai. 

59. À la première séance de mars de chaque année, il sera 
donné par le secrétaire un résumé des travaux de la Société 
pendant le cours de l’année précédente et dont la rédaction 
est confiée aux deux secrétaires. 

35. Toute discussion étrangère aux sciences dont la Société 
s’occupe est sévèrement interdite. 

34. Tout membre résident a le droit d'amener aux séances 
une ou deux personnes étrangères à la Société, et qu’il deyra 
eu arrivant présenter au président. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 1 


CHAPITRE V. 


DES PUBLICATIONS. 


Arr. 59. La société nommera une commission de cinq 
membres à laquelle s’adjoindront le président , le trésorier et 
les deux secrétaires ; elle sera chargée de réunir, de coor- 
donner et de désigner les mémoires qui devront composer le 
recueil des publications de la Société, 

36. Cette commission sera nommée chaque année dans la 
première séance d'avril, au serutin et à la majorité des suf- 
- frages. Les membres adjoints au bureau ne seront pas rééli- 
gibles deux années consécutives. 

57. Chaque commission doit , avant de cesser ses fonctions, 
terminer la livraison dont elle a commencé l’impression. Si 
cette livraison n’était pas terrainée lors de son renouvellement, 
l’ancienne commission continuerait la publication en train, 
et la nouvelle commencerait à réunir les matériaux pour la 
livraison prochaine. 

38. Dans le cas où un membre cesserait de faire partie de 
la commission , il serait remplacé dans la plus prochaine 
séance. 

59. Aucun travail ne pourra être imprimé dans le recueil 
des mémoires, s’il n’a été préalablement lu, ou du moins 
communiqué par extrait à la Société, 

Il portera, quelle que soit l’époque de la publication , la 
date de la séance dans laquelle il aura été présenté. 

40. Lorsqu'un membre désirera faire imprimer dans le re- 
cueil de la Société , le travail dont il aura donné communica- 
tion , il devra le remettre à la commission des mémoires. 
Celle-ci, d’après l’étendue du travail, le nombre de plan- 
ches qui accompagnent, et le sujet dont il traite, jugera de 
l'opportunité de sa publication. Elle présentera , dans ce sens, 


TE ANNALES 


un rapport à la Société qui décidera, séance tenante, à la 
majorité des suffrages et au scrutin, si le mémoire devra eu 
non être publié, 

41. La commission a droit de choisir et d'extraire, pour 
les livrer à l'impression, les mémoires des personnes étran- 
sères à la Société, et qui auraient été adressés et lus en séance, 
toujours sous l’approbation de la Société. 

42. La commission choisira les graveurs et dessinateurs 
chargés de l’exécution des planches qui doivent accompagner 
les mémoires. Elle choisira également les imprimeurs qui doi- 
vent tirer ces planches. Un ou plusieurs de ses membres (la 
commission) surveillera la gravure, le tirage , le coloriage, et 
donnera le bon à tirer, concurremment avec l’auteur, s’il est 
présent. 


45. Dans tous les cas non prévus par les articles précédens, 
la commission devra en référer à la Société. 


CHAPITRE VI. 
DES PROPRIÉTÉS, REVENUS ET LÉPENSES DE LA SOCIÉTÉ , ETC. 


ÂrT. 44. La Société forme une bibliothèque. Ses membres 
sont invités à l’augmenter par les ouvrages qu'ils ont publiés. 

49. La bibliothèque est plicée sous la responsabilité de 
Parchiviste. 

46. Tous les insectes qui seront donnés à la Société on dont 
elle pourra faire acquisition , ainsi que ceux qui lui seront en- 
voyés en communication , seront confiés à la garde de l’ar- 
chiviste. 

47. La Société avise aux moyens de se procurer les divers 
ouvrages, recueils académiques et scientifiques dans lesquels 
se trouvent des travaux relatifs à lEntomologie. 

48. La Société recoit avec reconnaissance les dons qui Jui 


sont faits. Fls sont inscrits aux procès-verbaux des séances avec 
les noms des donateurs. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 15 


49. Un catalogue paraphé à chaque feuillet par le président, 
sert à y consigner les objets déposés aux archives ; avec le nom 
de la personne qui est donatear, et le jour de sa consigna- 
tion. Les objets porteront en outre le timbre de la Société. 

50. Les procès-verbaux, rapports, travaux quelconques de 
la Société , sont de droit déposés aux archives , ainsi que deux 
exemplaires de tout ce qu'elle fait imprimer, 

51. Nulle personne étrangère à la Société ne peut consulter 
les archives sans une autorisation accordée par le bureau. 

52. Cnaque membre résident paye sa cotisation d’avance 
par trimestre. Les membrés non résidens doivent faire parve- 
nir la leur au secrétaire de la Société, sans aucuns frais, dans 
le mois de Janvier de l’année courante. 

Ils l'en préviendront par lettre, à laquelle il sera répondu 
dès que les fonds seront arrivés. Cette réponse servira de 
reçu. 

53. La cotisation d'absence est fixée à un franc. Elle se paie 
par trimestre. 

54. La Société règle annuellement le budget de ses dépen- 
ses dans la première séance de chaque année. 

59. La Société ne correspond que par l’entremise de son 
secrétaire. Les lettres et paquets doivent lui être adressés , 
franc de port ; au local de la Société. 

56. Tous les ans il sera imprimé à la tête du recueil de la 
Société, une liste constatant les membres qui la composent. 

7. En cas de dissolution de la Société , tous les membres 
résidens sont appelés à décider sur la destination qui doit 
être donnée à ses propriétés. 

58. Le présent réglement est obligatoire pour tous. Celui 


qui refuse de s’y conformer, perd sa qualité de membre de 
la Société. : 


14 ANNALES 


Membres fondateurs de la Goriété Entomologique de France. 


( SÉANCE DU 29 FÉVRIER 1832.) 


MM. 


AuBé , membre de la Société d'Histoire naturelle de Paris. 

Auniner-Servizze, membre de la Société d'Histoire naturelle de Paris. 

Aupourx , docteur-médecin, aide naturaliste au Jardin du Roi, biblio- 
thécaire de l’Institut, chevalier de la Lésion-d’Honneur, etc. 

Brauner-LararGe, député du département du Puy-de-Dôme (Mareille, 
Puy-de-Dôme ). 

Botrspuvaz (J.-A.), doc.-méd., membre de plusieurs société savantes. 

Bory DE Sainr-VincenT, colonel d'état-major, correspondant de l’Aca- 
démie des sciences. 

Bruzzé, membre de la commission scientifique de Morée, etc. 

CHAUDOUET, avocat. 

Cuevrozar, vérificateur à l'administration de l'octroi de Paris. 

Douwerc, doct.-méd., membre de l’Académie royale de Metz. 

Dumé#niz, peintre d'histoire naturelle. 

Duroncuez, membre des Sociétés d'Histoire naturelle de Paris, des 
Georgofili de Florence , etc. 

FisrHamEL (le baron), officier de la Légion- -d'Honneur, chevalier de 
Saint-Louis, etc., colonel commandant la garde uno de Paris. 

Goper, membre de la Société d'Histoire naturelle de Suisse , etc. 

Gorx H. (le chevalier), chevalier de l’ordre royal espagnol de Ferdinand, 
capitaine de cavalerie. 

Goucrzer, employé à l'octroi de Paris. 

Guérin, membre de la Société d'Histoire naturelle de Paris, etc., etc., etc. 

Laporte (DE), membre de plusieurs sociétés savantes. 

LawrRe (DE), peintre d'histoire naturelle. 

Lepoux, architecte. 

Lere8vre (Alexandre), correspondant du Muséum d'Histoire naturelle 
de Paris, de l'Académie Gioenienne de Catane , etc. 

LEePELETIER DE SAINT-FarGeau (le comte), membre des Académies de 
Moscou et de Dijon, de la Société d'Histoire naturelle de Paris. 

Luczor, ingénieur des ponts-et-chaussées, membre des Sociétés Poly- 
matique du Morbihan , de Statistique universelle, etc. 

Maximx (DE), étudiant en médecine, 


ÉS 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 15 


Mine Enwarps, professeur de zoologie à l'Ecole centrale des arts et 
manufactures , etc. 

Pory , avocat à la Cour royale. 

Rapror, employé à l'Administration des postes. 

Rameur , docieur-médecin. 

Rercxe, ancien officier de santé. 

Romaxp (pe), chevalier de la Légion-d'Honneur (Tours). 

Tseis (DE), attaché au ministère des affaires étrangères, membre de la 
Société des Sciences et Arts de Saint-Quentin. 

VATTIER , Capitaine-adjudant-major au 2e de ligne, chevalier de la Lé- 
gion-d’Honneur. 

Viarp, négociant , capitaine de la garde nationale de Paris. 

Vizzaret (Fourques DE), capitaine d'infanterie, chevalier de la Légion- 
d'Honneur et de l’ordre royal Espagnol de Charles IV. 

WaLcKENAER (le baron DE ), membre de l’Institut, etc. 





AXPembres LS snoraires. 


FRANCAIS. 
MM. 

BLainvirze (Ducroray DE), professeur adjoint à la Faculté des Sciences, 
membre de l’Institut, etc., etc. 

Broncnrarr (Alexandre), membre de l’Académie des Sciences, etc. 

Cuvrer (le baron), pair de France , membre de l’Institut, professeur au 
Muséum d'Histoire naturelle de Paris, etc., etc. 

Desmaresr, professeur de zoologie à l'Ecole vétérinaire d'Alfort, etc., etc. 

Dumériz, docteur-médecin , membre de l’Institut, professeur à l'Ecole 
de Médecine de Paris, au Muséum d'Histoire naturelle, etc., etc. 

- Grorrroy Sarnr-Hiraire, membre de l'Institut, professeur au Muséum 
d'Histoire naturelle , etc. 

Larreizze, membre de l’Institut, professeur au Muséum d'Histoire na- 
turelle, etc. , etc. 

Savienx , membre de l’Institut, etc. , etc. 


ÉTRANGERS. 


GYzLENHALL, membre des Académies de Stockholm, d’ Upsal , et de plu- 
sieurs sociétés savantes. 

Humsorpr (Alexandre DE), he de l’Académie des Sciences de Pari is, 
de l’Académie de Berlin , etc. 

Kirgy, membre de la Société Linnéenne de Londres, recteur de Bar- 
ham , dans le comté de Suffolk. 

Kzve, doct.-méd., directeur du Muséum d'Histoire naturelle de Berlin. 


ANNALES 


DEN 
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ÉComposifion bn Curean. 


Président honoraire; M. LATREILLE. 

Président, M. AUDINET-SERVILLE. 

Vice-Président, M. AUDOUIN. 

Secrétaire, M. A. LEFEBVRE. 

Secrétaire-adjoint, M. BRULLÉ. 

Trésorier ; M. DUPONCHEL. 
Archiviste, M. Le comre LEPELETIER DE SAINT-FARGEAEU. 





DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. .  3#= 


p] 
LETTRES 
DE MESSIEURS LES MEMBRES HONORAIRES. 


(FRANCAIS. ) 


Lettre de M. le baron Cuvrer. 
Monsieur , 


J'ai été vivement touché de l'honneur que la Société d’En- 
tomologie veut bien me faire , et je l’accepte avec grand plaisir, 
J'en aurais été plus digne autrefois, lorsque dans ma jeu- 
nesse, cette belle science occupait tous mes loisirs : mais si 
d’autres parties de l’histoire naturelle ne m’ont pas permis de 
m'y livrer avec la même ardeur, je ne lui porte pas moins 
toujours le plus vif intérêt, et je serais bien heureux de, lui 
voir reprendre, par les travaux de la société, cette marche 
“heureuse et si riche en belles découvertes que lui avaient im- 
primée les Réaumur, les Ræsel et les De Geer. Rien ne pour- 
rait être plus profitable à la véritable philosophie. Les occu- 
pations dont je suis accablé ne me permettront probablement 
pas d'assister, comme je l'aurais désiré, à votre séance de 
mercredi , mais je vous prie de croire que j’y serai de cœur. 

Veuillez agréer, etc. 

| Signé baron Cuvien. 
Au Jardin des Plantes, le 26 février 1832, 


À M. A. Lefebvre, secrétaire, etc. 


Lettre de M. Grorrroy Saint-Hicaime. 
Monsieur le secrétaire , 


Je recois votre avis de ma nomination de membre hono- 
raire de la Société d’Entomologie. 
Je me tiens très -honoré de lui appartenir à ce titre, et j'ai 


(= 2 


18 ANNALES 

l'honneur de vous prier qu’en l’informant que j'accepte la fa- 
veur que me fait la Société, vous preniez la peine de lui ex- 
primer mes sentimens de gratitude pour celte grâce. 

Je ne manquerai point, monsieur le secrétaire, d'assister 
à la séance d'installation. 

La Société se forme, selon moi, sous des auspices très -fa- 
vorables : destinée à poursuivre l'avancement de nos connais- 
sances sur les insectes considérés comme espèces, elle ne 
peut rester indifférente aux progrès de la science concernant 
les animaux relativement à leur structure intérieure et aux 
rapports que cette structure peut offrir avec la structure des 
animaux d’un degré supérieur dans l'échelle. 

Or, c’est une coïncidence vraiment curieuse que la Société 
s’installera justement dans Je courant d’un mois où, sous une 
haute puissance du génie, les idées du rapport de l’organisa- 
tion des animaux articulés avec celle des animaux vertébrés 
prennent une grande consistance, et viennent de recevoir 
dans des lecons faites au collége de France une bien heureuse 
et très-lucide coordination. 

Je me permets déjà, mon très-honoré confrère, de faire 
acte de sociétaire en vous donnant ce titre. 

Veuillez , elc. 

Signé GEOFFROY SAINT HILAIRE, 
Vice-président de l’Académie royale des sc'ences. 
Paris. 26 février 1852, 


À M. A. Lefebvre, secrétaire, etc. 





ettre de A. Duuénrir. 
Monsieur , 
9 . . L 
J'accepte avec plaisir et reconnaissance le titre dont vous 


» » . . < 
m'annoncez que la Société d’Entomologie a bien voulu m’ho- 
norer. Cette partic de l’histoire naturelle à toujours vivement 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 19 
excité une prédilection d’étude et d'intérêt chez moi, et je 
saisirai avec empressement l’occasion qui m'est offerte d’une 
maniere si agréable d’en suivre les progrès. Veuillez être aussi, 
auprès de la Société au nom de laquelle vous avez pris la 
peine de m'écrire, l’interprète de mes remerciemens sincères, 
et agréer en particulier ceux que je vous adresse pour les ex- 
pressions trop obligeantes de la lettre par laquelle vous m'in- 
vitez pour demain à une séance où j'espère pouvoir me rendre 
et vous renouveler de vive voix l'hommage de dévouement 
avec lequel j'ai l’honneur d’être , etc. 

Signé Duménir. 
Paris, 28 février 1832. 


À M. A. Lefebvre, secrétaire, etc. 


Lettre de M. Arex. BRONGNIART. 


Monsieur le président , 


Je n’ai recu que depuis peu de jours la lettre qui m’a fait 
connaître que la Société Entomologique a bien voulu m’ad- 
mettre au nombre de ses membres. 

Sans ce retard, causé par mon séjour habituel hors de Pa- 
ris, j'aurais déjà remercié la Société de l'honneur, et je me 
permets d’ajouter du plaisir, qu’elle m’a fait en me fournis- 
sant occasion de m'occuper de nouveau d’une partie de l’his- 
toire naturelle qui a été l’objet de mes premières études. 

Je suis très-flatté du témoignage de souvenir que les mai- 
tres de la science ont bien voulu donner à mes premiers 
travaux, et des moyens aussi honorables qu’eflicaces qu'ils 
m'offrent de consacrer encore quelques momens à cette 
science et de me tenir au courant de ses progrès. 

Veuillez bien , monsieur le président, faire agréer à la So-- 


20 ANNALES 
ciété les remerciemens et les hommages de celui qui s’honore 
du titre qu’elle a bien voulu lui décerner. 
Signé ALEx. BRoGNIART, 
Professeur de minéralogie au Muséum d'histoire naturelle, eic. 
Paris, 4 mars 18932. 


A M. le président de la Société Entomologique. 





Lettre de M. Ducrorax DE BLAINVILLE. 


Monsieur, 


Par un oubli tout-à-fait involontaire, j'ai laissé passer le 
jour où la Société d’Entomologie de France devait tenir sa 
séance d'ouverture , sans vous accuser réception de la lettre 
flatteuse que vous avez bien voula m'adresser en son nom. Je 
le regrette d'autant plus, qu'en me rendant à votre honorable 
invitation, c’eût été donner une preuve évidente que j'accepte 
avec reconnaissance l’honneur que la Société a bien voulu me 
faire en m’inscrivant au nombre de ses membres honoraires. 
Je la remercie surtout d’avoir pensé que je verrais avec bien 
de l'intérêt les travaux d’une Société qui manquait à notre 
pays, ét qui peut être d’une utilité manifeste pour les progrès 
d’une partie aussi étendue que difficile de la zoologie. Veuillez 
bien, je vous prie , faire agréer mes remerciemens à la Société 
dont vous êtes le secrétaire , et recevez vous-même, etc. 

Signé D. DE BLAINVILLE. 

Paris , 5 mars 1832. 


À M. A. Lefebvre, secrétaire , etc. 





Lettre de M. DESMAREsST. 
Monsieur, 


Veuillez être auprès de la Société Entomologique de France, 
dont vous êtes le secrétaire , l'interprète de ma vive recon- 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 21 
naissance, pour l'honneur qu’elle m’a fait en m’admettant au 
nombre de ses membres honoraires. 

Les noms auxquels elle a bien voulu joindre le mien m'’ins- 
pirent la crainte de ne pas être digne de cette faveur, et m’im- 
posent le devoir de faire tous mes efforts pour la mériter. 

Pénétré du désir de remplir cette obligation, je m’empres- 
serai toujours de donner à la Société connaissance de tous les 
faits Entomologiques qui me parviendront et me paraîtront de 
nature à fixer son attention , notamment ceux qui auront rap- 
port à l’étude des habitudes naturelles des insectes, généra- 
lement si peu cultivée de nos jours, et cenx qui se rattache- 
ront à la classification de ces animaux et auront pour but de 
la rendre plus rationnelle, en la fondant sur des caractères 
réellement importans. 

Je saisis celte occasion pour vous prier d’agréer , etc. 

Signé DesMaREsT. 

Paris, 1°r avril 1832. 


À M. À. Lefebvre, secrétaire, etc. 


Nota. Les infirmités de M. Savigny ne lui permettant pas de nous ré- 
pondre, nous ne pouvons joindre ici son adhésion à celle de ses collègues. 


( ÉTRANGERS. ) 
Lettre de M. le baron ne Huuseozpr. 


Monsieur , 

Vous m'avez fait l'honneur de m’annoncer que dans Îla 
séance du 7 de ce mois la Société Entomologique de France 
a bien voulu me conférer le titre d’un de ses membres hono- 
raires , je m'empresse de vous exprimer combien je suis sen- 
sible au souvenir des savans respectables qui ont fondé cet 
élablissement, si utile aux progrès d’une des branches les 
plus importantes de la zoologie. 


29 ANNALES 

Veuillez bien, monsieur, être l’organe de ma vive recon- 
naissance , et agréez, elc. 

Paris, ce 26 mars 1852. 


Le baron ne HumBozpr. 
A M. A. Lefebvre, secrétaire , etc. 


Nota. Nous donnerons celles de messieurs les autres membres hono- 
raires étrangers dès qu’elles nous seront parvenues. 





Discours prononcé le 29 février 1852, à l'ouverture de la pre- 
mière séance de la Socièté Entomologique, par M. LATREILLE, 
son Président honoraire. 


Mes chers confrères, 


Il est de ces jours de bonheur que la Providence semble 
nous ménager, tantôt pour nous consoler de ceux, hélas ! trop 
nombreux où l’adversité nous éprouve, tantôt pour nous ré- 
compenser en quelque sorte de nos sacrifices au bien publie 
ou des peines attachées à l’accomplissement de nos devoirs. 
Tel je compterai toujours celui où j’ai l’honneur de vous pré- 
sider dans une séance aussi solennelle. Oui , Messieurs , le 
souvenir du témoignage éclatant que vous m'avez donné de 
votre estime, en m’élevant à cette présidence par l'unanimité 
de vos suffrages, me suivra jusqu’au tombeau, et adoucira 
des souffrances qui sont les fruits de mes veilles et de mes. 
travaux plutôt que des années, mais qui n’excitent en moi au- 
cun repentir, parce que nous nous devons, n'importent les 
suites , à notre patrie. Votre choix aurait pu se porter sur un 
naturaliste joignant à une illustration scientifique celle que lui 
a valu la gloire militaire , et occupant l’an des premiers rangs 
dans [a hiérarchie sociale. Je vous le déclare , Messieurs , et 
avec toute la franchise et toute la droiture de mon cœur, si: 
telle avait été votre décision, je. me serais empressé d’applau- 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 23 
dir à une nomination aussi honorable. Mais vous avez mis dans 
la balance l’antériorité et la généralité des travaux, le nombre 
des années , et ce poids l’a emporté. Peut-être aussi, et je 
me complais dans cette pensée , un sentiment d’amitié produit 
par des relations plus fréquentes, par des communications fra- 
ternelles et par les encouragemens que je crois avoir donné à 
tous ceux qui débutaient dans la même carrière , a-t-il influé 
sur votre délibération, | 

Sans remonter à cette ère nouvelle où Aldrovande , Mouf- 
fet, Redi, etc. commencèrent à tirer l’'Entomolozie de l’oubli 
où elle était restée depuis les temps d’Aristote et de Pline, et 
prenant simplement pour point de départ l’époque où le génie 
de Linné imprima aux sciences naturelles cette nouvelle im- 
pulsion qui se propagera indéfiniment aux âges futurs , le 
nombre des personnes qui se livraient à l’élude des insectes 
était fort borné. Quoique déjà bien secondé par les recher- 
ches de ses disciples, ce grand naturaliste n’a décrit ou men- 
lionné qu'environ trois mille espèces, dont près de dix-sept 
cents se trouvent en Suède. Encore range-t-il avec ces ani- 
maux les Crustacés et les Arachnides. Presque toutes les fa- 
veurs étaient alors pour la Botanique. Déjà, néanmoins, 
avant qu’il eût mis au jour la dernière édition de son Systema 
naturæ , Geoffroy, Poda , Scopoli, etc., avaient isolé en quel- 
que manière l'Entomologie par des faunes locales ayant uni- 
quement pour objet les insectes. L'histoire des insectes des 
environs de Paris du premier , quoique d’une date septuagé- 
naire, est encore, malgré ses imperfections, l'ouvrage le plus 
à la portée des commencçans; et si quelque main habile le ra- 
jeunissait, il contribuerait plus que tout autre à populariser 

Ja science. L'emploi qu’il a fait le premier des tarses et des 
doigts des insectes a été d’un grand secours. Schæffer en pro- 
fita dans sa distribution méthodique , et eut bientôt après un 
imitateur dans le plus grand Entomologiste qui ait encore paru, 


24 ANNALES 


le baron de Geer, dont les Mémoires offrent Ja combinaison 
du talent de Réaumur dans l’art d’observer les habitudes de 
ces animaux , de celui ( porté plus loin quant aux détails ) de 
Linné dans l’art descriptif, de celui enfin du dessinateur, 
qui, dans bien des circonstances , satisfait rarement aux be- 
soins du naturaliste on il est obligé de recourir au pinceau 
d'un étranger, 

Sans avoir tracé précisément de méthode générale, Réau- 
mur cependant en avait esquissé çà et là quelques lambeaux. 
Il avait surtout pressenti les avantages que l’on pourrait tirer 
des organes destinés à la manducation, et il en avait repré- 
senté de diverses sortes avec des détails et sous un grossisse- 
ment qui permettaient d’en reconnaître parfaitement toutes 
les formes. Malgré l’examen scrupuleux qu’on a fait dans ces 
derniers temps de ces parties, il en est qui avaient échappé 
à ces investigations, mais qui avaient été remarquées par ce 
profond observateur; et c’est une négligence que l’un de mes 
collègues à l’Académie des sciences, que la France peut, con- 
curremment avec M. Strauss, opposer au Lyonet de la Hol- 
lande , M. Savigny, a relevée à l’occasion de la structure de la 
trompe des Bourdons, genre de la tribu des Apiaires. Guidé 
par ces traits de lumière , par l’usage qu'avait fait des instru- 
mens cibaires pour quelques ordres d'insectes, Scopoli, et plus 
encore par leur application aux signalemens génériques des 
animaux supérieurs, Jean -Chrétien Fabricius, l’un des plus 
célèbres disciples de Linné , fonda exclusivement sur la consi- 
dération générale de ces organes et des antennes un nouveau 
système qui complétait l’ensemble de nos connaissances sur la 
composition extérieure des insectes, en y renfermant toujours 
les Crustacés et les Arachnides, On voit par la série successive 
de ses classes ou ordres qu’il les avait établis sur la grande dis- 
ünclion primaire de broyeurs ou de suceurs. S'il n’eût fait que 
remplir simplement ces cadres avec les espèces déjà décrites . 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 25 


ou qu’il n’en eût pas augmenté le catalogue, il est probable 
que ses ouvrages eussent eu peu de vogue, puisque ce sys- 
tème présentait beaucoup plus de difficultés que la méthode 
de son maître, et que l’on pouvait se dispenser d’yÿ recourir 
quant au species. Mais c’est sous ce dernier rapport qu'il a 
rendu d’immortels services à l’Entomologie. Ayant acquis 
grand nombre de matériaux nouveaux par sa correspondance , 
visitant divers musées , et plus particulièrement, vers la fin de 
sa vie, ceux de la capitale , parmi lesquels je citerai sur- 
tout celui de feu M. Bosc, y décrivant les espèces inédites , 
les publiant dans divers ouvrages généraux ou particuliers qui 
se succédaient rapidement , il a plus que sextuplé le catalogue 
des insectes de Linné. La facilité qu’eurent ainsi les posses- 
seurs de collections Entomologiques de pouvoir nommer une 
plus grande quantité d'espèces dut nécessairement accélérer 
la marche de la science et accroître le nombre de ses prosé- 
lytes. C’est cette seconde phase que je voulais signaler pour 
arriver au but que je me propose , celui de faire sentir l’uti- 
lité de votre institution. Cependant, Messieurs, en vous pré- 
sentant les ouvrages de Fabricius plus importans comme in- 
ventaires d'espèces quecomme classiques dans leur ordonnance 
générale, ne pensez pas que je veuille sous ce dernier point 
de vue atténuer son mérite. Trop exclusif dans ses bases sys- 
tématiques , trop précipité dans les moyens de bien les asseoir, 
pressé peut-être par la nécessité d'améliorer sa fortune ou 
d'exister honorablement avec le lucre attaché à ses produc- 
Lions , ses observations n’ont pu être à l’abri de l'erreur. Vous 
l’avouerai-je ? je me suis souvent repenti de la censure trop 
sévère que j'en avais faite dans mes premiers écrits. Ces re- 
proches intérieurs ont été agravés par les vifs sentimens d’a- 
ait dont il m'honorait dans les dernières années de sa car- 
rière, Que cette lecon , Messieurs , vous tienne en garde vous- 
mêmes dans vos premiers essais scientifiques. Soyez toujours 


26 ANNALES 


vrais, mais toujours prompts à excuser , et vous conserverez 
ainsi l’estime de ceux dont vous aurez été contraints de di- 
vulger les fautes, et qui ne sont souvent que l'effet d’une pré- 
occupation involontaire. S'il m'était permis de discuter ici la 
doctrine de Fabricius , il me serait facile de combattre victo- 
rieusement ses adversaires et d'en démontrer les avantages 
pour découvrir, sans le secours du scalpel ou de l'anatomie 
intérieure, les affinités naturelles de la plupart des groupes. 
On avait d’abord cru pouvoir se dispenser de se servir de ca- 
ractères tirés des parties de la bouche; comme, malgré lui, 
le célèbre Jurine a été forcé d'employer les mandibules. On 
a été plus loin à l'égard des Coléoptères carnassiers. M. Mei- 
gen, relativement aux Diptères , fait usage de la composition 
du suçoir de la trompe de ces insectes, qu’il avait d’abord 
éliminé de ses signalemens génériques. MM. Duponchel , 
Curtis, Stephens n’ont pu, quant aux Lépidoptères, se tirer 
d’embarras que par l'étude de ces parties. Même urgence 
lorsqu'on voudra éclaircir la grande famille des Coléoptères 
lamellicornes et plusieurs autres qu'il serait fastidieux d’énu- 
mérer. 

En vous faisant sentir l’importance d’un examen aussi mi- 
nutieux et aussi délicat, qui d’ailleurs s’étend aujourd’hui à 
toutes les études des corps organiques et des végétaux surtout, 
ne pensez pas, Messieurs, que je veuille rendre l’Entomologie 
inabordable ou en accorder le privilége exclusif à des hom- 
mes d’une patience à toute épreuve , ayant des yeux de lynx, 
les viri oculatissimi de Fabricius. Imitant les géomètres , qui 
donnent souvent diverses solutions de leurs problèmes , les 
unes transcendantes, et que les mathématiciens les plus con- 
sommés peuvent seuls saisir, et les autres beaucoup moins 
savantes, et dès lors plus élémentaires, choisissez parmi les 
caractères que vous aurez découverts ceux qui vous paraîtront 
les plus simples et les plus faciles, ou qui n’exigent ni dissee- 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 27 


tion ni l’usage du microscope. N'ayez de prédilection pour 
aucun système ; embrassez l’organisation tout entière de l’in- 
secte; suivez la marche de la nature, qui, se jouant de toutes 
nos méthodes, modifie successivement diverses parties de l’a- 
nimal , selon les nouvelles fonctions auxquelles elle les destine 
et le degré de puissance qu’elle veut leur imprimer. Respectez 
vos maîtres dans la science , mais voyez tout par vous-mêmes, 
et ne soyez pas esclaves de leurs opinions. Que la vôtre im- 
posant silence à tous les cris d’un vain amour-propre cède à 
son tour à l’autorité d’un observateur plus véridique et plus 
scrupuleux que vous. En un mot, dans tout ce que vous en- 
treprendrez faites abstraction de vous-même , et que les pro- 
grès de la science soient votre unique perspective. Lorsque je 
réfléchis sur la variation continuelle de sa nomenclature , sur 
cette multitude de genres créés sans nécessité, sur cette foule 
de variétés transformées en espèces, je tremble qu’en proie 
à l'anarchie , elle ne rétrograde au lieu d'avancer. 

Si l’Entomologie gagnait sous le rapport des moyens d’é- 
tude , les autres branches des sciences naturelles recevaient 
aussi, et par la même voie, un nouvel essor. Le zèle de plu- 
sieurs naturalistes ne peut se contenir dans le cercle trop li- 
mité des productions de leur contrée natale, peu propres 
d’ailleurs à les stimuler par l’habitude où ils étaient de les 
voir tous les jours et par la comparaison qu'ils en faisaient 
avec celles des pays lointains. Aussi des Christophe Colomb, 
inspirés par un autre génie que le premier , impatiens , non de 
découvrir un ciel nouveau, des terres inconnues, mais de 
prendre des animaux ou de récolter des végétaux, soit recher- 
chés, soit ignorés jusqu’alors, objets bien plus précieux pour 
eux que cet or et ces possessions territoriales dont l’acqui- 
silion a tenté la cupidité de tant d’aventurier et déshonoré 
l'humanité par les flots de sang qu’elle a fait répandre, aban- 
donnent leur foyer domestique, s’arrachent aux affections les 


28 ANNALES 


plus tendres, ne craignent point de braver là fureur des élé- 
mens , de supporter des privalions de tout genre , et d’abor- 
der des peuplades sauvages et féroces à travers des déserts et 
des forêts où ils peuvent devenir la proie de plusieurs de ces 
animaux dont ils ambitionnent la conquête. O mânes des vic- 
times de tant de dévouement ! vous surtout enlevé naguères 
el si prématurément à nos espérances, laborieux Carcel, re- 
cevez l’hommage de notre profonde admiration et de nos éter- 
nels regrets ! Et vous , naturalistes voyageurs, qui, enrichis de 
si intéressans trophées, avez eu le bonheur de revoir votre 
patrie, écoutez les accens de notre reconnaissance, et de la 
mienne en particulier ! Car, si j’ai acquis quelque célébrité, 
n'est-elle pas en grande partie fondée sur l’étude des maté- 
riaux dont vous avez deté nos musées? 

Une supputation rigoureuse de la quantité d'espèces d’in- 
sectes qui se trouvent aujourd’hui dans les collections d’Eu- 
rope serait presque impossible au naturaliste même qui en 
aurait fait un examen détaillé. Mais, en nous restreignant 
au seul ordre des Coloptères , et uniquement même aux col- 
lections de Paris, on peut, sans exagération, en porter le nom- 
bre d’espèces à vingt mille. Ajoutez-y dix mille pour celles 
qui sont propres aux riches cabinets de Berlin, de Vienne, 
de Londres, etc., l'évaluation totale sera de trente mille, dont 
Fabricius ne mentionne guère dans son système des Éleuthé- 
rates que le cinquième. Supposons qu’il y en ait autant de 
décrites comme inédites dans ses autres ouvrages sur les in- 
sectes, le tiers au plus des espèces de nos musées serait en- 
registré. Voulez-vous, en descendant dans les détails , obtenir 
une estimation plus précise des acquisitions qu'a faites l’Ento- 
mologie ? Prenez le species des Goléoptères de M. le comte 
Dejean, celui des Lépidoptères d'Europe d’Ochsenheimer et 
de Treitschke , en y ajoutant les espèces que MM. Boisduval 
et Duponchel ont fit connaître , la monographie des érotyles 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 2) 
du dernier et plusiears autres , telles que celles de MM. Gra- 
venhorst, Lepeltier de Saint-Fargeau , Klug, Kirby, Kollar, 
Wiedeman, etc.; le tableau des Aranéïdes de M. de Walckenaër, 
et comparez, quant au nombre des espèces qui y sont décrites, 
les ouvrages publiés antérieurement sur les sujets identiques. 
Citons un exemple des plus frappans. Le nombre des espèces 
de Goléoptères carnassiers terrestres était dans Linné, ya 
environ soixante ans , de cinquante-sept; dans Fabricius, en 
1801, detrois cent quarante-neuf; et en 1851, dans le species 
de M. le comte Dejean , qui s’en est tenu à sa collection, d’un 
peu plus de deux mille cinq cents. Déja même , par les envois 
de l’infatigable M. de Lacordaire , pourrait-il y ajouter de nou- 
veaux supplémens. Où en serions-nous, Messieurs, si l’on 
n'avait point généralement négligé les petites espèces , celles 
surtout encore délaissées de certains ordres ? Je ne suis donc 
pas éloigné de croire qu’en y comprenant les Crustacés et les 
Arachnides , les cabinets européens pourraient offrir près de 
cent mille espèces, dont les deux tiers au moins inédites. 
Que la sœur et la rivale de l'Entomologie, la Botanique , bien 
plus anciennement et plus assiduement cultivée , ne se glo- 
rifie plus de l’immense étendue de son domaine. Pourrait-elle 
d’ailleurs entrer en lice avec elle quant à l’organisation inté- 
rieure des objets dont elle traite, quant à l’intérêt que celle- 
ci inspire sous le rapport du sentiment? La connaissance des 
métamorphoses d’un seul insecte, ou son histoire complète, 
peut exercer la sagacité et la patience d’un observateur. Aussi 
quel voile épais dérobe encore à nos yeux tant de mystères ! 
Et puisse-t-il , Messieurs , s'élever parmi vous quelque homme 
qui, prenant pour modèle les Réaumur, les de Geer , etc., 
fasse de nouveau aimer la science par les faits curieux dont 
elle s’'embellira, grâces à ses recherches ! Hélas ! combien peu 
d'Oasis, dans les vastes et arides déserts de l’Entomologie ! 
À peine comptait-elle en France, il y a une trentaine d’an- 


50 ANNALES 

uées, une dizaine d'amateurs connus; et aujourd’hui il n’est 
presque pas de cité populeuse qui n’en offre quelqu'un, et 
souvent plusieurs. Mais, isolés pour la plupart , ne correspon- 
dant qu'avec un très-petit nombre d'Entomologistes de la mé- 
tropole, ne pouvant donner de la publicité à leurs découvertes, 
il fallait, pour qu’elles ne restassent pas ignorées ni stériles , 
réunir ces naturalistes en une même famille , dont le foyer ou 
le centre d’habitation serait dans le lieu le plus favorable à la 
propagation des lumières, je veux dire Paris, et qui les met- 
trait en communauté de travaux et de gloire. Telle est l’heu- 
reuse idée qu'avait conçue depuis plusieurs années l’un de 
ces Entomologistes dont vous connaissez la noble ardeur et 
l’activité infatigable , que vous avez vu suivre le littoral de la 
Méditerranée , franchir les sommets glacés des Alpes, attein- 
dre les bords fumans du cratère de l’Etna, se transporter 
ensuite dans les sables brûlans de la Haute-Égypte, par- 
courir à son retour les régions occidentales de l'empire du 
croissant, la Hongrie, l'Allemagne, toujours à ses frais et 
uniquement pour recueillir des insectes, distribués ensuite 
généreusement aux amateurs. Qui n’a point déjà compris 
de qui je veux parler (1)? Son projet a rencontré bien 
des obstacles dont sa persévérance a triomphé. II n’en sera 
point, Messieurs, de votre réunion comme de plusieurs 
autres sociétés savantes qui, par leur mélange hétérogène, 
sont souvent, pour beaucoup de leurs membres, l’occa- 
sion d’une perte de temps, puisqu'on y traite de matières 
étrangères à leurs études. Les vôtres vous seront communes ; 
vous parlerez la même langue, vous vous proposerez les mê- 
mes fins , et cette réciprocité de vues, de besoins et d'intérêts 
cimentera votre association fraternelle. L'avantage de lui ap- 
partenir ne sera convoité que par les amis sincères et désinté- 


(1) M. Alex. Lefebvre. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 31 


ressés de la nature. Sans éclat ni renommée, l’Entomolosie- 
n'a aucune prépondérance influente dans le monde. Si quel- 
ques personnes pouvaient ambitionner des titres académiques 
afin de s’en servir comme d’un levier, leur ouvrant une porte 
à la fortune ou aux honneurs , et si la science n’était ainsi pour 
eux qu'un instrument qu’on rejette dès que ses services sont 
inutiles , certes, un simple membre de la société d’Entomolo- 
gie devrait être , à cet égard, à l'abri de tout soupçon; car 
combien de gens ignorent même le sens attaché à ce mot! 
Mais un ennemi plus dangereux que l'ambition, sorte de lèpre 
malheureusement inhérente aux corps savans , la jalousie peut 
se glisser parmi vous. Il ne s’y introduira point, ou difficile- 
ment, sien répartissant entre vous, suivant vos penchans et 
le sujet habituel de vos études, les différentes branches de 
l’Entomologie , et en vous aidant par des communications mu- 
tuelles toujours accompagnées de l'expression publique de 
votre gratitude, vous évitez les frottemens et les points de 
collision, source des divisions intestines qui troublent l’har- 
monie des sociétés entreprises sous les meilleurs auspices. Des 
séances scientifiques vides de lectures amènent naturellement 
le dégoût et l'ennui, et finissent par être désertes. Vous pré- 
viendrez cet inconvénient , et je pourrais dire votre ruine , en 
déterminant à chaque séance le sujet de la suivante. Telle 
était la sage coutume de l’ancienne Académie des sciences, 
tel est encore de nos jours, m'a-t-on assuré, l’usage de quel- 
ques réunions savantes. À défaut de mémoires sur des objets 
inédits ou d'observations neuves et non publiées, des discus- 
sions sur des points de doctrine, sur la synonymie embrouillée 
de quelques espèces , une analyse des travaux récens des au- 
tres sociétés et des ouvrages sur l'Entomologie qui viendront 
de paraître , alimenteront vos séances et les rendront profi- 
tables à tous. Votre correspondance vous fournira des maté- 
riaux précieux pour la rédaction d’un livre réclamé depuis 


92 ANNALES 

long-temps , et qui intéresse l'honneur national, une Entomo- 
logie française. Songeons, avant tout, Messieurs à notre patrie. 
Prêtez votre appui aux naturalistes de nos départemens, em- 
pressés d’abord de former des collections, mais qui les lais- 
sent bientôt dépérir par absence d'ouvrages complets et peu 
dispendieux avec lesquels ils puissent déterminer et communi- 
quer leurs espèces. L'économie domestique , l’agriculture et 
l'administration forestière sollicitent aussi vos conseils et le tri- 
but de vos observations. Je souhaiterais vivement que quel- 
qu’un de vous fit, en conséquence , une étude spéciale des in- 
sectes nuisibles, et dont quelques-uns, par suite d’une multi- 
plicité extraordinaire et accidentelle, deviennent un véritable 
fléau , et occasionent des pertes incalculables, J’ai été con- 
sulté dernièrement au sujet de deux espèces de CGurculionites 
qui ont détruit une grande partie d’une vaste forêt de pins de 
la Normandie. Vous savez que deux espèces de Tinéïtes, de pe- 
tites Tipulaires et Muscides , la Calandredu blé peuvent priver 
certains cantons de la ressource que leur promettait la récolte 
de leurs plantes céréales. Je ne vous parlerai point , Messieurs, 
des principes philosophiques qui doivent vous diriger dans vos 
études; on les connaît, on les adopte en thèse générale, mais 
il en est de ces préceptes comme de bien d'autres; on les ou- 
blie dans la pratique. de craindrais, si je signalais ces abus, 
de convertir une séance toute bienveillante, tout amicale, en 
une arène polémique et dont les passions pourraient s’empa- 
rer. 

Hâtez-vous, Messieurs, de mettre la main à l’œuvre afin de 
combler les lacunes considérables que présentent nos catalo- 
gues. Plus les découvertes encombreront les collections, plus 
votre tâche se compliquera, et moins vous aurez d'unité dans 
l’ensemble de vos travaux. Arrêtez un mode de publication 
müûürement médité et qui, vu les circonstances, puisse s’accom- 
moder à la position gênée de l’éditeur et des acquéreurs, L’exé- 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 35 


cution de tout plan gigantesque avorterait dès son commen- 
cement, Je n'ai pu, dans ce discours , envisager que les be- 
soins de la science auxquels vous êtes empressés de satisfaire. 
Si j'en avais esquiseé l’histoire, que de noms, et dont plusieurs 
chers à mon cœur, j'aurais eu à citer! Mais ils sont gravés 
dans votre mémoire ; ils volent déjà de bouche en bouche, et 
bien des regards se fixent complaisamment et avec l’expres- 
sion tacite d’une reconnaissance victorieuse de la partialité et 
de l'injustice sur plusieurs d’entre vous présens à cette mémo- 
rable séance. 

Dans les conseils que je me suis permis de vous donner, 
vous ne découvrirez, j'espère, Messieurs, aucun esprit de do- 
mination ct d'autorité magistrale. Mon langage a été celui de 
la cordialité la plus franche et de l'attachement le plus sin- 
cère. Votre Société est, à ce que je pense , la première de ce 
genre qui ait été formée en Europe: Personne ne désire plus 
ardemment que moi son maintien, ses succès et sa durée. Tel 
est le motif de cette allocution. Si j’ai outrepassé les devoirs 
d’un président , je m’écrierai : Accordez-moi un bill d’indul- 
gence , pardonnez même à un naturalisle septuagénaire qui 
s’est prévalu d’un demi-siècle de travaux consacrés à votre 
science favorite. Puisse votre Société acquérir bientôt des com- 
pagnes ou des sœurs ! Puisse l'étude des insectes, si propre à 
charmer et remplir nos loisirs, faire un jour partie de linstruc: 
tion publique de la jeunesse ! J’ai cette confiance , Messieurs; 
mais il est à présumer que nos vœux ne seront exaucés qua 
lorsque notre malheureuse France , sortie sans humiliation et 
avec ses plaies cicatrisées de l’affreux abîme où l'ont précipi- 
tée les tempêtes politiques, jouira de cette sage liberté qui 
met un frein à l’abus du pouvoir et oppose une digue à la li- 
cence , qui n’en est que trop souvent le prête-nom. C’est 
dans les déjections et les débris de ces volcans qui l’ont jadis 
si violemment tourmentée , que cette belle et riche Limagne 

FA 5 


54 ANNALES 


d'Auvergne puise aujourd'hui son admirable fécondité. G 
ma patrie ! que dans l’ordre moral et politique tes bouleverse- 
mens deviennent pour toi de salutaires leçons, et, ombragée 
par l’égide d’une paix inaltérable , puisses-tu avoir enfin des 
lois véritablement organiques qui assurent ta prospérité, sans 
laquelle les sciences et les arts ne sauraient fleurir. Ah! sil 
m'était donné d’être témoin de ces jours de calme et de féli- 
cité générale, les derniers de ma carrière s’écouleraient sans 
amertume ni regret , et pleins des plus douces consolations ! 


Quelques Observations sur la manière de travailler en histoire 
naturelle, et en particulier sur les monographie: ; par 


M. Goner. 


( Séance dn 7 mars 1832.) 


Fonder une société scientifique et faire des réglemens qui 
la régissent n’est point chose difficile; mais imprimer, dès 
l’origine , à cette société, un mouvement toujours progressif, 
donner à ses travaux une direction capable de lui assurer un 
rang distingué parmi celles qui se forment chaque jour, savoir 
choisir parmi les productions de ses membres respectifs celles 
qui méritent la publication comme dignes de peser un jour 
dans la balance de la science , et savoir écarter, d’un autre 
côté, les enfans indignes sans blesser l’amour-propre des pères, 
voilà, Messieurs, ce qui est beaucoup moins facile , et cepen- 
dant d’une haute importance pour l’avenir d’une société 
comme celle que nous venons de fouder. On sort difficilement 
d’une mauvaise route une fois qu’on y est entré : une chute 
en amène une autre; un abus enfante chaque jour un nouvel 
abus. C’est donc sur la première direction qu’il faut porter 
toute son attention; car il en est de la marche des sciences 
comme il en est de la marche de l’éducation en général. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 55 

Telles sont les réflexions qui m'ont occupé depuis que jai 
eu l’honneur d’être appelé à être une des pierres fondatrices 
de la Société Entomologique de France. Certes, au fond de 
l’âme , je sens bien que personne n’a moins de droit que moi 
à prétendre vous éclairer dans la marche et le but de vos tra- 
vaux. Mais peul-être penserez-vous que les bons conseils doi- 
vent être acceptés d’où qu’ils viennent, et qu’un géant ne sau- 
rait savoir mauvais gré à un faible enfant qui l’avertirait cha- 
ritablement qu'il ÿ a devant ses pieds une pierre qui pourrait 
le faire cheoir. 

de ne suis encore connu en entomologie que par l’amour 
que je porte à la science; imsis, croyez-moi, cet amour ne 
ressemble point aux amours vulgaires. L'histoire naturelle ne 
fait guère d’infidèles, et elle a sur les femmes l'avantage de 
pouvoir être courtisée à la fois par bien des amans sans faire 
de jaloux : tâächons donc de n’en point faire une prostituée. 
C’est pour arriver à ce but que je crois permis à chacun de 
nous , 1lustres ou obscurs, savans ou non savans, d'apporter 
le tribut de nos conseils, qui doivent devenir en quelque sorte 
une garantie de nous pour l'avenir. C'est une lettre de change 
à vue qu'on pourra tirer sur moi en temps et lieu. 

Avant de commencer, Je sens la nécessité de repousser 
toute accusation de personnalité. Je le déclare formellement, 
je ne fais allusion À personne; je ne désigne indirectement 
aucun ouvrage quelconque. Mes observation: seront toutes gé- 
nérales. Une fois qu’on a saisi le domaine entier d’une science 
et qu’on est sorti des spécialités, on doit s’être fait aussi quel- 
ques idées générales et avoir considéré l’ensemble à sa ma- 
nière , avec son individualité. On a critiqué les ouvrages des 
savans; on a reconnu qu'en beaucoup de cas ils étaient restés 
bien au dessous de ce qu’ils prometlaient. Eh bien! n’est-il 
pas dans l'intérêt de la science de vous signaler, non point 
d’une manière absolue , ce qu’ils contiennent de défectueux : 


56 ANNALES 

mais ce qu'ils nous paraissent contenir de défectueux ? Les sa- 
vans qui ont le plus contribué par leurs travaux aux progrès 
de l’histoire naturelle n’avoueraient-ils pas eux-mêmes que 
leurs ouvrages renferment bien des erreurs, que bien des dé 
tails auraient pu être mieux soignés, que bien des observa- 
tions importantes ont été négligées ? Si donc celui qui a vrai- 
ment mérité le titre de savant est forcé de conveuir qu'il n’a 
pu soustraire ses productions à l’imperfection inhérente à tout 
travail humain et impossible , sans aucan doute, à éviter dans 
l’état actuel de la science, et avec des lacunes que des obser- 
vations minutieuses et suivies n’ont point encore pu remplir, 
pourquoi ceux qui aspirent au titre de savant, sans lavoir 
encore mérité, prendraient-ils La mouche (passez-moi cette 
expression vulgaire, qui devient ici tout-à-fait entomologique) ; 
prendraient-ils la mouche, dis-je , et se croiraient-ils offensés 
si on vient leur signaler d'avance les inconvéniens d’un travail 
trop léger , trop rapide et trop superficiel ? 

Je sais que l’amour-propre joue un bien grand rôle dans 
l’organisation du naturaliste ; je sais que l’habitude d’observer 
les objets qui sont en dehors de lui, lui fait trop souvent ou- 
blier de s’observer lui-même. Mais, Messieurs, je ne recon- 
nais qu’un amour-propre raisonnable, c’est celui d’être hon- 
nête homme et de vouloir passer pour tel aux yeux de ses 
concitoyens. Dans tout autre cas, l’amour-propre est une fai- 
blesse à l’esclavage de laquelle il n’est point nécessaire de se 
soumettre. La modestie est le plus beau fleuron de la couronne 
du savant. 

D'ailleurs, quand il y a critique, il n’y a pas encore con- 
damnation ; c’est un procès à juger : le critique peut avoir tort 
et l’auteur raison. Chaque savant porte son droit au bout de 
sa plume : c'est la discussion qui fera jaillir Ja lumière. Dans 
tous les cas, il n’y a plus d’infallibilités reconnues; et un 
savant, quel qu'il soit, aurait mauvaise grâce à vouloir se poser 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 37 


comme infaillible. L'essentiel est de bannir des discussions 
l’aigreur, et de ne jamais s’écarter des formes de la politesse. 

J'ai toujours pensé que la distinction des espèces était le 
fondement de toute l’histoire naturelle. Une fois l'espèce éta- 
blie, il est facile de l’étudier dans ses rapports avec toutes les. 
autres branches de la science. Au contraire, avant qu'elle soit 
bien constatée, tout n’est que confusion; c’est une vraie tour 
de Babel ; on ne s’entend plus; on parle sans se comprendre, 
parce qu'on rapporte souvent à une espèce les observations 
qui ont été failes sur une autre. L’anatomie et la physiologie 
sont de puissans moyens pour arriver non-seulement à la dé- 
termination de l’espèce, mais encore à l’établissement, sur 
des bases stables, de ces groupes plus ou moins naturels, plus. 
ou moins artificiels, connus sous les noms d'ordres, classes, 
familles et genres. 

Je dis plus ou moins naturels ou artificiels ; car si, dans l’état. 
actuel de la science, il existe plusieurs genres qui semblent. 
naturels et bien tranchés , je crois que, si nous possédions : 
l’ensemble des êtres créés par la nature, ces différences bien. 
tranchées disparaîtraient peut-être tout-à-fait, et que nous se 
rions forcés de reconnaître que la nature n’a créé que des es- 
pêces. 

C’est donc à la détermination de l'espèce, dans le sens le, 
plus étendu du mot, que doivent tendre , par des chemins. 
différens , tous les travaux des naturalistes, ceux-ci directe- 
ment, ceux-là indirectement; mais c’est toujours le but dé- 
finitif. | 

Une bonne monographie (1) est donc le plus important ser. 


(1) On m’a reproché de donner au sens du mot mono:;raphie, une signi- 
ficition beaucoup trop étendue; j'avoue que jusqu’à présent le sens de 
ce mot a été restreint à la distinction et deseription des espèces d’un 
groupe quelconque ; mais je ne vois pas ce qui m’empêcherait de lui don- 
ner une extension plus grande. Une monographie ne peut qu’y gagner 


38 ANNALES 


vice rendu à la science, mais c’est aussi le plus difficile; il 
est même absolument impossible d’arriver à la perfection. 
Quoi qu’on fasse, on restera toujours au dessous de son 
sujet, parce que de nouvelles découvertes viennent journelle- 
ment augmenter nos trésors : que nous ne pouvons pas , comme 
des ministres plénipotentiaires, laisser nos protocoles ouverts 
pour enregistrer les nouveau-venus , £t que surtout nous man- 
quons , la plupart du temps, des renseignemens nécessaires 
sur les mœurs et la manière de vivre des nouvelles espèces. 

Aussi existe-t-il peu de bonnes monographies. Que dis-je ? 
je n’en connais même pas dans l’étendue du sens que j’attache 
à ce mot: elles sont toutes plus ou moins complètes, renfer- 
ment des observations plus ou moins intéressantes; mais je 
prétends qu'il n’est pas un groupe ou pas un genre , pour peu 
qu'il soit composé de deux ou trois espèces , qui ne soit sus- 
ceptible d’être remanié pour ainsi dire ab integro , et enrichi 
d’une foule de détails nouveaux qui avaient échappé aux pré- 
cédentes observations. Certes, le champ de la science ne peut 
pas être plus vaste; car il n’a de bornes d’aucun côté. 

Mais faut-il pour cela se décourager? Fautil renoncer à 
travailler parce que la perfection absolue ne peut devenir notre 
partage? Non, Messieurs ; il faut faire comme les mathémati- 
ciens avec la quadrature du cercle : armés de leurs fractions 
décimales , ils en approchent autant qu’ils veulent. Nous n’2- 
vons pas de fractions décimales, nous autres naturalistes ; 
mais nous ne manquons pas de moyens : nous avons d’im- 
menses collections à visiter, une foule d'ouvrages à compulser, 
une foule de savans à consulter. Nous avons nos observations 
propres à ajouter à celles d’autrui pour confirmer une vérité 
ou détruire une erreur. Le secret de l’art est de ne négliger 


en intérêt et en utilité. D'ailleurs il suffit que je m'explique sur le sens 
que Jj'attache au mot, pour être à l’abri de tout reproche. Faudrait-il 
inventer un autre mot pour exprimer mon idée ? 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 39 
aucun de ces moyens, de prendre tout son temps , de faire 
comme l'abeille, qui n’a point la prétention de construire 
seule et en un jour ses doux rayons, mais qui s’aide du se- 
cours de ses compagnes, et s’en va parcourir au loin les 
campagnes et puiser çà et là dans le nectaire des fleurs les 
sucs nécessaires à ses admirables travaux. Vous voyez que les 
petits animaux peuvent souvent servir d'exemple aux grands. 

Il faut savoir sacrifier le plaisir momentané de voir son nom 
imprimé à la tête d’un ouvrage au plaisir plus vrai, plus du- 
rable de laisser après nous un monument qui nous survive ; 
car ce monument ne durera qu’a proportion du temps que nous 
aurons employé à le construire. Et cependant pourquoi une 
gloire durable ne serait-elle pas aussi le but du naturalistes ? 
Pourquoi la vanité du moment lui ferait-elle négliger la gioire 
immortelle d’avoir avancé l’étude d’une petite partie du grand 
tout ? Les spécialités sont le seul aliment dont notre siècle 
doive se nourrir. Nous devons léguer les généralités à nos 
descendans ; nous taillons les pierres : à eux seuls il est réservé 
de les assembler pour construire l’édifice entier. Il n’est peut- 
être pas un d’entre nous qui ne fût capable de brocher, en fort 
peu de temps , une monographie quelconque; mais un esprit 
bien fait ne pourra jamais donner ce nom à un travail aussi 
défectueux , et qui ne pourra guère survivre à son auteur. 

Pour faire une bonne monographie , il faut avoir une con- 
naissance exacte de l’anatomie du groupe d'insectes dont on 
s'occupe, faire l’histoire de leurs transformations, de leurs 
mœurs, de leurs habitudes , des substances végétales ou ani- 
males dont ils aiment à se nourrir. Il faut lire les ouvrages de 
tous les auteurs qui se sont occupés du groupe qui fait l’objet 
des travaux du monographe. A cette partie se rattache la sy- 
nonymie, si souvent négligée et si éminemment nécessaire. 
Ce n’est qu'après avoir compulsé tous les ouvrages, autant 
que faire se peut, qu’on parviendra à lever les doutes , à dé 


40 ANNALES 

truire les erreurs, et à faire sortir de la confusion du chaos 
une aimable science, qui n’a si peu de sectateurs que parce 
qu'elle demeure hérissée de difficultés et d’incertitudes. À 
cette parlie se rattache encore la critique, qui, dans le vrai 
sens du mot, consiste à réfuter ou à confirmer, par des ob- 
servations propres et nouvelles, celles de nos devanciers. 

Ce n’est qu’après s’être enrichi d’une masse d'observations 
faites par d’autres ou par lui-même que le monographe doit 
procéder sérieusement à la fixation définitive des espèces , à 
l'énoncé de leurs caractères , à leur description et à l’établis- 
sement des groupes artificiels ou naturels, 

Les caractères spécifiques doivent surtout attirer toute l’at- 
tention du monographe : en eux réside toute la philosophie 
de la science. Ils doivent contenir tout ce qui distingue une 
espèce de ses analogues, tout ce qui a motivé la création de 
l'espèce. Si on avait toujours considéré le caractère spécifique 
sous ee point de vue, combien de fausses espèces n'auraient 
point été si souvent établies à la légère , soit sur des pates plus 
ou moins rouges, sur un corselet plus ou moins impercepti- 
blement rétréci, sur quelques enfoncemens plus ou moins vi- 
sibles, quelques stries plus où moins effacées ou quelques 
taches plus ou moins apparentes! 

La phrase spécifique établie, le monographe ajoutera , en. 
forme de description, quelques détails saillans, mais secon- 
daires , sur l'espèce qu’il veut caractériser. Une fois qu’on aura 
accoutumé Îles naturalistes à regarder la phrase spécifique 
comme le point important, il ne sera plus nécessaire d’en ré- 
péter les caractères dans la description. Je ne puis approuver 
ces descriptions longues et minutieuses dont les sept huitièmes 
se rapportent à toutes les espèces d’un groupe; ce n’est plus 
alors que des descriptions d'individus. Elles ne servent qu’à 
induire en erreur ceux qui veulent déterminer leurs insectes 
d’après des descriptions. 


DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. fi 

Linné (1), à cet égard, me paraît un modèle, et ne peut 
être trop étudié. Inventeur des noms génériques et spécifiques, 
tels que les naturalistes les employent maintenant, il est resté 
le maître de l’art et le seul modèle à imiter , parce que tous 
ceux qui ont bien travaillé ont suivi de près ses traces. 

Mais une description trop courte est aussi un écueil à éviter, 
Suflisante pour faire distinguer sûrement toutes les espèces 
connues et décrites dans une monographie, elle ne l’est sou- 
vent plus pour empêcher de confondre les espèces nouvelle- 
ment découvertes avec celles qui ont été décrites. Il y a done 
un juste milieu à tenir : le fact ne s’enseigne pas; tout ce qu'il 
est possible de faire est de signaler les écueils. 

Que dirai-je maintenant de cette malheureuse manie d’éta- 
blir des espèces nouvelles sur les moindres aberrations du type? 
Cette manie, je le pense, est le chancre de l'histoire natu- 
relle en botanique comme en zoologie. Avec un pareil système. 
chaque individu devient une espèce ; car je ne sais si, après le 
plus rigoureux examen, on trouvera dans la nature deux ir- 
dividus identiquement semblables (2). Cette manie est d'au- 
tant plus inconcevable que la plupart de ceux qui y sont 
sujets savent fort bien que si, parmi les grandes espèces du 
règne animal , celles qui sont voisines, comme le cheval et 
lâne, peuvent produire des hybrides, ce mélange de races 
doit être bien pius fréquent encore parmi les innombrables 
tribus d'insectes. 

Supposez deux harpales, mâle et femelle , qui se rencon- 
irent; ceries, je ne puis supposer que le mâle pousse le scru- 
pule jusqu’à aller regarder sur le corselet de la femelle s'il 


(x) La Philosophia botanica de Linné peut s'appliquer à toutes les bran- 
ches de l’histoire naturelle. D'ailleurs il en a fait FapRheon la plus 
rigoureuse dans les Species plantarim et insecterum. 

(2) Un savant naturaliste a dit qu'il y avait plus d'espèces à réduire que 
de nouvelles à créér. 


42 + ANNALES 


existe quelques points enfoncés de plus ou de moins, ou si son 
corps n’est point un. peu plus étroit que d'habitude. L’accou- 
plement ne s’en fera pas moins, et, de là, les nombreuses 
variétés qui font de l’entomologie une science si difficile. 

Il est donc nécessaire que le monographe établisse ses es- 
pèces sur le plus grand nombre d'individus que possible. Ge 
n’est qu'après une comparaison rigoureuse qu'il peut espérer 
de découvrir des caractères stables dans ceux seulement que 
lui présentera la totalité de ses individus. Il relèguera , sous 
le nom modeste de variétés, tous ceux qui ne lui offriront 
pas des caractères constans. Il se privera sans doute souvent 
de l’honneur du mihi ou du nobis; mais il s’en consolera aisé- 
ment, s’il est raisonnable, par l’acquisition d’une propriété 
bien autrement honorable, celle d’une bonne monographie. 
Loin de chercher à établir de nouvelles espèces, un mono- 
graphe ne devrait le faire, pour ainsi dire, qu’à son corps 
défendant. Une espèce à établir est presque un ennemi à 
combattre. 

Je ne puis assez m'élever ensuite contre cette prétention 
d'imposer de nouveaux noms à des espèces déjà nommées et 
décrites par d’autres. Quand un auteur a fait imprimer un 
travail, ce qu’il y a uommé et décrit devient sa propriété. 
Est-ce sa faute à lui si son ouvrage n’est pas tombé entre vos 
mains? Avant d'entreprendre un travail quelconque, c'était 
à vous à vous informer de tout ce qui avait été publié sur 
cette matière. La probité entomologique est une probité tout 
comme une autre, et c’est ici le cas de dire que ne pas pren- 
dre aux autres, c’est les voler. 

Puisqu’il est si doux de baptiser un insecte , qu’on respecte 
donc aussi le baptême administré par d’autres. Certes, nous 
saurions bien mauvais gré à un auteur qui, méprisant la prio- 
rité de nos travaux, viendrait classer, nommer et décrire ce 
que nous avons classé, nommé et décrit , et nous enleverait 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 43 


ainsi le fruit de nos veilles , sous prétexte qu’il a ignoré l’exis- 
tence de notre travail. Nous lui dirions avec raison : pourquoi 
ne vous en êtes-vous pas informé (1)? 

D'ailleurs , il n’est pas si difficile qu’on pourrait le croire 
d’arriver à la connaissance de ce qui a été publié avant nous. 
La science , en général, fait de tous les hommes qui s’en oc- 
cupent une grande famille. La conformité d’études et de goûts 
enchaîne des liens de l’amitié des hommes qui ne se sont ja- 
mais vus , qui habitent même les pays les plus éloignés. S'il 
est impossible de connaître par soi-même tout ce qui se pu- 
blie de relatif à nos travaux dans les différentes parties de 
l’Europe , nous le pouvons, par l’entremise de savans dont 
une des occupations est de se tenir au courant de toutes les 
publications et de fonder un magasin général de renseigne- 
mens toujours ouvert à ceux qui veulent se donner la peine 
de venir y puiser. 

Il n’est pas non plus de savant en Europe qui ne se fit un 
plaisir, un devoir même, de répondre à des renseignemens 
qui lui seraient demandés , quand ce ne serait que pour faire 
connaître ses travaux ou ceux de ses amis où concitoyens. 
Cette complaisance, cette amabilité distinguent même d’une 
manière bien avantageuse (ceci soit dit sans blesser personne} 
les savans qui s'occupent d'histoire naturelle de ceux qui s’a- 
donnent aux sciences morales, On dirait que l’étude de la na- 
ture est, plus que tout autre étude, capable d’ouvrir le cœur 
de l’homme aux épanchemens de l'amitié. Les exceptions ne 


(1) Il faut convenir que cette négligence est souvent pardonnable, au 
moins jusqu’à un certain point, quand des mémoires sont publiés en 
pays étrangers et en langues étrangères. Néanmoins le principe doit être 
posé ; elle est tout-a-fait impardonnable , quand des publications se sont 
faites dans la même langue et dans le même pays, et quand il eût été si 
facile de prendre connaissance de travaux qui se trouvaient, pour ainsi 
dire, sous notre main. Combien d’exemples je pourrais citer ! 


44 ANNALES 
détruisent pas un principe de la vérité duquel j'ai, pour moi 
comple, fait bien souvent l’expérience dans mes voyages. 


Ce que je viens de dire de la fixation des espèces, je puis 
l'appliquer également à ce qu’on est convenu d’appeler genres. 
Le genre n’est, à mes yeux, presque dans tous les cas qu’une 
eeupe tout-à-fait artificielle. Aussi, une fois qu’on s’est lancé 
dans la carrière, n’y a-t-il plus de raison pour ne pas établir: 
autant de genres que d’espèces, et pour ne pas considérer 
comme caractères génériques ceux qui ne devraient peser 
dans la balance que comme caractères spécifiques ou seule- 
ment comme moyen de division.entre le grand nombre d'es- 
pèces dont un genre peut se trouver surchargé. Vous citerai- 
je quelques exemples? Demandez à ceux qui s'occupent de 
Fordre des Coléoptères ce qu’ils ont pensé en voyant séparés 
dans deux genres distincts des insectes aussi semblables que 
les Dromius et les Demetrias, tandis que d’un autre côté ils 
ont vu entassés dans un même genre des Coléopières aussi 
différens par leurs facies et leurs habitudes que l’agile 4r- 
gutor, le brillant Pterostichus et le paresseux Molops? Deman- 
dez-leur ce qu'ils éprouvent, quand ils voient le genre Elater 
démembré en quatorze ou quinze genres nouveaux, pour ne 
pas dire plus, tandis que quatre ou cinq étaient à peine né- 
cessaires pour en débrouiller le chaos ? 

Mais les caractères sont constans , me dira-t-on. Je veux 
bien le croire , au moins jusqu’à nouvel ordre. Mais pourquoi. 
ces caractères conslans n’auraient-ils pas servi plutôt à ranger 
les espèces dans un meilleur ordre, à les diviser en groupes 
qui permissent de se retourner plus facilement au milieu de 
celle confusion de formes ? Quel service, je le demande, 
rend-on à la science en s’efforçant ainsi de désunir ce que la 
nature n’a pas voulu séparer ? 

Êi ces inventions d’une foule de noms plus barbares les uns, 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 45 


que lés autres ! C’est à qui maintenant s'armera du diction- 
naire grec, sans connaître souvent un mot de cette langue, 
pour construire les mots les plus baroques. Les plus longs 
sont les meilleurs (1); sesqui pedaila verba, comme disaient 
les Romains. Groyez-moi, Messieurs , tout cet appareil de syl- 
labes cousues ensemble effraye, comme laspect de petits 
monstres; on délourne les yeux et on abandonne sa collec- 
tion aux vers : et il n’est peut-être pas un naturaliste qui n’ait 
été dix fois tenté de le faire. 

S'il nous faut absolument un mot pour un nouveau genre, 
jetons des lettres dans une urne, retirons-en à l’aventure une 
certaine quantité : lisons; et il y a cent à parier contre un 
que nous aurons un mot plus doux, plus harmonieux que la 
plupart de ceux que l’on enfante après un long travail, que la 
plupart de ces mots, composés eux-mêmes de trois ou quatre 
mots étonnés de se trouver ensemble, et qui ne ressemblent 
pas mal au grimoire des magiciens ou à des injures de pois- 
sardes. 

Mais il y a plus : ces noms de genres significatifs sont une 
des plaies de l’Entomologie. Linné a dit avec raison que le mot 
spécifique devait désigner une propriété, en un mot, un ca- 
ractère quelconque de l’espèce, mais qu’il valait beaucoup 
mieux que le nom générique n’exprimät rien , du caractère du 
genre, s'entend. Il a cité pour exemple le nom générique 
Quinquefolia des anciens botanistes : c’est le genre moderne 
Potentilla ; il a fait voir d’une manière évidente l'inconvénient 


(x Entre mille, je citerai les suivans : Anisodactylus, Heteromorphus, Lep- 
totrachelus, Onÿpterygia, Platymetopus, Trigonodactyla, Gynandromorphus , 
Thyreopterus, Chasmatopterus, etc. On perd la respiration avant d’être 
arrivé à la fin du mot. — J'en demande pardon aux savans qui ont com- 
posé ces mots-là ; ils peuvent exprimer exactement les caractères du genre; 
ils peuvent être fabriqués suivant toutes les règles : mais quelle mémoire 
pourrait les retenir ? C’est bon pour le savant qui les a faits; mais il fau- 
drait aussi un peu penser aux autres. 


46 ANNALES 


de ces noms significatifs, puisque beaucoup de Poteniüilles ont 
sept folioles , d’autres trois, au lieu de cinq, et que d’autres 
ont les feuilles ailées. On a cité encore un autre genre (eton 
pourrait en citer beaucoup) qui a été nommé Chrysophyllum 
(feuilles dorées) , parce que les feuilles étaient couvertes en 
dessous d’un duvet doré; mais comme on a découvert pius 
tard une espèce du même genre qui a les feuilles a; gentées en 
dessous , au lieu d’être dorées, il s’en est suivi que la nou- 
vellé espèce a pris le nom de Chrysophyllum argyrophyllum , 
c'est-à-dire que le nom de l'espèce implique contradiction 
avec ie nom du genre. N’est-il pas évident que cet inconvé- 
nient aurait été évité, si le nom du genre n’eût pas été si- 
gnificatif, et si le mot Chrysophyllum eût été appliqué au 
nom d'espèce, comme cela devait être ? 

Avec cette manie de vouloir tout exprimer avec deux ou 
trois mois grecs accouplés ensemble, on court risque de 
tomber à iout moment dans le même inconvénient. J’ouvre 
le premier ouvrage : j'y trouve, à côté l’un de l’autre, les 
deux noms génériques Oxycheila et Cicindela, dont l’un est 
significatif et Vautre ne l’est pas. Eh bien ! que l’on découvre 
maintenant (ce qui est possible) un insecte qui ait tous les 
caractères de l’Oxycheila, excepté la lèvre supérieure, qui 
serait, je suppose, moins triangulaire et presque obtuse ; 
nous voilà forcés de faire un nouveau genre, ou bien de 
faire exactement ce que je ferais si je disais : « homme blanc à 
» peau noire ou nez aplati à pointe avancée; » tandis qu’au con- 
traire toutes les Cicindèles qu’on découvre journellement vien- 
nent se placer dans leur genre , sans faire jurer leurs noms 
de baptême avec leur nom de famille. 

Veuillez me comprendre, Messieurs, et ne point inter- 
préter mes paroles à la rigueur : je ne signale ici que l’excès. 
Je suis bien désintéressé en parlant contre l’abus que l’on 
fait de cette pauvre langue grecque , qui, ne pouvant bientôt 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 45 
plus fournir à tout, sera forcée d’appeler sans doute à son 
secours l’hébreu ou le syriaque. Je cultive la langue grecque; 
je l’aime dans les écrits des Homère, des Hérodote , des Aris- 
tote, mais non point barbarisée dans une aimable science , 
qui, précisément parce qu’elle est aimable, doit être mise à 
la portée de tout le monde. Elle est douce, harinonieuse, 
cette belle langue! Pour Dieu, ne la calomnions pas! Res- 
pectons les mânes des Platon et des Démosthènes. 

Quant à l’établissement des genres, il est impossible de 
poser des principes certains et de les circonscrire dans des 
bornes fixes, les caractères essentiels n’étant pas les mêmes 
pour toutes les classes d'insectes, et d’une importance plus 
ou moins grande , suivant la manière de voir de l’observateur. 
Mais il est, sans aucun doute, des considérations générales 
par lesquelles le sage naturaliste doit se laisser guider. A cet 
égard, la connaissance des mœurs d’un insecte est du plus 
grand poids à mes yeux; elle peut nous mettre sur la voie de 
découvertes auxquelles nous ne serions jamais arrivés sans elle. 
Sous ce point de vue, il faut avouer que le zcologue est placé 
dans des circonstances beaucoup plus favorables que le 6ota- 
niste. Les plantes, en effet, ont un mode de développement 
beaucoup plus restreint; le sol où elles croissent ne dit rien 
ou peu de chose au naturaliste ; des espèces évidemment con- 
cénères croissent les unes sur les plus hautes montagnes , au 
pied des neiges éternelles , d’autres dans des marais. Privées 
de la faculté de locomotion, attachées pour tout le temps de 
leur existence au sol qui les a vues naître, elles ne parlent point 
à l’observateur comme l’étourdi hanneton , qui voltige le soir 
en bourdonnant autour de nous, comme l’agile Cicindèle, 
qui nous échappe par un vol rapide pour retomber un peu 
plus loin sur le sol et continuer sa légère promenade , comme 
la lourde Meloë, qui se traîne lentement, semblable à une 
vieille coquette qui cherche encore des amans , comme l’élas- 


48 ANNALES 


tique Elater, comme le rusé Byrrhus, qui fait le mort au mi- 
lieu d’un tas de sable, enfin comme toutes les nombreuses 
familles de ce peuple immense dont les différences de mœurs 
font presque toujours présupposér une différence d’organisa- 
tion, qu’on finit par trouver quand on la cherche avec lin- 
iime conviction qu’elle doit exister. 

C’est la connaissance des mœurs de lister quadratus qui 
m’a fait reconnaître qu’il formait réellement un genre bien 
distinct des autres {lister : c'est cette même connaissance 
qui ne permet pas de laisser dans le même genre ceux qui 
vivent dans la corelle des fleurs (27. striatus, hispidus , sul- 
catus) et ceux qui vivent sous l'écorce des arbres ( Hololepla). 

Citons encore un aatre exemple. J'ai remarqué dans mon 
voyage au Gaucase que la Lytta erythrocephala avait des mœurs 
bien différentes des Lytta vesicatoria, collaris, syriaca et cha- 
lybæa. La première court légèrement sur le gazon, parmi les 
herbes , avec une si grande rapidité qu'on a peine à la saisir, 
tandis que les autres espèces que j'ai citées restent pesamment 
attachées aux rameaux des plantes dont elles aiment à se nour- 
rir. Cette particularité ne doit-elle pas faire soupconner qu'il 
existe entre elles une différence notable dans l’organisation de 
leurs jambes ? L'observation ne conduira-t-elle pas à trouver 
cetie différence? et, une foi. trouvie, n’arrivera-t-on pas à 
décider, à priori, qu’elles sont, parmi les espèces de ce genre 
si nombreux , celles qui sont congénères de la Lytta erythro- 
cephala et celles qui appartiennent au groupe de la vesicaria, 
collaris et autres ? 

Je vous cite ces exemples parce qu'ils se présentent main- 
tenant à mon esprit et qu'ils sont le résultat de mes propres 
observations: s'ils sont insuflisans, vous en trouverez mille 
autres quand vous voudrez vous en donner la peine, 

Une différence de facies peut aussi nous faire présupposer 
une différence dans les caractères essentiels. Quelques exem- 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 49 


ples serviront encore à constater cetle vérité. Aucun entomo- 
logue qui s'occupe de Goléoptères , pour peu qu'il soit exercé , 
ne confondra une Megacephale avec une Cicindèle, quoique ces 
genres soient très-voisins. Mais en direz-vous autant des deux 
genres Procrustes et Carabus, et fallait-il séparer générique- 
ment des insectes aussi semblables par leurs facies , leurs ha- 
bitudes, les substances dont ils se nourrissent et les lieux 
qu'ils habitent? Comparez les caractères génériques qui leur 
sont assignés, et vous verrez que tout y est identiquement 
semblable , excepté la lèvre supérieure bilobée dans les Cara- 
bus, et trilobee dans les Procrustes. Mais si ce caractère a 
une si grande valeur , pourquoi n’aurait-il pas la même valeur 
dans les Cicindèles, dont les unes ont la lèvre supérieure en- 
tière, d’autres simplement dentée, d’autres encore avec trois 
ou cinq dentelures? Il faudrait alors, pour être conséquent , 
établir au moins encore quatre genres parmi les Cicindèles, 
À mes yeux donc, un Procrustes ne sera jamais qu’un Cara-. 
bus à lèvre trilobée , excellent caractère de section, mais non 
de genre (1). 

Eh bien! Messieurs , prenez les ouvrages des plus célèbres 
naturalistes , vous remarquerez partout la même inconsé- 
quence. L'erreur se propage comme article de foi. Qu’en ar- 
rive-t-il? C’est que tout cet échafaudage de genres s’écroule 
quand on veut en appliquer les caractères aux nouvelles re- 
crues d'insectes qui nous arrivent chaque jour des pays loin- 
tains. Les genres alors pullulent comme les vers dans un 
cadavre. On ne s’y reconnaît plus : une foule de formes inter- 


(1) On peut défendre avec plus de raison le genre Precerus. Outre la 
grande taille de ces insectes, de laquelle celle des plus grands Carabus 
approche à peine, ils ont les tarses semblables dans les deux sexes, et en 
quelque sorte un facies qui leur est propre. Ils habitent aussi exclusive- 
ment le midi de l'Europe ; depuis la Carniole jusqu’au Caucase et l'Asie. 
Mineure. | - 


LA 4 


59 = ANNALES | 
médiaires tiraillent l'esprit tantôt d’un côté, tantôt d’un autre, 
et démontrent, mieux que je ne puis le faire, les inconvé- 
niens d’une pareille méthode; et le malheureux naturaliste, 
en proie au supplice de Tantale qui se jette tantôt sur un met, 
tantôt sur un autre , sans pouvoir en attraper aucun, fatigué, 
harassé, couvert de sueur , entasse alors, de guerre las, dans 
un même genre les espèces les plus diverses, comme cela est 
arrivé pour le genre Feronia, et comme cela arrivera, sans 
aucun doute, pour bien d’autres. C’est un tout y va, où l’on 
jette tout ce qu'on ne peut meltre ailleurs. 

Ne serait-il donc pas possible de travailler sur des bases 
plus solides ? Certes, ce n’est pas à moi qu'il appartient de 
vous en prescrire d’autres; mais je puis vous dire au moins 
comment je m'efforcerai de travailler, si tant est que je tra- 
vaille jamais. Toutes Jes fois qu’une différence d'organisation 
constante sera accompagnée d’une différence de factes ou 
. d’une différence de mœurs constante dans un même groupe, 
je n’hésiterai point à établir un nouveau genre. Mais quand 
une seule de ces conditions se trouvera remplie, à moins ce- 
pendant de cas exceptionnels, de cas graves que je ne puis 
prévoir (les meilleures lois ont toutes leurs exceptions dans 
l'application) , je n’en ferai point; car, en le faisant , je m’ex- 
poserais à voir des travaux subséquens renverser mon édifice 
et en démontrer la fragilité. 

Il faudrait abuser de vos momens pour épuiser toutes les 
réflexions que présente à l'esprit du naturaliste zélé un sujet 
si fécond. Qu'on ne m'objecte pas qu’il est facile de dire et 
difficile de faire , et que moi-même je me trouverai dans l’em- 
barras quand il s'agira de mieux faire. Je ne le nie pas; rien 
n’est plus probable; mais cela même n’empécherait pas de 
me donner raison; cela n’empêcherait pas que d’autres, plus 
habiles que moi, ne pussent mieux travailler. D'ailleurs, je 
n'émets qu’une opinion à moi personpelle ; vous êtes d’excel- 


DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 51 
lens juges, et vous n'êtes point forcés de l’adopter. Toutes les 
conditions de la lilférté la plus large, la plus entière se trou- 
vent ainsi remplies. Quand il n’y a pas de montagne , il n’y a 
pas d’écho. Mais quand je n’aurais fait qu’appeler votre atten- 
tion sur les qualités que doit posséder, selon moi, un bon 
ouvrage d'Entomologie, sur les lumières dont il est nécessaire 
de s’entourer, sur la légèreté avec laquelle on travaille géné- 
ralement , sur le fâcheux penchant qu'ont les naturalistes à 
multiplier sans raison valable les genres et les espèces, et sur 
l'abus de mots barbares, je croirais encore avoir droit à 
réclamer votre indulgence pour un essai aussi imparfait, et 
rédigé trop à la hâte pour que vous ayez la cruauté d’épuiser 
sur lui les traits acérés de votre critique. Et je demeurerai per- 
suadé que celui qui a porté dans la plus petite partie de l’his- 
toire naturelle toute la lumière dont cette partie était suscep- 
tible, quand bien même il n’aurait fait que l’histoire de quel- 
ques espèces, a mieux mérité de la science que celui qui 
aurait fait mille espèces et mille genres nouveaux. 

Je ne finirai point sans faire aux membres de celte société 
une proposition qu'ils accueilleront , j'espère , avec faveur, 
parce qu'elle peut avoir une grande influence sur les progrès 
futurs de l’Entomologie. Vous avez tous remarqué, Messieurs, 
qu’il existe dans celte science des lacunes, des vides bien fà- 
cheux, c’est-à-dire que des ordres et des genres ont eu le 
privilége d’être travaillés et retravaillés aux dépens d’autres 
ordres et d’autres genres qui sont restés dans l’ombre; qu’il 
y a même des familles entières que l’on ne connait presque 
que de nom. Eh bien! il me semble qu’il serait digne d’une 
société comme la nôtre de s'occuper de ces lacunes, de les 
signaler aux recherches des entomologues zélés de toutes les 
parties de l'Europe, de tous ceux au moins qui sont disposés 
à prendre part à nos travaux, et d'appeler plus particulière- 
ment leur attention sur telle ou telle branche jusqu’à pré- 


52 ANNALES 


sent tout-à-fait négligée ou peu connue. Il faudrait au moins 
les prier de faire parvenir à la Société téies les observations 
de détail qu'ils seraient dans le cas de faire, afin qu’elles 
fussent déposées dans nos archives , classées soigneusement, 
et qu’elles devinssent peu à peu un trésor précieux où chacun 
pourrait venir puiser à pleines mains sans crainte de l’épuiser 
jamais. 

Car il ne suffit pas d'accueillir des travaux avec bienveil- 
lance; il faut aussi s’eflorcer de les diriger ou de les faire 
naître. Livré à lui-même, l'esprit de l’homme tend à s’occuper 
plus exclusivement de ce qui lui plaît, de ce qui frappe plus 
particulièrement ses sens, de ce qui lui procure plus de 
jouissances et moins de peine. Mais quand on sait l’aiguillon- 
ner habilement , le pousser, l’encourager, on parvient aussi 
souvent à obtenir de lui le plus difhicile et le moins attrayant. 
L’ambition de se rendre utile, de triompher de la difficulté 
vaincue, de se faire connaître avantageusement du monde sa- 
vant en suivant une route non encore frayée , peut donner du 
charme au travail le plus fatiguant et convertir l'ennui en 
véritable plaisir. Et peut-être qu’un jour vous verriez éclore, 
par vos soins, un travail important pour la science, de l’es- 
prit d’un homme qui, abandonné à lui-même, aurait con- 
tinué à se traîner sur les routes battues! 


Mémoire sur le G. Gorytes Larr. Æ{rpactus. dur. Par M. le 
_ comte LEPELETIER DE SAINT-F ARGEAU. : 
(Séance du 29 février 1832.) 
M. Latreille , fondateur du G. Gorytes, le place dans la sep- 
tième division de la famille des Hyménoptères fouisseurs 
(Latr. Crust. Arachn. et Ins. Tom. 2, pag. 329, 2° édit.) 


et dans la tribu des Crabronites. 
Les caractères de la division sont : Zéte ordinairement 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 53 


très-forte, presque carrée , vue en dessus. Antennes souvent 
plus grosses vers le bout, ou en massue. Abdomen soit ova- 
laire ou elliptique, plus large vers son milieu, soit rétréci 
à sa base en un pédicule allongé et comme terminé en mas- 
sue. Cette division ou tribu des Grabonites se subdivise, et la 
subdivision dans laquelle figure le G. Gorytes se distingue 
par les antennes insérées au dessous du milieu de la face 
antérieure de latéte, le chaperon court et large, et les yeux 
entiers. Là se placent trois genres : celui qui nous occupe, 
les Crabro et les Stigmus, ayant tous trois les mandibules 
étroites, simplement dentées au bout , se terminant en une 
pointe simple avec une seule dent au dessous ou au côte in- 
terne, et les antennes rapprochées à leur base. 

Le caractère particulier des Gorytes est, dit M. Latreille, 
d’avoir : Z'rois cellules cubitales complètes, sessiles , presque 
égales, la deuxième recevant les deux nervures récurren- 
tes. Les mandibules moyennes, unidentées au côté interne ; 
les antennes un peu plus grosses vers le bout ; le metathorax 
offrant une sorte de faux écusson sillonné ou guilloché ; et 
les tarses antérieurs souvent ciliés avec le dernier article 
renfle. 

Jurine, en conservant ce genre , changea son nom en celui 
d’Arpactus. Il lui donne les caractères suivans : Cellule ra- 
diale, une, oblongue. Cellules cubitales, trois à peu près 
égales ; la deuxième , resserrée antérieurement , recoit les 
deux nervures récurrentes ; on voit souvent le commence- 
ment d’une quatrième cellule. Mandibules petites, bidentées. 
Antennes filiformes ; composées de douze anneaux dans les 
femelles, et de treize dans les mâles. Femelles armées d’un 
aiguillon piquant et caché. L'auteur ajoute que : Derrière 
leur écusson on voit une plaque triangulaire encadrée , sil- 
lonnée ou guillochée par des lignes parallèles ; les jambes se 
terminent par une pelotte plus dilatée chez les femelles que 


54 ANNALES 
chez les males. Dans plusieurs espèces on remarque que les 
tarses des jambes antérieures sont garnis de longs poils pla- 
cés en dehors de ces parties dont Jurine ignore les usages. 

Si nous examinons les caractères particuliers que nous ve- 
nons de rapporter, nous aurons un assez grand nombre d’ob- 
servations à faire : 

1° Les cellules cubitales, dans les Gorytès, sont, pour l’or- 
dinaire, au nombre de quatre, au même titre que dans les 
Tenthrèdes, Larr. Ællantus, Jun. à qui ces auteurs les ac- 
cordent. Mais dans un petit nombre, il n’y en a que trois com- 
plètes, et dans quelques autres, la quatrième est à peine com- 
mencée ou n'atteint pas tout-à-fait le bout de l’aile. Dans le 
système alaire, les caractères donnés ne me paraissent pas 
suflire pour distinguer les Gorytes des G. Dimorpha et Stizus 
et de ceux qui composent la famille des Diploptères. Il faut y 
ajouter que la cellule radiale est sans appendice dans les Go- 
rytes pour les distinguer des Dimorpha, qui l'ont appendi- 
cée; que leur première cellule cubitale n’est pas plus longue 
que la deuxième pour les séparer des Stizus, qui ont cette 
première cubitale beaucoup plus longue que la deuxième; en- 
fin que la nervure transversale qui ferme la troisième cellule 
discoïdale est très-arquée extériourement dans les Gorytes 
pendant qu’elle est droite dans les G. de la famille des Diplop- 
tères. Faute d’avoir observé cette dernière différence, Spinola 
et Vander Linden ont introduit un Odynerus dans leur genre 
Gorytes. Gar lorsque l’aile des Odynerus est développée, il 
n'y a que le caractère que nous proposons qui puisse faire dis- 
tinguer les ailes de ces deux genres, 

2° Quoiqu'il soit vrai de dire que les antennes sont insé- 
rées au dessous du milieu de la face antérieure , cela varie du 
plus au moins selon les espèces, et en outre les femelles les 
ent toujours insérées plus près du chaperon que les mâles. 

4° Les antennes ne sont pas toujours nn peu plus grosses 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. , 56 


vers le bout. Il y a des femelles et des mâles qui ont les anten- 
nes absolument filiformes. On peut encore moins dire en gé : 
ral , antennes filiformes, puisque dans la plupart les antennes 
vont en grossissant vers le bout, et forment une espèce de 
massue allongée plus ou moins obtuse ou pointue. Telle fe- 
melle a les antennes conformées de cette dernière manière , 
pendant que son mâle les a filiformes , et tel mäle les a en mas- 
sue tandis qu’elles sont filiformes dans sa femelle. 

4° Le prothorax ne forme en dessus qu’un rebord mince 
en avant du corselet, et ne s’étend pas latéralement jusqu’à 
l'insertion de l'aile, 

5° L’écusson est divisé en deux par un sillon transversal, 
en sorte qu'il y a un écusson presque triangulaire, et un 
deuxième écusson linéaire transversal. Il faut aussi ajouter que 
le métathorax porte une plaque triangulaire dorsale dont la 
pointe est dirigée vers l’abdomen et bordée latéralement de 
sillons enfoncés. Ces caractères de l’écusson et du métathorax 
servent encore à distinguer les Gorytes des Odynerus. 

6° La dilatation des pelottes des tarses ne dépend pas des 
sexes, mais des espèces; un petit nombre les a très-petites ; 
quelques unes très-grandes , et la plupart moyennes. 

7° Les tarses antérieurs sont ciliés , il ne faut pas dire dans 
quelques espèces, mais dans la plupart des femelles; elles ne 
le sont pas dans un petit nombre d'individus de ce sexe. El 
faut ajouter que les femelles qui les ont ciliés ont aussi les 
jambes postérieures munies d’épines à leur extérieur , tandis 
que les autres ont ces mêmes jambes inermes. Jurine ignore, 
dit-il, les usages des tarses ciliés. Nous savons, avec M. La- 
treille, qu’ils servent à ces femelles pour creuser dans les 
sables les trous où elles déposent la proie qui servira de nour- 
riture à leur postérité, Nous ajouterons que les épines des 
jambes postérieures aident à transporter ces proies. Il faut 
conclure de ce que nous venons de dire que les femelles qui 


56 ANNALES 


sont privées de cils aux tarses antérieurs et d’épines aux jambes 
postérieures, sont incapables de creuser et d’approvisionner un 
nid , qu’elles ne peuvent fournir par elles-mêmes au besoin de 
leur postérité ; que par conséquent elles sont parasites , c’est- 
à-dire réduites à pondre dans un nid construit et approvisionné 
par d’autres. 

Pensera-t-on que l’on doive laisser dans le même genre des 
insectes dont les facultés sont si différentes ? Je ne me l’ima- 
gine pas. Mais on croira peut-être les devoir éloigner beau- 
coup l’un de l’autre; on se tromperait encore. L’auteur de la 
nature a fait les parasites ressemblans par beauconp d’attri- 
buts à ceux aux dépens desquels ils vivent, pour qu’ils pussent 
être près d'eux et même chez eux sans trop éveiller de soup- 
çons; ils étaient dépourvus de tout autre moyen de multiplier 
leur espèce. Faisons de même, et laissons près des Amphi- 
tryons les parasites qu'ils nourrissent : les fauvettes et les cou- 
cous habitent les mêmes bosquets. Cependant il ne faut pas, 
je pense, les confondre dans un même genre. Ge fut la consi- 
dération première apercue, qui m’engagea à un examen appro- 
fondi du G. Gorytes. Cette considération et quelques autres , 
dont une partie est indiquée dans les observations ci-dessus, 
m'engagèrent à former de l’ancien G. Gorytes six genres dont 
les caractères sont rangés comparativement dans le tableau 
suivant. 


Tom. [, pag. 96. 


on nr en 
ES GENRES 


SAMMACIUS ; Psam-|Arpactus, Arpactus Nos. 

mectus Nos. 

ytis spec. SPINOL. VAN- Arpacti spec. Jur. Gorrtis|Ë 

; spec. LaATR. VAnDER L. Sprn.| À 
Paxz. Pompili spec. Fas. | 





G. Gorytès, Gorytes, 


Gorytis spec. LarTe. 
DER L. Mellini spec. Fa 
pacti spec. JuRrIN. 


1. Antennes ® en 


allongée, obtuse , Mlennes Ce en maässue|r. Antennes O en massue|E 


ngée pointue, allongée, un peu pointue, 


Aussi longue q 


tête et le corsele Plrs courtes que la Notablement plus k 
née te et le corselet pris courtes que la tête et|} 
isemble. le corselet pris ensem-|Ë 

> ble. . 





2. Antennes çj filiforn 

(4 ennes ç* en massue|2. Antennes çZ allant en 
igée, presque poin-| grossissant du troisième 
au neuvième article in- 
clusivement, s’amincis- 
sant ensuite pour se ter- 

Plus longues A Manifest PR 
tête et le corsele "*aniies ement plus ani estement p us 
1. urtes que la tête et courtes ane la tête et 
D NOR SR ET Re PE Et GEST CIS 


Bête.’ PAU SU RE PT RUN MATH AERES 


filiformes . Corvtes 
. TJ 3 +» 


L . . . . . LU . . . 


nlennes { allanten SO A Et A I ENS FEU: 1 PEN EnES Hoplisus. 
srasteles 2 UE ee N'ES ponpnis. 


3e As EMA SRE à: su Arpactus. 
A en Sécroreat après le 3e Lestiphorus. 


es 
ég gaux jusqu'au gg. . ... . . EFsammæcius. 


a. M. Brulié qui fai 


. dans une planche, les caractères principaux 
és ci-dessus. ner - e P e , 1€ ï es principaux 





? Tarscs antériours 





G. Gorytès, Gorytes Non, 
Gorrt spec. Larn. Van. 


oxn L. Mellini spec. Fan. 4r-|t 
pacti ipee, Junrn. 


allongée, obtuse, 





Aussi longue que la 
tête et le corselet pris 
ensemble. 


G- Hoplisus, Æoplèus |G. Euspongus, Enspon- 


. Antennes Q en massuelr. 


Nos. 
Gorytis pee, Larn, Vax-| 


pen L. Mellini spee. Fan 


Arpaëri spec. Jun. 


Antennes @ on massue 
courte, très-obluse, 


Notablement plus 
courles que la tête et 
le corselet pris ensem- 


ble; 


2. Antennes «7 filiformes, |3. Antennes co allant en 


Plus longues que la 
tête ct le corselet pris| 
ensemble; 


Tous leurs articles du 
troisième au dernier, 
réniformes presque 
égaux en longueur ; 


Le dixième entier, 
n'ayant pas en dessous 
d'échancrure particu- 
lière. 


3. Pelottes des tarses très- 
petites daos les deux 
sexes. 


4. Torses antérieurs © im- 
propres à fouir ua nid, 
dépourvus de cils roides, 
disposés en peigne. 


propres à porter une! 
proie, dépourvues d'é- 
pines. 


6. Troisième cubitale étroi- 
te: la quatrième presque 
complète. 





simples (au 


f 


Uciiés, antennes 


grossissant faiblement 
du troisième article au 
dernier, 


Un peu plus courtes 
que la tête et le corce- 
Jet pris ensemble, 


Tous leurs articles du, 
troisième au dernigr, 
réniformes et presque 
égaux en longueur; 


Le ième entier, 
n'ayant pas en dessous 
d'échancrure particu- 
lière. 


3. Pelottes des tarses très- 


grandes dans les deux 
sexes, et plus longues 
que les crochets. 


4. Tarses antéricors © pro. 
pres fouir un nid, pour. 
vus de cils roïdes dispo. 
sés en poigne 


5. Jambes postérieures im-|5. Jambes postérieures pro- 


pres à porter une proie, 
pourvues d'épines, 


6. Troisième cubitale fort 


large : la quatrième com 
plète 


gus Non 
Mellint ipee. 2 Pat 


t. Antennes Q en massuc 
allongée, pointue ; 


Presque aussi lon- 
gues que la tête et Je 
corselet pris ensemble. 


G. Lestiphorus, Lesti-|G. Pémmacius, Psam- 
phorus Nov, Mecius Nov, 
Gorrtù spee, Vaxomn L. 


nes @ absolument}r. Antétines Q en massue 
filiformes , allofigée pointue, 


Aussi longues que ln 
tête et le corselet pris 
ensemble. 


Plus courtes que la 
te et le corseter pris| 
easemble, 





a. Antennes gen massuel 
allongée, pointue, 


Presque aussi lon- 
&ues que la tête ot le 
corselet pris ensemble; 


Tous leurs articles du 
troisième au dernier , 
cylindriques ct pres- 
que égaux en lon- 
sueur; 


Le dixième entier , 
n'ayant pas en dessous, 

échanrure particu- 
lière. 


3. Pelottes des tarses très- 
grandes dans les deux 
sexes, ct plus longues 
que les crochets. 


Tarses antérieurs Q pro- 
pres à fouir un nid, pour. 
vus de cils roïdes dispo. 
sés en peigne. 








5ambes postérieures pro- 
pres à porter une proie, 
pourvues d'épines. 


6. Troisième cubitale fort 
large : la quatrième com- 
plète. 


2. Antennes ç* allant en|3, An(tnnes g' en massue 
grossissant faiblementdu| alloëgée, presque poin. 
troisième article jusque tue à 
passé le milieu, se termi- 
nant en pointe 


À peine plus cour- 
tes que la tête et le cor- 
selet pris ensemble; 


Manifestement plus 
coïrles que la tête et 
le corcelet pris ensem- 
blé; 

Leurs articles du 
troisième au neuvième! 
indlusivement, cylin 
driques, égaux éntre] 
eux; les quatre der- 
niers plus ou moins ré. 
niformes, plus courts] 
que les précédens ; 

Le dixième ayant 
endessous une échan- 
cûre particulière : Îel 
trdirième un peu en) 
crochet. 

3, Pelottes des tarses ordi- 
naires. 


Tous leurs articles du 
troisième au dernier 
cylindriques, allant en 
décroissant” visible- 
ment de longueur ; 


Ledixièmeayanten 
dessous une échan- 
crüre particulière : le 
treirième à peine en 
crochet. 

3. Peloties des tarses ordi- 


maires. 


4: Tarses antérieurs ® pro- 
pres à fouir un nid, 
pourvus de cils roides 
disposés en peigne. 


4. Torsé antérieurs ® 
pres À fouir un 
pourvus de cils roides 
disposis en peigne. 


pro: 
à 


5. Jambes postérieures pro- 
pres à porter une proie, 
pourvues d'épines. 


5. Jambes postérieures pro- 
pres à porter une proie, 
pourrues d'épines. 


6. Troisième cubitale de) 
largeur moyenue : Ia qua 
1rième complète. 


6. Troisième cubitole de 
largeurmoyenne: la qua 
trième complète. 





Tom. 1, pag. 56, 


TABLEAU COMPARATIF DES CARACTÈRES DÉS GENRES. 


Arpuetus, Arpaetus No ) 


Arpacti pee, Jun. Garyti 
pee. Larn. Vaso LS) 
Paxz. Pompiliapec. F. 


1. Antennes ® en masse! 
allongée, un peu pointue, 


Notablement plus! 
courtes que la 1ète «il 
le corselet pris ensem 
ble. 

2. Antennes jt allant en! 
grossissant du troi 
au neuvième article 
clusivement, s'aminci 
sant ensuite pour se ter-| 
miner en pointe, 
Manifestement. plus! 
courtes que la tète et 
le corcelet pris ensem- 
ble; 
Leurs articles dul 
ième au neuvi 
inclusivement, cylin- 
driques, égaux éntrel 
eux; les quatre der- 
niers plus où moins ré- 
niformes, plus courts 
que les précédens ; 
Le dixième ayant en: 
dessous une échan-| 
crure particulière : le 
treizième un peu en 
crochet. 
3: Pelottes des tarses ordi- 
paires. 


4: Tarses antérieurs © pro- 
pres ‘à fouir un nid; 
pourvus de cils raides 
disposés en peigne. 


5. Jambes postérieures pro- 
pres à porter une proie, 
pourvues d'épines. 


6. Troisième cubitale de 
largeur moyenne: la qu 
triéme peu ou point com 
meéncée, 








TABLEAUX ANALYTIQUES DES GENRES. 


lennes en massue obtuse 
filiforn 











très-obtuse & CNT 








+ Gorytes. 


+ Hoplisus. 


= Lesüphorus. 


andes . . . SO 


» Euspongus, 
complète. 


FREE 





pointire , pelottes dui tarses 





ordinaires , f* eubitale 











incomplète AT us. Arpactus. 
ES  —  — 
set otre DONYIS 
Allonnes. Ii : : OO A A TOME D IEUe tn = + « Hoplisus, 
allant en grossissant prés lef °btuse - - - . . GE RS TS nn Ce OCR Doi quiur 
à émité RARE EN TE si see... Arplus 4 
8 article, leurestrémité À intue, rot article incomplètes see ee RME I 


échaneré, 4° cubitale allant en décroissant après le 3e Lestiphorus. 


complète , articles des antennes ; A 
F égaux jusqu'au ge. . . . . . Psimmæius. 
Nota. M. Brollé qui faisait, pour l'Entomologie, partie de l'expédition scientifique en Morée , a bien voulu exprimer, dans une planche, les caractères principaux 


indiqués ci-dessus. 





ae ve ER PE 


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DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 57 
G. GoryTis. 


Gorytes Le Per. Gorytis spec. Larr. Vanver. L. Mellini 
spec. Faz. Pawz. Arpacti spec. Jun. 


1e ystaceus. 


Antennes entièrement noires, un peu plus longues que 
la tête et le corselet pris ensemble. Tête noire; chaperon 
portant deux taches séparées, ovales, jaunes, disposées 
en chevron brisé très-ouvert, mais ne s’atteignant pas 
pour former le sommet du chevron. Corselet noir; pro- 
thorax bordé de jaune à sa tranche dorsale : point calleux 
sous l’épaule de cette même couleur : deuxième écusson jaune. 
Abdomen noir : premier segment portant en dessus près du 
bord postérieur de chaque côté, une tache ovale jaune , ces 
deux taches séparées : deuxième et troisième segmens portant 
en dessus à leur bord postérieur , chacun une bande jaune, 
ondulée à sa partie antérieure; celle du deuxième notablement 
élargie sur les côtés : ces deuxième et troisième segmens ayant 
chacun en dessous de chaque côté une tache triangulaire jaune. 
Pattes : hanches, trochanters et cuisses noires; celles-ci ayant 
leurs genoux testacés. Ailes assez enfumées , un peu testacées : 
radiale plus obscure , ainsi que le bout de l’aile; point épais 
testacé clair. Q. Long. 5. lignes. 1, des Pyrénées. 


Sphex Mystacea Linx. Fn. Suec. Vis. tom. 5. pag. 241. 
n° 3. Mellinus Mystaceus Fa. Syst. Piez. n° 1. Panz. 
Faune Germ. 53. 11. Gorytes Mystaceus Var. a. Vanper 
L. ©. Part. 2. pag. 94. n° 9. 


Var. a. Taches du chaperon réunies par le sommet du che- 
vron. Côtés du corselet près de l’épaule et du point calleux 
portant une seconde tache jaune distincte de eelui-ci et placée 
sous l'insertion de l’aile, Le reste comme dans l'espèce. Q. 
Long. 6. lignes. 2, des environs de Paris. 


58 ANNALES 


Var. b. Une tache jaune transversale sur le dos du qua- 
trième segment à son bord postérieur. Toutes les jambes, où 
au moins les deux antérieures, ayant du noir à leur partie 
postérieure. Le reste comme dans la var. a. ®. Long. 5 
lignes. 2, des environs de Bordeaux, 

Var. c. Taches du premier segment de Fabdomen se tou- 
chant un peu. Le reste comme dans la var. a. @. Long. 6 
lignes. 3; 2, des environs de Paris, et 1 de Bordeaux. 

g. Antennes une fois et demie aussi longues que la tête et le 
corselet pris ensemble. Deuxième écusson entièrement noir. 
Pattes : hanches, trochanters et cuisses tous noirs; les 
quatre jambes antérieures noires à la parlie interne, jaunes à 
l’externe; leurs tarses d’un testacé noirâtre : jambes posté- 
rieures noires , avec une tache oblongue jaune près de la base ; 
leurs tarses noirs avec la partie intérieure de la base du pre- 
mier article jaune. Le reste comme dans la femelle. Long. 
5 lignes et 1/2. 1, des environs de Paris. 

Ce mâle est mentionné par Vander Linden, cité plus haut. 

Var. a. Taches du chaperon réunies en une ligne arquée , 
ondulée. Le reste comme dans le mâle premier décrit. . 
Long. 4 lignes. 1, des environs de Paris. 

Var. b. Taches du chaperon séparées. Une tache jaune 
transversale sur le dos du quatrième segment de l’abdomen à 
son bord postérieur. Le reste comme dans le mâle premier 
décrit. . Long. 5 lignes. 1, des environs de Paris. 

Var. c. Taches du chaperon réunies en une ligne arquée, 
ondulée. Prothorax entièrement noir. Le reste comme dans 
le mâle premier décrit. 7. Long. 4 lignes. 1, des environs de 
Paris , et 2 de Bordeaux. | 

Syn. de cette var. c. Meilinus arpactus Far. Syst. Piez. 

n° 32. 
2. Campestris. 


Antennes entièrement noires, aussi longues que la tête 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 59 
et le corselet pris ensemble. Tête noire; chaperon por- 
tant deux taches ovales, jaunes, réunies en chevron brisé 
très-ouvert. Gorselet noir : prothorax bordé de jaune à sa 
tranche dorsale : point calleux sous l’épaule jaune ; une autre 
tache plus on moins grande de cette couleur sous l'insertion de 
l'aile près de l’épaule et du point calleux ; deuxième écusson 
jaune. Abdomen noir : premier , deuxième , troisième et qua- 
trième segmens portant en dessus à leur bord postérieur cha- 
cun une bande janne; celle des deux premiers un peu on- 
dulée à la partie antérieure et notablement élargie sur les 
côtés : celle des troisième et quatrième très-ondulée à sa 
partie antérieure , et notablement élargie sur les côtés et dans 
le milieu. Pattes : hanches, trochanters et cuisses noirs ; 
celles-ci ayant leurs genoux testacés : jambes testacées, jaunes 
en devant surtout vers la base; tar$es testacés. Ailes peu en- 
fumées : radiale plus obscure ainsi que le bout de l'aile ; point 
épais testacé clair. Q. Long. 5 1/2 lignes. 4, des Landes de 
Bordeaux; 1, des environs de Saintes; 1, des environs de 
Paris. 

Syn.? J’espa Campestris. Lixx. Fn. Suec. Vixr, Tom. IF, 
pag. 270, n°10. Dans la description de Linné, le premier 
segment abdominal a deux taches jaunes séparées , au lieu de 
la bande continue que je trouve dans tous les individus que 
j'ai sous les yeux. Le caractère de deux taches séparées appar- 
tient à tous les individus du Gorytes Mystaceus que je con- 
nais. [I reste donc du doute sur le synonyme de la Faune Sue- 
cique.et sur l'identité de tous les Gorytes Campestris des au- 
teurs subséquens avec le nôtre. Il est à remarquer qu'aucun 
de ceux que je connais, n’a donné de description de cette es- 
pèce, et que tous se sont bornés à citer Linné. 

Var. a. Un point jaune sur l’écusson, outre la bande du 
deuxième écusson. Bande du quatrième segment de l’abdomen 
réduite à une tache dorsale oblongue, Le reste comme dans 


60 ANNALES 


l'espèce. ©. Long. 9 lignes. 1 , du département des Landes ; 
1, des environs de Saintes. 

Var. b. Chaperon portant , au lien de taches ovales, deux 
pelites lignes minces qui ne s’atieignent pas pour former un 
chevron. Tache sous l'insertion de aile nulle. Deuxième 
écusson noir, portant une tache triangulaire jaune. Bandes 
des deuxième et troisième segmens de l'abdomen très-ondulées 
à leur partie antérieure et élargies sur les côtés et dans le mi- 
lieu : celle du quatrième raccourcie sur les côtés, élargie 
seulement dans le milieu. Le reste comme dans la femelle 
première décrite. Q®. Long. 4 1/2 lignes. 1, des environs de 
Paris. 

c. Antennes à peine plus longues que la tête et le corselet 
pris ensemble. Second écusson portant une tache dorsale 
jaune plus ou moins granfe. Bande du quatrième segment de 
l'abdomen raccourcie sur les côtés. Pattes : les deux cuisses 
antérieures ayant en dessus un peu de jaune vers leur extré- 
mité : tous les genoux en ayant aussi un peu; jambes jaunes ; 
tarses testacés-bruns , avec le premier article jaune. Le reste 
comme dans la femelle première décrite. Long. 4 1/2 lignes. 
1, des environs de Lyon. 

Syn. M. Vander Linden paraît avoir attribué ce mâle à son 
Gorytes Arenarius, que nous ne connaissons que par une fi- 
gure de Panzer (qui représente une femelle). Au moins ce qu'il 
dit de la longueur des antennes comparées à celle du mâle 
Gorytes Mystaceus, nous le fait croire. 

Var. a. Tache sous l'insertion de l'aile nulle ou très-pBtite. 
Le reste comme dans le mâle premier décrit. Long. 4 1/e 
lignes. 2, environs de Lyon. 

Var. b. Tache sous l'insertion de l'aile nulle. Deuxième 
écusson entièrement noir. Bandes de l’abdomen moins on- 
dulées que dans l'espèce : la première interrompue. Guisses 
entièrement noires : jambes ayant une tache jaune à leur 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. G1 


partie postérieure. Le reste comme dans le mâle premier dé- 
crit. . Long. 4 1/2 lignes. 3, des environs de Saintes. 

Var. c. Cinquième segment de l’abdomen portant à son 
bord postérieur une bande jaune dorsale, courte. Le reste 
comme dans la var. b. . Long. 4 lignes. 1, des environs de 
Saintes ; 1, de Paris; et 1, de Bordeaux. 

Var. d. Tête et corselet comme dans la femelle première 
décrite. Abdomen comme dans la var. mâle c. &. Long. 4 1/2 
lignes. 1, de Saintes; 1, de Paris; 2, da département des 
Landes. 

Nota. Le caractère distinctif des Gorytes Mystaceus et 
Campestris est dans la longueur respective des antennes. On 
peut y ajouter les ailes, plus rembrunies dans le premier que 
dans le deuxième. 

Le Sphex Longicornis Rossr. Fn. Etrusc.,tom. II, pag. 67, 
n° 827 (tab. 6, fig. IX), dont personne, à ma connaissance, 
n'a fait mention depuis cet auteur, se rapporte probablement 
comme mâle à ce genre. Je ne vois dans les Entomographes 
aucune autre espèce ou individu qu’on puisse y joindre. 

G: Hopzisus. Nogis. 

1. Quinque cinctus. 

Antennes : premier article jaune avec une tache noire 
en dessus : les autres d’un jaune tirant au testacé en des- 
sous et noirs en dessus. Tête noire; chaperon jaune. Cor- 
selet noir; prothorax bordé de jaune à sa tranche dor- 
sale : point calleux sous l’épaule de cette même couleur; 
une autre tache de cette même couleur sous l'insertion de 
l'aile près de l’épaule et du point calleux : bord postérieur 
de l'écusson portant une ligne jaune. Abdomen noir : pre- 
mier, deuxième, troisième, quatrième et cinquième segmens 
portant en dessus à leur bord postérieur chacun une bande 
jaune; celles des deux premiers notablement élargies sur les 
côtés, très-rétrécies dans leur milieu , la troisième peu élar- 


62 ANNALES 


sie sur les côtés, la cinquième élargie dans son milieu et 
souvent raccourcie sur les côtés ; les deuxième , troisième et 
quatrième segmens ou quelques uns d’entre eux ayant cha- 
cun en dessous de chaque côté une tache triangulaire jaune. 
Pattes : les quatre antérieures à hanches et trochanters noirs; 
leurs cuisses noires avec le dessous de l’extrémité et les ge- 
noux testacés clair mêlés de jaune : les deux postérieures à 
hanches noires, trochanters et cuisses testacés, celles-ci jau- 
nâtres en devant, tirant au brun, quelquefois même au noir 
postérieurement : toutes les jambes et les tarses testacés clairs; 
pelottes noirâtres. Ailes hyalines : radiale un peu enfumée, ainsi 
que le bout de l'aile; point épais testacé clair. ©. 5, 3 des en- 
virons de Paris, et 2 de ceux de Lyon. Long. 5 1/2 lignes. 

Syn. #fellinus quinque-cinctus. Fas. Syst. Piez, pag. 296, 
n° 11. La description des pattes ne convient cependant en- 
tièrement à aucun de mes individus. Gorytes quinque-cinctus. 
Var: a. Vanvper L. ©. Part. 2, pag. 99, n°13. 

Var. a. Orbites antérieures des yeux jaunes. Moins de tes- 
tacé et plus de jaune aux pattes, qui ont toutes les hanches 
et les trochanters noirs, ainsi que les cuisses, dont les ge- 
noux seuls sont d’un jaune testacé. Le reste comme dans l’es- 
pèce. ®. 1, des environs de Paris. Long. 4 1/2 lignes. 

Var. b. Portion inférieure de l'orbite antérieure des yeux 
jaune. Antennes comme dans l’espèce pour ce qui est du pre- 
mier article; les autres d’un jaune tirant un peu au testacé en 
dessous, les deuxième, troisième et quatrième ayant une 
teinte noire en dessus. Pattes : tous les trochanters jaunes, tes- 
tacés en dessous; cuisses n’ayant que peu de noir à la base, 
mais plus postérieurement qu’à la partie antérieure. Le reste 
comme dans l'espèce. Q. 1, des environs de Paris. Long. 5 
lignes. 

Var. c. Cinq ou six des premiers articles des antennes 
ayant du noir en dessus. Métathorax portant deux taches jau- 


DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 63 


nes plus ou moins grandes. Cuisses postérieures entièrement 
testacées. Le reste comme dans la var. b. ®. 2, des environs 
de Paris. Long. 4 2/3 lignes. 

Var. d, Chaperon bordé de noir inférieurement. Antennes 
testacées pâles, les deux premiers articles tachés de noir en 
dessus, Métathorax portant deux taches jaunes. Pattes : toutes 
les hanches et trochanters noirs : les quatre cuisses anté- 
rieures comme dans l’espèce : les deux postérieures testacées, 
noires à leur base, pas tout-à-fait jusqu’au milieu. Le reste 
comme dans l’espèce. @. 1, des environs de Paris. Long. 
4 1/2 lignes. 

Nota. La var, b. du Gorytes quinque-cinctus Vanver L,. 
cité ci-dessus, le Mellinus quinque-cinctus Panz. Fn, Germ., 
72, 14, et le Crabro Calceatus Ross. Fn, Etr. Append Mant., 
tom. ÎI[, pag. 122, 108, se rapportent aux variétés. Cepen- 
dant il n'y a identité parfaite avec aucune des descriptions. 

gd Antennes noires; premier article jaune avec une tache 
noire en dessus vers sa base, le deuxième noir avec un point 
jaune en dessous. Premier, deuxième , troisième , quatrième, 
cinquième et sixième segmens de l'abdomen portant en dessus 
à leur bord postérieur chacun une bande jaune; les quatre 
premières à peu près comme dans la femelle : celles du cin- 
quième et sixième segmens occupant le bord entier, égales en 
largeur dans toute leur longueur : les deuxième, troisième, 
quatrième et cinquième segmens, ou le plus souvent les trois 
premiers de ceux-ci ayant en dessous à leur bord postérieur 
chacan une bande jaune : les deux pattes postérieures ayant 
leurs trochanters noirs, leurs cuisses noires avec le dessous 
de l'extrémité et les genoux testacés clairs; toutes les jambes 
et les tarses d’un jaune tirant un peu au testacé; les jambes 
ayant chacune une tache noire allongée à sa partie postérieure. 
Le reste comme dans la ©. 2, des environs de Paris, Long. 
5 1/2 lignes. 


64 ANNALES 


Var. a. Toutes les cuisses noires avec une tache jaune à 
leur extrémité antérieure : les deux tarses postérieurs plus ou 
moins mêlés de testacé noirâtre. Le reste comme dans le mâle 
précédent. 9, des environs de Paris. Long. 4 1/4 lignes. 

Var. b. Les quatre cuisses postérieures ayant bien peu de 
jaune à leur extrémité; les deux tarses postérieurs noirs en 
dessus , testacés en dessous. Le reste comme dans le mâle de 
la var. a. d. 3, des environs de Paris. Long. 5 lignes. 

Var. c. Point calleux à peine taché de jaune : la tache sous 
l’aile manquant totalement. Le reste comme dans le de la 
var. a, mais avec les tarses postérieurs de la var, b. 4 1, des 
Pyrénées. Long. 5 1/2 lignes. 

Var. d. Trochanters postérieurs et base de leurs cuisses 
portant en dessus une petite ligne jaune. Le reste comme dans 
la var. a. G. 1, des environs de Paris. Long. 5 lignes. 

2, Lacordairet. 

Antennes noires; leurs deux premiers articles jaunes 
en dessous. Tête noire : chaperon et orbite antérieure 
des yeux jaunes. Corselet noir : prothorax bordé de jaune 
à sa tranche dorsale; point calleux sous l’épaule de cette 
même couleur. Abdomen noir : premier, deuxième , troi- 
sième, quatrième et cinquième segmens portant en des- 
sus à leur bord postérieur, chacun une bande jaune; celles 
des deux premiers segmens notablement élargies sur les côtés , 
rétrécies dans leur milieu : les deuxième, troisième et qua- 
trième segmens ayant chacun en dessous à leur bord posté- 
rieur une bande jaune, ou de chaque côté une tache trian- 
sulaire de cette couleur. Pattes : hanches, trochanters et 
cuisses noirs; celles-ci portant une petite tache jaune à leur 
extrémité antérieure; jambes jaunes avec une tache noire 
allongée à leur partie intérieure; les quatre tarses antérieurs 
jaunes , les postérieurs noirâtres , d’un jaune testacé en des- 
sous. Ailes faiblement enfumées : radiale plus obscure; point 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 65 

épais testacé clair. . 1, des environs de Lyon. Long. 4 lignes. 

Var. a. Point de tache jaune aux cuisses : jambes posté- 

ricures noires avec une tache jaune allongée à leur partie 

antérieure; tarses postérieurs entièrement noirs. Le reste 

comme dans l'espèce. w. 1, des environs de Paris. Long. 
4 1/2 lignes. 

3. Albidulus. 

Antennes noires; le premier article jaune én dessous, 
le troisième et les suivans jusqu’au neuvième inclusive- 
ment testacés en dessous. Tête noire; un petit point 
jaune à l'orbite des yeux , à la hauteur de l’insertion des an- 
tennes. Corselet noir; prothorax bordé de blanc jaunâtre à sa 
tranche dorsale; une tache de cette même couleur sous l’in- 
sertion de l’aile près de l’épaule et du point calleux. Abdomen 
noir ; premier , deuxième , troisième , quatrième et cinquième 
segmens portant en dessus , à leur bord postérieur, chacun 
une bande d’un blanc jaunâtre; celle du premier paraissant 
composé de deux taches presque triangulaires qui se joignent 
par un de leurs angles; celles des deux suivans ondulées à 
leur bord antérieur et notablement élargies latéralement ; celle 
du cinquième raccourcie sur les côtés; deuxième segment 
portant en dessous de chaque côté un petit point Elanc jaunä- 
tre. Pattes testacées. Hanches , trochanters et pelottes noirs. 
Âiles transparentes ; radiale un peu enfumée. Point épais tes- 
tacé clair. Q. Long. 3 1/2 lignes. 1, des environs de Paris. 
Collection de M. Carcel. 

Nota. Le Mellinus-quinque fasciatus , Paxz. Fn. Germ. 93; 
13, est une femelle, comme le pense Vander Linden. Elle 
nous paraît se rapporter à notre G. Æoplisus. Mais si le Melli- 

"nus quadrifasciatus, Paz. Fn. Germ. 98, 17 (Fas. Syst, Piez. 
n. 0), est le mâle de cette femelle, comme le croit Vander 
Linden, part. 2, pag. 96, les antennes sont mal à propos re- 
présentées comme filiformes dans l’auteur allemand. De plus 

I 5) 


66 ANNALES 


il aurait moins de bandes jaunes aux segmens abdominaux que 
sa femelle, ce qui est opposé à ce qu’on voit dans ce genre 
et daas les voisins. 

La femelle du Mellinus Arenarius,Vanver L., pag. 97 et 98, 
me paraît aussi de ce genre. Le mâle qu'il y rapporte, et pour 
lequel il cite Panz. Fn. Germ , 55, 12, ne me paraît pas con- 
venir à sa femelle, et je ne saurais le rapporter {de quel sexe 
que soit l'individu de Panzer, ce qui est incertain), avec certi- 
tude à aucun de mes genres. 

G. Eusronqus Nomis. 

1. Laticinctus. 

Antennes noires; les articles du premier au dixième in- 
clusivement d'un jaune un peu testacé en dessous. Tête 
noire; chaperon jaune, ainsi que l'orbite antérieure des 
yeux; cette couleur dépassant le chaperon et atteignant 
la base des antennes, pénétrant entre celles-ci pour for- 
mer une tache ronde derrière chacune d'elles. Gorselet 
noir ; prothorax bordé de jaune à sa tranche dorsale. Point 
calleux noir; une tache jaune sous l'insertion de l'aile près de 
l'épaule et du point calleux. Bord postérieur de l’écusson por- 
tant une bande jaune. Abdomen noir; premier, deuxième, 
troisième et quatrième segmens portant en dessus à leur bord 
postérieur chacun une bande jaune, large , surtout celles des 
deux premiers; celle du premier très-élargie sur les côtés, 
irès-rétrécie dans son milieu; celles des deuxième et troisième 
peu élargies sur les côtés; les deuxième ; troisième et qua- 
trième ayant chacun en dessous une bande jaune sur leur bord 
postérieur. Pattes : hanches noires; les quatre postérieures 
tachées en dessous de jaune. Trochanters noirs, les quatre 
antérieurs tachés de jaune. Guisses noires en dessus, jaunes en 
dessous; les deux postérieures entièrement noires à leur base. 
Jambes jaunes, tachées de noir à leur partie postérieure. Tar- 
ses testacés , avec un peu de jaune à leur premier article; 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 67 
dernier article des deux tarses postérieurs brun, presque noir. 
Ailes transparentes, avec un large nuage enfumé qui comprend 
toute la radiale et les parties voisines des trois premières cubi- 
tales, et s'étend même un peu au dessus de la première de 
celles-ci. Point épais testacé clair. ©. 1, des Pyrénées. Long. 
9 1/2 lignes. 

Var. a. Antennes entièrement jaunes en dessous, excepté 
le bout du dernier article. Cinquième segment de l’abdomen 
portant en dessus, à son bord postérieur, une bande jaune 
raccourcie sur les côtés. Pattes : hanches et trochanters pres- 
que entièrement noirs. Guisses postérieures noires, avec la 
partie antérieure du bout jaune. Le reste comme dans l’es- 
pèce. ®. 2, 1 des Pyrénées, l’autre des environs de Paris. 
Long. 5 1/2 lignes. 

cg. Antennes entièrement noires , à l’exception du dessous 
du premier article qui est jaune. Tête noire ; chaperon jaune; 
une petite tache au dessus de cette couleur qui ne pénètre pas 
entre les antennes ; orbite antérieure des yeux jaune. Écusson 
entièrement noir; Cinquième segment portant en dessus une 
bande jaune complète à son bord postérieur; quatrième seg- 
ment en dessous n'ayant de chaque côté qu’une tache au lieu 
de bande jaune. Tarses postérieurs noirâtres. Le reste comme 
dans la femelle; 7, 5 des Pyrénées, et deux des environs de 
Lyon. Long. 5 lignes. 

Var. a. Bord postérieur de l’écusson portant une bande 
jaune. Sixième segment de l’abdomen portant près de son bord 
postérieur dorsal deux points jaunes. Le reste comme dans le 
précédent. Z. r, des environs de Paris. Long. 5 lig. 

Var. b. Premier article des antennes ayant un peu de noir 
en dessus à sa base; le deuxième jaune taché de noir en dessus. 
Point de tache jaune au dessus du chaperon. Point calleux 
jaune. Bord postérieur de l’écusson, portant une bande jaune. 
Métathorax ayant de chaque côté une tache de cette couleur. 


68 ANNALES 


cinquième et sixième segmens portant chacun en dessus à 
leur bord postérieur une bande jaune élargie au milieu. Les 
deuxième , troisième, quatrième et cinquième ayant chacun 
en dessous, à leur bord postérieur, une bande jaune qui est in- 
terrompue dans son milieu pour les trois derniers. Pattes : 
hanches et trochanters noirs, ceux-ci ayant un peu de jaune ou 
de testacé en dessus. Cuisses noires, avec le bout d’un jaune 
testacé, surtout à la partie antérieure. Jambes et tarses com- 
me dans la femelle; le reste comme le mâle premier décrit. 
. 1, des environs de Bordeaux. Long. 5 lig. 

Var. c. Dessous du deuxième article des antennes jaune. 
Point de tache jaune au dessus du chaperon. Point calleux 
jaune. Bord postérieur de l’écusson portant une bande jaune ; 
sixième segment de l’abdomen ayant à son bord postérieur une 
bande jaune raccourcie sur les côtés; le reste comme dans le 
mâle premier décrit. 7. 2, de la collection Faure Biguet. Long. 
5 lignes. 

2, Vicinus. 

Antennes noires; dessous du premier article jaune ; 
celui des troisième , quatrième, cinquième et sixième Les- 
tacé. Tête noire; chaperon portant de chaque côté une tache 
jaune , et au milieu une petite ligne transversale de cette 
couleur. Un point jaune à l'orbite des yeux près de l'insertion 
des antennes, et deux petits points entre les deux antennes. 
Corselet noir; prothorax bordé de jaune à sa tranche dorsale. 
Point calleux noir: une tache jaune sous l'insertion de l’aile 
près de l'épaule et du point calleux. Bord postérieur de l'é- 
cusson portant une bande jaune. Abdomen noir; premier , 
deuxième , troisième et quatrième segmens portant en dessus 
à leur bord postérieur, chacun une bande jaune , pas fort lar- 
se; les deux premières un peu élargies sur les côtés; le 
deuxième ayant en dessous une bande jaune; le troisième et 
quelquefois le quatrième ayant également en dessous de cha- 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 69 


que côté une tache. Pattes Lestacées, avec les hanches, les tro- 
chanters et la base des cuisses, jusque passé la moitié, noirs. 
Ailes un peu enfumées, avec un nuage un peu plus obseur qui 
comprend toute la radiale et les parties voisines des trois pre- 
mières cubitales. Point épais testacé clair. @. 1, des envi- 
rons de Paris. Long. 4 1/2 lignes. 

Var. a. Dessous des deuxième, troisième, quatrième, cin- 
quième , sixième et septième articles des antennes testacé. Pas 
de points jaunes entre les antennes. Jambes tachées de noir 
à leur partie postérieure. Le reste comme dans l'espèce. ®. 1, 
des Pyrénées. Long. 5 lignes. 

Var. b. Chaperon entièrement noir; cinquième soumet de 
l'abdomen portant en dessus, à son bord postérieur , une 
bande jaune raccourcie sur les côtés; les deux cuisses anté- 
rieures ayant un peu de jaune en dessous. Le reste comme 
dans l'espèce. @. 1, des environs de Paris. Long. 4 2/5 li- 
gues. 

g. Antennes entièrement noires, à l’exception des deux pre- 
miers articles qui sont jaunes en dessous. Tête noire ; chape- 
ron noir avec une ligne transversale jaune sur son milieu. 
Point de tache jaune sous l'insertion de l'aile. Ligne jaune de 
l'écusson mince. Cuïisses noires avec le petit bout testacé. 
Jambes d'un jaune tirant au testacé, tachées de noir posté- 
rieurement. Le reste comme dans la femelle. 1, des environs 
de Lyon. Long. 4 lignes. 

Var, a. Deuxième article des antennes entièrement noir. 
Chaperon entièrement jaune; orbite antérieure des yeux jaune 
à sa partie inférieure. Le reste comme dans le mâle précé- 
dent. Long. 4-5 lignes. 

Var. b. Chaperon de la var. a. Ligne jaune de l’écusson 
interrompue, remplacée par deux petits points de cette cou- 
leur. Cinquième segment portant deux traits jaunes latéraux 
sur son bord postérieur. Le reste comme dans le mâle pre- 


70 ANNALES 
mier décrit. #. 1, des environs de Paris. Long. 4 1/3 H- 
gnes. 

3. Albilabris. 

Antennes noires ; premier article blanc - jaunâtre en 
dessous. Tête noire; chaperon et orbite antérieure des yeux 
au dessous des antennes d’un blanc jaunâtre. Corselet 
noir ; prothorax bordé de blanc jaunâtre à sa tranche dor- 
sale; une tache sous l'insertion des ailes près de l’épaule et 
du point calleux, de cette même couleur. Abdomen noir; pre- 
mier segment un peu étroit , mais sans étranglement à sa par- 
tie postérieure, portant à son bord postérieur , ainsi que les 
deuxième , troisième et quatrième , une bande d’un blanc jau- 
nâtre , très-interrompue au milieu; celles des deuxième et troi- 
sième élargies latéralement. Pattes : hanches , trochanters et 
cuisses noirs; celles-ci ayant leur extrémité d’un jaune tes- 
tacé, surtout à la partie inférieure. Jambes et tarses d’un 
jaune testacé ; les premières avec un peu de noir à leur partie 
postérieure. Ailes transparentes, avec un nuage enfumé qui 
comprend la radiale et les parties les plus voisines des trois 
premières Cubitales. Point épais testacé clair. 2, 1, des 
environs de Bordeaux, et 1, de la collection de M. Carcel. 
Long. 4 lignes. 

Nota. Al paraît voisin, mais différent du Mellinus dissectus. 
Long. 3 2/3 lignes. Pawz. Fn. Germ. 80, 18. Est-ce l’autre 
sexe ? 

G. Lesrirnorus. Nogis. 

1. Bicinctus. 

Antennes : premier article noir en dessus, jaune en 
dessous , le deuxième noir, taché de jaune en dessous. Les 
suivaus noirs en dessus, d’un testacé jaunâtre en dessous. 
Tête noire ; chaperon jaune , ainsi que les orbites antérieures 
des yeux : cette couleur s’avançant en outre au dessus de 
l'insertion des antennes sur le front. Corselet noir : Prothorax 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. pi 


bordé de jaune à sa tranche dorsale; point calleux sous l’é- 
paule de cette même couleur; bord antérieur de lécusson 
portant une ligne jaune , qui paraît faite de deux points allon- 

£s, réunis. Abdomen noir; premier segment pyriforme, 
très-rétréci à son extrémité , portant en dessus deux taches 
jaunes ovales, un peu réunies par le bout le moins obtus; le 
deuxième campaniforme , rétréci à sa base d'insertion sur le 
premier , portant en dessus une large bande jaune dont le 
bord supérieur couvre le milieu du segment , sans que l’in- 
férieur atteigne le bord postérieur du segment; les autres 
segmens de forme ordinaire ; le troisième portant en dessus , 
à son bord postérieur, une bande jaune : en dessous le 
deuxième segment portant sur son bord postérieur une bande 
jaune , et le troisième ayant seulement de chaque côté sur ce 
même bord une tache triangulaire de cette couleur. Pattes : 
hanches , trochanters et cuisses des deux premières paires de 
couleur noire en dessus, jaune en dessous; les cuisses des 
pattes postérieures , leurs hanches et trochanters comme les 
antérieurs; jambes jaunes, noires à leur partie postérieure : 
tarses testacés brunâtres. Aïles transparentes : radiale et 
deuxième cubitale enfumées, cette nuance s’étendant sur une 
partie de la troisième discoïdale : point épais testacé. ©. 1, des 
environs de Paris. Long. 5 lignes. 

Var. a. Premier article des antennes entièrement jaune en 
dessous : quatrième segment de l'abdomen portant à son bord 
postérieur une bande jaune raccourcie sur les côtés. ©. De la 
collection Carcel. 

Syn. Crabro bicinctus Ross : Fn. Etr. App. pag. 123. 110. 
Tab. 7, Fig. O. Dans la description et dans la figure de cet 
auteur, les points de l’écusson et ceux du deuxième segment 
abdominal sont séparés et distincts , et les jambes postérieures 
sont de couleur testacée; ce qui annonce simplement une 
faible variété dans cette espèce. 


r2 ANNALES 

Syn. Gorytes bicinctus Vanper L. Part. 2. pag. 95, n° 7. 

c. Deuxième article des antennes jaune en dessous. Ecusson 
entièrement noir. Taches du premier segment abdominal sé- 
parées et distinctes. Le reste comme dans femelle. 1 , des en- 
virons de Paris. Long. 4 lignes. 

Var. a. Quatrième segment de l’abdomen ayant quelques 
points jaunes à son bord postérieur. Le reste comme dansie mâle 
premier décrit. . 1, des environs de Paris. Long. 4 1/2 lignes. 

Nota. Le Gorytes coarctatus Spinoza. Tom. IT, pag. 245. 
Tab. V. fig. 24. Vanner Linp. Part. 9, pag. 94, n° 8, d’après 
la configuration du métathorax et les nervures des ailes, doit 
être regardé comme appartenant au G. Odynerus. Son abdo- 
men à une forme imparfaitement analogue à celui du Lesti- 
phorus bicinctus qui m'engage à le mentionner ici, pour lui 
assigner sa véritable place. 

G. Psammzæcrus. Nos. 

1. Punctulatus. 

Antennes noires : dessous du premier article jaune ; celui 
des suivans, du deuxième jusqu’au onzième inclusivement, 
testacé. Tête noire; chaperon jaune, cette couleur s’é- 
tendant un peu au dessus de celui-ci contre les yeux : orbite 
frontale des yeux jaune, Gorselet noir; prothorax bordé de 
jaune à sa tranche dorsale ; point calleux sous l’épaule de cette 
même couleur, une autre tache de cette même couleur sous 
l'insertion de l'aile près de l’épaule et du point calleux : bord 
postérieur de l’écusson portant une ligne jaune : métathorax 
ayant de chaque côté de sa partie dorsale une tache jaune. 
Abdomen noir : premisr, deuxième , troisième, quatrième et 
cinquième segmens portant en dessus à leur bord postérieur, 
chacun une bande jaune : celles des deux premiers un peu 
élargies sur les côtés; celle du cinquième élargie dans son mi- 
lieu , et raccourcie sur les côtés : deuxieme et troisième seg- 
mens ayant en dessous, le premier une bande au bord posté- 


DE LA SOCIÉTÉ ENTGMOLOGIQUE. 73 


rieur, l’autre une tache latérale de couleur jaune. Pattes : han- 
ches noires, les postérieures ayant un peu de jaune en dessus : 
trochanters noirs; cuisses noires à la base et à la partie posté- 
rieure , d'un jaune testacé au bout et à la partie antérieure; 
jambes et tarses d’un jaune testacé. Ailes un peu enfumées 
avec un large nuage brun qui comprend toute la radiale, 
la deuxième cubitale et les parties voisines des troisième et 
quatrième cubitales : point épais testacé clair. Tête, corselet 
et abdomen visiblement ponctués : ces points très-nombreux. 
Antennes insérées très-près du bord supérieur du chaperon. 
©. 1, des environs de Paris. Long. 4 lignes. | 

Var. a. Antennes noires : dessous du premier article jaune : 
celui du deuxième portant une petite tache de cette couleur; 
les autres articles entièrement noirs. Ghaperon noir avec une 
tache triangulaire jaune de chaque côté : orbite antérieure 
des yeux jaune , large vers le chaperon et se rétrécissant vers 
le front. Point de tache jaune sous l'insertion de laile près 
du point calleux : métathorax -entièrement noir. Cinquième 
segment de l’abdomen entièrement noir : point de bande en 
dessous au deuxième segment de l’abdomen , ni de tache laté- 
rale au troisième. Hanches postérieures entièrement noires. 
Cuisses, jambes et tarses d’un testacé rougeâtre dans les par- 
ties qui sont d’un jaune testacé dans l'espèce. Le reste comme 
dans l’espèce. Long. 4 lignes. ©. 1 , des environs de Paris. 

Syn. Gorytes latifrons Spin. Tom. IT, pag. 247. VanDer 
L. Part. 2, pag. 05, n° 6. 

g. Antennes noires, dessous du premier article seul 
d'un blanc jaunâtre. Chaperon et orbite antérieure des 
yeux de cette même couleur. Bordure du prothorax in- 
terrompue dans son milieu et raccourcie sur les côtés, d’un 
blanc jaunâtre qui est aussi la couleur du point calleux 
et de la bande postérieure de l’écusson : point de taches au 
métathorax. Bandes de l’abdomen d’un blanc jaunâtre; pre- 


74 ANNALES 


mier segment n'ayant que deux grandes taches latérales, dis- 
iinctes et séparées, de cette couleur : les bandes des trois seg- 
mens suivans notablement élargies sur Îles côtés ; sixième 
segment ayant aussi une bande d’un blanc jaunâtre raccour- 
cie sur les côtés. Cuisses noïires, seulement à la base. Ponc- 
tuation du corps très-forte. [nsertion des antennes pas très- 
rapprochée du chaperon. Le reste comme dans la femelle. 1, 
des environs de Paris. Long. 5 lignes. 

Syn. Gorytes punctulatus. Vanner L. Part. : , pag. 100, 
n° 14. 

Var. a. Premier article dos antennes n’ayant qu’un petit 
point blanc au bout en dessous. Point de tache jaune sous 
l'insertion des ailes. Cuisses presque entièrement noires, 
excepté au bout qui est testacé :-jambes de cette couleur, 
les postérieures tachées de noir postérieurement ; tarses tes- 
tacés , les postérieurs bruns. Le reste comme dans le mâle 
ci-dessus. @. 1, de Morée. Communiqué par M. Brullé. 
Long. » lignes. 

La collection de feu Carcel contient une femelle entre autres 
qui ne diffère de ce « que par les notes suivantes : tache 
jaune sous l'insertion de l'aile : bout des cuisses et jambes 
d’un jaune testacé, les jambes postérieures sans tache noire. 

G. ArPAcTUs. 

1. Lœvis 

Antennes noires, dessous du premier article d’un blanc 
jaunâtre. Tête noire; base des mandibules et partie infé- 
rieure du chaperon d’un blanc mêlé de rougeâtre ; orbite 
antérieure des yeux blanche. Dessous du corselet noir, ainsi 
que le prothorax; celui-ci ayant de chaque côté une tache 
humérale rougeâtre : point calleux, dessus du corselet, et celui 
du métathorax , ainsi que leurs côtés supérieurs , rougeâtres. 
Abdomen noir; deuxième segment portant en dessus à son 
bord postérieur une bande blanche élargie sur les côtés; le 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 75 
cinquième en ayant une à sa base, élargie sur les côtés et dans 
son milieu. Pattes noires : dessous des quatre cuisses anté- 
rieures rougeâtre , ainsi que leurs jambes et leurs tarses. 
Ailes transparentes; radiale et deuxième cubitale un peu en- 
fumées. Point épais brun. Q. 1, des environs de Paris. Long. 
4 lignes. 

g. Antennes : premier article entièrement noir; dessous 
des derniers , à partir à peu près du quatrième, rougeâtre. 
Tête entièrement noire, à l'exception des côtés du chaperon 
et de l'orbite antérieure des yeux. Plus ou moins de noir sur 
le métathorax. Bande blanche du cinquième segment de l’ab- 
domen posée sur son bord postérieur. Le reste comme dans 
la femelle. 4; 3 des environs de Paris, 1 du département des 
Landes. Long. 4 lignes. 

Var. a. Les quatre cuisses antérieures noires , les genoux 
seuls rougeâtres. Le reste comme dans le mâle précédent. 
d. 1, des environs de Paris. Long. 3 1/2 lignes. 

Var. b. Abdomen entièrement noir, à l’exception de deux 
petites taches latérales blanches sur le bord postérieur du 
deuxième segment. . 1, des environs de Lyon. Long. 3 2/3 
lignes. 

Syn. Goryites Lævis. Vanper L., part. 2, pag. g1, n°1, 
var. a. Pompilus cruentus. Fas. Syst. Piez. n° 20. Panz. 
Fn. G. 84. 20. 

2. Formosus. 

Antennes noires, dessous du premier article d’un blanc 
jaunâtre mêlé de rougeâtre. Tête noire : base des mandi- 
bules rougeâtre ; chaperon blanc, avec deux petits points 
noirs à son bord supérieur : orbite antérieure des yeux blan- 
che. Corselet noir; prothorax ayant sa tranche dorsale rou- 
geâtre : dos et côtés entiers du corselet de cette même cou- 
leur , ainsi que les côtés du métathorax. Abdomen noir; pre- 
mier segment portant de chaque côté sur son bord postérieur 


1 
76 ANNALES 


une tache presque triangulaire dont les côtés les plus étroits 
sont les plus rapprochés; deuxième segment portant à son 
bord postérieur une bande blanche élargie sur les côtés ; le 
cinquième en ayant une à son bord postiérieur élargie sur les 
côtés et dans son milieu. Pattes : les quatre antérieures rou- 
geâtres , avec les hanches, les trochanters , la base et le dessus 
des cuisses noirs; les deux postérieures noires avec les tarses 
un peu rougeâtres en dessous. Ailes peu enfumées : radiale 
et deuxième cubitale un peu plus foncées. Point épais brun. 
©. 1, du Dauphiné. Long. 3 1/2 lignes. 

c. Antennes jaunes, portant en dessus une ligne noire qui 
s’affaiblit sur les derniers articles. Tête noire; base des man- 
dibules, chaperon, une petite tache au dessus entre la base 
des antennes , et orbite antérieure des yeux, celle-ci fort 
large, de couleur jaune; la couleur noire du front descen- 
dant carrément sur l'insertion des antennes. Jambes posté- 
rieures d’un brun rougeâtre par derrière. Jurine dit que la 
plaque supérieure du métathorax est rougeâtre dans le mâle 
qu'il voit. Elle est noire dans celui que je décris : ce qui an- 
nonce une variélé. Le reste comme dans la femelle. 1, du 
Dauphiné. Long. 3 lignes. | 

Nota. Ges deux individus proviennent de la collection de 
Faure-Biguet. L’étiquette de la ® porte le mot : Gravée. La 
ressemblance parfaite de la figure de Jurine dont Faure-Bi- 
guet était l’intime, et cette note, me font croire que j’ai préci- 
sément sous les yeux l'individu © gravé dans Jurine. Les Hy- 
ménoptères de la collection Faure-Biguet ont été achetés par 
feu mon ami Carcel. 

Un individu ç7 de la collection de ce dernier paraît être un 
métis des Ærpactus Læviset Formosus.Voici sa description : 

c'. Antennes noires, un peu rongeâtres en dessous. Tête 
noire; milieu des mandibules et partie inférieure du chaperon 
rougeâtres ; orbite antérieure des yeux blanche. Corselet 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. x7 


comme dans le Formosus. Abdomen du même : mais les 
taches du premier segment beaucoup plus petites. Pattes 
comme dans l’Ærpactus Lævis. Cependant point de doute que 
cet individu ne soit d’une parfaite et intégrale conservation. 
Long. 3 lignes. 

Syn. Ærpactus Formosus dur. Pl. 10, n° 20. Gorytes 
Formosus VanDer LiNDEN ; part. 2, pag. 91, n° 2. Doit-on 
croire , avec ce dernier auteur, que l’Arpactus Formosus 
n’est qu'une variété du Zævis ? A la question de Vander Lin- 
den : Si la Ceropales Ruficollis Far. Syst. Piez. 6. est notre 
espèce , nous répondons que , malgré la différence énorme des 
genres , nous pensons, comme lui, qu'elle s’y rapporte, vu 
les grandes ressemblances de sa description, quoiqu’elle ne 
soit pas complète , ce qui arrive ordinairement au professeur 
de Kiel, qui du reste ne distinguait par lui-même aucun de 
ses genres. 

3. T'umidus. 

Antennes noires; dessous du premier article blanc, 
Tête noire; côtés du chaperon blancs, sa partie antérieure 
rougeâtre : orbite antérieure des yeux blanche. Corselet 
noir. Écusson portant à son bord postérieur une petite 
bande blanche transversale. Abdomen noir : les deux pre- 
miers segmens rougeâtres; le deuxième portant de chaque 
côté de son bord postérieur une petite tache blanche; le cin- 
quième en ayant à sa base une dorsale assez grande. Pattes 
noires : les quatre cuisses antérieures rougeûtres en dessous : 
base de leurs jambes rougeâtre presque jusqu’au milieu : les 
deux postérieures ayant un peu de cette couleur à leur partie 
interne; tarses noirs, un peu rougeâtres en dessous. Ailes trans- 
parentes , peu enfumées , la radiale l’étant un peu plus. Point - 
épais testacé clair. Q. 1, des environs de Paris. Long. 4 lignes. 

g. Dessous des articles des antennes après les quatre ou 
cinq premiers rougeûtres; toutes les cuisses rougeâtres en 


78 ANNALES 


dessous. Bande du cinquième segment de l’abdomen posée 
près du bord postérieur, un peu élargie dans son milieu. Le 
resie comme dans la femelle. 1, des environs de Paris. 

Var. a. Les quatre jambes antérieures presque entièrement 
rougeâtres. Guisses postérieures entièrement noires , ainsi que 
leurs jambes. &. 1, des environs de Paris. 

Syn. Gorytes Tumidus Vanner L. Part. 2, pag. 92, n° 4. 
Pompilus Tumidus Panz. Fn. G. 81. 15. Arpactus Tumi- 
dus Jur. 

4. Carceli. 

Antennes noires : dessous du premier article blanc ; 
celui des articles, à partir du sixième jusqu’au dernier, 
d’un blanc roussâtre. Tête noire : sa partie inférieure 
aux antennes et entre elles, y compris le chaperon, blan- 
châtre, ainsi que l'orbite antérieure des yeux. Gorselet 
noir ; prothorax bordé de blanc à sa tranche dorsale : point 
calleux de cette couleur ; bord postérieur de l’écusson por- 
tant une ligne blanche. Abdomen noir : les deux premiers 
segmens rougeâtres : les deuxième, troisième , quatrième et 
cinquième segmens portant en dessus à leur bord postérieur 
chacun une bande blanche étroite , les premières un peu élar- 
gies sur les côtés; le sixième ayant une tache dorsale de même 
couleur, transversale, oblongue. Pattes noires : les quatre 
cuisses antérieures blanches à leur extrémité : cette couleur 
s'étendant beaucoup plus en dessous; leurs jambes blanches, 
tachées de noir postérieurement. Leurs tarses roussâtres avec 
le premier article blanc; jambes postérieures blanchâtres à Ja 
base ; leurs tarses noirâtres. Ailes transparentes ; radiale peu 
enfumée : point épais testacé brun. &. 1, du Dauphiné. Pro- 
venant de la collection de feu mon ami Garcel, qui me l’a 
donné peu avant son départ, et à qui je le dédie. 

Amavit nos quoque Carcel. 

Cette espèce portait dans la collection Faure-Biguet le 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 79 


d° 
nom de 7ricolor, que je ne retrouve dans aucun auteur. 
Long. 4 lignes. 

9. Elegans. 

Antennes jaunes : tous les articles, à partir du troisième 
jusqu’au dernier, portant en dessus une ligne noire con- 
tinue. Tête noire : sa partie antérieure jaune, y compris 
le chaperon et l'orbite des yeux; celle-ci fort large, la cou- 
leur noire du front descendant en angle jusque près de l’in- 
sertion des antennes. Corselet noir : point calleux jaune. 
Abdomen noir : côtés et bord inférieur du premier segment 
rougeâtres ; deuxième segment rougeâtre, ayant à son bord 
postérieur de chaque côté une tache blanche transversale 
oblongue, surmontée d’une tache noire plus où moins grande : 
tréisième et quatrième segmens portant à leur bord postérieur 
chacun une ligne blanche étroite un peu interrompue dans 
son milieu , le cinquième ayant quelquefois un point blanc 
de chaque côté : dessous de l’abdomen rougeûtre , à l’excep- 
tion des premier et sixième segmens et de l’anus, Pattes jau- 
nes : hanches et trochanters postérieurs portant en dessus, 
ainsi que toutes les cuisses , une ligne noire ; jambes tachées 
de noir postérieurement : tarses roussâtres. Ailes transpa- 
rentes : radiale peu enfumée ; point épais testacé brun. &. 4, 
des environs de Lyon. Long. 5 1/5 lignes. 

Var. a. De moitié plus grande que l'espèce. Cinquième 
segment de l’abdomen ayant une ligne blanche comme les 
précédens. æ. 1, des environs de Lyon. 

Nota. Le Gorytes Concinnus Vanper L. Part. 2, pag. 02, 
n° 3. Sphex Concinna Ross. Fn. Etrus. Tom. II, pag. 66, 
n° 825. Z'ab. VI, fig. 5, appartient à notre G. Ærpactus, ainsi 
que le Gorytes Affinis Spin. Îns. Lig. tom. II, pag. 250. 
Vanper L. Part. 2, pag. 03, n° 5. La var. b du Gorytes Lœwis 
Vanper L. ut suprä, est un Arpactus, et peut-être une es- 
pèce distincte. 


80 ANNALES 


Caractère distinctif entre quelques Satyres Européens de la séc- 
tion des Leucomelaniens (1), par M. Azex. LEFEvRE. 


Séance du 7 mars 1832. 


Depuis quelque temps, parmi les Satyres de cette section, 
on a , tant en France qu’en Allemagne , annoncé la découverte 
de plusieurs espèces nouvelles , qui , jointes à celles déjà faites 
aux dépens de celles antérieurement connues , porteraient le 
nombre de ces Satyres nommés à près de seize, lorsqu’en 
effet, en observant attentivement ces Lépidoptères, on ne 
peut raisonnablement en admettre que sept, assez distinctes 
les unes des autres pour être qualifiées d'espèces proprement 
dites. 

De tous les Lépidoptères diurnes d'Europe, les Satyres état 
ceux qui varient le plus, selon les localités (2), dans leur 
taille, l'intensité de leur couleur, leur dessin, et surtout le 
nombre de taches oculaires dont leurs ailes sont ordinairement 


(1) Je propose de partager la tribu des Satyrides d'Europe en trois sec- 
tions : 

1° Celle des Pæcilokromiens, de rotxtdoc, varié, et xpoux, couleur, qui 
comprend ceux qui varient de couleur entre eux; 

>o Celle des Leucomelaniens , de d:»x05, blanc, et #tlas, noir, qui com- 
prend ceux de ces deux couleurs vulgairement dits Satyres blancs ; 

3° Celle des Mélaniens , de s:°)«s, noir, qui comprend ceux vulgairement 
appelés Satyres nègres. 


(a) Exemple : Le Satyre Prrrha (H.), bo 1 EIRE a 
dans quelques localités des Alpes et des Pyrénées entièrement Ai 
de taches oculaires. On le désigne alors sous le nom de Cæcilia (H.). 

Le Satyre Dromus (F.), trés-oculé dans les Pyrénées, n'offre plus au 
Montanvert, près du Mont-Blanc, que de petits points oculaires ; et au 
Talèfre, dernière végétation européenne, y est totalement dépourvu de 
taches oculaires, à tel point que leurs traces disparaissent entièrement. 

‘Le nombre de ces exemples serait à l'infini, et prouve jusqu’à quel 
point on s’égare en prétendant prendre les taches oculaires pour carac- 
ière distinctif. 


DE LA SOCIËTÉ ENTOMOLOGIQUE. 81 
chargées , elc. , ce serait donc en vain que, pour les recon- 
naître, on chercherait à s’aider de ces caractères instables , la 
latitude ayant souvent une telle influence sur la même espèce 
qu'ici elle en altérera les taches au point de les faire entière- 
ment disparaitre , et là elle les dilatera et même en fera ap- 
paraître d'autres en assez grand nombre, pour embarrasser 
l'observateur le plus scrupuleux et lui douner à douter si tel 
individu qu'il possède est bien une espèce différente ou sim- 
plement une variété locale (1) d’une espèce déjà connue. 

Ordinairement , dans quelques familles des Lépidoptères 
diurnes , les palpes , les antennes , la frange sont, à défaut des 
ailes, de bons caracières recognitifs. Cependant, dans les 
Satyres dont nous nous occupons, ces différences sont trop 
peu senties pour pouvoir être facilement appréciées et saisies. 
Ayant dû, pour distinguer ces Satyres, renoncer également 
à employer les cellules marginales , le nombre des taches ocu- 
laires , les taches centrales des ailes supérieures , et même les 
diverses cellules de l’origine des inférieures en dessous (qui su- 
bissent parfois de grandes modifications), ce fut enfin dans 
La cellule formée aux ailes supérieures par les deux nervures 
médianes antérieure et postérieure que je rencontrai un signe 
propre à chaque espèce , qui, à ma connaissance, ne change 
jamais ; et, selon tous les calculs , serait le dernier de tous à 
$’oblitérer, ce qui n’aurait probablement lieu que dans les 
monstruosités que je désigne sous le nom de variétés acciden- 
telles. 


(1) Je n’entends parler nüllemént ici de variétés accidentelles qui d'or- 
dinaire ne se perpétuent pas, et dont on ne trouve de temps en temps 
que des individus isolés , bien que semblables parfois, comme le {par 
Beroe, etc.; mais seulement de cellés qui, dans certains endroits, sem- 
blent remplacer l'espèce primitive en se reprocréant annuellement , et 
souvent ne doivent leur variété qu’à l’époque de l’année dans laquelle 
elles paraissest , comme les Vanessa Prorsa et Levana, etc. 

I. (0 


82 - ANNALES 


Pour rendre cette note plns complète, mon intention était 
de faire figurer toutes les variétés nommées parmi ces Satyres, 
mais l’espace ici ne me le permet pas, et je me réserve ces 
détails pour un mémoire sur les variétés dans les Lepidoptères 
en général, leur progression, leurs causes et les moyens de les 
reconnaitre , eic., que je me propose de donner plus tard , et 
dont cette note n’est qu’un extrait. 

On est sujet à erreur lorsqu'on veut assigner des lois à la 
nature, ou plutôt classer méthodiquement ses innombrables 
productions , quand elle-même peut-être, en les créant, na 
suivi aucune règle. Il peut donc arriver que des faits à moi 
inconnus viennent renverser le mode de reconnaissance que 
je propose, mais qui sont, je dois le dire, le fruit de nom- 
breuses observations puisées depuis plusieurs années dans les 
principales collections d'Europe que j'ai consultées. 

Je prie donc les Entomologistes de m'indiquer les erreurs 
dans lesquelles j'aurais pu tomber ; ce sera avec reconnais- 
sance que je recevrai les notes qu’ils voudront bien me com- 
muniquer à ce sujet, 


Forcé dé parler ici de quelques nervures de l’aile supérieure 
de ces Lépidoptères , il me faut les désigner nominativement; 
et pour que l’on puisse comprendre les termes dont je me sers, 
je me vois obligé de donner, tant au sujet des nervures de 
cette aile que de certaines parties de son dessin, un aperçu 
qu'ici je rendrai aussi succinct que possible. 

Ces dénominations , que je regarde comme provisoires jus- 
qu’à ce que d’autres observations viennent ou les confirmer ou 
les changer , font partie d’un travail dont je m'occupe, et que 
je tacherai de rendre aussi complet que possible, en donnanten 
plus aux cellules que forment les nervules entre elles des noms 
aussi significatifs que faciles. Il a pour but de faire cesser dans 
les descriptions le vague qui y règne, et d’aider à désigner 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 83 
enfin, d’une manière précise et à ne point s’y tromper , la 
place qu’occupe tel ou tel signe dans l’aile d’un Lépidoptère. 

Quand aux nervures, considérant donc l’aile antérieure des 
Satyres de cette section comme soutenue par trois nervures prin- 
civales qui partent du corselet, la première (1), qui se forme 
de plusieurs rameaux , présente une face assez large et va se 
terminer vers le milieu de la côte. Sans entrer dans le détail 
de ses subdivisions, qui me sont ici inutiles » Je l’appellerai 
dans son ensemble nervure costale. 

Je nomme nervure médiane la seconde (I), qui se divise 
presque à sa naissance en deux branches, que je désigne en 
antérieur (Ia) et en postérieur (ILb). 

L'antérieure , qui file le long de la costale, se subdivise en- 
suite en cinq autres parties, que j’appellerai nervules pour les 
distinguer des nervures. 

Ces cinq nervules, qui occupent toute la partie externe de 
l'aile, et dont les deux premières se terminent sur la côte , 
se dénomment donc facilement ainsi : 

1°, 2°, 9°, 4° et 5° nervules supérieures. 

La 5° nervule supérieure vers l'angle externe de l’aile se sub- 
divise en deux ramuscules , entre lesquels continue la nervule , 
et que j'appellerai, celui supérieur, 1° ramuscule, et l’autre, 
2° ramuscule. | 

La postérieure se subdivise en trois nervules , que par oppo- 
sition j'appelle 1°°, 2° et 3° nervules inférieures. 

Quant à la 3° nervure (III), qui est parallèle au bord pos- 
térieur de l’aile et ne se suhdivise pas, pour éviter, dans la 
désignation de ces nervures, les répétitions fatigantes d’an- 
térieure et de postérieure, ou de supérieure et d’inférieure , je 
la nomme nervure sous-médiane. 

La cellule de l'aile, qui est donc formée par les deux bran- 
ches de la nervure médiane , est ici fermée par une nervule (o) 
que je nomme nervule cellulaire. 


? 


84 ANNALES 


Ainsi, on peut se figurer l'aile de cette manière : 


I'< nervure custale. a 1" nervule sup. 

(IT a) pra id. 1rramusCule. 
antérieure. 4 c 3° id. 

© d 4° id. 2° ramuscule. 

G ( II: nervure médiane. ce VERS 

À. (o) nervule celtfülaire. 

e (EL 8) + 1'e nervule inférieure. 
postérieure. fc 2° id. 

Se id. 


III: rervure sous-médiane. 


On voit par ce tableau que ces termes ne sauraient se con- 
fondre entre eux, et sont aussi faciles à comprendre qu’à re- 
tenir; et si, par exemple, on dit que dans le satyre Ærgé il 
y a vers l’angle externe de l'aile antérieure une tache ocu- 
laire placée entre la 5° et 4° nervule supérieure, ou que les cel- 
lules marginales du dessin cessent de la 3° nervule inférieure 
à la nervure sous-médiane , il n’est pas possible de se tromper 
sur la position de ces caractères ou manquaus ou présens. 

Pour ce qui est du dessin, dans ces Satyres, aux ailes anté- 
rieures, ildescend de l'extrémité de la nervure costale jusque sur 
la 3° nervule supérieure un trait noir qui se bifurque à cet en- 
droit. Intérieurement, il suit, en la couvrant, la naissance de fa 
4° nervule, puis le coude que forme à son origine la 5°, et 
enfin la nervule cellulaire jusqu'à sa jonction avec la 1°° ner- 
vule inférieure. Extérieurement, il se jette en dehors en se 
courbant en dedans , vient rejoindre ce même point de jonc- 
tion de la nervule cellulaire avec la 1°° nervule inférieure, et 
forme ainsi un cercle, un omicron plus ou moins parfait, 
souvent entièrement empâté de noir, mais en dessous toujours 
vide à son centre, à travers lequel on voit passer les 4° et 
o° nervules. 

Cette tache , qui est généralement mieux sentie en dessous, 
est commune aux Satyres de celte section, et je ka désignera 
sous le nom de tache annulaire. 



















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TABLEAU COMPARATIF DES CARACTÈRES DIS 


















CARACTÈRE SECONDAIRE. VARIÉTÉS LOCALES. LOCALITÉS PRING 
DE CES YAmËr 





NOMs, CARACTÈRE PRINCIPAL: 





GROUPES, 





Regardées improprement 
comme espèces, et qui 
doivent y être rappor- 
lées par les caracteres 

CELLULE nes AiL£s rosré-| ci-contre qui leur sont 
RIEURES EX DESSUS. communs. 


(A) Füible en dessous. Toujours en dessus! 
moins confondu avec la tache noîre qui co! 
nervale cellulaire ; et en dessous, l'espace €ni 
et la tache annulaire rowjours demi-einté. 











CELLULE DES AILES SUPÉBIEURES: 








Peu sentie. 
Sa nervure médiane postér 
noire et lavée de noir en des- 







En (Hun.) 



























en se dilatant, revenant brusquement sur ell sous. 
jusque sur l'origine de la deuxième nervul 
rieure, le plus souvent même au-delà. 

2)GALATHEA (Lux À sa tierce particexterne, une ligne noire, flexteu- | Lrès-senti Leucomelas (Hum) Alpes. 
se, intérieurement courbe, descendant de la met Sa nerv. méd. post, bordée | (Procida (Hunnsr.). SA 





sférieurem. d'une large tache | | Galaxera (Esv.) ont. 





médiane antérieure, jusque sur l'origine de 









iidmenervule postérieure noire dont la découpure externe | Galene (...… Hatie 
suit la forme des cellules du des. 
(B.) Füible en dessus comme en dessous. Liespace | raur 





entre lui et Ia tache annulaire toujours blanes 




















































CLOTHO (Hur.) |  Aucentre, une large ligne noire, en xigra8( Noîre à son origine, entou-| #troper (Hun.). Calabre 
4 lonnerre)descendant de la nerv. méd. antér} rée de cellules obscures ou | £yramassa (Dauz.). Sicile 
ar l'origine de la troisième nervule inférieure, noires; le plus souvent blanche | Cleanthe (B. D.) Alpes méridionales. 
à on centre. 
4) LARISSA (Pann.) Au centre, une ligne étroïte, noire, flexueuféou| Noire. Entourée dé cellules | erta ou Hierta (DauL.). Dalmatie. Grèce. 
brisée, descendant de la nerv. méd, ant, jux noires ou très-obscures ; Le] D'Arcer (Lur.). Mont-Liban (Asie 
| celle postérieure, entre l'origine de la deu plus souvent noire à son cerure 
roisième nervule inférieure 
5) ARGE (Ocus.) Au centre, une large tache noire, intérieurement | Layée de noir en dessous. 
xirgulaire, descendant de la nerv, méd. ant 
laquelletelle 
se dirige au delà et bien en avant de l'origine delakroi- 
sième nervule inférieure. t 
6) INES (Horr Au centre. Une large bandenoïre, presquédrüîte, | Lavée de noir en dessous. 
intérieurement dentée, descendant de la not#eméd. 
antér. jusque sur celle postérieure entre l'origifiede 
Ja ae etde la 3° nervule inférieure, dernièregwellear- 
teint toujours ayant une tendance à je dilater en @Yant, E 


7) PSYCHE (Hws.). À 10 tierce partie externe. Une large bandenüïre, |  Lavée de noir en dessous. | Pherusa (Daur). Sicile, 
un peu flexueuse, oxtérieurement dilatée, déféen- 
dant de la nerv. méd ant. jusque sur celle/posté- 
eure , entre l'origine de la deuxième et troisième 
uervule inférieure, dernière qu'elle n'areint pat, ayant 
une tendance à 1e dilater en arrière, et dans la plépart 
des individus , allant rejoindre en arrière la partiélinfé- 
rieure de la tache annullaire, 














| 
| n'atleignant pas celle postérieure 
N°5. 








DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 85 

Les bords, suivant les espèces, en sont plus ou moins grêles 
ou dilatés. Ainsi, par exemple : 

Dans le premier groupe, elle est fort petite, plutôt ovalaire 
et finement sentie. 

Dans le deuxième , elle est grande et bien écrite. 

Dans le troisième , elle est également grande , mais large et 
empâtée en général. 


Observations sur les variétés locales des Satyres Leucomelaniens. 


Lacnésis. Varie peu vu sans doute le peu de localités con- 
nues à ce satyre qui habite principalement le sud-ouest de la 
France et de l’Europe. 

GaLATusA. Se trouve dans presque toute l’Europe, par cette 
raison varie beaucoup, se rembrunissant plus ou moins selon la 
latitude plus eu moins chaude qu’il habite. Les Satyres Leuco- 
melas (Hub.), Procida (Herbst), Galaxera (Esp.) et Galenen’en 
sont que des variétés ou pâles au obscures suivant les pays d’où 
ils viennent. Dans quelques individus que j'ai pris sur la côte 
d'Asie, contre Smyrne, et Brousse , les taches noires étaient 
tellement vives et dilatées, qu’ils en paraissaient presque en- 
tièrement assombris. En outre , les diverses cellules de l’ori- 
gine des inférieures en dessous, présentaient des anomalies 
remarquables comme, par exemple, entre les 1° et 2° nervu- 
res anales , une cellule isolée omicroniforme. 

CLoro. Varie assez ; mais aussi il habite la Servie , la Tau- 
ride , la Sicile et les Alpes méridionales , etc. Le Sat. Ætro- 
pos (Hub.) n'enest qu’une légère variété. En juillet 1824, j'ai 
pris dans les vallons arides du centre de la Sicile, contre Nicosia, 
ce même Satyre , que feu Dahl en rapporta depuis moi à son 
dernier voyage , et dont il ne manqua pas de faire une espèce 
sous le nom de ZLyssianassa. Né dans une latitude presque 
africaine , ce Lépidoptère suit sa règle générale, et ne diffère 


86 ANNALES 


des Clotho ordinaires que par des taches plus vives et plus 
dilatées sur un fond parfois très-jaunâtre. 

En 1829, M. Rippert de Beaugency rapporta des Alpes mé- 
ridionales ce Satyre que M. Boisduval pensa devoir regarder 
comme une espèce nouvelle qu’il désigna à cette époque aux 
amateurs sous le nom de Cleanthe. 

Ayant tous les caractères particuliers aux Clotho, je ne puis 
l’admettre que comme une variété opposée à Lyssianassa , 
plus petite de taille , plus pâle , et à taches plus circonscrites, 
vu la latitude plus froide où il fut pris. 

Quant à la variété Hierta (Dahl) annoncée comme apparte- 
nant à cette espèce , mais avec un point de doute dans l'in- 
dex méthodique de M. Boisduval, j’ai vu chez Dahl, en 1820, 
une grande quantité du Satyre suivant pris aux environs de 
Fiume et de Raguse Hits étiquetés Hierta ou Herta, 
et me suis assuré que C’est à cette IÉSpÈce qu'il faut rapporter 
cette variété. 


Larissa. Varie beaucoup. Jusqu'à présent il ne s’est trouvé 
qu'en Dalmatie, en Turquie d’Asie ‘et en Morée, derniers 
endroits où je lai pris. Tous ceux que j'ai recueillis, dans 
unemême localité, présentaient entre eux des dissemblances 
étonnantes. Tantôt, les uns étaient très-petits, peu oculés, d’un 
blanc vif avec des taches noires très-circonscrites. Tantôt, 
très-grands , le fond des ailes était d’un ton jaunâtre, et elles 
présentaient des taches oculaires très-vives (1), et des taches 
noires souvent tellement étendues , que les ailes en étaient en- 
tièrement assombries. D’autres enfin ressemblaient , par leur 


(x) J'ai remarqué sous les ailes supérieures dans une © qui me venait 
de Dahl, et une que j'ai prise sur le chemin de Smyrne à Constantinople, 
près de Marmara, une grande tache oculaire (un peu visible en dessus), 
placée près des cellules marginales entre la 2° et la 3: nervule inférieure, 
et dont ordinairement on n’aperçoit pas même Ja trace dans les Larissa. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 8» 


grande taille, leurs taches circonscrites et leur blanc de lait, 
aux ierta de Dahl. 

La nourriture des chenilles, qui a aussi tant d'influence 
sur les Lépidoptères , est sans doute la cause de ces variétés 
dans une espèce d’une latitude et d’une localité à peu près 
semblables. 

Hierta ou Herta de Dahl ne peut se désigner exactement; 
cependant les individus plus pâles sont ceux auxquels on donne 
ordinairement ce nom. Mais c’est en vain qu'on cherche- 
rait à tirer de la courbure, de la sinuosité peu ou très-pronon- 
cée de la ligne caractéristique de la cellule des supérieures , 
uñ bon caractère pour faire dans ce Satyre deux espèces dis- 
tinctes. 

J'ai observé que cette ligne était constamment plus ou 
moins courbe ou brisée dans la masse des individus de cette 
espèce , que j'ai été à même d'examiner; et parmi ces Satyres 
que jai pris en quantité contre Modon, en Morée , dans mon 
dernier voyage, je n’ai pu également trouver deux individus 
où cette ligne fût exactement pareille; elle variait autant qu'ils 
différaient entre eux par l'intensité de leurs couleurs, le 
nombre des taches oculaires , la taille, etc. Mais dans tous, 
cette ligne gardait constamment son caractère spécifique, c’est- 
à-dire sa position dans la cellule et sa forme linéaire , et par 
conséquent elle ne peut permettre, soit de rapporter ce Satyre 
à d’autres de cette section , soit de le séparer de Larissa. 

Bien que d’habiles Lépidoptérophiles m’aient fait observer 
à cet égard que deux Satyres de facies semblables pouvaient 
posséder ce même caractère , et cependant former deux es- 
pèces ; jusqu’à ce que le contraire me soit démontré par des 
caractères stables, on me permettra de me refuser à admettre 
celle possibilité, qui , si on l’acceptait, nous jetterait dans un 
dédale inextricable , et nous forcerait par conséquent à regar- 
der comme autant d'espèces les Pherusa, Galaxzæra, Clean- 


88 ANNALES 

the, Lysstanassa, Procida , etc. , etc. , que nous devons soit 
aux calculs spéculateurs d’un marchand, soit à l’erreur des ob- 
servateurs. 

ArGÉË. Trouvé jusqu’à ce jour seulement en Calabre ou en 
Sicile (où cependant ni Dahl ni moi n’avons pu le rencontrer), 
varie peu et par conséquent n’a pu, jusqu’à présent, donner 
lieu à faire quelque espèce nouvelle à ses dépens. 

Ines. Ce Satvre, assez rare encore dans les collections À 
vient de Portugal et d’Andalousie ; et, d’après le petit nom- 
bre d’individas que j'en ai vu, il m'a semblé , comme Argé, 
très-peu varier. Ge fut en vain que j’espérai le prendre en 
Egypte, où cependant je trouvai les Pier. Glaucé et PBelemia, 
le Polyom. Lysimon, etc., qui sont également du Portugal et 
de l’Andalousie. Dans les espèces de ce Satyre que j'ai étu- 
diées dans les collections d'Allemagne et de Suisse , dans celle 
de M. Duponchel, à Paris, et dans ceux qui m'ont été com- 
muniqués par M Foulques de Villaret, j'ai retrouvé absolu- 
ment les mêmes caractères. Malgré sa très-grande affinité avec 
Psyché, ou plutôt avec la variété sicilienne de ce der- 
nier, nommée Phérusa par Dahl, elle en diffère par le 
point de départ et d'arrivée de la ligne caractéristique de la 
cellule des supérieures , toujours isolée dans {nes , et qui ne 
va pas rejoindre en arrière la tache quadrangulaire commune 
au dessous de la tache annulaire, comme on le voit presque 
toujours dans les Psyché (1). 

Psycu£é. Varie peu , habite principalement le sud-est de la 
France , la Dalmatie , la Sardaigne , la Sicile. A cette espèce, 
il faut rapporter le Satyre Pherusa de Dahl, pris par lui en 
Sicile , variété plus pâle en dessous, et remarquable en ce 
que la large ligne qui partage la cellule des supérieures ne 
va presque jamais rejoindre en arrière la tache quadrangu- 


(1) Le Satyre Znes étant fort peu répandu dans les collections , Je crois 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 89 


jaire commune située au dessous de celle annulaire, comme 
dans les Psyché de France et autres, ce qui lui donne un 
facies qui d’abord étonne et le ferait volontiers prendre pour 
une variété d’{nes. Mais on ne le peut séparer de Psyché ni 
le confondre avec nes, tant par les caractères comparatifs ci- 
dessus énoncés que par cette large ligne caractéristique de 
la cellule qui, dans ce dernier, vient aboutir toujours sur la 
3° nervule inférieure en se demi-teintant en arrière quelquefois 
jusqu’à la 2°. 


Satyrus Larissa (variété d'Arcet, Ler. ). 


La figure (1) est un Satyre de cette section qui me fut 
rapporté, par M. Félix d’Arcet , d'Eden , dans le mont Liban, 
où il le prit le 21 juillet 1829. 

Plusieurs amateurs distingués, trompés par le facies 
étrange de cet individu unique dans ma collection, me sol- 
licitèrent souvent d’en faire une nouvelle espèce ; mais je 


bien faire que d’en donner ici les différences les plus saillantes qui , entre 
plusieurs autres, distinguent cette espèce de la variété Pherusa. 

Ines. Pherusa et Psyché. 
Antennes très-noires. 


Aucune trace de cette ligne; à 


Antennes fauves. 

En dessous, entre l'angle externe 
et la tache oculaire, une ligne notre 
coupant le bout de l’aile en biais du 
bord antérieur au bord marginal, 


sa place une continuité de cellules 
marginales. 


jusque sur l’extrémité de la 4° ner- 
vule supérieure où s'arrêtent les cel- 
lules marginales du dessin. 


En dessous, aux inférieures, ori- 
gine de la nervure costale traversée 
par de petites stries noires. 

En dessous, nervures et nervules 
des inférieures étroites et noires. 


Cette nervure entièrement blan- 
che. 


Ces nervures et nervules plus ow 
moins épaisses et largement teintes 
de rouille. 


90 | ANNALES 

crois encore ne pas devoir me rendre à leur opinion, puisque 
par le caractère de la cellule et par tout le reste de ses dessins 
il est absolument semblable au Satyre Larissa, dont il n’est 
jusqu’à présent pour moi qu’une variété locale , s’il en existe 
plusieurs individus, ou une variété accidentelle, si l’unique 
que je possède est un de ces Lépidoptères bizarres dus à ces 
aberrations si communes de la nature. 

Du reste, si malgré mon opinion que je crois basée raison- 
nablement, on persiste à vouloir le regarder comme une es- 
pèce bieu distincte, je lui donne le nom de d’Arcet, celui de 
la personne à l'amitié de laquelle je le dois. 

Cet individu est en tout semblable au Satyre Larissa. 

Seulement , aux aïles supérieures en dessous, la tache an- 
nulaire est infiniment plus petite, et en dessus comme en des- 
sous dans la cellule, la partie de l’aile qui d'ordinaire dans le 
Larissa est ombrée de l’origine au trait transversal , est ici en- 
tièrement blanche, et vice versa, l’autre partie de la cellule, 
depuis ce trait jusqu’à son extrémité externe , qui d'ordinaire 
est blanche , s’y trouve ombrée. 

En outre, aux inférieures, les cellules originaires du dessous 
qui, dans le Larissa, se trouvent, en dessus, entièrement cou- 
vertes d’une teinte noire qui en dessine extérieurement la forme 
irrégulière, ne le sont, dans la var. d’Arcet, qu’en partie, à 
partir de la base jusqu'à moitié de leur étendue. 

Les antennes, un peu fauves en dessus, le sont plus vive- 
ment en dessous, tandis que celles du Satyre Larissa sont plu- 
tôt noirâtres, | 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 91 


Observations sur le crin des Lépidoptères de la tribu des 
Crépusculaires et des Nocturnes, par M. Poex. 


(Séance du 7 mars 1832.) 


Lx crin qui est placé à la base des ailes inférieures des lé- 
pidoptères crépusculaires et nocturnes a été employé pour 
distinguer ces deux grandes tribus. 

Cet organe est fort important : je l’ai étudié dans toutes 
ses modifications , et il m'a offert, dans une longue suite d'ob- 
servations, des caractères certains pour établir des genres, 
déterminer des espèces, et reconnaître les sexes. 

D'abord il faut observer que ce crin existe dans les papil- 
lons diurnes , sous la forme d’une nervure qui, tout-à-fait dé- 
gagée dans les nocturnes, entraîne l'absence de la première 
cellule marginale. 

Il est tantôt simple, tantôt double, tantôt triple, tantôt 
multiple et formant un faisceau de six à cinquante poils assez 
courts. 

Lorsqu'il est simple, il est retenu , sur la côte des ailes su- 
périeures, par un autre organe que je nommerai frein , et qui 
est formé par un prolongement de la membrane de l'aile. 
Lorsqu'il est multiple, il est retenu par une touffe de poils 
relevés qui s’attachent à la seconde cellule interne de ces 
mêmes ailes, ou bien par une éminence arrondie que de 
courtes écailles rendent scabreuse. 

Cela posé, j'indiquerai les généralités suivantes : 

1° Tous les individus mâles sont pourvus d’un crin unique, 
bien distinct. 

2° Chaque fois que le frein part de la côte des ailes supé- 
rieures, C’est pour recevoir un seul crin : cette circonstance 
annonce toujours une mâle. 

- 3° A l'inverse, on peut poser la règle générale que le crin 


12 ANNALES 
des individus de ce sexe est retenu par le frein inséré sur la 
côte des premières ailes. Les cas d'exception sont très-rares ; 
je n’en ai trouvé que parmi les smérinthes , et sur une espèce 
singulière de noctuelle que j’ai nommée Hatuey dans ma cen- 
turie des Lépidoptères de l’île de Cuba; ainsi que sur la pyrale 
flegialis de Cramer. 

4° Toutes les femelles ont le crin multiple , et jamais retenu 
par le frein de la côte, ni même par aucun frein : car, lors- 
que le crin est double ou triple, il s'arrête devant une touffe 
d'écailles; et lorsqu'il est nombreux, en forme de faisceau 
il s'appuie sur une éminence raboteuse. 

Ainsi le nombre de crins ne varie que dans les femelles 
Voici le tableau des modifications que cet organe présent 
chez les individus de ce sexe. 


Noms de genres. Nombre des crins, et ses modifications 


DANS MZ Eu à 


. .« . . en faisceau, très-nombreux. 
Macroglose à ailes opaques. . . en faisceau, nombreux. 
Macroglose à ailes transparentes tri ple. 

Smérinthe . . . . . .. . . . enfaisc., peu nombreux, très-court 
Zygène. . .. .. ...... cn faisceau , tres-peu nombreux. 
Glancopides sc ne triple. 

Cossus. . . . . . . . . . . . en faisceau , nombreux. 

Zeurère . . . . . . . . . . . en faisceau , nombreux. 

Hépiale . . ... ...... nul, ou remplacé par une touffe là 


che et laineuse. 
Bombyx-Attacus. . Suis Ne mule 
Bombyx-Gastropacha. . . . . nul. 
Autres Bombyx . . . . . . . en faisceau, peu nombreux. 
Écaiile (Chelonia) . . . . . . triple. 
Hibhose nn 0 TUNER triple. 
Noctuelle, en général . . . . triple, longs, l’un des trois mince 
et plus pâle. 
ho AR. Ne triple , longs, l’un des trois mine. 
et plus püle. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 93 


Noms de genres. Nombre des crins, et ses modifications. 
Catocalas "ae" . . . . triple, longs, forts. 
EreDusn ER, CRT) triple , longs , forts. 
Phalène HR PT ARE en faisceau, nombreux. 
Hérminientes 4 MES dir ON double. 
Pyrale (Botys, Lat.) . . . . double. 
Grambms nu Mis ce ax double. 
Yppaoenteh 3 de us double. 
Æpcdeuse us. on variable (triple ou en faisceau ). 
Radles ns ni mit Li . . en faisceau, nombreux. 
Hélsne. (Sr Lo ot. double. 


SERA Geoff.) . double. 


En reprenant cette série de genres , et la classant par ordre 
de modifications, nous aurons : 

1° Le faisceau , à crins plus ou moins nombreux , pour dis- 
tinguer les sphinx, smérinthes , zygènes , cossus , zeuzères, 
la plupart des bombyx, les phalènes , plusieurs tordeuses , et 
les adèles. 

2° Crin triple. — Genre Macroglose ( proprement dit}, 
Glancopide , Ecaille, Lithosie, Noctuelle , et Tordeuse (en 
partie ). 

5° Crin double. — Genre Herminie , Pyrale ( Lin.), Cram- 
bus , Yponomente , Teigne et Alucite (Lin. ). 

4° Crin nul. — Quelques genres de la famille des Bombyx, 
comme les Hépiales , les Attacus , et les Gastropachas. 

Je ne m'arrêterai pas à démontrer l'importance de ces dif- 
férentes modifications : il suflit de dire qu’elles sont constantes 
dans la plus grande partie des genres indiqués. Je ne dis pas 
dans tous les genres, parce que je pense que l’examen d’un 
plus grand nombre d’espèces introduira des exceptions à l’é- 
gard de quelques uns; surtout de ceux qui sont les plus nom- 
breux en espèces , et qui n’ont pas encore été subdivisés en 
groupes naturels. Dans ce cas , ces différences elles-mêmes 


94 ANNALES 
serviront à établir ou à confirmer l'établissement des sous- 
genres. 

Ce n’est qu’au-dessus de trois, que le nombre de crin, ren- 
fermé dans le faisceau , varie de manière à ne plus servir que 
d'indication d'espèces : et c’est encore un grand avantage. Le 
plus faible parti qu’on peut tirer de cette découverte con- 
siste à bien distinguer les sexes : ce qui n’est pas non plus à 
dédaigner; car la forme des antennes , la grosseur et l’extré- 
mité de l’abdomen n'’offrent pas toujours des caractères suf: 
fisans pour bien les reconnaître, lorsqu'on ne veut point 
briser l’insecte : la pointe de l’aiguille résonne sur les organes 
desséchés de la femelle, presque aussi bien que sur les cro- 
chets du mâle. Combien de fois d’ailleurs ces insectes fragiles 
se trouvent-ils sans abdomen dans nos collections, ou n’ont- 
ils qu’un abdomen postiche (1)! Désormais il suffira de re- 
chercher la présence où labsence d’un crin unique, bien 
distinct par sa longueur, et qui est ordinairement retenu sur 
la côte des ailes supérieures. 

Ce caractère est donc à la fois utile à la formation dès gen- 
res, à la détermination des espèces, et à la distinction des 
sexes. 


(1) À cet égard je puis citer le papillon Ulysse , hermaphrodite, que 
j'ai vu dans une collection. Ce prétendu hermaphrodisme consistait er 
ce que l’individu avait d’un côté Jes ailes du mâle, et de l’autre celles 
de la femelle. Celui qui l'avait fabriqué avait eu la ruse d'enlever Pabdo- 
men d’une femelle pour le remplacer par celui du mâle. On voyait bien 
que les ailes de ce dernier avaient été collées, mais l'accident paraissait 
naturel, parce que l'abdomen annonçait toujours un mâle, et que les ailes 
de la femelle étaient intactes. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 95 


Notice sur un nouveau genre de l’ordre des Homoptères , par 
M. L. De LaPorTe. 


(Séance du 18 avril 1832.) 


Le genre que nous proposons ici est très-remarquable par sa 
forme anomale qui l’éloigne de tous les Homoptères connus. 
La masse de ses caractères nous semble cependant le rappro- 
cher du genre Bocydium de Latreille, et nous pensons qu’il 
doit être placé entre ce dernier et celui des Membracis. 


Genre Heteronotus. Érepos, qui diffère , v&ros , dos. 


Antennæ filiformes, inferius inter oculos insertæ, ocelli minuti, 

 rotundati, approximati , inter oculos positr. 

Rostrum breve, pedum intermediorum basin attingens. 

Tarsorum articulus primus sat validus , secundus minutus, tertius 
cæteris longior ; unguiculi breves. (PI. 3 , fig. 7. c.) 

Thorax posticè globoso-productus, abdominis apicem sæpius allin- 
gens. (Fig. 7. a.) 


Tête transversale , triangulaire; yeux grands, globuleux, 
saillans ; corselet convexe , muni d’un appendice très-prolongé 
en arrière; abdomen court, muni d’une tarrière en forme de 
sabre danses femelles ; pseudélytres (1) plus ou moins longues, 
offrant en dessus une échancrure sensible; elles sont transpa- 
rentes et parcourues par des nervures assez fortes; patles 
moyennes; jambes antérieures un peu élargies, les posté- 
rieures longues. 

Nous ne connaissons de ce genre que des espèces améri- 
caines. 


(1) Je propose de donner le nom de pseudélytres aux élytrés membra- 
neuses des homoptères, de même que l’on donne celui d’hémelytres à 
cette partie demi-membraneuse et demi-cornée chez les hémiptères, 


96 ANNALES 
1, Heterenotus spinosus. (PL. 5, fig. 7.) 


Flavescente micans , corpore nigro fuscoque maculato , thorace bis- 
pinoso, postica parte producta postice trispinosa. 
Longueur 4 lig. Largeur 1 1/5. 

D’un jaune luisant. Tête (fig. 7. 4.) avec deux lignes longi- 
tudinales , noires. Corselet (fig. 7. a.) armé de chaque côté 
d’une forte épine arquée ; le prolongement postérieur fermé de 
deux lobes placés l’un à la suite de l’autre; le dernier plus 
gros et offrant en arrière trois épines, une de chaque côté, 
et la troisième au milieu, en dessous. Tout le corselet est 
nuancé de noir, de jaune et de brun. Abdomeu court. Pseudé- 
lytres grandes , transparentes et d'un beau jaune. Cayenne. 

Cette espèce nous a été communiquée par M. de Romand. 

2. Heteronotus nigricans. (PI. 3, fig. 8.) 
Niger, lincolis nonnullis flavescentibus thorace inermi. 
Longueur 4 1/2 lig. Largeur 1 1/5. 

Noir; tête luisante, bordée de jaune ; une ligne longitudinale 
de même couleur au milieu. Corselet (fig. 8. a.) granulé, offrant 
une petite ligne longitudinale élevée dans toute sa longueur, et 
un trait jaune au dessus de l'angle huméral de chaque côté; 
prolongement postérieur du corselet composé de deux lobes 
ovalaires dont le deuxième, beaucoup plus gros que le premier, 
est muni eu dessous d’une épine , et très-fortement ponctué, 
presque chagriné. Sur chaque lobe se voit une bande transver- 
sale jaune. Pseudélytres de grandeur moyenne, noires , of- 
frant de très-fortes nervures. Brésil. 

3. Heteronotus flavolineatus. (PI. 3, fig. 9.) 
Pallidè castaneus , lineolis flavis thorace spinoso , thoracts parte 
producta subtus spinosa , postice bidentata. 
Longueur 5 lig. Largeur 1 :/5. 


D’an brun-clair, un peu pubescent. Corselet (fix. 9. a.) forte- 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 97 


/ 
ment ponctué, offrant cinq lignes longitudinales jaunes ; Pune 
au milieu, très-étroite, une autre raccourcie de chaque côté de 
la première, et une troisième de chaque côté au dessus de l’an- 
le huméral; celle-ci est sinueuse et va en remontant sur le 
prolongement postérieur. Celui-ci, long, assez gros à la base, 
rétréci au milieu , élargi postérieurement, est terminé en ar- 
arrière par deux petites dents. Il offre en dessous une épine 
assez forte, derrière laquelle on voit une bande transversale 
jaune. Pseudélytres assez petites, transparentes, brunâtres le 
long des bords inférieurs et postérieurs. Pattes et abdomen 
jaunes. Brésil. 


4. Heteronotus inermis. (PI. 5, fig. 10.) 


Pallidè castaneus, lineolis flavis ; thorace sub bispinoso, parte 


roducta ansgusta subtus spinosa, postice bidentata. 
te 5 PR » P | 
n [4 : - 
Lon@heu 5 lig. Largeur 1 1/3. 


Il ressemble beaucoup au précédent, et n’en est peut-être 
qu’une variété. Il s’en éloigne par le corselet (fig. 10. a.) qui 
offre de chaque côté une faible épine , et dont le prolonge- 
ment postérieur est plus grêle et plus étroit en arrière. Brésil. 


5. Heteronotus armalus. 


Obscure fuscus , thorace spinis duobus validis , posticè spinosissime 

; , > P P 
productus ; capite lineis duobus nigris, thorace anterius lineolis 
duobus obliquis flavescentibus. 


Longueur 4 1/2. Largeur 1 1/4. 


Tête d’un jaune très-clair, avec deux lignes longitudinales 
noires sur le front. Corselet d’un brun rougeâtre obscur, armé 
de chaque côté d’une forte épine noire recourbée obliquement 
en arrière; le prolongement postérieur forme deux lobes l’un 
à la suite de l’autre ; le postérieur est armé. dé trois fortes épi 
nes, l’une de chaque côté, et la troisième en dessous; leur 


I, 5 


98 ANNALES 

couleur est jaune, l’inférieure n’a que son milieu de celte 
couleur. La base du premier lobe du prolongement , les bords 
latéraux du corselet et deux lignes obliques , placées en 
avant, sont d’un jaune clair. L’on voit aussi à chacun des 
angles antérieurs du corselet une tache triangulaire et noire. 
Corps et pattes d’un jaune clair. Pseudélytres transparentes et 
d’un jaune luisant. Cayenne. 

Cette espèce nous a été communiquée par M. Serville. 


6. Heteronotus fuscus. 


Obscure fuscus, thorace spinis duobus validis, postice spinosissime 
productus ; capite linea flavescente. 


Longueur 4 1/2. Largeur 1 1/4. 


Cette espèce est semblable, pour la forme, à la précédente ; 
elle en diffère par sa couleur qui est entièrement d’un brun 
rougeâtre et obscur; la tête présente un tait jaune au milieu, 
et un autre de même couleur fait le tour du lobe du corselet , à 
lexception du bord antérieur. Abdomen d’un gris jaunâtre. 
Pattes jaunes. Cayenne. 

Collection de M. Serville. 


\ 
Monographie d’un genre nouveau dans la famille des Curculio- 
nites , par M. A. CuevroLaT. 


(Séance du 18 avril 1832.) 


La famille des Curculionites , certainement l’une des plus 
nombreuses dans l’ordre des Coléoptères, avait été jusqu’à nos 
jours peu étudiée sous le rapport des caractères génériques. 
Olivier , dans ses trois derniers volumes ( Entomologie des in- 
sectes, 1799 à 1807), a décrit sept cents insectes de cette fa- 
mille, et n'avait cru pouvoir y établir que dix-huit genres , en- 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. « 99 
core onze y sont-ils indiqués comme divisions. Je crois devoiries 
citer : Bruchus , Macrocéphalus (Anthribus, Fab.), Attelabus, 
Apoderus, Rhynchites, Apion, Brachycerus, Calandra , Or- 
chestes, Cionus, Rhynchaenus, Rhina, Litus, Gurculio, Cosso- 
nus, Brentus et Cylas. M. Germar a publié, en 1824, dans un 
ouvrage intitulé /nsectorum species, un grand nombre d’espè- 
ces et de genres , dont la plus grande partie provient du Bré- 
sil, Il a été reconnu depuis que les coupes que ce naturaliste 
avait établies étaient encore trop restreintes, puisque dans 
plusieurs de ses genres il en a été formé de nouveaux. Il était 
réservé à M. Schonherr de décrire en grand cette famille in-- 
téressante : ses précédens ouvrages, sa synonymie {nsectorum, 
son Curculionidum disposiio Methodica, et l'étude spéciale 
qu'il fait depuis longues années des Curculionites, sont un 
gage certain de la manière dont sera traité le species qui va 
être imprimé à Paris. Je regrette seulement que dans son der- 
nier ouvrage , qui comprend cent quatre-vingt-treize genres , 
cet auteur ait établi une aussi grande quantité de sous-genres 
avec des noms : ou il fallait les regarder comme sous-divisions 
sans leur assigner de noms, ou les établir comme véritables 
genres, s'ils offraient des caractères distinctifs. Les relations 
pleines d’intérêt que j'entretiens depuis quelques années avec 
cet illustre Entomologiste m'ont mis à même de connaître 
cette famille , et de diriger mes recherches plus spécialement 
de ce côté. Je suis heureux de pouvoir lui exprimer ici la re- 
connaissance que je lui dois, tant pour la bonté qu’il a eue 
de déterminer la plus grande partie des espèces composant ma 
collection, qui renferme maintenant plus de 2,000 espèces, 
que pour les livres rares qu’il a eu la générosité de me donner. 
Je me proposais d'envoyer à ce savant, dans l’intérêt de la 
science, tout ce qui me restait d’uniques ; mais les difficultés 
survenues dans toutes les relations avec lé continent m’ont 
forcé à différer mes envois. 


100 


ANNALES 


La formation d’une société d’'Entomologie dont le besoin 
était si vivement senti depuis long-temps, et qui doit être si 
favorable à la science, m’offre aujourd’hui l’occasion de vous 
lire la monographie d’un genre nouveau de la famille des Cur- 
culionites, propre aux Amériques, et qui offre quelques rap- 
ports avec le genre Erodiscus de M. Schonherr, à côté du- 
quel je le place ; il en diffère par ses jambes moins longues, sa 
trompe courte, cylindrique et ses antennes à articles serrés. 
Sur les six espèces que je fais connaître, cinq proviennent de 
ma collection ; une seule a été décrite par Olivier. 


Otiocéphale nouveau genre. Fa- 


mille des Erichinides , Schon’. 


Antennes (pl. 3, fig. 3.) un peu 
allongées, assez fortes; funi— 
cule de sept articles, moni- 
liformes ; massue ovale de qua- 
tre articles. 

Trompe (fig. 1. 2. et 6. ë.) 
courte, cylindrique, un peu 
arquée, presque conique, plus 
courte que le corselet. 

Corselet globuleux ou cylindri- 
que, rétréei postérieurement, 
tronqué obliquement à sa par- 
tie antérieure, tronqué droit 
en arrière. 

Elytres allongées avec l’extrémité 
arrondie, ou globuleuses. 

Paites (fig. 5. a.) assez fortes, 
presque d’égale longueur entre 
elles. Cuisses renflées dans leur 


Otiocephalus (1) genus novum. 
Rhina OI. Rlunolaccus Schon'. 


in litteris. 


Antennæ longiusculæ, sub vali- 
dæ, funiculo septem articu— 
Jato , articulis moniliformibus, 
clava ovalis, quatuor articu- 
Jata. 

Rostrum breve, eylindricum, in- 
fra sub arcuatum , perparumi 
conicum , thorace brevior. 


Thorax globosus , seu sub eylin+ 
dricus , posterius angustior , 
antice posticeque truncatus. 


Elyira elongata, apice rotim- 
data, vel ovata. 

Pedes validiusculi, fere pari lon - 

medie 


gitudine , femoribus 


clavatis, apice emarginatis , in- 


(x) À Graecis verbis Ori, Outarde , Ksoxdn , têle. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 101 


struelis intus (in plurimis) cal- 
caribus ; tibus contortis. 


Descriptio : Corpus sub-rotunda- 
tum vel elongatum , pilosum, 
alatum. Antennæ fere thoracis 
longitudine , versus apicem 
rostri insertæ, scapo clavato, 
sub-recto , oculos attingente, 
funiculo septem  articulato. 
Primo valido, truncato, reli- 
quis sub-æqualibus, monilifor- 
mibus , pilosis; clava ovata 
quatuor artieulata, articulis 
connexis. Rostrum capite lon- 
gius, sub cylindricum , seu co- 
micum , subtus perparum de- 
flexum. Scrobes sat profundæ, 
subtus flexæ , a fine rostri nas- 
centes. Caput convexum. Oculi 
sæpius approximali, rotundati, 
reticulati. Thorax latitudine 
longius, ovatus seu cylindri- 
eus , lateribus rotundatus, pos: 
terius valde angustior, basi 
oblique et postice recte trur- 
catus. Scutellum plus minusve 
elongatum , triangulare par- 
vum. Élytra oblonga , sub-ova- 
lia, thorace latiora, semper 
striata , humeris sub-retusis. 
Pedes longiuseuli, approxi- 
mati, femoribus medio clava- 
tis, intus valde deniatis , tibiis 


milieu, échancrées à l’extrémi- 
té, munies dans la plupart de 
fortes épines presque à leur som- 
met intérieur. Jambes arquées. 


Description : Corps ou un peu 


allengé toujours arrondi à l’ex- 
trémité , ou globuleux, velu, 
ailé. Antennes à peu près de 
la longueur du eorselet, insé— 
rées près de l’extrémité de la 
trompe. Scapus en massue , at- 
teignant le milieu des yeux ; 
funicule de sept articles ; le 
premier renflé, tronqué; les 
autres égaux, moniliformes , 
velus ; massue ovalaire de qua- 
tre articles, le dernier à peine 
distinct. Trompe plus longue 
que la tête , cylindrique ou co- 
nique. Fossettes plus ou moins 
profondes et sinueuses , partant 
de l’extrémité de la trompe. 
Tête convexe. Yeux le plus 
souvent rapprochés, arrondis, 
réticulés, Corselet plus long 
que large, ou globuleux , ou 
cylindrique , arrondi sur les 
côtés , rétréci postérieurement. 


.Ecusson ou allongé ou trian- 


gulaire , petit. Elytres toujours 
striées de points, plus larges à 
leur base que le corselet, avee 
l'épaule obtuse obliquement. 
Pattes un peu allongées, rappro- 
chees, Cuisses en massuc au 


102 
delà du milieu , fortement den- 
tées intérieurement ; jambes 
tortueuses armées à l’extrémité 
d’un petit ongle corné, ou tron- 
quées. Tarses (fig. 5.4.)en bros- 
se par dessous. Le premier arti- 
cle allongé ; le deuxième court, 
presque triangulaire ; le troi- 
sième très-large, bilobé. L’on- 
glet court, un peu en massue, 
arqué, muni de deux erochets. 
Abdomen de cinq segmens. 


1" Division. 


Trompe cylindrique, incli- 
née, portée en avant. Corse- 
let cylindrique , yeux assez 
éloignés. Elytres très-renflées 
à l’extrémité. 


[°° Otiocéphale mexicain. 


(Plissfr: a.) 


D'un noir vernissé, allongé. 
Côté de la poitrine marqué 
près de l’élytre d’une ligne 
blanchâtre. Élytres à stries 
éloignées, rugueuses en des- 
sus , piriiormes à l'extrémité. 
Cuisses fortement dentées. 

Trompe cylindrique, un 
peu arquée en dessous, mar- 
quée de cinq sillons, dont 
deux sur le côté, profonds. 
Tête allongée , arrondie par 


ANNALES 


flexuosis, apice autuncocornea 
instructüis , aut truncatis. Tar- 
sis subtus spongiosis. Articulo 
primo elongato ; secundo brevi, 
sub-trigono ; tertio latiore , bi- 
lobo. Unguiculo parum ela- 
vato, biungulculato. Abdomen: 


quinque segments x 


Divisto prima. 


Rostrum cylindricum, pro- 
latum. Thorax cylindricus, 
oculi parum remoti. Elytra pi- 
riformia. 


1% Otiocephalus mexicanus. 
Mihi. 

Niger, elongatus. Linea 
alba marginali prope elytram 
posita. Elytris apice tumes- 
centibus, sub striatis. Femo- 
ribus intus valde dentatis. 


Rostrum cylindricum , iu- 
frà subarcuatum, quinque sul- 
cis Impressum. Gaput elonga- 
tum , postice dimensione tho- 
racis. Antennæ piceæ, clava 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 


obscura. Oculi subalbi, inter 
quos linea impressa. Thorax 
cylindricus, bis et sesqui lon- 
gior latitudine , lateribus pos- 
ticis depressis, antice postice- 
que transversim granulatus. 
Elytra thorace latiora, ad hu- 
meros oblique truncata, apice 
piriformia , striata, supra gra- 
nulosa. Pedes elongati, femo- 
ribus valdè dentatis, tibiis sub- 
arcuatis, in medio crassis. 
Pilis 


nigris distantibus omnino tec- 


Tarsis subtus cineris. 


tus. 


E Mexica (Orixaba }. 


102 


derrière , et de la largeur du 
corselet. Antennes rousses, 
avec la massue obscure. Yeux 
blancs. On voit au milieu de 
ceux-ci une petite ligne enfon- 
cée. Corselet cylindrique , 
deux fois et demie plus long 
que large , ayant une dépres- 
sion aux côtés postérieurs , 
granuleux aux deux extrémi- 
tés. Elytres plus larges que le 
corselet , allongées et très ren- 
flées à l'extrémité; granuleu- 
ses en dessus, à stries appa- 
rentes sur les côtés. Une ligne 
blanchâtre partant du corselet 
à la naissance de l’abdomen, 
est placée près du bord de l’é- 
lytre. Pates allongées, cuisses 
armées près de l’extrémité in- 
térieure d’une épine large, 
jambes un peu arquées, ren- 
flées dans leur milieu. Tarses 
gris en dessous. Il est entière- 
ment couvert de poils noirs, 
distans les uns des autres. 


Cette espèce, la plus grande du genre, a été trouvée à 
Orixaba au Mexique, et m’a été envoyée par M. Lesueur. 


2° Division. 


Trompe assez perpendicu- 


Divisio secunda. 


Rostrumsat perpendicula re. 


laire, corselet presque globu- Thorax sub-globosus. Elytra 


leux , élytres allongées. 


elongata. 


104 


2. Otiocéphalevelu. (PL.3,f. 2.) 


Noir, un peu brillant , mar- 
quéen dessous d'aneligne mar- 
ginale blanche, ainsi que d’un 
point oblique à l'insertion des 
pattes intermédiaires. Pieds 
allongés, cuisses munies d’une 
petite épine aiguë; tarses et 
antennes fauves; entièrement 
couvert de longs poils blancs. 

Trompe cylindrique, ar- 
quée , un peu carénée en des- 
sus, ayant un sillon sur le 
côté dans toute sa longueur. 
Yeux noirâtres, rapprochés, 
tête un peuallongée, convexe. 
Antennes fauves, massue cen- 
drée. (Corselet globaleux , 
plus long que large , très-com- 
primé en arrière, d’un noir 
brillant. Ecusson ponctiforme, 
blanc. Elytres plus larges que 
le corselet, à angle huméral 
arrondi; allongées , s’élargis- 
sant au delà du milieu, stries 
formées de points assez rap- 
prochés. Pattes noirätres très- 
veiues. 

Ilim'a été envoyé du Brésil 
comme ayant élé trouxé aux 
environs de Rio-daneiro. 


ANNALES 


2. Otiocephalus pilosus. Mihi. 
Cureulio Coarctatus Dj. in museo. 


Niger, sub-nitidus, linea 
alba marginali notaque obli- 
qua in insertione pedam inter- 
mediorum, Pedes longiusculi , 
femoribus arcte spinosis. Tar- 
sis antennisque picies. Pilis 
longissimis omnino vestitus. 


Rosirum cylindricum, ar- 
cuatum, supra carinatum, 
impressum sulco laterali. Oculi 
nigricantes , approximati. Ca- 
put elongatum convexum. An- 
tennæ piceæ, clava fusca. 
Thorax globosus , longior la- 
titudine , retro largiter coarc- 
tatus, niger nitidus. Scutel- 
lum punctiforme , album. Ely- 
trathoracelatiora, ad humeros 
rotundata, in medio extensa, 
apice ovata, punctis sat con- 
tiguis striata. Pedes subnigri, 
pilosi. 


. Hab', (Rio-Janeiro) in Bra 


silia. 


DE LA SOCIÉTÉ 


». Otiocephalus  americanus. 


Mila. 


Curculio americanus Dejean in 


museo. 

Aterrimus. Elytris punctis 
contiguis valdè striatis. Femo- 
ribus valide calcaratis. 

Rostrum cylindricum, tho- 
race brevior, rugatum inter 
oculos et antennas. Oculi al- 
bicantes, parum remoti. Ca- 
put convexum, punciatum. 
Thorax antice sparsim punc- 
tatus, globosus, posiice vix 
coarctatus, submarginatus. 
Scutellem triangulare, obscu- 
rum. Elytra thorace vix la- 
tiora, elongata , apice sensim 
extensa , punctis impressis 
striata. Pedes validi, femori- 
bus late calcaratis, tibiis bre- 
vibus , cameratis, antici cor- 
neo unco instructis. Omnino 
pilis nigris raris indutus, 


Ex America septentrionali. 


ENTOMOLOGIQUE. 105 


3. Otiocéphale américain. 


(PI. 5, fig. 3.) 


Très-noir. Elytres marquées 
de stries fortement ponctuées. 
Cuisses très-éperonnées. 

Trompe cylindrique, plus 

courte que le corselet, avec 
quelques rides entre les yeux 
et les antennes. Yeux blancs, 
un peu éloignés. Tête ronde, 
ponctuée. Corselet globuleux 
un peu rétréci en arrière et 
comme  rebordé.  Ecusson 
triangulaire, obscur. Elytres 
guère plus larges que le corse- 
let; allongées, s’élargissant 
vers l'extrémité, marquées de 
neuf stries formées de points . 
enfoncés. Pattes robustes, 
cuisses munies d'une épine 
large et aiguë. Jambes fortes, 
courtes, cambrées; les anté- 
rieures armées à leur extré- 
milé d’un petit onglet. Il est 
couvert de poils noirs courts 
peu épais, 

Il fait partie de la collection 
de M. le comte Dejean, qui l’a 
reçu des États-Unis. 


100 


4. Otiocéphale à élytres jau- 
nes, (PL..5, fig. 4.) 


Noir, velu. Elytres jaunes, 


Trompe conique, courte, 
large à sa base, fortement ca- 
renée en dessus, couverte de 
poils blancs épais, Tête élevée, 
convexe. On y voit avec une 
forte loupe quelques poils 
blancs à peine perceptibles, 
et une dépression transverse 
au dessus des yeux; ceux-ci 
rapprochés, saillans, arron- 
dis et noirs. Corselet orbicu- 
laire, plus long que large, ré- 
tréci postérieurement , élevé 
dans son milieu, couvert en 
arrière de longs poils blancs 
épais, Ecusson ponctiforme 
blanc. Elytres allongées, paral- 
lèles, plus larges que le corse- 
let, fauves, avec neuf stries de 
points peu enfoncés ; la pre- 
inière et la dernière plus pro- 
ondes. Epauleélevée. Guisses 
à peine épineuses; jambes 
droites. Pattes et dessous du 
corps couverts de poils blancs 
courks. 

Il m'a été envoyé égale- 
ment d'Orixaba par M. Le- 


sucur. 


ANNALES 


4. Otiocephalus  flavipennis. 
Mihi. 

Niger, pilosus. Elytris fla- 
VIS. 

Rostrum breve, conicum , 
basi latum , supra valde cari- 
natum. Caput excelsum, con- 
vexum. Oculi nigri, sub-con- 
tigui. Thorax globosus, sub 
elongatus , medio elevatus, 
pilis densis postice ornatus. 
Scutellum punctiforme, al- 
bum. Elytra elongata , paral- 
lela, thorace latiora, flava, 
vix punciato striata. Stria su- 
turalis et marginalis sat pro- 
fundæ. Humera elevata. Pedes 
sub elongati, femoribus subs- 
pinosis , tibiis rectis. 


(Orixaba) in Mexica. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 


Divisio tertia. 


breve. Thorax 


globosus. Elytra ovata. Sub- 


Rostrum 


punctato striata. 


5. Otiocephalus Poey. Mihi, 


Curculio dimidiatus in museo Dj. 
Rhinolaccus, id. Schonhr. in lit. 
teris. 


Oculis, elytris basi ex- 
cepta,abdomineque nigris, re- 
liquis partibus rubris. 

Rostrum thorace brevior, 
cylindricum apice attenua- 
tum.  Caput rotundatum, 
punctatum. Antennæ nigræ, 
duobus primis articulis rufis. 
Oculi globosi. Thorax rotun- 
datus, basi sensim angustatus, 
postice valde coarctatus, pune- 
tatus. Élytra ovata. Pedes 
recti, femoribus apice vix cla- 
vatis, muticis. Tibiis unco re- 
curvo armatis, 


Detectus in insula Cuba ab 
amico meo Poey. Sat frequens 
in floribus Asclepiæ currasa- 
vicæ. 


107 
° 3° Division. 

Trompe courte. Corselet 
et élytres globuleux, Stries 
ponctuées peu marquées. 


5. Otiocéphale de Poëy. 
(PL », fig. 5.) 


Tête, corselet, poitrine, 
pattes et base des élytres rou- 
se. Le reste noir. 

Trompe cylindrique , amin- 
cie à son extrémité. Tête ar- 
rondie ponctuée. Antennes 
noires ; les deux premiers ar- 
ticles rouges. Yeux arrondis, 
noirs. Corselet légèrement ré- 
tréci 


comprimé à sa partie posté- 


antérieurement , très- 


rieure, ponctué. Elytres glo- 
buleuses arrondies, avec un 
tiers de sa base rouge. Pattes 
rouges , Cuisses sans dents , 
jambes droites , armées à l’ex- 
trémilé d’un onglet crochu. 
Les pieds seulement sont un 
peu velus. 

Cette espèce a été trouvée à 
la Havane par M. Poëy. 


108 


6. Otiocéphale Fourmi. 
(PI: 1600) 


Brévirostre, noir. Antennes 
et pattes fauves. 


Antennes fauves, trompe 
brune, cylindrique, assez 
grosse, plus courte que le cor- 
selet , entièrement couverte 
de poils blancs. Yeux grands, 
saillans, très-rapprochés. Tête 
élevée , ponctuée, déprimée 
au dessus des yeux. On voit 
le long de ceux-ci un prolon- 
gement de poils blancs for- 
mant une sorte de V. Corselet 
élevé, presque globuleux, 
pointillé , d’un noir luisant. 
Elytres ovales, luisantes , à 
épaule obtuse. Cuisses inter- 
médiaires armées d’une petite 
dent. 

Il est indiqué par Olivier, 
comme ayant été trouvé par 
M. Geoffroy de Villeneuve à 
Saint - Domingue. Il faisait 
partie de la riche collection 
de ce savant , que j’ai acquise 
de moitié avec M. le comte de 
Jousselin. 


ANNALES 


6. Otiocephalus formicarius. 
Rhina. formicaria. O|. Ent. Ens. T. 
V, N° 234, pag. 236, fig. 514. 


Niger, antennis 
que rufis, thorace 
ovatis sub globosis. 


pedibus- 
et elytris 
Antennæ rufæ, rostrum 
crassum , cylindricum, pi- 
ceum, pilis albis indutum, 
thorace brevius. Oculi magni, 
prominuli, approximati. Ca- 
put punctatum. Thorax punc- 
tatus, globosus, niger. Elytra 
ovala, nigro nitida, vix stria- 
humeris retusis. Pedes 

femoribus intermediis 
dentatis. 


ta, 
rufi , 


Et in insula Sancto-Do- 
mingo, ex mus. Olivieri. 
L © 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 109 


BULLETIN ENTOMOLOGIQUE. 


ANNÉE 1832. — I" TRIMESTRE. 


SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. 
Séance du 31 janvier. 


À huit heures du soir, dans le local de la société Philoma- 
tique, rue d'Anjou-Dauphine, n° 6, à Paris, a lieu la première 
réunion de la Société. Dix-huit Entomologistes de Paris y 
assistent , sous la présidence de M. Luczot, doyen d'âge. 

M. Latreille est à l'unanimité proclamé président honoraire, 
et une députation est désignée pour lui en aller faire part. 

M. Audinet-Serville est ensuite , au scrutin secret, élu pré- 
sident ; il prend place au fauteuil , et déclare la société Ento- 
mologique de France exister dès ce moment. 

On passe à la discussion des bases de la Société , de son ré- 
glement , etc. 


Séance du 7 février. 


Vingt- cinq Entomologistes sont présens à cette séance, où 
l’on continue la discussion du réglement et où l’on arrête 
diverses dispositions administratives. 

On élit au scrutin secret quelques membres du bureau, sa- 
voir : 

Le vice-président , M. Aunouix. 

Le secrétaire, M. Az. LEFEBvRE. 

Le secrétaire-adjoint, M. Brurié. 

Le trésorier , M. Duroxcnez. 


Séance du 14 février. 


Vingt-cinq Entomologistes sont présens à cette séance, dans 


110 ANNALES 
laquelle on arrête définitivement les bases de la Société , sori 
réglement, etc. 

M; le comte Lepeletier de Saint-Fargeau est nommé 
archiviste. : 

À lunanimité, MM. Cuvier, Geoffroy-Saint-Hilaire, Du- 
méril, Savigny, Al. Brongaiart, de Blainville et Desmarest, 
sont proclamés membres honoraires francais de la So- 
ciété. 

Le jour de la séance solennelle de l’ouverture des travaux 
de la Société est fixé au 29 courant, et les membres du bureau 


sont désignés pour aller en députation prier M. Latreille de la 
venir présider. 


Seance du 29 fevrier. 


À cette séance , sont présens trente-einq Entomologistes ; 
sous la présidence de M. Latreille. 

MM. Duméril et Geoffroy-Saint-Hilaire l’honorent de leur 
présence, 

Le secrétaire donne lecture de Ja lettre d'acceptation de 
M. le baron Cuvier. ( Page 17.) 

M. Latreille prononce un discours d'ouverture, (page 22) 
et se levant , annonce les séances des travaux de la Société En- 
tomologique de France ouvertes dès ce moment, 

Les dispositions arrêtées dans les troïs précédentes séances’ 
provisoires, sont approuvées. Le secrétaire lit les noms des 
trente-cinq personnes présentes; elles sont, par le président, 
déclarées membres fondateurs de la Société, et passent au 
bureau apposer leur signature au réglement , ainsi que MM. les 
membres honoraires présens. io 

M. le comte Lepeletier de Saint-Fargeau donne lecture d’un 
mémoire sur un groupe d'Hyménoptères, les Gorytes. (p. 52.) 

M. Audinet-Serville donne l’extrait d’une nouvelle classifi- 
cation de Ja triba des Prioniens, famille des Longicornes. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. iii 
M. Delaporte lit un essai d’une nouvelle classification des 
Hémiptères. 


Séance du 7 mars. 


Le secrétaire donne lecture des lettres d'acceptation de 
MM. les membres honoraires, de Blainville et Brongniart. 
( Pages 19 et 20, ) 

M. Desmarest, membre honoraire , est présent. 

M. Lefebvre donne verbalement l’apercu d’un mémoire 
sur un moyeu de distinguer plus sûrement les espèces des va- 
riétés, dans quelques Lépidoptères diurnes d'Europe, tribu 
des Satyrides. (pag. 80.) 

M. Poëy lit un mémoire sur le crin et le frein des ailes des 
Lépidoptères dans les genres Eunica et Herminia. (pag. 91.) 

M, Audouin annonce la lecture prochaine d’une note sur le 
mode de respiration des Hydrophiles. On croit généralement 
que ces insectes viennent respirer à la surface de l’eau comme 
les Dytiques, c’est-à-dire par l'extrémité postérieure de lab - 
domen. M. Audouin interroge même, à cet égard, les souvenirs 
des membres de la Société, et tous avouent que jusqu'ici ils 
n’ont pas mis en doute que la manière de respirer des Hydro- 
philes fût différente de celle des Dytiques. Cependant, M. Au- 
douin croit dès à présent pouvoir annoncer que ce n’est pas 
par la partie postérieure de leur corps, mais bien par sa partie 
antérieure ; et que c'est à l’aide de leurs antennes que ces 
insectes se procurent l'air nécessaire à leur respiration. M. Bois- 
duval nie la possibilité du fait, et pense que les antennes ne 
sauraient dans aucun cas servir à cet usage. M. Audouin persiste 
dans son opinion, et s'engage. à démontrer ce fait. Il ajoute 
même que d’abord il l'avait cru entièrement nouveau; mais 
que depuis son observation , il a appris qu’un anatomiste alle- 
mand avait fait la même remarque. 

M, Godet lit un discours sur la manière de travailler les mo 
nographies et l’Entomologie en général. (Page 54.) 


112 ANNALES 


VOYAGES. 
DÉPARTS: —— ARRIVÉES. — NOUVELLES DIVERSES, 


M. Charles Besche fils, Entomologiste Hambourgeois , est 
parti en mars de cette année pour Îles possessions Danoises , 
sur la côte de Guinée, qu’il va explorer sous le rapport de 
l’Entomologie. 


Madame veuve Sallé et son fils, de Paris, sont récemment 
partis dans le même but pour l'intérieur du Mexique. C'est 
auprès de M. Chevrolat de Paris, membre de Ja Société, 
qu'on peut se procurer les rensergnemens nécessaires au 
sujet des insectes qui lui seront envoyés par ces voya- 
geurs, 


M. Edouard Verreaux, fils du marchand naturaliste de ce 
nom , à Paris, et qui avec son frère, M. Jules, qui est resté 
au cap de Bonne-Espérance , rapporta cette année , de diverses 
excursions à 150 lieues da cap, tant à Algoa-Bay qu’à Graham- 
?stown,TulbaghetBokkeveld, de si belles collections d'histoire 
naturelle , et tant d'insectes nouveaux, repart en ce moment, 
avec son frère , M. Alexis , pour le même endroit. 

Le projet de ces trois intrépides voyageurs est de parcourir 
les régions inconnues, situées entre Port-Naïal et Orange-ri- 
vière, en passant par Litakou. 


M: Adolphe De Lattre, Membre de la Société, part sous peu 
pour un voyage consacré à plusieurs branches de Fhistoire 
naturelle , principalement la Botanique , la Minéralogie, FOr- 
nithologie , et plus spécialement l’Entomologie. 

La province de Saint-Paul: au Brésil, Fernambouc, Îe 
Mexique et l'Amérique du Nord, Bahia, le Cap et le Bey 
d’Angola en Afrique, sont les principaux points qu’il veut 
explorer pendant plusieurs années. 

Le dernier voyage au Brésil de cet Entomologiste nous 
fait espérer les plus heureux résultats. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 115 

M. le docteur Rambur, membre de la Société, est arrivé 
récemment d’un voyage en Corse, où il a résidé plus d’une 
année , et qui avait pour but d'explorer cette île sous le rap - 
port de l’Entomologie et de la Botanique. 

Il en a rapporté nombre d’espèces rares où nouvelles, tant 
en Goléoptères qu'en Lépidoptères. 

Parmis ces premiers, on distingue le Carabus Ramburii 
(Dej.), Percus Loricatus, Percus Ramburii ( Dej.) etc., et 
en Lépidoptères , les Van. Ichnusa, Sat. Tigellius , Néomiris, 
etc., Arg. Élisa, Hesp. Thérapné. Ses. Anthraciformis, Sph. 
Dablii, Latreil. Corsica, Orgya Rupestris, Pol. Aspho- 
deli, etc. etc. 

Son herbier qui est fort considérable, n’est pas moins riche 
en plantes rares ou nouvelles, 


VENTE DE COLLECTIONS. 


« 


Une collection de près de 4000 Coléoptères bien nommés, 
la plupart récoltés aux environs de Paris. 

Une collection de plus de 300 Lépidoptères, tant européens 
qu’exotiques , également nommés. 

S’adresser pour les renséignemens à M. A. Chévrolat, rue 
des Ghamps-Élysées ,n° 6, Paris. 


NECROLOGIE. 


Pierre Cancez, né à Paris en 1800, est mort le 24 juillet 
1851, au château d’Asie près Constantinople. 

Le projet de ce jeune et modeste savant, aussi laborieux 
qu'instruit, était, après avoir parcuru l’Asie mineure, de visiter 
la Perse, les pays situés au delà de l’'Euphrate , et de revenir 

I. 8 


14 ANNALES 

par la Terre-Sainte et l'Égypte, en Europe , lorsqu’après un sé- 
jour d’un an à Constantinople et à Smyrne , où constamment il 
fut exposé à la peste, quipendant son séjour faisait d’affreux ra- 
vages , il tomba malade de la fièvre du pays, et succomba 
enfin à 51 ans, victime de son zèle pour l'Entomologie et les 
sciences naturelles. 

Deux centmille insectes , 20,000 échantillons de botanique, 
plusieurs caisses de Mollusques, nombre d’animaux verté- 
brés , etc. etc. , recueillis dans l’espace d’une anuée , attestent 
de la prodigieuse et infatigable activité de ce jeune savant. 

Ces collections heureusement vont bientôt arriver dans sa 
patrie , mais ses cendres restent à jamais au champ de repos 


de Kounkali. 


Pierre-Amédée Caucuy , né à Paris en 1806, avocat à la 
Cour royale de Paris , est mort le 1er octobre 1831 , au retour 
d’une excursion Entomologique en Suisse. Ge jeune Entomo- 
phile , enlevé trop tôt aux sciences, s’occupait principalement 
de l’étude des Lépidoptères, dont il possédait une assez belle 
collection. 

On lui doit des observations intéressantes sur ces insectes , 
quelques découvertes d'espèces nouvelles, entre autres une 
Larentia qui porte son nom, et qui lui fut dédiée par M. Du- 
ponchel , qui souvent le cite dans son ouvrage. 


La science vient de perdre M. pe Brégissox , Entomologiste 
distingué de Falaise ( Galvados). 

Les documens que nous attendons sur les travaux de ce 
savant, ne nous étant pas encore parvenus, aous remettons 
au prochain numéro Particle nécrologique qui le concerne. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 115 


OUVRAGES D’ENTOMOLOGIE 


PUBLIÉS DEPUIS LE 1° JANVIER 1892. 


(1° trimestre.) 


FRANCAIS. 


ICONOGRAPHIE ET HISTOIRE NATURELLE DES COLÉOP- 
TÈRES D'EUROPE, par M. le comte Dejean et M. J.-4. Boïsduval ; 
tome II, zivRaIsoNs 10, 11 et 12. Paris, Méquignon-Marvis. 

Chaque livraison composée du texte et de cinq planches coloriées avec 
le plus grand soin, d’après les dessins originaux , 6 fr. 

Le tome T°" contient douze livraisons. 

HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES , OU PAPILLONS 
DE FRANCE, par Godart, continuée par M. Duponchel; tome VII, 
deuxième partie , nocturnes ; tome V, deuxième partie, LIVRAISONS 1, 2 
et 3. Paris, Méquignon-Marwis. 

Chaque livraison composée du texte et de deux planches soigneusement 
coloriées , à fr. 

1] parait jusqu'ici 142 livraisons. 

SUPPLÉMENT A L'HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES 
OÙ PAPILLONS DE FRANCE, par M. Duponchel; tome I", PREMIÈRE 
LIVRAISON. Paris, Méquignon-Marvis. Chaque livraison, à fr: 

Ce supplément contiendra toutes les espèces nouvelles découvertes de- 
puis le commencement de l’ouvrage auquel il se rattache. 


ICONOGRAPHIE DES CHENILLES, pour faire suite à l'ouvrage in- 
titulé : Historre naturelle des Lépidoptères ou Papillons de France, par 
M. Duponchel; tome I‘", PREMIÈRE LIVRAISON. Paris, Méquignon-Marvis. 

Chaque livraison composée du texte et de trois planches coloriées avec 
soin, 3 fr. 

SPECIES GÉNÉRAL DES COLÉOPTÈRES , de la collection de M. le 
comte Dejean ; tome V, en deux parties, 2 vol. in-8. Paris, Méquignon- 
Marvis. 

On publie un volume tous les ans. 


CENTURIE DES LEPIDOPTÈRES DE L'ILE DE CUBA, contenant 


la description et les figures coloriées de cent espèces de papillons nou- 


veaux ou peu connus, par Ph. Poëy; PREMIÈRE LIVRAISON. Paris, J. Al- 
bert Mercklin. | 


Chaque livraison contenant dix planches coloriées, 10 fr. 


116 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 
ICONOGRAPHIE DU RÈGNE ANIMAZ DE M. LE BARON CU- 
VIER, par FE, Guérin ; zrvraïsons 16 et 17. Paris, J.-B. Bailliére. 
Chaque livraison de cinq planches en noir et du texte, 6 fr. 
Figures coloriées, HAE 
VOYAGE AUTOUR DU MONDE, fait sur la corvette la Coquille, par 
Duperrey (Zoologie, Entomologie, par M. Guérin), viNer-aurtTièmr 
ET DERNIÈRE LIVRAISON in-folio, de six planches avec texte. Paris, Ar- 
thus-Bertrand. DATE 
EXPÉDITION SCIENTIFIQUE DE MORÉE, sous la direction du co- 

lonel Bory-de-Saint- Vincent : Insectes, Orthoptères, Névroptères, Co- 
léoptères, pl. 29, 32, 39; par M. Brullé. Paris, Levrault. Chaque li- 
yraisOn, 12 fr. 
MAGASIN DE ZOOLOGIE, par M. Guérin, TROÏSIÈMR LIVRAISON. Pa- 
ris, Lequien. | 
à e volume de 50 planches coloriées et texte, 18 fr. 
ICONES HISTORIQUE DES LÉPIDOPTÈRES NOUVEAUX OÙ 
PEU CONNUS, collection avec figures coloriées des Papillons d’Eu- 
rope nouvellement découverts, par le docteur Boisduval Paris, Roret. 
PREMIÈRE LIVRAISON, composée de 2 pianches coloriées et du texte, 3 fr. 
COLLECTION ICONOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE DES CHE- 
NILLES, ou Description et figures des Chenilles d'Europe, par le 
docteur Boisduval, Paris, Roret. PREMIÈRE LIVRAISON , 3 planches co- 
riées et texie, SE 
LETTRES A JULIE SUR L’ENTOMOLOGIE,, suivies d'une Descrip- 
tion méthodique de la plus grande partie des Insectes de France; par 
M. E. Mulsant. Paris, Méquignon-Marvis, 2 vol. in-8, ornés de plan- * 
ches coloriées, 34 fr. 
Fig. noires, FE SPORE: 


ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 117 


LETTRES 
DE MESSIEURS LES MEMBRES HONORAIRES. 


( ÉTRANGERS. ) 


Leitre de M. Kiray. 
Monsieur , 


Je sens vivemeut l’honneur que la Société Entomologique 


de France m’a voulu faire en m'’offrant de m’admettre au 


nombre de ses membres honoraires, et je recois avec la re- 
connaissance la plus profonde cette preuve agréable de son 
estime. 

Un septuagénaire , dont les yeux sont affaiblis, ne peut pas 
espérer de marcher à grands pas dans la science délicieuse 
que votre Sociélé proiège , mais 


AGn0SCO veteris vestigia flamme. 


Je suis accablé de douleur en lisant aujourd’hui, dans Me 
journal, la funeste nouvelle de la mort de ce savant célèbre 
et vraiment grand, M. le baron Cuvier. Toutes les sciences 
pleureront sa perte irréparable. 

Permettez moi, Monsieur, de vous remercier pour les 
termes flatteurs que vous avez employés individuellement 
dans votre lettre , et de vous assurer, etc. 


Guirrauue Kivey. 
Barham, le 19 mai 183. 


(A M. A. LerFEBvRE, secrétaire , etc. ) 


118 ANNALES 


Nouvelle classification de la famille des Longicornes , 
par M. AupiNeT-SERVILLE. 


(Séance du 29 février 1832.) 


M. Latreille, dans un de ses plus récens ouvrages (Régn. 
anim., 2° édit., tom. 2, pag. 104), s'exprime ainsi sur cette 
famille : « Vu la quantité d’espèces découvertes depuis le 
Pline du nord (Linnœus) , l’insuflisance des caractères qui 
» signalent les genres, le désordre qui règne encore dans 
» plusieurs d’entre eux, une recherche générale et appro- 
fondie est devenue nécessaire, » 


> 


A 


C4 


ÿ 


Cette vérité est sentie par tous les Enroioldgifés qui s'oc- 
cupent de Coléoptères. J’ai depuis quelques années cherché à 
débrouiller ceite belle et nombreuse famille, mais j"y ai trouvé 
encore plus de difficultés que je ne m'attendais à en ren- 
contrer. La tribu des Cérambycins est, sans contredit, la plus 
difficile, aussi ne l’ai-je encore qu'ébauchée. J'ai plus aisé- 
ivisé celle des Prioniens que je pablie aujourd’hui dans 






$ Annales, On verra que j'ai pris pour base de mes divisions 
quelques grandes coupes indiquées par M. Latreille dans l’ou- 
vrage cité plus haut, pag. 107-100. Je partage celle tribu 
en cinquante genres, dont trente-cinq établis par moi, et dont 
la plupart existent depuis long temps avec mes noms, dans 
les principales collections de Paris. Ils sont répartis dans 
divers tableaux où chacun des genres est signalé par les carac- 
ières principaux qui le distinguent des genres qui l’avoisinent. 
Après cette classification par tableaux, viennent les carac- 
tères détaillés de tous les genres , et les espèces déjà décrites 
que j'y rapporte en les mentionnant seulement, mais indi- 
quant leur jones Je donne la description d’une vingtaine 
d'espèces qui m'ont parues nouvelles et dont presque toutes 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 119 
servent de types à mes nouveaux genres. J'espère, si ce pre- 
mier essai semble de quelque utilité, publier successivement 
et de la même manière les trois autres tribus, Cérambycins, 
Lamiaires et Lepturètes, qui complèteront la grande famille 
des Longicornes. FR 

Je prie messieurs les Entomologistes qui ont bien voulu me 
laisser examiner et décrire les espèces nouvelles de leurs col- 
lections, de recevoir ici tous mes remercimens. Je dois 
beaucoup aussi aux communications et aux bons conseils de 
M. À. Maille, qui n'ont fait rectifier plusieurs parties défec- 
tueuses de mon ouvrage. Enfin je suis très-redevable à M, le 
Peletier de Saint-Fargeau, mon collaborateur pour le dixième 
volume de l'Encyclopédie méthodique et la Faune française, 
de la complaisance sans bornes avec laquelle il m'a aidé dans 
la formation des noms tirés du grec, que j’ai imposés aux nou- 
veaux genres de cette famille. 


Loncicornes, Longicornes. 


4* Famille des Coléopteres- Tétrariières. 4% 


CARACTÈRES. 


Les trois premiers articles des tarses garnis de brosses en- 
dessous ; les deuxième et troisième cordiformes, le troisième 
profondément bilobé ; on voit un petit renflement ou nodule 
simulant un article à l’origine du quatrième ou dernier. 

Menton court, transversal; languette membraneuse, en 
forme de cœur, échancrée ou bifide. 

Mâchoires dépourvues de dent cornée au côté interne. 

Antennes filiformes ou sétacées, le plus souvent de la lon- 
gueur du corps et quelquefois plus longues-que lui, tantôt 
simples dans:les deux sexes, tantôt en‘scie, pectinées. ou fla- 
bellées dans les mâles. | 


120 ANNALES 

Yeux ordinairement réniformes et entourant la base des 
antennes. 

Corps généralement allongé. 

Larves apodes ou presque apodes, vivant dans l'intérieur 
des végétaux. 


1" SECTION. 


Yeux échancrés ou réniformes, recevant la base des an- 
tennes. 

Tête s’enfonçant jusqu'aux yeux dans le corselet, sans ré- 
trécissement , ni cou distinct. 


1, Tribu, Prioniens. 
Tribu, Cerambycins. 


3°, Tribu, Lamiaires. 
2° SECTION. 


Yeux arrondis, entiers ou à peine échancrés. 
nes in | en avant des yeux, ou tout au plus à 
N antérieure de leur faible échancrure. 
Tête prolongée postérieurement derrière les yeux ou ré- 
trécie brusquement en manière de cou à sa jonction avec le 






corselet. 
4°. Tribu, Zepturètes. 


are, Tribu, PrioniEexs, Prionu. 


Labre nul ou très-petit et peu distinct. 
Mandibules fortes, ordinairement plus petites dans les fe- 
melles que dans les mâles, souvent très-grandes chez ces 


derniers. 
Lobe externe des mâchoires nul ou très-petit. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 131 
Antennes insérées près de la base des mandibules ou de 
l'échancrure des yeux, mais point entourées par eux à leur 
naissance. 
Tête avancée ou penchée, mais point perpendiculaire, ni 
aplatie en devant. 
Palpes ayant leur dernier article en cone ou en triangle 
renversé, quelquefois presque cylindrique ; il est toujours 
tronqué au bout. 


Nora. Le genre Parandre, Parandra , ne me semble point 
appartenir à cette tribu, ni même à la famille des Longi- 
cornes , quoique M. Latreille l’y admette, en observant ce- 
pendant qu’il diffère de tous les autres Longicornes par sa 
languette cornée et en segment de cercle très-court et trans- 
versal , ainsi que par l’appendice portant deux soies, qui se 
trouve entre les crochets des tarses postérieurs. 

Les genres Spondyle et Cantharocnème, par lesquels je 
commence la première tribu, ne me paraissent pas bien évi- 
demment être à leur véritable place. 


1293 . ANNALES 


DIVISION GÉNÉRALE. 


ire, Sous-tribu. Sponpyiens. Antennes courtes, presque mo- 
niliformes. 

a°. Sous-tribu, PRIONIENS proprement dits. Antennes longues, 
filiformes. \ 


se, Division. Corps aïlé. 
1. Subdivision. Corps droit, allongé. 


À. Jambes ayant deux rangées d’épines internes. 
B. Jambes sans rangées d’épines internes. 


a. Antennes point comprimées, de onze articles 
cylindriques ou dentés en scie, quelquefois fla- : 
bellées dans les mâles. 


1. 3° article des antennes notablement plus 
long que le quatrième. 


æ — Articles des antennes n’émettant point de 
rameaux dans aucun sexe. 


* Corselet crénelé latéralement, muni sou 
vent en outre de plusieurs épines. 
** Corselet sans crénelures, armé à chaque 
bord latéral d’une ou de plusieurs épines. 
*** Corselet mutique latératement. 


—— Articles des antennes des mâles à partir 
du troisième, émettant chacun un long 
rameau linéaire : ils sont simples dans les 
femelles. (Gorselet court, transversal, 
bidenté latéralement.) 


2. 5° article des antennes de la longueur du 
quatrième ou à peine plus long que lui. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 125 
b. Antennes de douze articles; cylindriques et 
allongés dans les mâles, courts et dentés en scie 
dans les femelles. 
c. Antennes fortement comprimées et de onze ar- 
ticles. 


2°. Subdivision. Corps assez court , assez large , souvent 
un peu penché en avant. 


À. Antennes ni pectinées, ni flabellées, de onze 
articles; les trois derniers (au moins) com- 
primés. 

B. Antennes ayant depuis onze jusqu’à cinquante 
articles environ; pectinées ou flabellées dans les 
mâles, en scie dans les femelles. 


2. Division. Corps aptère. 
PREMIÈRE SOUS-TRIBU, 
SPONDYLIENS , Spondylui. 


Antennes courtes, presque moniliformes et de onze arti- 
cles. Corselet presque globuleux , arrondi latéralement. 


mutique latéralement. . . . . . . .. 1 Spondyle. 
Corselet NE 
uniépineux latéralement. . . . . .. 2 *Cantharocnème (1). 


DEUXIÈME SOUS-TRIBU. 
PrionieNs proprement dits, Priomit propriè dicti. 


Antennes longues, filiformes ou sétacées. Corselet plus 
ou moins déprimé. ” 


(x) Les genres nouveaux, ainsi que les espèces nouvelles, seront indi- 
qués par une astérisque *. 


124 ANNALES 


PREMIÈRE DIVISION. 
Corps aile. 


PREMIÈRE SUBDIVISION. 


Corps droit, quelquefois presque parallélipipède, plus ou meins 
allongé. ( Elytres le plus souvent déprimées. ) 


À. Toutes les jambes munies intérieurement de deux 
rangées d'épines nombreuses. (Antennes de onze 
articles. Corselet épineux ou crénelé latéralement. } 


Corselet 


à 


sans crénelures , fortement triépineux laté- 
RAP eee de sent © 
dilaté et fortement crénelé latéralement , 
4 mais sans épines notables. . . . . 

i Re ) : 
ayant ses angles antérieurs avancés, sensi- 
blement dilatés, et armés chacun de deux 
ÉORLES ÉPINES EF. AN RS AS 
Ë un peu rétréci en devant, armé latérale- 
i ment (et souvent même à chaque extré- 
à mité du bord postérieur) d’épines fines 
| et nombreuses. 


s1:S ne petrole} coitelinrer ere 


3 * Titan. 


4 “Cténoscèle. 


5 * Ancistrote. 


6 Macrotvme. 


B. Jambes dépourvues de deux rangées de nombreu- 


ses épines internes (1). ( Antennes ayant au moins 
onze articles. Corselet épineux , crénelé ou muti- 


que latéralement. ) 


a. Antennes point comprimées , de onze articles 


(1) Dans quelques mâles {ceux principalement dont les pattes anté- 
rieures sont plus longues que les autres) le dessous des jambes de de- 


vant est quelquefois très-rahoteux , presque épineux. 


te. 


ê 


et souvent muni de 


plus longues que la t 
fortes épines latérales, 


Mandibules des mâles, notab. 
Corsel 


Mandibules courtes dans 
les deux sexes. 
Corselet sans fortes épi- 
nes latérales, 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 125 
cylindriques ou à peine comprimés, quelquefois 
dentés en scie, ou bien émettant de longs ra- 
meaux dans les mâles. 


1. 9° article des antennes grand, toujours nota- 
blement plus long que le quatrième. 


— Articles des antennes n’émettant point de 
rameaux dans aucun sexe. 


* Corselet crénelé latéralement , et souvent 
muni en outre d’épines plus ou moins fortes. 


biépineux ou triépineux ; crénelé seule- 
ment entre la première et la deuxième 
épine. Mandibules et menton glabres. 
(Corps déprimé, ). . . .. +... 7 “Macrodontie. 
crénelé dans toute la longueur de chaque 

bord latéral. Mandibules et menton très- 

velus dans les deux sexes. ( Corps assez 

épais, un: peu :Convexe.). +. se» + « 8 * Callipogon. 


dilaté à ses bord latéraux. . . . . . . . . . Q"ÆErgate. 


sans dilatation. 43/27 4 - is es CUDI0 AUUICOPE: 


** Corselet sans crénelures , muni à chaque 
bord latéral d’une ou de plusieurs épines. 


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DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 127 


*** Corselet mutique latéralements# 


{ court, transversal; chaque bord latéral 
AURA. TU. uses et . : 210 Mon 


presque trapézoïdal, retréci en devant, 
Corselet (Tarière des femeiles toujours saillante.) 24 * Ægosome. 


cylindrique, ses côtés parallèles. . . . . . 35 Cælodon. 


aussi long que large, presque orbiculaire 
ou en carré à angles très-arrondis. . . 26 *Anacanthe, 


—— Articles des antennes des mâles 
à partir du troisième, émet- 
tant chacun un long rameau 
linéaire; ils sont simples dans 
les femelles. 


Corselet court, transversal, bidenté latéralement. . . 27 “Polyose. 


a, 5° article des antennes peu allon - 
gé, de même longueur ou à peine 
plus long que le 4°. 
/ 
multiépineux a chaque bord latéral. , 28 *Rhapkipode. 


plusieurs 
rapprochées , 


assez longues et tres- 
Corselet. 


en dessus 
distinctes. 


, 


épines 


uniépineux à chaque bord latéral. . . 29 *Hoploscèle. 
\ 


Toutes les jambes ayant 


Nora. La seconde partie de ce tableau est à la page suivante. 


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ANNALES 
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DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 129 


b. Antennes de douze articles; cy- 
lindriques et allongés dans les 
mâles, courts et en dent de scie 


dans les femelles. 
Corselet mutique, corps étroit, très-allongé. . . . . 37 * Allocère. 


c. Antennes de onze articles forte- 
ment comprimés. (Jambes un 
peu élargies au bout et velues 
inférieurement dans cette partie. 
Corselet épineux ou crénelé la- 
téralement. ) 


très-excavé sur son disque ; chaque bord 

latéral sans crénelures, mais armé de 

deux-fortes'épines. 2 70. . . .« . 38 *Dérancistre, 
Corselet 

point excavé, dilaté et crénelé latéra- 

lement, échancré après la dernière 

crénelure:.. :. . . n'a Se die +. « + 39 *Solcnoptere. : 


DEUXIÈME SUBDIVISION. 


Corps assez court, ASSez large > Souvent un peu penché en avant. 
(Eïytres ordinairement un peu convexes. ) 


À. Antennes ni pectinées , ni flabellées , 
de onze articles, les trois derniers 
(au moins) comprimés, Corselet 
distinctement échancré après la 
dernière épine ou crénelure. 


Corselet un peu rétréci en devant, uniépineux latéra- 
lement, sans crénelures. (Ecusson médiocre, glabre.) 40 "Pækilosome. 


Corselet crénelé { entièrement glabre. . . .....,. 41 *Pyrode. 
latéralement. 
Ecusson. grand, {| très-large, velu. . , . . . . . . . . 42 *Mallaspe. 


iSé ANNALES 


B. Antennes ayant de onze à cinquante 
articles environ, pectinées ou flabel- 
lées dans les mâles; leurs articles, à 
partir du troisième, sont souvent , 
dans ce sexe, épais, évasés en en- 
tonnoir à l'extrémité, et recoivent 
chacun dans leur milieu la base de 
l’article suivant. Antennes des fe- 
melles assez fortement en scie. (Cor- 
selet uniépineux ou triépineux laté- 
ralement. ) 


uniépineux latéralement. Antennes 
flabellées dans les mâles... . . . .. . 43 “Polyarthron. 


S t'iépineux latéralement. Antennes seu- 
lement pectinées dans les mâles. . . . 44 Prione. 


Antennes ayant au 
moïins douze arti- 
cles et quelque- 
fois bien davan- 


triépineux latéralement. . ._. . . .., . ... . . 45 *Clostère. 
. , + À . 
muni d’une dent latérale simulant 


$ un douzième article... ee . 46 *Calocome. 
D . . 
G S 
= = 1S & planes, allant en se rétrécis- 
& CNE EN sant des angles huméraux à 
2 = HN LS l'extrémité. - . D M0 -Cérncrenc. 
= = OPENRE 
© = PACA 
© RS Fe 
o + l« n © % S mn 
Se er) ms D % 
To/2EJ]wo |T = 
LES) ES ler 
= UC OURS es 
OÙ [x |T EE. 
= | SSI 
- = 204: ï convexes , allant 
ES d.2 = un peu , allant en 
a 2 SAS Nes s’élargissant des angles hu- 
= = Lt Le méraux à l'extrémité. . . . 48 *Charice. 
o se 
Œ S Pabd béantes : 
< plus courtes que l'abdomen, béantes à 


leur suture et laissant une partie des 
iles aldécouvert. 0. ARR 49 Anacole. 


DEUXIÈME DIVISION. 


Corps aptère. 


FE 


Antennes presque sétacées ; élyires de moitié plus cour- 
tes que l'abdomen. ....... SU. letter a etes 1 0 RIOAEPIOrE. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 151 


Genre I. SronoyLe, Spondylis Fas. 


Antennes courtes , presque moniliformes, de la longueur du 
corselet, de onze articles un peu aplatis, un peu obconi- 
ques à partir du troisième, excepté le dernier qui est ovale 
et très-aplati ; le premier à peine plus grand que les autres, 
le deuxième petit. 

Corselet presque globuleux, arrondi latéralement, ses côtés 
mutiques , tronqué antérieurement et à sa partie posté- 
rieure , convexe , point rebordé (1). 


Mandibules avancées, arquées ; pointues à leur extré- 
mité, échancrées à la base de leur côté interne, ayant 
dans cette partie deux petites dents obluses et une autre 
vers le milieu. 

Elytres presque linéaires , étroitement rebordées au côté 
extérieur ; leur angle sutural à peine unituberculé, 

Ecusson en angle curviligne. 

Jambes frès-finement PRE AR tout le long de leur 
côte exterieur. 

Tarses ayant leur dernier article plus grand que tous les 
autres pris ensemble. 


EsPEce. 


I. Spondylis buprestoïdes , Fa. Syst. Eleut,, tom. 2, 
pag. 576, n° 1. — Our. Entom., tom. 4. Spondyl. pag. 4, 
n°1. PL I, fig. I. Nord de l'Europe. 

Etc. 


(r) Les caractères génériques énoncés les premiers et placés hors 
ligne, sont ceux du groupe d’où dépend le genre, comme on le verra 
dans chaque tableau. Les caractères distinctifs du genre, et qui n'appar- 
tiennent qu'a lui seul dans son groupe, seront toujours imprimés en 


italique. 


192 ANNALES 


Genre II. *CANTHAROCNÈME, Caniharocnemis. 


| (xavBapos, Scarabé; zvmun, jambe. ) 


Antennes courtes, presque moniliformes, atteignant à peine 
les angles huméraux des élytres, de onze articles, le pre- 
mier plus gros que dans les Spondyles , presque conique ; 
le deuxième très-petit, globuleux; ceux de trois à onze un 
peu déprimés, obconiques, presque en dent de scie; le 
dernier arrondi au bout, ses côtés parallèles. 

Corselet arrondi latéralement, un peu moins convexe que 
celui des Spondyles, rebordé latéralement; chaque bord 
latéral muni d’une épine petite, mais distincte, placée au- 
delà du milieu de ce bord; celui-ci tronqué obliquement 
depuis l’épine jusqu’à l’angle postérieur qui est saillant. 


Mandibules plus fortes que celles des Spondyles, plus 
épaisses , plus crochues à leur extrémité. 

Elytres un peu plus courtes et plus convexes que celles 
des Spondyles , largement rebordées tout autour, sauf à la 
base : angle sutural à peine tuberculé. 

Ecusson plus large et plus court que dans le genre précé- 
dent , semi-circulaire et arrondi au bout. 

Jambes d'stinctement tridentees au côté extérieur, à 
la manière des Mélolonthides, 

Tarses ayant leur dernier article plus grand que tous les 
autres pris ensemble. 


EsPEcE. 
I. “Cantharocnemis spondyloides , Duroxr. 


(Long. 14 à 15 lig. y compris les Mandibules.) D'un brun 
noirâtre luisant en dessus; tête un peu pointillée. Corselet 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 135 
ayant ses côtés extérieurs distinctement ponctués. Elytires 
très-fortement pointillées | presque chagrinées, offrant sur 
leur disque deux lignes longitudinales un peu obliques, peu 
prononcées. Abdomen d’un roux fuisant ainsi que les anten- 
nes et les pattes. . 

Du Sénégal. Collections de MM. Dupont et Bucquet. 


Genre III. Titan, Zütanus. 


Toutes les jambes munies intérieurement de deux rangées de 
nombreuses épines. 

Corselet en carré transversal, sans crénelures, ayant latéra- 
lement trois épines fortes et aiguës. 


Antennes filiformes , atteignant la moitié des élytres dans 
les mâles, un peu plus courtes dans les femelles, de onze 
articles cylindriques, le troisième à peine aussi long que les 
deux suivans réunis. 

Palpes courts ; article terminal comprimé, presque trian- 
gulaire. 

Mandibules courtes, fortes, arquées , dentées intérieure- 
ment. 

Tête ayant au milieu une ligne longitudinale enfoncée. 

Elytres longues , presque parallèles, arrondies au bout : 
angle sutural muni d’une très-petite épine à peine distincte. 

Ecusson arrondi postérieurement. 

Abdomen très-grand ; son dernier segment distinctement 
échancré au milieu dans les mâles. Anus velu dans ce sexe. 

Pattes longues, égales; cuisses très-faiblement denti- 
culées en-dessous. 

Tarses ayant leur premier article court, large, presque 
triangulaire ; le dernier très-grand , au moins aussi long que 
les trois autres réunis. 

I. 10 


154 ANNALES 


EsrEce. 
1, Titanus giganteus. — Prionus giganteus, Fas. Syst. 
Eleut., tom. 2, pag. 261, n° 17. — Our. Entom., tom. 4. 


Prion. pag. 12, n° 7. PI. VI, fig. 21. Femelle. Cayenne. 


Genre IV. *Crénosckze, Ctenoscelis. 
( xTeuvov, peigne; oxehoc, jambe.) 


Toutes les jambes munies intérieurement de deux rangées de 
nombreuses épines. 

Corselet presque carré, dilaté et fortement crénelé aux 
bords latéraux , mais sans épines notables. 


Antennes filiformes , de la longueur du corps dans les 
mâles , plus courtes que ui dans les femelles, de onze ar- 
ticles cylindriques; le troisième aussi long ou plus long que 
les deux suivans réunis. 

Palpes inégaux; les maxillaires notablement plus longs 
que les labiaux; leur dernier article comprimé, presque 
triangulaire. 

Mandibules fortes, pointues , assez longues , dentées in- 
térieurement. : 

Tête munie dans son milieu d’une ligne longitudinale 
enfoncée. 

Elytres presque ovales , s’élargissant extérieurement après 
les angles huméraux, et se rétrécissant vers l'extrémité; 

elles sont arrondies au bout et terminées à l’angle sutural 
par une petite épine droite. 

Ecusson arrondi postérieurement. 

Abdomen ayant son dernier segment distinctemént 
échancré au milieu dans les mâles et l’anus velu. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 135 


Pattes longues, égales; cuisses mutiques ou finement 
dentelées en dessous. 

Tarses ayant leur premier article triangulaire , guère plus 
long que le second; le dernier très-grand , au moins aussi 
long que les trois autres réunis. 

On trouve ces insectes sous les écorces et quelquefois 
courant à terre le long des chemins dans les bois, ou volant 
à l'entrée de la nuit. Îls produisent un brait assez fort en 
frottant les pattes postérieures contre le bord des élytres. 
(La Cordaire, Mémoir, sur les habitud. des Coléopt. de 
l’'Amériq. Mérid. Annal. des Scieuces naturelles, tom. 20.) 


EsPEces. 


1. Cienoscelis ater.— Prionus ater, Our. Entom., tom. 4. 


Prion., pag. 11, n° 6. PI. VII, fig. 24. Mâle. Cayenne. 


Nora. Un individu que je considère comme étant la fe- 
melle diffère par sa taille plus pétite , le troisième article des 
antennes moins allongé et les cuisses plus fortement épi- 
neuses. 

2. Ctenoscelis acanthopus. — Prionus acanthopus , Germ. 
Ins. spec. nov. Col., tom. 1, pag. 467, n° 615. Femelle (1). 
Du Brésil. 

3. Ctenoscelis tuberculatus. — Prionus tuberculatus, Or. 
Entom, tom. 4, Prion., pag. 20, n° 18. PI. VI, fig. 20. 
Amérique Méridionale. 


Genre V. *ANGISTROTE, Ancistrotus. 
(æyriotporos, garni de crochets. ) 


Toutes les jambes munies intérieurement de deux rangées de 
nombreuses épines. 


(x) Le mäle est, je pense, le Prionus dentipes , Dur, Catal. 


136 ANNALES 

Corselet en carré transversal; angles postérieurs aigus ; an- 
gles antérieurs avancés, dilatés, armés chacun de deux 
fortes épines. 

Aniennes filiformes , plus longues que le corps dans les 
mâles , plus courtes que lui dans les femelles, de onze ar- 
ticles cylindriques (fort allongés dans les mâles ) le premier 
très-grand , à peu près de la longueur du iroisième. Le se- 
cond très-court, presque cyathiforme; le troisième aussi 
long que les deux suivans réanis; le onzième un peu plus 
long que le précédent dans les mâles. Dans les femelles ce 
onzième article est à peine aussi long que le dixième, il va 
en s’élargissant et est arrondi au bout. 

Palpes inégaux; les maxillaires notablement plus longs 
que les labiaux. Dernier article des quatre palpes, com- 
primé, presque triangulaire, l'étant plus fortement dans 
les mâles. 

Mandibules à peine de la longueur de la tête dans les 
deux sexes , dentées intérieurement , recourbées au bout et 
finissant en pointe aiguë. | 

Elytres rebordées, un peu ovalaires, s’élargissant exté- 
rieurement après les angles huméraux et se rétrécissant 
ve. s extrémité; elles sont arrondies au bout avec l’angle 
sutural uniépineux. 

Ecusson semicirculaire, arrondi postérieurement. 

Abdomen ayant son dernier segment distinctement 
échancré au milieu dans les mâles et l’anus velu. 

Pattes longues , les antérieures un peu plus grandes que 
les autres dans les mâles. Cuisses presque aussi longues que 
les jambes , allant en diminuant de largeur de la base à l’ex- 
irémité. 

Tarses ayant leur premier article triangulaire, guère 
plus long que le second; le dernier très-grand, au moins 


aussi long que les trois autres réunis. 


DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 139 


EsP£cE. 


1. * Ancistrotus hamaticollis, Des. 

(Long. deux pouces 3/4, trois pouces. ) Tête et corselet 
noirs et couverts de rugosités; ce dernier garni de poils rous- 
sâtres ; son bord postérieur ainsi que l’antérieur frangés de 
longs ‘poils de cette même couleur. Chaque angle antérieur 
dilaté sensiblement; cette dilatation ayant deux épines ; l’an- 
térieure droite, pointue ; l’autre plus forte, recourbée en ar- 
rière en forme de crochet très-aigu. Elytres d’un brun mar- 
ron , ayant chacune trois lignes longitudinales élevées ; le quart 
antérieur des élytres est très-rugueux, le reste légèrement 
chagriné. Antennes et écusson noirâtres ainsi que l'abdomen. 
Mandibules et pattes d’un brun marron foncé. Poitrine 
couverte de longs poils grisâtres. Palpes bruns. Mâle et fe- 
melle, 

Rapporté du Brésil par M. La Cordaire. Collection de 
M. le comte Dejean. Il a été pris aussi par M. Pradier, sur le 
chemin de Caracas, en janvier 1823 , et envoyé à M. Dupont. 


Genre VI. MacrotTous, Macrotoma Das. 


Toutes les jambes munies intérieurement de deux rangées 
de nombreuses épines; jambes des mâles un peu com- 
primées et élargies. 

Corselet presque carré, un peu rétréci en devant, armé late. 
ralement (et souvent à l’extrémité du bord postérieur de 
chaque côté ) d'épines fines et nombreuses. 


Antennes filiformes, au moins de la longueur du corps 
dans les mâles, plus courtes que lui dans les femelles, de 
onze articles cylindriques; le troisième de la longueur ou 
plus long que les trois suivans réunis. 

Palpes courts. 


128 ANNALES 

Mandibules courtes, pointues , dentées intérieurement. 

Tête ayani dans son milieu une ligne longitudinale 
enfoncée. 

Elytres longues, presque linéaires, arrondies au bout à 
ayant une petite épine droite à leur angle sutural. 

Ecusson presque triangulaire, sa pointe mousse. 

Abdomen ayant son dernier segment distinctement 
échancré au milieu dans les mâles et l’anus velu. 

Pattes grandes; les antérieures un peu plus longues que 
les autres dans les mâles, cuisses un peu comprimées et 
élargies dans ce même sexe; elles sont plus ou moins épi- 
neuses en dessous , dans les deux sexes. 

Tarses ayant leur premier article allongé , presque cylin- 
drique , au moins aussi grand que les deux suivans réunis. 
Dernier article à peu près de la grandeur du premier. 


ESPECESs. 


1. Macrotoma serripes. — Prionus serripes, Ozr. , Entom. 
tom. 4 , Prion., pag. 19, n° 17. PI. X, fig. 56. — Fa. Syst. 
Eleut., tom. 2, pag. 26t, n° 21 Afrique équinoxiale. 

>. Macrotoma palmata. — Prionus palmatus, Fam. , 1d. 
pag. 265, n° 29. — Prionus senegalensis, Or. , id. pag. 22, 
n° 21, PI. VIL, fig. 25, a. Mâle, b. femelle. (quoique l’auteur 
indique tout le contraire. } Da Sénégal. 

3. Macrotoma castanea. — Prionus castaneus, Our., id. 


pag. 25, n° 29. PL. VIIT, fig. 28 et 29. Du Sénégal. 


Nora. Le Prionus luzonum, Fav., Syst. Eleut., tom. 2, 
pag. 201, n° 80: — Or. , Entom., tom. 4, Prion., pag. 10, 
n° o. PI. XI, fig. 44. Mâle, me paraît être du genre Aa- 
crotoma: 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 159 


Genre VII. *MacronoNTIE , ÂZacrodontia. 
({atpos, long ; odous, dent.) 


Jambes sans épines internes. 

Antennes filiformes , n’atteignant pas la moitié des élytres, 
de onze articles cylindriques, semblables dans les deux 
sexes ; le troisième plus long que le quatrième. 

Corselet muni latéralement de deux ou trois épines plus ou 
moins longues ct fortes , l'intervalle entre la première et la 
seconde visiblement crénelé ou méme finement épineux. 


Palpes assez longs; article terminal un peu dilaté, com- 
primé, obconique. 

Mandibules g'abres , presque droites , un peu recourbées 
vers leur extrémité, notablement plus longues que la tête 
dans les mâles, multidentées intérieurement, quelquefois 
unidentées à leur partie extérieure , largement canaliculées 
en dessus. 

Tête ayant au milieu une large dépression. 

Elytres très-déprimées, arrondies au bout et munies 
d’une petite épine droite à leur angle sutural. 

Ecusson arrondi postérieurement. 

Abdomen entier. 

Corps deprime. 

Pattes longues; cuisses aussi grandes que les jambes. 

Tarses ayant leur premier article large, triangulaire, 
plus court que le second. Le dernier très-grand , plus long 
que les trois autres réunis. 

On trouve ordinairement ces Prioniens dans les planta- 
tions, sous les écorces et au pied des arbres. Iis ne font 
usage de leurs ailes que le soir et rarement. Leur vol est 
lourd, bruyant, peu élevé au dessus de terre et de courte 
durée. Ils ne produisent aucun bruit. ( La Cordaire, loc. cit.) 


140 ANNALES 
PREMIÈRE DIVISION. 


Corselet ayant trois Jongues épines latérales. — Mandibules uni- 
dentées extérieurement vers l’extrémité. 


EsPEcE. 


1. Macrodontia eervicornis, — Prionus cervicornis, Fauw., 
Syst. Eleut. } 16m. 2, pag. 299., n° 12. — Or. _Entom. ;, 
t. 4. Prion., pag. 13, n° 8, PI. IE, fig. 8. Mâle. — Par.-Bauv.; 
Insect. d'Afrique et d'Amérique, pag. 215. Coléop., PI: 34, 
fist. 

Nora. Je possède un individu que je crois être la femelle. 

Elle est plus petite, ses mandibules sont beaucoup moins 
longues, plus arquées , n’ayant point intérieurement la grosse 
et forte dent que l’on remarque dans le mâle. L'intervalle 
entre les deux premières épines latérales du corselet est plus 
que crenelé et distinctement épineux. 


DEUXIÈME DIVISION. 


Corselet n’ayant que deux épines latérales. — Mandibules mutiques 
extérieurement. 


ESPÈCES. 

2. Macrodontia quadrispinosa.—Prionus quadrispinosus, 
Scuon., Syr. Îns., tom. 5, pag. 346, n° C5. ons cre- 
nalus , De , Entom. tom. 4, Prion., pag. 27, n° 29. PI. XIT, 
fig. 45. De Cayenne. 

Etc. 


Genre VIII. *Cazzipocon, Callipogon. 
(xaXkos, beau; rwywr, barbe.) 


Jambes sans épines internes. 
Antennes filiformes, rugueuses et de la longueur du corps 
dans les mâles , lisses et atteignant à peu près la moitié des 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 141 


élytres dans les femelles ; de onze articles cylindriques ; le 
troisième plus long que les deux suivans réunis; le onzième 
ayant passé le milieu dans les mâles, un petit tubercule in- 
terne. | 

Corselet en carré transversal, un peu dilaté et crénelé à chaque 
bord latéral , tantôt finement, tantôt assez fortement. 


Palpes maxillaires notablement plus longs que les la- 
biaux; article terminal des quatre triangulaire, presque 
sécuriforme, évidemment plus long que le précédent, sur- 
tout dans les mâles. 

Mandibules fortes, plus grandes dans les mâles que dans 
les femelles. Dans les deux sexes elles sont dentées inté- 
rieurement et munies en dessus comme en dessous d’un du- 
vet Irès-épais. 

Menton :rès-velu dans les deux sexes. 

Tête assez grande, surtout dans les mâles, largement, 
mais peu profondément creusée en dessus entre les an- 
tennes. 

Elytres rebordées extérieurement ; leur extrémité arron- 
die, munie d’une très-petite épine suturale un peu oblique; 
elles vont un peu en se rétrécissant des angles huméraux à 
l'extrémité. 

Ecusson semicirculaire , très-velu. 

Abdomen garni de duvet ainsi que la poitrine; il a son 
dernier segment entier el arrondi dans les femelles, large- 
ment échancré circulairement et laissant apercevoir l’anus 
dans les mâles. 

Corps assez épais, un peu convexe. 

Pattes de longueur moyenne; les antérieures un peu 
plus grandes que les autres dans les mâles. Cuisses garnies 
de duvet dans les deux sexes. 


Tarses grands ; les trois premiers articles larges, courts, 


142 ANNALES 
triangulaires ; le quatrième très-grand, arqué, plus long que 
les trois premiers réunis , très-velu er dessous dans les deux 
sexes. 
ÉsPECE. 


1. Callipogon barbatum. 


( Long. de 2 à 4 pouces 1/2 y compris les mandibules.) 
Il varie beaucoup pour la taille et la longueur des mandibules. 
Corps d’un brun plus ou moins noirâtre, presque noir en 
dessous. Tête paraissant lisse, garnie d’un duvet court, rous- 
sâtre, ainsi que l’écusson. Gorselet pointillé; chagriné sur son 
disque dans la femelle , offrant deux plaques lisses, luisantes, 
un peu saillantes , et en outre quelques inégalités; crénelures 
latérales plus ou moins prononcées; dans la femelle, les 
quatre angles du corselet sont souvent prolongés chacun en 
une épine distincte. Mandibules plus courtes que la tête dans 
la femelle , pointillées, pointues et entières au bout, larges, 
chargées d’une épaisse toison roussâtre, ainsi que le menton. 
Elytres d’un brun jaunâtre, chagrinées, surtout à la base, 
ayant chacune deux lignes longitudinales peu élevées, faible- 
ment prononcées, quelquefois nulles et s’effaçant Lout-à-fait - 
avant l’extrémité de l’élytre : dessous du corps et pattes cou- 
verts d’un duvet court, roussâtre; le quatrième article des 
tarses est garni en dessous de Le roux. | 

Le mâle varie beaucoup pour la taille et la longueur des 
mandibules. Dans les grands individus , elles sont ee à 
plus longues que la tête et ressemblent un peu à celles des 
Lucanes mâles; elles ont une dent plus oa moins prononcée 
au milieu du côté extérieur (elle est à peine saillante dans la fe - 
melle } , leur extrémité est plus ou moins échancrée et four- 
chue. D 
Ce mâle m'a été communiqué sous le nom de Prionus lu- 
canicerus , par M. Ghevrolat qui l’a reçu d’Orixahba au Mexique. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOHOLOGIQUE. 143 
Depuis j'ai eu de M. Dupont, les deux sexes, cet entomolo- 
giste ayant fait l'acquisition d’ane collection rapportée récem- 
ment du Mexique, dans laquelle se trouvait un assez grand 
nombre d'individus des deux sexes. 


Nora. Le P;ionus barbatus, Fas., Syst. Eleut, tom. 2 , 
pag. 269, n° 37. — Our., Entom., tom. 4, pag. 15, n°11. 
PI. X, fig. 4o, nous paraît devoir se rapporter à notre es- 
pèce; cependant ces auteurs donnent le corselet comme mu- 
tique, ce qui n’est pas; il est toujours crénelé latérale- 
ment, mais ses crénelures sont quelquefois peu saillantes. 


Genre IX. “ErGATE, £rgates. 
(eoyarñs, Ouvrier.) 


Jambes sans épines internes, et de forme ordinaire. 

Antennes filiformes , semblables dans les deux sexes, plus 
longues que le corps dans les mâles , atteignant à peu près 
la moitié des élytres dans les femelles, de onze articles 
cylindriques, le troisième plus long que les deux suivans 
réunis. 

Corselet presque en carré transversal , dilaié et finement cré- 
nelé latéralement dans les mâles , chaque bord latéral 
portant en outre dans les femelles, une crénelure médiane 
plus forte que les autres , prolongée en une petite épine. 

Mandibules et menton glabres; les premières courtes, dentécs 
intérieurement. | 


Palpes assez courts ; dernier article un peu renflé, presque 
cylindrique. 

Tête ayant un sillon longitudinal. 

Elytres rebordées extérieurement , leur extrémité arron- 
die, munie à l’angle sutural d’une petite épine oblique. 

Ecusson semicirculaire , glabre , arrondi au bout. 


14% ANNALES 

Abdomen ayant son dernier segment tronqué au bout, 
un peu sinueux , à peine échancré au milieu dans les deux 
sexes. 

Pattes de longueur moyenne; les antérieures plus grandes 
que les autres et scabres en dessous dans les mâles. Cuisses 
de forme ordinaire. 

Tarses allongés; le premier article plus grand que le se- 


cond. 
ExPÈCE. 


1. Érgales serrarius. — Prionus serrarius, PAnz. Faune 
Germ., fasc. 9, fig. 6. Mâle. — Prionus obscurus , Out. , 
Entom., tom. 4. Prion. , p. 26, n° 27. PI. I, fig. 7, mâle. — 
Prionus faber, Far., Syst. Eleut., tom. 2, pag. 268, n° 5. 
Femelle. — Or. id., pag. 18, n° 15. PI. IX, fig. 55, femelle. 
— Panz. id. fase. o, fig. 5, femelle. D’Allemagne. 


Genre X. “Auracore, Æulacopus. 
(œulaë , sillon ; ou, pied. ) 


Jambes dépourvues de deux rangées de nombreuses épines 
internes; ces jambes très-comprimées, presque aussi larges 
que les cuisses, canaliculées en dessus et en dessous ; les 
antérieures ayant en dedans cinq ou six épines très-petites, 
quelquefois à peine distinctes. 

Antennes filiformes , de la longueur du corps ES les mâles , 
atteignant la moitié des élyires dans les femelles, de onze 
articles presque cylindriques, le premier grand, presque en 
cône renversé , le second petit, cyathiforme, le troisième 
scabre en dessous dans les mâles, plus long que les trois. 
suivans réunis, dans les deux sexes. ; 

Corselet presque carré, point dilaté, inégal en dessus, fine- 
ment crénelé latéralement; dernière crénelure plus forte , 
s’avançcant horizontalement en une épine fine et pointue. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 145 
Mandibules et menton glabres ; les premières très-courtes, 
terminées en pointe aiguë . 

Palpes couris. 

Tête petite, plus étroite que la partie antérieure du cor- 
selet , ayant une impression entre les yeux, large mais peu 
profonde. 

Elytres allant un peu en s’élargissant de la base à l’extré- 
mité, rebordées extérieurement, arrondies à leur extré- 
wité : angle sutural un peu saillant. 

Ecusson glabre, assez large , court, presque triangulaire, 
obius postérieurement. 

Abdomen ayant son dernier segment un peu échancré 
au miliea dans les mâles et garni de très -longs poils au bord 
postérieur. 

Pattes assez longues , égales dans les deux sexes; cuisses 
comprimées , Canaliculées en dessus et en dessous; les an- 
térieures munies en dessous de quelques épines dans les 
deux sexes. 

Tarses ayant leur dernier article presque aussi grand que 
les trois autres réunis. 


EsPECE. 


1. “ Aulacopus reticulatus. — Tragosoma reticulatum , 
Des. ( collect. } 

(Long. 12 à 14 lignes. } D’un noir luisant. Disque du 
corselet à peine pointillé , ses côtés presque rugueux. Elytres 
ayant chacune quatre lignes longitudinales élevées, n’attei- 
gnant pas l'extrémité, les deux intermédiaires se réunissant 
l’une à l’autre par le bout ; entre chacune de ces quatre lignes, 
il y en a une autre, mais bien moins élevée, plus fine et peu 
prononcée. Extrémité des élytres au-delà des lignes, distinc- 
tement réticulée. Poitrine garnie de poils roussâtres ainsi que 
le bord postérieur du dernier segment abdominal. Antennes 


- 


146 ANNALES 
et pattes de la couleur du corps, tarses brunâtres. Mâle et 
femelle. 

Du Sénégal. Collections de MM. le comte Dejean et 
À. Maille. Ge dernier me l’a communiqué sous le nom de Âfa- 
crotoma rugulosa, Des. ; 


Genre XI. “Exorrockre, Enoplocerus. 
(svozhnç, armé ; xeoœ, corne.) 


Jambes sans épines internes. 

Antennes sétacées, plus longues que le corps dans les mâles, 
atteignant seulement la moitié des élytres dans les femelles, 
de onze articles cylindriques et scabres dans les mâles, lé- 
sèrement comprimés dans les femelles; le premier et le 
troisième fortement canaliculés en dessous dans les deux 
sexes; ce dernier plus grand que les deux suivans réunis, 
le premier gros, dilaté extérieurement ; ce'te dilatation 
armée d’une forte épine. 

Corselet sans crénelures, en carré transversal et muni de quatre 
fortes épines latéralement. 

Mandibules courtes, dentées intérieurement , grosses et assez 
larges. 


Palpes courts ; dernier article court, cylindrique. 

Tête allongée, canaliculée au milieu. 

Elytres ayant leurs angles haméraux saillans, presque 
mucronés ; elles sont arrondies au bout et munies d’une 
petite épine droite à l’angle sutural. 

Ecusson court , arrondi au bout. 

Abdomen ayant son dernier segment échancré au milieu 
dans les mâles. 

Corps déprimé. 

Pattes antérieures plus grandes que les autres , scabres et 
finement épineuses dans les mâles. Guisses intermédiaires 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 147 
et postérieures terminées , dans les deux sexes, par deux 
épines emboîtant la jambe. 

Tarses ayant leur premier article triangulaire , plus petit 
que le second ; le deraier très-grand , plus long que les trois 
autres réunis. 


EsPpice. 


1. Enoplocerus armillatus. — Prionus armillatus, Fas., 
Syst. Eleut., tom. 2, pag. 261, n°19. — Orr., Entom., t. 4. 
Prion., pag. 9, n° 4. PI. V, fig. 17. Mâle. Des Indes. 


Nora. La femelle est plus petite et ses mandibules sont 
notablement plus courtes et moins épaisses ; l’extrémité des 
élytres à partir de l’épine suturale est distinctement denticulée. 


Geure XII. *Hoprnire, Æoplideres. 
(omhov, arme; depn, cou. ) 


Jambes sans épines internes. 

Antennes filiformes , plus longues que le corps dans les 
mâles (1), de onze articles allongés, cylindriques , assez 
grêles; le premier grand , en cône renversé , le second pe- 
tit , le troisième notablement plus long que le quatrième; 
ceux de trois à dix munis à leur extrémité interne d'une 
épine fine, mais distincte ; les troisième, quatrième, cin- 
quième et sixième légèrement frangés en dessous; le on- 
sième allongé , aplati, linéaire. 

Corselet transversal, dilaté latéralement , portant dans cette 
partie cinq épines très-aiguës ; il est très-fortement échan- 
cré après la dernière épine. Angles postérieurs nullement 
saillans. 


Palpes maxillaires plus longs que les labiaux ; leurs deux 


(1) Femelies inconnues. 


148 ANNALES 


derniers articles presque en triangle renversé, le dernier plus 
court que le précédent. 

Mandibules courtes, recourbées et pointues à leur ex- 
trémité, dentées intérieurement. 

Tête ayant dans son milieu une fine ligne longitudinale 
enfoncée. 

Elytres un peu dilatées exiérieurement ; angles humé- 
raux saillans , uniépineux ainsi que l’angle sutural. 

Écusson semicirculaire , arrondi au bout. 

Abdomen ayant son dernier segment tronqué droit à l’ex- 
itrémité dans les mâles. 

Corps déprime. 

Pattes antérieures plus grandes que les autres dans les 
mâles. 

Tarses ayant leur dernier article plus long que les trois 
autres réunis. 


EsPÈce. 


1. * Hoplideres spinipennis , Duronr. 

(Long. 22 lig.) Corps noir, luisant en dessous. Tête et disque 
du corselet fortement chagrinés, presque rugueux, les côtés ex- 
térieurs de ce dernier seulement pointillés. Son bord antérieur 
frangé de poils roux; élytres d’un brun marron, fortement 
pointillées à leur base, lisses ensuite; elles ont le long du 
bord extérieur à la base une douzaine d’épines fines mais 
distinctes. Jambes antérieures munies à leur extrémité interne, 
de longs poils roux. Le duvet du dessous des tarses est aussi 
de cette couleur. Mâle. 

De Madagascar. Collection de M. Dupont. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 149 


Genre x *OrTHoMÉGAs, Orthomegas. 


(og0os, droit ; peyas, grand.) 


Jambes sans épines internes. 

Antennes semblables dans les deux sexes, de la longueur du 
corps dans les mâles, atteignant seulement le milieu des 
élytres dans les femelles; de onze articles cylindriques, 
mutiques; le, troisième plus long que les deux suivans 
réunis : les premier et troisième canaliculés en dessous. 

Corselet sans crénelures, presque en carré transversal ; bord 
latéral point dilaté, ayant chacun quatre épines pointues. 


Palpes allongés; dernier article presque cylindrique. 

Mandibules dentées au côté interne, de moyenne gran- 
deur. 

Tête ayant au milieu une ligne longitudinale enfoncée. 

Elytres allongées, linéaires ; angles huméraux un peu 
saillans et mousses; angle sutural ayant une petite épine 
droite , assez longue dans les mâles, presque nulle dans les 
femelles. 

Ecusson arrondi postérieurement. 

Abdomen ayant son dernier segment échancré circulai- 
rement dans toute sa largeur dans les mâles, avec l’anus 
saillant. 

Corps allonge, linéaire. 

Pattes longues ; cuisses intermédiaires et postérieures ter- 
minées par deux épines emboîtant la jambe. 

Tarses ayant leur dernier article très-grand, plus long 
que les trois autres réunis. | 


EsrÈces. 


1. Orthomegas cinnamomeus. — Prionus cinnamomeus, 
Fan. Syst. Eleut., tom. 2, pag. 264, n° 33. — Pyionus corti- 
L. ; PE 


150 ANNALES 
cinus, Out., Entom., tom. 4: Prion., page !, n° 0. PL IX, 
fig. 34. De Cayenne. 

2. Orihomegas sericeus. — Prionus sericeus, Oxr., id., 
pag. 16, n° 12. PI. VIEIL, fig. 26. Mâle. — Pauis.-Bauv. Insect. 
d'Afrique et d'Amérique, pag. 225. Coléopt., pl. 55, fig. 2, 
mâle; fig. 3, femelle. De Cayenne et de Saint-Domingue. 


Genre XIV: PrarvexarTe, Platygnathus, Des. 


Jambes sans épines internes. 

Antennes semblables dans les deux sexes , à peine de la lon- 
gueur du corps dans les mâles; celles des femelles n’attei- 
gnant pas la moitié des élytres; elles sont composées de 
onze articles cylindriques; le second grand , moins épais, 
mais de la longueur du premier dans les femelles et cer- 
tains mâles; court et globuleux dans quelques individus de 
ce dernier sexe; le troisième allongé, aussi grand ou même 
plus grand que les quatrième et cinquième réunis. 

Corselet sans crénelures, en carré transversal, ses quatre 
angles tronqués obliquement, ce qui forme qua're den- 
ticules obtüis, à chaque bord latéral. 


Pulpes maxillaires plus longs que les labiaux. 

Mandibules ( dans quelques mâles } plus longues que la 
tête, très-comprimées latéralement , très-larges vues de 
profil, ereuséeslongitudinalementen dessous. Dans d’autres 
mâles elles sont très-courtes et de forme ordinaire ainsi 
que dans toutes Îles femelles. 

Tête forte et large dans les mâles, plus petite dans les 
femel'es. 

Elytres allongées , assez étroites, arrondies et munies à 
leur angle sutural d’une très-pelite épine peu distincte. 

Ecusson court, presque triangulaire dans les mâles, 
presque orbiculaire dans les femelles. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 151 


Abdomen ayant son dernier segment à peine échancré 
au milieu. 

Pattes de longueur moyenne. 

Tarses courts; le dernier article à peu près aussi long 
que les trois autres réunis. 


PREMIÈRE DIVISION. 


Deuxième article des antennes grand , moins épais, mais de la lon- 
gueur du premier dans les deux sexes. Le troisième à peu près de 
la longueur des quatrième et cinquième réunis. — Mandibules des 
mâles plus longues que la tête, irès-comprimces latéralement , 
très=larges vues de profil , creusées longitudinalement en-dessous 
et dentées intérieuremient vers leur extrémité. 


EsPÈce. 


1: Platygnathus octangularis — Prionus octangularis, 
Ozr., Entom., tom. 4. Prion:, pag. 35, n° 38. PI. VI, fig. 19, 
femelle; PI. XHIT, fig. 54, a. mâle, b. femelle, De l’Ile-de- 
France. 


DEUXIÈME DIVISION. 


Deuxième article des antennes court et globuleux dans les mâles ; 
Je troisième (dans ce sexe) plus grand que les quatrième et cin- 
quième réunis. — Mandibules courtes et de forme crdinaire dans 
les deux sexes. 


ESsPEcE. 


2," Platygnathus parallelus, Duroxr. 

(Long. 2 pouces. ) Gorps noir, luisant; tête pointillée. 
Corselet fortement pointillé et inégal, ses côtés rugueux. 
Ecusson d’un brun très foncé ainsi que les élytres : celles-ci 
fortement pointillées, ayant quelques enfoncemens irrégu- 
liers; on voit en outre sur chacune quatre lignes longitudinales 
élevées à peine prononcées: angle sutural avant une petite 
épine. Pattes d’un brun très-foncé. Femelle. 


152 ANNALES 


Le mâle a le troisième article des antennes scabre, presque 
épineux en dessous : les lignes Longitudinales des élytres sont 
plus distinctes que dans la femelle. 

Ile-de-France. Collection de M. Dupont. 


Genre XV. “AcanTuoPnoRs , Acanthophorus. 
(axav0x, épine; vepo , je porte.) 


Jambes sans épines internes. 

Antennes plus longues que le corps dans les mâles, attei- 
gnant seulement la moitié des élytres dans les femelles, de 
onze articles; le troisième notablement plus long que le 
quatrième : ceux de trois à dix prolonges à leur extrémité 
interne en une épine plus Ou moins grande. 

Corselet sans crénelures, transversal; chaque bord latéral 
muni de trois épines longues et pointues. 

Mandibules allongées, plus ou moins arquées, multidentées 
intérieurement , ordinairement plus longues que la tête dans 
les mâles. 


Palpes assez longs; article terminal peu dilaté, com- 
primé , vbconique. 

Elytres rebordées, déprimées ; angles huméraux assez 
prononcés , arrondis ; elles sont arrondies au bout avec 
l’angle sutural un peu saillant. 

Ecusson arrondi postérieurement. 

Abdomen ayant son dernier segment échancré au milieu 
dans les mâles et l’anus velu. 

Corps déprimé. 

Pattes longues. 

Tarses ayant leur dernier article awssi long que les trois 
autres réunis. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 153 
EsPÈcEs. 


1. Acanthophorus serraticornis. — Prionus serraticornis, 
Ozr., Entom., tom. 4. Prion., pag. 14, n° 9. PI. IX, fig. 33. 
Mâle. Des Indes Orientales. 

2. Acanthophorus maculatus. — Prionus maculatus, Fas. 
Syst. Eleut., tom. 2, pag. 259, n°11. — Or. id., pag. 27, 
n° 28. PI. IV, fig. 14. Femelle. Du Sénégal. 

Etc. 


Genre XVI. *Sricrosome , Stictosomus. 
(oreeros, ponctué ; cœua, corps.) 


Jambes sans épines internes. 

Antennes filiformes , atteignant les deux tiers des élytres dans 
les deux sexés , de onze articles simples, cylindriques ; le 
premier gros , assez court, presque en cône renversé; le 
troisième plus long que les trois suivans réunis. 

Corselet sans crénelures, en carré transversal; chaque bord 
latéral ayant trois épines pointues. 

Mandibules allongées , étroites , aiguës, denticulées intérieu- 
rement. 


Palpes très-allongés; les maxillaires plus grands que les 
autres à articles cylindroconiques : palpes labiaux ayant 
leurs deux derniers articles allongés et cylindriques. 

Tête beaucoup plus large dans les mâles que dans les fe- 
melles. 

Elytres longues , presque linéaires, ayant un rebord ex- 
térieur assez large, arrondies au bout et munies à l'angle 
sutural d’une petite épine un peu oblique. 

Ecusson petit, semicirculaire. 

Abdomen entier. | 

Pattes assez grêles; cuisses comprimées, presque aussi 
longues que les jambes. 


154 ANNALES 


Tarses ayant leurs trois premiers articles petits, courts, 
triangulaires; le quatrième très-grand , à peu près deux 
fois aüssi longs que les trois autres réunis. 


ESPÈCE. 


1.* Stictosomus semicostatus , DUPONT. 

(Long. 25 ou 26 lignes y compris les mandibules. ) Corps 
noir, luisant. Tête et corselet chargés d’une multitude de gros 
points enfoncés qui les rendent rugueux. Elytres et écusson 
pointillés; les premières ayant chacune quatre lignes longitu- 
dinales élevées, distinctes ; la troisième en partant de la suture 
plus courte que les autres et libre; les première, deuxième et 
quatrième descendant plus bas que la troisième , mais n’attei- 
gnant pas cependant l’extrémité de l’élytre, et réunies au bout 
toutes trois ensemble par une petite côte transverse. Palpes, an- 
tennes, mandibules et pattes de couleur noire. Mâle et femelle. 

De Cayenne, De la collection de M. Dupont et de la mienne. 


Genre XVIÏ. Dérogracaus, Derobrachus, Des. 


Jambes sans épines internes. 

Antennes courtes, atteignant au plus la moitié des élytres dans 
les mâles, moins longues dans les femelles , de onze articles 
cylindriques dans les deux sexes ; le troisième notablement 
plus long que le quatrième. 

: Corselet sans crénelures, court, transversal, déprimé sur son 
disque ; chaque bord latéral portant trois épines. 

Mandibules courtes, aiguës, dentées au côté interne. 

Palpes assez gréles, les maxillaires très-allongés, beaucoun 
plus grands que les labiaux ; leur dernier article déprimé, 
dilaté, presque trigoune. 


Yeux grands. | 
Elytres longues, rebordées tout autour, presque paral- 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 155 


ièles, arrondies au bout et mutiques dans les femelies; 
ayant une large troncature sinuée dans les mâles, dont 
chaque angle porte uné épine; la suturale oblique. 

Ecusson court, semicirculaire. 

Abdomen ayant son dernier segment à peine échancré 
ans les mâles. 

Pattes de longueur moyenne ; cuisses comprimées, cana- 
liculées en dedans. 

Tarses ayant leur preinier article allongé, en triangle 
renversé; le quatrième presque aussi long que les trois autres 
réunis. | 


EsPEceE. 


r,* Derobrachus brevico!l's, Des. 

(Long. 24, 26 lig. } Corps d’un brun testacé ; tête et cor- 
selet noirs; la première ayant dans son milieu une petite ligne 
longitudinale enfoncée. Corselet fortement ponctué. Elÿtres 
ayant leur angle sutural muni d’une petite épine ; elles offrent 
chacune trois lignes longitudinales élevées peu distinctes. 
Pattes testacées, genoux noirâtres. Mâle et femelle. 

De la Géorgie d'Amérique. Collections de M, le comte De- 
jean et de M. Dupont. 


Genre XVIII. OnruosoMe, Orthosoma, Des. 


Jambes sans épines internes. 

Antennes sétacées , atteignant aux deux tiers des élytres , de 
onze articles cylindriques, un peu comprimés, un peu 
dentées en scie dans les deux sexes ; premier article cana- 
liculé en dessus et en dessous, ainsi que le troisième. Celui-ci 
plus long que le quatrième. Le onzième allongé, plus grand 
que le dixième, un peu rétréci vers le bout et presque fusi- 
forme dans les mâles ; linéaire et arrondi à l'extrémité dans 
les femelles, 


156 ANNALES 
. Corselet petit, transversal, presque carré: chaque bord Îa- 
téral ayant trois épines. 
: : Mandibules courtes, un peu recourbées à leurextrémité, den- 
tées au côté interne. 
Palpes courts ; dernier article plus court que le précédent , 
déprimé, presque triangulaire. 


Tête petite, plus étroite que le corselet. 

Yeux grands, ne laissant entre eux en dessus qu’un étroit 
intervalle. 

Elytres très-grandes , allongees, déprimées, rebordées 
extérieurement, presque linéaires , arrondies au bout, 
munies à leur angle sutural d'une petite épine un peu 
oblique. 

Ecusson semicirculaire , arrondi au bout. 

Abdomen ayant le bord postérieur du dernier segment 
sinué. 

Corps allongé, étroit. 

Pattes de longueur moyenne, assez fortes. 

Tarses ayant leur dernier article aussi long que les trois 
précédens réunis. 

L'Orthosomabadium, Des., vit sous les écorces ; elle vole 
rarement et ne produit aucun bruit. (La Cordaire, loc. cit.) 


ESPÈCES. 


1. Orthosoma cylindricum. — Prionus cylindricus, Fas., 
Syst. Eleut., tom. 2, pag. 261, n°18.—Orr., Entom., tom. 4. 
Prion., pag. 23, n° 25. PI. I, fig. 6. Mâle et femelle. De PA- 


mérique septentrionale. 


Nora. M. le comte Dejean ( Catalogue ) rapporte à cette 
espèce le Prionus sulcatus, Paz.-Bauv. Ins. d'Afrique et 
d'Amérique, pag. 226. Coléopt., PI. 59, fig. 4. Ce dernier 


auteur indique Saint-Domingue pour patrie et donne comme 


k ë 

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOGLOGIQUE. 157 
synonyme le Prionus sulcatus, Our. id., p.39,n° 47, PL VIH, 
fig. 27, qui est de Cayenne. M. le comte Dejean ne cite pas 
Olivier. Schônherr (Syron. {ns., tom. 3) fait deux espèces des 
Prionus sulcatus et cylindricus , Oxx. 


Etc. 


Genre XIX. *Méroscéuse, Âferoscelisus. 


(unpos, cuisse ; cxën, jam €; 1605, égal.) 

Jambes sans épines internes. 

Antennes filiformes , atteignant au moins la moitié des ély- 
tres , de onze articles ; le troisième plus long que les deux 
suivans réunis; le premier long, en massue ; le second 
court, globuleux. Ceux de trois & sept renflés au milieu 
et amincis aux deux extrémités dans les femelles : ces 
mémes articles presque en cône renversé dans les mäles : 
le onzième arrondi au bout. 

Corselet sans crénelures, presque en carré transversal, et muni 
de trois dents à chaque bord latéral. 

Mandibules courtes, épaisses, dentées au côté interne. 

Palpes courts , assez épais : article terminal en cône ren- 
versé , distinctement tronqué au bout. 


Elytres peu allongées , arrondies et mutiques à l'exiré- 
mile. 

Ecusson petit, triangulaire. 

Abdomen ayant son dernier segment échancré dans les 
mâles. 

Corps glabre. 

Pattes assez longues; cuisses allongées, cylindriques ; 
aussi grandes que les jambes. 

ue ayant leur premier article grand ; celui des quatre 
antérieurs en triangle renversé. Ce même article dans les 


198 ANNALES 


tarses postérieurs très-allongé, au moins aussi grand 
que le quatrième. 


EsPeÈCE. 


31. “Meroscelisus violaceus. Des. 

(Long. 12 à 14 lig.) D’un noir mat en dessus , un peu lui- 
sant en dessous. Antennes et pattes d’un noir luisant. Tête ayant 
au milieu une ligne longitudinale enfoncée. Dessus du corps 
paraissant lisse et sans aucuns points enfoncés. Elytres allant 
un peu en s'élargissant vers leur extrémité; elles ont un très- 
léger reflet violet considérées à certain jour. Mâle et femelle. 

Du Brésil. La femelle de la collection de MM. Dupont et 
Chevrolat ; le mâle de celle de M. le comte Dejean. 


Norx. Dans la femelle communiquée par M. Dupont, je 
n'ai pu découvrir d'ailes sous les élytres, mais c’est, je pense, 
un avortement individuel , ou l’effet d’un accident. 


Genre XX. *Nortoruyse, Votophysis. 


( vo80c, bâtard ; ovotc, nature.) 


Toutes les jambes dépourvues d’épines en dessous ; très fine- 
ment denticulées en dessus, un peu dilatées à leur extré- 
mité. 

Antennes filiformes , presque aussi longues que le corps dans 
les mâles (1), de onze articles cylindriques; le troisième 
notablement plus long que le suivant. 

Corselet sans crénelures, en carré transversal, son disque un 
peu élevé, ses côtés extérieurs creusés longitudinalement , 
rebordés, ayant au-delà du milieu un tubercule presque 
épineux, peu saillant. 


‘1) Femelles inconnues. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 159 


Palpes maxillaires plus longs que les labiaux ; article ter- 
minal des quatre plus grand que le précédent et obconique. 

Mandibules de la longueur de la tête, arquées , pointues 
et recourbées au bout, finement denticulées intérieure- 
ment. 

Tête forte, ayant une ligne longitudinale enfoncée entre 
les yeux. 

Elytres peu allongées, un peu convexes , canaliculées au 
bord extérieur : angle sutural ayant une très-petite épine. 

Ecusson court , assez large, presque triangulaire. 

Abdomen entier. 

Pattes de longueur moyenne. 

Tarses ayant leur premier article allongé , allant en s’é- 
largissant vers l'extrémité; le second triangulaire; le troi- 
sième le plus petit de tous; le quatrième presque aussi 
grand que les trois autres réunis. 


9 


EsPEcE. 


1. “Notophysis lucanoides. 

{ Long. 16 à 18 lig. y compris les mandibules.) Corps en- 
tièrement glabre et luisant , d’un noir un peu brunûâtre; tête et 
corselet très-lisses. Elytres présentant sur leur disque quatre 
ou cinq lignes longitudinales rapprochées , peu prononcées, 
oblitérées à la base et à l’extrémité. Dessous du corps et pattes 
d’un brun noirâtre. Mâle. 

Collection du Muséum d'histoire naturelle. Un seul indi- 
vidu, désigné sous le nom de Prionus lucanoides ; il a été 
rapporté de l’île des Kanguroo , par M. Péron. 


quenre XXI. Tracosowe, Tragosoma, Des. 


Jambes sans épines internes, allongées, allant en se dilatant 
de la base à l’extrémité. 
Antennes fi/iformes, n’atteignant pas la moitié des élytres dans 


160 ANNALES 


les femelles : celles des mâles allant aux deux tiers ; elles sont 
composées de onze articles courts et cylindriques ; le troi- 
sième notablement plus long que le suivant. 

Corselet sans crénelures , court, transversal, déprimé, pu- 
bescent, muni à chaque bord latéral, vers le milieu, d’une 
épine distincte. 


Palpes courts ; article terminal court, cylindrique. 

Mandibules très-courtes dans les deux sexes. 

Tête petite. 

Yeux assez grands. 

Elytres très-allongées ; angle sutural uniépineux. 

Ecusson presque triangulaire , arrondi au bout. 

Abdomen ayant son dernier segment à peine échancré 
dans les mâles. 

Pattes de longueur moyenne; cuisses longues , allant en 
diminuant de largeur de la base à l’extrémité. 

Tarses ayant lear dernier article presque aussi grand que 
les trois autres réunis. 


EsPEce. 


1. Tragosoma depsarium.—Prionus depsarius, Fas. Syst 
Eleut., tom. 2, pag. 258, n° 7. — Ou. Entom., tom. 4. 
Prion., pag. 37, n° 44. PI. XL, fig. 41. — Panz. Fuun. germ., 
fasc. 0, fig. 7. D’Allemagne et de Suède. 


Genre XXII. Moxonesme, Monodesmus, Des. 


Jambes sans épines internes; ces jambes longues et allant en 
s’élargissant de la base à l'extrémité. 

Antennes de la longueur du corps, semblables danses deux 
sexes, de onze articles allongés , un peu comprimes , den- 
tés en scie à partir du troisième : celui-ci grand, plus long 
que le quatrième. 


L 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 161 

Corselet sans crénelures, court, presque cylindrique, légè- 

rement déprimé sur son disque ; chaque bord latéral ayant 
au milieu une épine distincte. 


Palpes courts; dernier article des maxillaires un peu élargi 
au bout. 

Mandibules courtes , aiguës. 

Elytres allongées , assez étroites, arrondies et munies 
d’une épine oblique à leur angle sutural. 

Ecusson court, arrondi au bout. 

Abdomen entier. 

Pattes de longueur moyenne; cuisses allongées. 

Tarses ayant leur premier article grand, surtout celui 
des tarses postérieurs qui est presque aussi long que le 
terminal. 

Faciès d’un Cérambycin. 


ESPÈCE. 


1. *Monodesmus callidioides, Des. 

(Long. 9 à 12 lig.) Corps d’un noirâtre mat, entièrement 
couvert d’un duvet court, cendré. Antennes glabres, noirâtres, 
Corselet un peu inégal en dessus. Elytres paraissant lisses. 

Ile de Cuba. Collections de MM. Dejean, Dupont et Che- 


vrolat. 
Genre XXIIT. Mé£coris, Megopis, Des. 


Jambes sans épines internes. 

Antennes filiformes , semblables dans les deux sexes, de la 
longueur du corps dans les mâles , de onze articles cylin- 
driques , le troisième très-grand, aussi Rire que les deux 
suivans réunis. 

Corselet mutique , court, transversal, arrondi latéralement, 
pubescent. 


i62 ANNALES 
Palpes maxillaires beaucoup plus longs que les labiaux , 
leurs articles presque cylindriques. 
Mandibules courtes, pointues au bout, 
Tête arrondie , plus longue que le corselet. 
Yeux très-srands. 
Elytres très-longues, étroites , arrondies à l’extrémité. 
Pattes de longueur moyenne : cuisses allongées. 
Tarses à articles courts; le dernier plus grand. 


EsrEce. 


1, *Megopis mutica, Des. 

(Long. 15 à 16 lig.) Corps pubescent, testacé. Yeux noir. 
Antennes et pattes de la couleur du corps. Elytres ayant cha- 
cune trois lignes longitudinales élevées , dont les deux les plus 
rapprochées de la suture se réunissent l’une avec l’autre avant 
l'extrémité de l’élytre. 

Île-de-France. Collections de MM. Dejean et Dupont, et de 
celle du Muséum d’histoire naturelle. 


Genre XXIV. *Æcosoue, Ægosoma. 


(anë, Chèvre ; oœuæ, corps.) 


Jambes sans épines internes. 

Antennes filiformes, semblables dans les deux sexes, à peu 
près de la longueur du corps dans les mâles, atteignant la 
moitié des élytres dans les femelles, de onze articles cylin- 
driques, scabres dans les mâles, lisses dans les femelles : 
troisième article plus long que les deux suivans réunis. 

Corselet mutique, presque trapézoïdal, rétréci en devant; 
ses côtés rabattus subitement ; leur rebord ne se voyant 
qu'en dessous. Angles postérieurs aigus , presque spini- 


formes. 


Palpes presque égaux; dernier article cylindroconique. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUEÉ. 165 

Mandibules fortes, courtes, à peine dentées intérieure- 
ment. 

Tête un peu allongée derrière les yeux , ayant une ligne 
longitudinale légèrement enfoncée. 

Elyires allongées, rebordées extérieurement, presque li- 
néaires, arrondies et munies à l’angle sutural d’une très- 
petite épine à peine distincte. 

Ecusson assez grand , arrondi au bout, ses côtés paral- 
lèles. È 

Tarière des femelles Zongue, toujours saillante, dépas- 
sant notablement l’anus. 

Abdomen des mâles ayant son dernier segment légère- 
ment échancré au milieu et l’anus velu. 

Pattes fortes, de longueur moyenne. 

Tarses ayant leur dernier article presque aussi long que 
les trois autres réunis. 


s Faciès d’un Gérambycin. 
ESPÈCE. 


1. Ægosoma scabricorne. — Prionus scabricornis, Fay. 
Syst. Eleut., tom. 2, pag. 258 , n°8. — Or. Entom., tom. 1 
Prion., pag. 35, n° 41. PI. XI, fig. 42. Femelle. — Panz. Fax. 
germ.,fasc. 12, fig. 7. Femelle. — La Lepture rouillée, Grorr, 
Ins. Paris, tom. 1, pag. 210, n° 5. Mâle. Allemagne. Je l'ai 
reçue de feu M. Guéneau de Mussy, qui avait pris plusieurs 
individus des deux sexes sur de vieux troncs de Tilleuls, as- 
près de Dijon. À ma connaissance cet insecte n’a jamais cié 
trouvé aux environs de Paris. 


Nora. M. le comte Dejean possède une sutre espèce de ce 
genre très-voisine de celle-ci; il l’a nommée Æg0osoma afine, 


Elle est de l’Ile-de-Jave. 


164 ANNALES 


Genre X XV. Cœronon, Cœlodon, LaTr. inéd. 


Jambes sans épines internes. 

Antennes filiformes, semblables dans les deux sexes, de la 
longueur du corps dans les mâles, plus courtes que lui dans 
les femelles, de onze articles cylindriques, le troisième 
sensiblement plus long que le quatrième. 

Corselet mutique » cylindrique , ses côtés paralleles , inégal 
sur son disque , ayant un sillon transversal à sa partie pos- 
térieure , et un autre à la partie antérieure. 


Palpes maxillaires plus longs que les labiaux ; leurs articles 
cylindriques ainsi que ceux des labiaux ; le terminal un 
peu plus grand que le précédent. 

Mandibules des mâles presque aussi longues que la tête 
larges, comprimées , sans dentelures visibles à leur paré 
interne , pointues et un peu recourbées à leur extrémité ; 
dila’ées à leur base extérieure ; cette dilatation ayant une 
épine courte , obtuse. 

Tête forte, de la longueur du corselet dans les mâles. 

Elytres longues, linéaires, parallèles , arrondies au bout; 
angle sutural unituberculé. 

Ecusson petit, semicirculaire , arrondi au bout. 

Pattes de longueur moyenne; cuisses allongées , Au MOINS 
aussi longues que les jambes. 

Faciès d’un Gérambycin. 


ESPECE. 


1. Cœlodon cinereum. — Prionus cinereus ; Or. Entom.. 


tom. 4. Prion. , pag. 35, n° 4o. PI. XII, fig. 55. Femelle. 


Nora. Olivier n’a connu que la femelle que je n'ai pas vue. 
D’après la figure , les mandibules seraient courtes et de forme 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 165 
ordinaire , mais armées de la dent extérieure que j'ai observée 
dans le mâle; les antennes sont plus courtes que le corps. Il 
lui donne Surinam pour patrie, mais c'est sans doute une er- 
reur, car le mâle qui fait partie de la collection de M. Bucquet 


a été rapporté récemment du Sénégal par M. Le Prieur. 


Let) 
Genre XXVI. *ANACANTRE, Anacanthus. 


(æ, privatif ; «xæ0x , épine.-) 


Toutes les jambes sans épines internes; comprimées, un 
peu dilatées, canaliculées longitudinalement en dessus et 
en dessous. 

Antennes filiformes , semblables dans Îles deux sexes , attei- 
gnant plus loin que la moitié des élytres dans les mâles, 
un peu plus courtes dans les femelles, de onze articles cylin- 
driques , le troisième plus long que les deux suivans réunis. 

Corselet mutique, aussi long que large, presque orbiculaire 
ou bien en carré dont les angles sont arrondis ; ses côtés 
arrondis ; il est déprimé en dessus et rebordé tout autour. 


Palpes assez courts; dernier article des maxillaires dilaté, 
comprime, conique. 

Mandibules arquées , fortement dentées au côté interne. 

Tête ayant une ligne longitudinale enfoncée entre les 
yeux. 

Elytres linéaires, rebordées, déprimées, arrondies et 
mutiques à leur extrémité ; angle sutural à peine taberculé. 

Ecusson presque en re curviligne. 

Abomen entier. 

Pattes fortes ; cuisses comprimées, 

Tarses ayant leur troisième article large , très-profondé- 
ment biiobé; le dernier presque aussi long que les trois 
autres réunis, 


. 12 


166 ANNAËES 

Corps étroit, allongé , presque parallélipipède. 

L'espèce unique qui constitue ce genre se lrouve sous les 
écorces; elle est lourde, sa démarche esi lente, vu la peti- 
tesse relative de ses pattes; elle ne produit aucun bruit. Je 
ne l’ai jamais rencontrée volant. ( La Cordaire, loc. citat. ) 


EsPECE. 


1. * Anacanthus costatus, Des. 

(Long. 12 à 15 lig. y compris les mandibules.) Corps 
noir luisant. Antennes et pattes d’un brun noirâtre ainsi: 
que l’abdomen; larses roussâtres. Dessous de la tête muni 
d’un duvet épais et serré d’un roux brillant. Tête foriement 
ponctuée, ayant une fine ligne enfoncée au milieu. Gorselet 
lisse ; on voit sur son disque quelques élévations irrégalières. 
Elytres distinctement pointillées, d’un brun noirâtre, ayant 
chacune trois côtes élevées très-prononcées; les deux pre- 
mièresen comptant de la suture, partant de la base de lélytre; 
la troisième partant de beaucoup plus bas; ces trois côles ne 
vont pas jusqu’à l'extrémité de l’élytre et sont réunies au bout 
toutes trois ensemble par une courte ligne transverse , élevée 
et un peu oblique. Màle et femelle. 

Du Brésil. De la collection de MM. Dejean et Dupont ainsi 
que de la mienne. 


Genre XX VII. *Pocyoze, Polyoza. 
(modvoËos, rameux.) 


Toutes les jambes sans épines internes. 

Antennes de onze articles cylindriques; celles des femelles 
simples, plus courtes que le corps, avec le troisième ar- 
ticle très-grand, presque aussi long que les deux suivans 
réunis. Dans les mâles elles sont plus longues que le corps, 
ayant leur troisième article dilaté, mais un peu moins long 


DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 167 


que dans les femelles : chaque article à partir du troisième 
émet un long rameau lineaire. 


Corselet court, transversal: chaque bord latéral dilaté 
au milieu; cette dilatation profondément échancrée, ce qui 
forme deux dents distinctes , rapprochées l’une de lautre. 

Palpes courts ; les maxillaires un peu plus grands que les 
autres. 

Mandibules courtes. 

Tête presque aussi large que le corselet. 

Yeux très-grands, presque contigus en dessus dans Îles 
mâles. j 

Elytres allongées, parallèles. 

Ecusson triangulaire , arrondi au bout. 

Abdomen entier. , 

Pattes de longueur moyenne ; cuisses comprimées. 

Tarses très-grands ; premier article allongé, en triangle 
renversé , presque aussi long que le quatrième. 


EsPrCE. 


1. “Polyoza La Cordairei, Des. 

(Long. 16 lig. mâle, 2 pouces femelle.) Corps noirâtre, 
pubescent. Antennes et pattes noirâtres. Ecusson et poitrine 
entièrement couverts de poils cendrés, luisans, qui s’enlèvent 
aisément par le frottement. Gorselet inégal en dessus. Elytres 
d'un brun plus ou moins foncé, paraissant lisses, ayant cha- 
cune une ligne longitudinale élevée, peu prononcée , placée 


presque au ne “Mâle et femelle. 


Du Brésil. Collections de MM. Dejean et Dupont. 


105 ANNALES 


Genre XX VIII. *Raapuipone, Rhaphipodus. 
eve aiguille ; rous, pied.) 


Toutes les jambes munies en dessus et en dessous de plusieurs 
épines très-distinctes , placées irrégulièrement. 

Corselet presque carré, un peu convexe et inegal sur son 
disque ; chaque bord latéral multicpineux ; dernière épine 
plus prononcée que les autres; il est fortement échancré 
après cette épine : angles postérieurs nullement saillans. 

Antennes filiformes, atteignant la moitié des élytres dans les 
femelles (1), de onze articles cylindriques; le troisième un 
peu plus grand que le suivant. Le onzième assez long et 
aplati. 


Palpes courts. 

Mandibules courtes, finissant en pointe, dentées inté- 
rieurement. 

Tête ayant au milieu une figne longitudinale enfoncée. 

Elytres allongées, un peu convexes , arrondies et muti- 
ques à l’extrémité. 

Ecusson assez grand, presque triangulaire , arrondi au 
bout. | 

Abdomen entier. 
_ Corps un peu convexe. 

Pattes de longueur moyenne; cuisses assez grandes , 
compriméés , munies de quelques épines en dessous. 


Tarses ayant leur dernier article grand , plus long que les 
trois autres réunis. TER | 


(x) Mâles inconnus, 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 169 
ESPÈCE. 


*Rhaphipodus suturalis, Dupont. 

(Long. 20 lig.) Corps d'un brun noirâtre, presque lisse. 
Elytres testacées avec la suture largement brune surtout à la 
base. Palpes , antennes et pattes d’un brun marron. Poitrine 
couverte d’un duvet court, roussâtre. Femelle. 

Ile de Bornéo. Collection de M. Dupont. 


Genre XXIX. *Hoprosckze, Æoploscelis. 
(orhoy , arme ; 6xehoç, jambe. ) 


Toutes les jambes sans épines internes; sensiblement dilatées 
à leur extrémité, ayant en dessus trois ou quatre épines 
longues et très-distinctes. 

Corselet presque en carré transversal; son disque plan : 
chaque bord latéral légèrement dilaté un peu au- -delà du 
milieu; cette ao uriepineuse. 

Antennes courtes, de onze articles courts, un peu compri- 
més , un peu dentés en scie à partir du troisième ; celui-ci 
ua peu plus grand que le quatrième. 


Palpes maxillaires allonges, atteignant presque l’extré- 
mité des mandibules, leurs articles obconiques, le dernier 
plus court que le précédent. 

Mandibules fortes , épaisses ,; airquées , de - longueur 
moyenne, paraissant inermes intérieurement:, creusées en 
dessus , larges et tronquées au bout. 

Tête forte, transversale , presque aussi large que la par- 
tie antérieure du corselet, ayant au milieu une fine ligne 
longitudinale enfoncée. 

Elytres peu allongées, légèrement : convexes , arrondies 
et mutiques au bout, 


170 ANNALES 


Ecusson court, transversal , arrondi au bout, 

Abdomen entier. 

Pattes assez courtes, fortes; cuisses grosses et compri- 
mées , surtout les postérieures. 

Tarses ayant leur dernier article aussi long que les trois 
autres réunis. 


EsPEce. 


1. * Hoploscelis lucanoides , Dupoxr. 

(Long. 2 pouces y compris les mandibules, ) Corps d’un 
noir luisant. Poitrine et abdomen d’un brun rougeâtre ainsi 
que les palpes , les antennes et les pattes. Tête fortement ponc- 
tuée. Disque du corselet pointillé , ses côtés rugueux; il a de 
chaque côté une cavité arrondie, distincte. Elytres pointillées 
et couvertes en outre d’une multitude de petites stries courtes, 
transversales et longitudinales, ce qui les fait paraître à la vue 
simple, comme chagrinées. 


Du Sénégal. Collection de M. Dupont. 
_ Genre XXX. Mérorocoire, Metopocoilus, De. 


Toutes les jambes sans épines. 

Présternum saillant, fortement caréné au milieu, sa pointe 
prolongée au delà des cuisses antérieures. 

Métasternum très-saillant, caréné; cette carène obiuse. 

Antennes courtes, n’atteignant pas la moitié des élvires, 
de onze articles; le premier gros, en massue, le second 
très-court, cyathiforme, les huit suivans dentés en scie 
au côté interne ; le troisième à peine plus grand que le qua - 
trième; le onzième plus long que le précédent , terminé en 
pointe, ayant une dent latérale simulant un douzième article. 


Palpes courts. 
Mandibules courtes, épaisses, recourbées à leurextrémité. 


DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 171 


Tête forte , aussi large que la partie antérieure du cor- 
selet. Front ayant un grand enfoncement circulaire. 

Corselet lisse, un peu convexe sur son disque, presque 
carré; ses côtés arrondis, son bord postérieur sinué, l’an- 
térieur coupé droit : on voit latéralement près de langle 
postérieur un fort tubercule oblus. 

Elytres allongtes, linéaires, un peu convexes, distinc 
tement rebordées extérieurement , tronquées à l'extrémité ; 
l’angle interne de cette troncature armé d’une épine oblique. 

Ecusson d’une pelitesse remarquable, triangulaire , 
pointu. 

Abdomen ayant son dernier se :ment bordé de longs poils. 


Corps allongé, linéaire, glabre en dessus, 
Pattes courtes, assez fortas. 
Tarses ayant leur dernier article plus long que les trois 


autres réunis, 


ESPÈCE, 


1. * Metopocoilus maculicollis, Des. 
(Long. 2 pouces). Corps luisant. Tête d’un jaune ferrugi- 


neux; vertex ayant une grande tache noire. Extrémité des 
mandibules, noire. Antennes d’un brun marron ainsi que les 
paltes. Corselet poiatillé, jaune; son disque portant deux 
taches noires presque ovales, et un peu plus bas, une autre 
tache plus petite‘et de même couleur: il y a en outre latéra- 
lement un pélit trait longitudinal noir. Ecusson noir. Elytres 
jaunes, pointillées, d’une nuance plus claire à leur base : 
ansles huméraux arrondis, ayant chacun une impression ar- 
rondie ; extrémité des élytres bordée de noir. Poitrine et ab- 
domen d’un brun noirâtre ; le milieu des segmens de ce der- 
nier passant plus ou moins au testacé. 


Du Brésil. Collection de M. le comte Dejean. 


152 ANNALES 


Genre XXXI. “SrERNACANTHE, Sternacanthus, 


( ozepvoy , poitrine ; axayÿa , épine. ) 

Toutes les jambes sans épines. | 

Frésternum saillant , fortement caréné au milieu. 

Métasternum caréné et prolongé au bord antérieur en une 
petite pointe aiguë qui se loge dans une échancrure du mé- 
sosternum, celui-ci rebordé latéralement. 

Antennes atteignant la moitié des élytres, de onze articles 
cylindriques ; le troisième à peine plus grand que le qua- 
trième ; les derniers un peu aplatis. 


Palpes courts, presque égaux. 

Niandibules courtes. 

Corselet presque en carré transversal, son disque forte- 
ment tuberculé ; ses quatre angles prolongés chacun en une 
épine obtuse; bord latéral portant en outre au milieu une 
épine obiuse; ce bord rentrant brusquement après la se- 
conde épine. 

Elytres un peu convexes, rebordées; leur extrémité ar- 
rondie et rutique : angles huméraux arrondis, obtus, ac- 
compagnés intérieurement d’uné excavation distincte. 

Ecusson presque semicirculaire. 

Abdomen ayant son dernier segment sinué ct velu au 
bord postérieur. 

__ Paites de longueur moyenne.. 
Tarses ayant leur dernier article aussi long que les trois 
autres réunis. 
EsrÈce. 
2. Siernacanthus undatus. = Prionus undatus , Or. En- 
iom., tom. 4. Prion., pag. 52, n° 56. PI. XIIE, fig. 54. 
De Surinam. 


DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 175 


Genre XXXII. *STÉNoDONTE, Stenodontes. 
( orewss, étroit ; odowx , ‘dent. } 


Toutes les jambes sans épines. 

Présternum à peine saillant. 

Métasternum peu saillant, son bord antérieur prolongé en 
une petite pointe. 

Corselet presque carré; chaque bord latéral crénelé et un peu 
épineux: angles postérieurs distinctement échancrés. 

Mandibules glabres et entières, étroites et beaucoup plus 
longues que la téte dans les mâles, crochues au bout, 
dentelées intérieurement. 

Antennes filiformes, atteignant les deux tiers des élytres dans 
Îes mâles, et seulement à peu près la moitié des élytres 
dans les femelles, 4e onze articles cylindriques ; le premier 
point arqué , le troisième guère plus grand que le suivant. 


Palpes inégaux ; les maxillaires beaucoup plus longs que 
les lab'aux ; article terminal cylindroconique. 

Tête creusée entre les yeux; son dessous ayant sa partie 
antérieure creusée en demi-cercle et rugueuse; sa partie 
inférieure après l’excavation , presque lisse , luisante : gorge 
portant deux courtes stries longitudinales distinctes. 

Elytres allongées , rebordées; angle sutural uniépi- 
FEUX: 

Ecusson semicirculaire , arrondi au bout. 

Abdomen entier. 

Pattes allongées. 

Tarses ayant leur, dernier article évidemment plus grand 
que les trois auires réunis. 

ESPÈCES. 


1. Stenodontes mandibularis — Prionus mandibularis , 


174 ANNALES 
Fas. Syst. Eleut., t. 2, pag. 261, n° 29. — Prionus exsertus, 
Oui. Entom., tom. 4. Prion., pag. 17, n° 14. PI. VIIL, fig. 31. 
Mâle. Amérique méridionale, Saint-Domingue. 

2. Stenodontes damicornis. — Pricnus damicornis, F A8. 1d4., 
pag. 262, n° 28. — Drunry. Zns., tom. 1, pag. 85, n°1. PI. 38., 
lig. 1. Amérique méridionale. 


Genre XXXIII. *Basrroxe, Basitoxus. 


(Baors, base ; ruËoy, arc.) 


Toutes les jambes dépourvues d’épines internes et allant en 
s’élargissant de la base à l'extrémité. 

Présternum aplati, mutique, son bord postérieur s’avançant 
entre les hanches antérieures et terminé en pointe obtuse. 

Métasternum peu saillant, ayant au bord antérieur une petite 
saillie angulaire se logeant dans l’échancrure du méso- 
sternum. 

Corselet en carré long ; chaque bord latéral crénelé, point 
tranchant , ni dilaté , laissant un peu apercevoir le dessous 
du corselet; dernière crénelure prolongée en une épine 
fine , mais très-distincte : angles antérieurs peu avancés; 
les postérieurs échancrés obliquement à partir de l’épine. 


Mandibules glabres et entières, épaisses et bidentées inté- 
rieurement. 

Antennes filiformes , n’atteignant pas la moitié des élytres dans 
les femelles, un peu plns longues dans les mâles, de onze 
articles cylindriques; le premier gros, conique, arqué ; 
les troisième et quatrième presque égaux en longueur, 

Palpes assez courts ; article termiñal obconique; les trois 
premiers des maxillaires courts, presque cyathiformes. 

Tête forte, ayant au milieu une ligue longitudinale en- 
foncée, 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 175 
Mésosternum rebordé latéralement, échancré au bout. 
Elytres allongées, linéaires, rebordées; angle sutural 
sans épine distincte. 

Ecusson semicirculaire , arrondi au bout. 

Abdomen ayant son dernier segment échancré. 

Pattes fortes, de longueur moyenne. 

Tarses ayant leur dernier article plus long que les trois 
autres réunis. 


EsPÈcEs. 


1. *Basttoxus armatus. 

(Long. 20 lig. y compris les mandibules.) Noir; tête poin- 
tillée. Corselet inégal et pointillé sur son disque, ses côtés 
rugueux : bord latéral fortement crénelé, surtout au dessous 
de l’angle antérieur; dernière crénelure prolongée en une 
épine verticale distincte, dont la pointe se dirige vers l’angle 
huméral des élytres : celles-ci presque rugueuses à leur base, 
chagrinées dans le reste de leur étendue, d’un brun marron 
clair; jambes antérieures munies extérieurement de quelques 
petites épines très-fines. Antennes et pattes noirâtres; tarses 
d’un brun marron ainsi que les palpes. Mâle. 

Du Brésil. De ma collection. 

2. *Basitoxus Maillei. 

(Long. 16 lig. y compris les mandibules.) D'un brun noirâ- 
tre. Mandibules fortement pointillées. Tête très-rugneuse. Cor- 
selet ayant son disque inégal, luisant, peu pointillé, ses côtés 
l’étant fortement, presque rugueux; bord latéral fortement cré- 
nelé , surtout au dessous de l’angle antérieur ; dernière créne- 
lure s’avançant horizontalement en une épine courte et ob- 
tuse. Elytres finement chagrinées , ayant chacune deux lignes 
longitudinales élevées, assez distinctes, et vers le bord anté- 
rieur une troisième ligne , mais simplement ébauchée. Pre- 
mier article des antennes un peu canaliculé tant en dessus 


176 ANNALES 
qu’en dessous. Poitrine: garnie de poils roussätres ainsi que le 
dessous du corselet. Dernier segment de l’abdomen bordé de 


longs poils roux. Larses d’un brun marron. Femelle. 


Du Brésil. Collection de M. Maille. 


Genre XX XIV. *Marronon, Mallodon. 


(pædos , laine ; odous, dent. ).) 


Toutes les jambes sans épines, allant en s’élargissant de Îa 
base à l’extrémité. 

Présternum aplati, mutique, son bord bostérieur s’avancant 
entre les hanches antérieures et terminé en pointe obtuse. 

Métasternum peu saillant , ayant au bord antérieur une petite 
saillie angulaire se logeant dans l’échancrure dumésosternum. 

Corselet carré, déprimé, sensiblement plus large que la tête, 
échancré en devant, les angles antérieurs avancés; chaque 
bord latéral crénelé et quelquefois uniépineux postérieure- 
ment; ces bords presque parallèles , iranchans, un peu di- 
latés : angles postérieurs n'étant pas distinctement échancrés. 

Mandibules grandes et souvent plus longues que la tête dans 
les mâles, garntes de duvet intérieurement ; ce duvet moins 
épais dans les femelles et s’enlevant aisément; elles sont 
sensiblement arquées et denticulées à leur partie intérieure, 
seulement au-delà du milieu dans les mâles : celles des fe- 
melles dentées dans toute la longueur du côté interne. Dans 
les deux sexes elles ont en dessus une échancrure plus ou 
moins forte, avant leur exirémile, celle-ci entière. 

Antennes filiformes, an moins de la longueur de la moitié 
des élytres dans les mâles, un peu plus courtes dans les 
femelles, de onze articles cylindriques ; le premier grand, 
plus ou moins comprimé , rarement arqué , renflé au bout: 
le troisième à peine plus long que le quatrième, 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 157 

Palpes assez longs , leur article terminal peu dilaté, com- 
primé , obconique. 

Tête Iarge dans les mâles avec une légère ligne longitu- 
tudinale enfoncée entre les yeux. Dessous de la tête ayant 
sa partie antérieure creusée en demi-cercle et très-rugueuse : 
partie inférieure après l’excavation presque lisse, luisante : 
gorge portant deux courtes stries longitudinales distinctes. 


Mésosternum rebordé latéralement , échancré au bout. 

Elytres déprimées : angle sutural uniépineux. 

Ecusson arrondi postérieurement. 

Abdomen ayant son dernier segment entier ou un peu 
sinué dans les deux sexes. 

Pattes de longueur moyenne. 

Tarses ayant leur dernier article très-grand , évidemment 
plus long que les trois autres réunis. 

Les Mallodons vivent dans des trous profonds que la larve 
creuse dans l’intérieur des arbres et sous les écorces. Ils ne 
fréquentent point les feuilles et ne volent pas de jour. Ils 
ne produisent aucun bruit. (La Cordaire, /oc. citat. ) 


EsPECEs. 


1. Mallodon maxillosus. — Prionus maxtillosus, Fas., 
Syst. Éleut., tom. 2, pag. 274, n° 31.— Our. Entom., tom. 4. 
Prion., pag. 16 , n° 13. PI. I, fig. 3. Mâle. De l’Amérique 
méridionale. 


Etc. 


Nora. Ce genre, qui me semble l’un des plus naturels de cette 
tribu, renferme un assez grand nombre d’espèces, tant de l’A- 
mérique que du Sénégal , et nouvelles pour la plupart. 


vx 


150 ANNALES 


Genre XX XV. *Cozropire, Colpoderus. 
(xoimos, sinuosité ; Odeon, cou. ) 


Toutes les jambes dépourvues d’épines. 

Présternum aplati, mutique. 

_ Métasternum point saillant. 

Corselet mutique, en carré transversal, distinctement sinue 
et fortement rebordé latéralement. 

Antennes glabres , filiformes , atteignant aux deux tiers des 
élytres dans les mâles , et à peu près la moitié de celles-ci 
dans les femelles, de onze articles, le troisième un peu plus 
long que le second; tous les autres à partir du troisième 
sont un peu comprimés, un peu obconiques. 

Palpes allonges; les maxillaires un peu plus grands que les 
labiaux. Les uns et les autres composés d'articles déprimés, 
presque obconiques: le dernier beaucoup plus grand et plus 
dilaté que les précédens. 


Mandibules des mâles de la longueur de la tête, assez 
larges , arquées , distinctement échancrées au bout; celles 
des femelles plus courtes, point arquées, entières à leur 
extrémité , bidentées au côté interne. 

Tête des mâles forte, presque aussi large que le corselet ; 
celle des femelles plus étroite , ayant une excavation au mi- 
lieu et une courte ligne enfoncée. 

Elytres assez longues, ur peu convexes, rebordées exté- 
rieurement; angle us arrondi, mutique. 

Ecusson court , arrondi au bout. 

Abdomen ayant son dernier segment très-légèrement 
échancré dans les mâles. 

Pattes de longueur moyenne ; cuisses allongées ; jambes 
un peu dilatées à l’extrémité. 


DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 19 
Tarses ayant leur dernier article aussi long que les trois 
autres réunis. 


ESPÈCE. 


1.  Colpoderus caffer, Kiuc. 

(Long. 20 lignes y compris les mandibules.) Corps entière- 
ment glabre, d’un noir luisant. Tête et mandibules très-lisses 
ainsi que l’écusson. Corselet lisse sur son disque , ses côtés ex- 
térieurs creusés longitudinalement et chargés de petits points 
enfoncés très-serrés. Elyires très-finement pointillées. Antennes 
et pattes de la couleur du corps. Mâle et femelle. 

Du Cap de Bonne-Espérance. Envoyé à M. Dupont par M. le 
docteur Klug, sous le nom spécifique que nous lui avons con- 
servé. M. le comte Dejean possède la femelle. 


Genre XX XVI. Tayrsix, Thyrsia ; Dai. 


Toutes les jambes dépourvues d’épines. 
Présternum aplati , mutique. 
Métasternum point saillant. 
Corselet court, mutique, deux fois plus large que long , ar- 
rondi au bord antérieur et latéralement. Re. 
Antennes de la longueur de la moitié du corps, fusiformes , 
renflées au milieu, velues, de onze articles; le premier 
grand, obconique ; le second petit, subpyriforme, court; les 
troisième et quatrième presque globuleux; le cinquième 
grand, presque cylindrique; les suivans allant en décrois- 
sant de longueur ; le onzième petit, presque conique è 
presque glabre. 

Palpes courts, filiformes , un peu obtus au bout. 


Mandibules courtes, arquées , bidentées intérieurement. 
Tête petite, transserse. ' 
Elytres un peu plus larges que le corselet, presque li- 


180 ANNALES 

néaires, arrondies au bout, un peu béantes vers l'extrémité 
à la suture. 

Ecusson court, tronqué postérieurement. 

Abdomen petit. 

Corps assez mou, oblong. 

Pattes comprimées, pubescentes. 

Tarses ayant leur dernier article au moins aussi long que 
tous les autres réunis. 


EsPEcE. 


1. hyrsia laleralis, Daim. Ænalect. Entom., page 17, 
tab. 3, fig. a. Du Brésil. 


Noa. N'ayant pas vu ce genre, j'en donne les caractères 


d’après M. Dalman. 


Genre XX X VII. *Azrocère, A/locerus. 


( ædhoc , dissemblable ; xs5aux, corne.) 


Toutes les jambes dépourvues d’épines internes. 

Antennes de douze articles dans les deux sexes, celles des 
mâles sétacées, presque de la longueur du corps, leurs ar- 
ticles cylindriques et gréles à partir du septième; le troi- 
sième notablement M long que le quatrième et cambré. 
Celles des femelles n’atteignant pas la moitié des élytres, 
filiformes , épaisses ; leurs che courts, élargis intérieu- 
rement en dent de scie à partir du troisième ; article térmi- 
nal court, surtout dans les femelles. 

Corselet mutique, un peu diiaté latéralement, en carré irans- 
versal; ses quatre angles arrondis : chaque bord latéral sans 
épines ni crénelures ; arrondi, un’peu sinué. 

Corps étroit, très-allonge. 


Palpes courts; les maxillaires ayant leurs deuxième et 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 181 


et troisième articles renflés, presque cyathiformes; leter- 
minal assez gros, ovale. Palpes labiaux ayant leurs deux 
premiers articles coniques : le terminal ellipsoïde. 


Mandibules courtes , recourbées à l’extrémité. 

Tête petite, canaliculée entre les yeux. 

Présternum saillant, élevé , caréné; son extrémité échan- 
crée. 

Mésosternum extrêmement petit, triangulaire; sa pointe 
se logeant dans l’échancrure du présternum. 

Métasternum distinctement échancré au bord postérieur 
pour recevoir une saillie aplatie, aiguë du premier segment 
abdominal , laquelle s’avance entre les hanches postérieures. 

Elytres très-allongées , étroites , quatre fois plus longues 
que le corselet, linéaires; angle sutural à peine unitu- 
berculé. 

Ecusson petit , arrondi postérieurement. 

Abdomen ayant son dernier segment à peine échancré 
dans les mâles, entier dans les femelles. 

Pattes assez courtes. 


Tarses ayant leur dernier article presque aussi long que 
les trois autres réunis. 


EsrÈce. 


1. Allocerus Spencii. — Prionus Spencit, Kirs., To. 
trans., XII, XXII, 15. Du Brésil. Mâle et femelle. Suivant 


M. La Gordaire il vit sous les écorces et ne produit aucun 


bruit. 


Genre XXXVIIT. *DÉRANcISTRE, Derancistrus. 
(Deon, cou ; œyrraroov, crochet. ) 


Toutes.les jambes dépourvues d’épines, un peu élargies au 
bout et yelues inférieurement dans cette partie. 


1 19 


182 ANNALES 


Antennes n’atleignant pas la moitié des élytres, de onze ar- 
ticles fortement comprimés, larges, triangulaires pour la 
plupart ; le second très-petit, cyathiforme ; les troisième et 
quatrième presque égaux. 

Corselet muni à chaque bord latéral de deux épines fortes, 
crochues; il est presque carré et très-excavé sur son 


disque. 


Palpes courts; article términal presque triangulaire. 

Mandibules courtes, crochues au bout. 

Tête excavée entre les yeux. 

Présiernum grand, aplati; son milieu allant en s’élar- 
gissant , et profondément fourchu au bout. 

Mésosternum très-petit , très-court, aplati; sa pointe an- 
térieure se logeant dans l’échancrure du présternum ; il est 
fourchu postérieurement. 

Métasternum ayant au bord antérieur une saillie angu - 
laire se logeant dans l’échancrure du mésosternum. 

Elytres allant en se rétrécissant de la base à l’extrémité, 
canaliculées extérieurement , très-déprimées ; angles humé- 
raux saillans : elles sont tronquées et crénelées au bout, 
leur angle sutural uniépineux. | 

Ecusson petit, presque triangulaire , arrondi au bout. 

Abdomen ayant son dernier segment largement, mais 
faiblement échancré au milieu. 

Corps allongé, déprimé. 

Pattes fortes. 

Tarses larges, épais. 


EsPEcE. 


1. Derancistrus elegans. — Prionus elegans, Paz.-Bauv, 


fus. d’Afriq. et d’Amér., page 227. Coléopt., PI. 54, fig. 5. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 183 
Un seul individu de ma collection , rapporté de St.-Domingue 
par feu Palisot-Bauvois qui l'avait trouvé sous la paillasse d’un 
malade à l'hôpital de la Providence. 


Genre XXXIX. *SocÉNorTÈRE, Solenoptera. 


(cwny, canal ; rtepoy , aile.) 


Toutes les jambes dépourvues d’épines, un peu élargies au 
bout et velues inférieurement dans cette partie. 

Antennes atleignant la moilié des élytres dans les mâles, un 
peu plus courtes dans les femelles, de onze articles forte- 
ment comprimés; le troisième plus long que le suivant, 
ou de sa longueur. 

Corselet dilaté et crénelé latéralement, la dernière créne- 
lure quelquefois ‘prolongée en épine; chaque bord latéral 
fortement échancré après la dernière crénelure : angles 
antérieurs arrondis : disque sans excavation. 


Palpes courts , article terminal presque conique. 

Mandibules courtes, arquées. 

Tête assez étroite, un peu prolongée derrière les yeux, 
fortement canaliculée en dessus. 

Présternum allant un peu en s’élargissant, fourchu au 
bout. 

Mésosternum très-petit, très-court; sa pointe antérieure 
se logeant dans l’échancrure du présternum. Il est fourchu 
postérieurement. 

Métasternum ayant au bord antérieur une saillie angu- 
laire se logeant dans l’échancrure da mésosternum. 

Elytres allant en se rétrécissant de la base à l'extrémité, 
canaliculées extérieurement , un peu déprimées; angles 
huméraux un peu saillans et mousses; elles sont un peu 


184 ANNALES 


tronquées et crénelées au bout : angle sutural muni d’une 
épine à peine visible. 

Ecusson arrondi postérieurement. 

Abdomen ayant son dernier segment échancré au milieu 
daus les mâles, 

Corps allongé. 

Pattes de longueur moyenne. 

Tarses ayant leurs trois premiers articles courts , élargis ; 
le quatrième presque aussi long que tous les autres réunis. 


EsPrEces. 


1. Solenoptera canaliculata — Prionus canaliculatus , 
Fas. Syst. Eleut., tom. 2, pag. 264 , n° 52. —- Ozr. Entom., 
tom. 4. Prion., pag. 25, n° 26. PI. IX, lg 92. a. b. Des îles 
de l'Amérique. 

Solenoptera Thomæ. — Prionus Thomæ, Far. id., 
pag. 269, n° 25. —Oir. id., n° 25. PI. XII, fig. 50. Île Saint- 
Thomas. 

3. Solenoptera lineata. — Prionus lineatus, Fas. id., 
pas 207, n°06! Or. id., pag. 58 , n° 45. PL. ‘XI, fig. 50 
b. d'Amérique. 

4. Solenoptera quadrilineata. — Prionus quadrilineaïus, 
Our. id., pag. 40, n° 48. PL IT, fig. 11. Patrie inconnue. 

Etc. 


Genre XL. *PœKiLosouE , læœkilosoma. 


(rouxos, bigarré; cœux, corps.) 


Jambes sans épines internes. 
Antennes semblables dans les deux sexes, atteignant seulement 
la moitié des élytres, de onze articles cylindriques; le troi- 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 185 


sième presque aussi long que les deux suivans réunis ; les 
derniers comprimés , s’élargissant un peu. 

Coiselet lisse en dessus, presque carré, un peu rétrécr en 
devant, sans crénelures ; bord latéral quelquefois un peu 
inégal antérieurement et portant passé le milieu , une épine 
pointue; ce bord distinctement échancré après l’épine. 
L’angle postérieur est quelquefois saillant et presque uni- 
épineux. 

Corps assez court, assez large. 


Palpes assez courts; dernier article cylindroconique. 

Mandibules courtes , pointues. 

Tête assez petite. 

Elytres un peu convexes , arrondies el mutiques à leur 
extrémité : angle sutural un peu saillant. 

Ecusson triangulaire, pointu , de médiocre grandeur et 
glabre. 

Abdomen entier. 

Pattes de longueur moyenne. 

Tarses ayant leur second article le plus petit de tous, le 
quatrième grand. 

Ces insectes se trouvent sur les feuilles, les troncs d’arbres 
ou volant pendant le soir dans les Bois. Ils ne produisent 
aucun bruit. ( La Cordaire, loc. citat. ) 


L 


EsPEcEs. 


1. Pæœkilosoma ornatum. — Prionus ornatus, DALM. Ana- 
lect. Entom., pag. 62, n° 47. Du Brésil. 

Le Prionus versicolor, Des. catal., appartient aussi à ce 
genre. Du Brésil. 


Nora. M. Dupont a deux individus d’une espèce qu’il nomme 
 Pækilosoma ornatipenne et qui présente une anomalie bien 


186 ANNALES 

remarquable; le corselet est presque globuleux, arrondi'laté- 
ralement et sans aucune épine. Elle est du Brésil, et par la 
distribution de ses couleurs et les nombreuses taches de’ses 
élytres , elle est tout-à-fait semblable à la Pækilosoma macu- 
lipenne du même Entomologiste. Cette dernière espèce serait- 
elle l’autre sexe de la première? La maculipenne a tous les 
caractères que nous assignons aux Pœkilosomes. Elle est ége- 
lement du Brésil. 

La collection de M. le comte Dejean offre une espèce nou- 
velle de ce genre; il l’a nommée Pækilosoma rufipenne. Du 
Brésil. 

Je ne suis pas certain que ce genre soit ici à sa plate natu- 
relle. 


Genre XLI. *Pyrone, Pyrodes. 


(rupwdns, étincelant. ) 


Toutes les jambes dépourvues d’épines internes, glabres et 
plus ou moins comprimées. 

Antennes filiformes, de la longueur du corps et scabres en 
dessous dans les mâles; plus courtes que le corps dans les 
femelles ; de onze articles cylindriques , un peu comprimés, 
surtout les trois derniers: le premier grand , renflé en mas- 
sue à l'extrémité, le troisième sensiblement plus long que 
le quatrième ; le terminal large , arrondi au bout, ses côtés 
parallèles. 

Corselet transversal, dilaté et fortement crénelé latéralement, 
tronqué obliquement à partir de la dernière crénelure jus- 
qu’à l’angle postérieur. 

Corps assez court, assez large, un peu penché en avant, 
brillant et métallique. 

Ecusson grand , glabre, triangulaire, pointu. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 185 


Palpes courts, leur dernier article court et cylindrique. 

Mandibules fortes , plus épaisses dans les mâles , courtes, 
iridentées intérieurement, pointues et recourbées à l’extré- 
iité. 

Tête plus forte dans les mâles, un peu aliongée derrière 
les yeux, dans ce dernier sexe surlout. 

Elytres larges, très-peu convexes , rebordées extérieüu- 
rement, presque carrées. 

Abdomen entier, son dermier segment un peu sinué au 
bord postérieur, surtout dans les mâles. 

Pattes assez longues, à peu près égales ; les antérieures 
scabres en dessous dans les mâles et plus fortes que dans les 
femelles. 

Tarses plus larges dans les mâles ; dernier article très- 
grand , sensiblement plus long que les trois autres réunis. 


EsPEces. 


1. Pyrodes angulatus. — Prionus angulatus, Orr., Entom., 
tom. 4. Prion., pag. 31, n°35. PL I, fig. 2. Du Brésil. 
2. Pyrodes nitidus. — Prionus nitidus, Fas. Syst. Eleut., 


tom. 2, pag. 298, n° 4. — Or., 1d., pag. 30, n° 33. PI. XII, 
fig. 48. Mâle. ( Les antennes sont figurées trop longues. } Du 


Brésil. 


8. Pyrodes speciosus. — Prionus speciosus, Our., id., 
pag. 55 , n° 34. PL IV, fig. 13. Du Brésil. 

4. Pyrodes bifasciatus. —- Prionus bifasciatus, Fan., id, 
pag. 292, n° 24. mo pag. 32, n°57. PI I, fig. 3, a. &. 
De Cayenne. 

9. Pyrodes cœæruleus. — Prionus cœruleus, Scuon., Syn. 
Pns., tom. 3, pag. 340. — Our., id., PI. II ,-fig. 10. Sans 
description. Du Brésil. 
Etc, 


188 ANNALES 
; _ Genres XLIT. *Marrasre, Mallaspis. 
(uxkkoy , laine; «cris, écusson.) 


Toutes les jambes dépourvues d’épines et glabres. 

Antennes filiformes, plus longues que le corps dans les mâles, 
dépassant la moitié des élytres dans les femelles; de onze 
articles comprimés à partir du troisième; élargis dans les 
mâles , très-dilatés dans les femelles. Troisième article plus 
long que le quatrième, les suivans allant en diminuant 
graduellement de longueur : le premier long, en massue ; 
le second court , grenu. ( Elles sont scabres en dessous dans 
les mâles. ) 

Corselet en carré transversal ; chaque bord latéral fortement 
crénelé et tronqué obliquement depuis la dernière créne- 
lure jusqu’à l’angle postérieur. 

Corps assez court, assez large , en partie métallique. 

Ecusson grand, très-large, très-velu, triangulaire , pointu. 


Palpes courts. 

Mandibules des mâles courtes, épaisses , recourbées et 
pointues au bout, un peu dilatées extérieurement et mu- 

_nies dans ‘cette partie d’un très-petit tubercule presque épi- 
neux. 
Tête grande , allongée derrière les yeux, au moins aussi lon- 
que que le corselet, canicalée au milieu. 

Elytres larges, assez courtes, presque carrées, rebordées 
extérieurement; angle sutural à peine unituberculé; elles 
sont un peu dilatées au bord extérieur. 3 

Abdomen ayant son dernier segment légèrement échan- 
cré au milieu du bord postérieur dans les mâles. 

Pattes longues, comprimées; les antérieures plus longues 
que les autres et scabres dans les mâles. 


DE LA SOCIËTÉ ENTGMOLOGIQUE. 189 
Tarses ayant leur dernier article évidemment plus long 
que les trois autres réunis. 


EsrEces. 


1. Mallaspis scutellaris. — Prionus scutellaris, Ou. , 
Entom., tom. 4. Prion., pag. 14, n° 10. PI. IT, fig. 9. a. b. 
melle. De Cayenne. 

Etc. 


Nora. Le Pyrodes leucaspis, Des. du Brésil, appartient 
à ce genre. En outre M. Dupont vient d’en acquérir une fort 
belle espèce du Mexique, que je crois nouvelle. 


Genre XLIIT. *PoryarTHroN, Polyarthron. 


(rolus, nombreux ; «ôoov , article. } 


Toutes les jambes dépourvues d’épines internes. 

Antennes composées de quarante-sept articles; flabellées et 
de la longueur du corps dans les mâles. Premier article en 
massue allongée ; le second court, lenticulaire ; à partir du 
troisième chaque article est moniliforme , il émet deux la- 
melles longues et divergentes : antennes des femelles attei- 
gnant la moitié des élytres ; leurs articles en dent de scie, 
émettant un court appendice latéral à partir du cinquième 
ou du septième article. 

Corselet transversal muni d’une épine à deal: bord latéral, 
allant en s’élargissant des angles antérieurs jusqu’à l’épine. 
et rentrant brusquement à partir de ceite dernière. 

Corps court. 


Palpes tnès-allongés, grêles ; leur dernier article-sécu-- 
riforme. 


190 ANNALES 

Mandibules presque aussi longues que la tête, fortes, 
très-arquées , aiguës, ayant une forte et large dent interne 
à leur base. 

Tête ayant au milieu une ligne longitudinale enfoncée. 

Yeux grands , peu échancrés. 

Elytres assez allongées, un peu déprimées; angle su- 
tural ayant une petite épine dans les mâles, arrondi et 
mutique dans les femelles. 

Ecusson en triangle curviligne , creusé dans les mâles, 
plan dans les femelles. 

Abdomen entier. 

Patte de longueur moyenne. 

Tarses très-grands, presque aussi longs que la jambe. 
Les trois premiers articles ayant leurs deux angles posté- 
rieurs pointus, presque épineux. Le quatrième article grêle, 
presque aussi long que les trois autres réunis. 


EsPEce. 


1. Polyarthron pectinicornis. — Prionus pectinicornis , 
Far. ? Syst. Eleut., tom. 2, pag. 251, n° 38. Mâle. — Gu.? 
Entom., tom. 4. Prion., pag. 4o, n° 49. PL. I, fig. 5. Mâle. 

(Long. 15 à 20 lig. } D’un brun presque noir. Lamelles des 
antennes de couleur ferrugineuse ainsi que les poils qui garnis- 
sent le corselet en dessus à ses parties antérieure et postérieure. 
Labre testacé. Corselet lisse, luisant, couvert latéralement d’un 
duvet grisâtre. Ecusson pubescent. Elytres glabres, sans ponc- 
tuation apparente, ayant chacune trois côtes longitudinales 
élevées ; les deux les plus rapprochées de la suture se réunis- 
sent l’une à l’autre par le bout et n’atteignent pas l'extrémité 
de l’élytre; abdomen et pattes d’un brun roussâtre. Poitrine 
et dessous du corselet garnis de poils roussâtres. Mâle. 

La femelle est entièrement glabre; ses élytres sont plus 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 191 


courtes que l’abdomen et presque béantes à l'extrémité ; l’é- 
cusson est plus large que celui du mâle; l’épine latérale du 
corselet est plus petite; les courts filets ou appendices des an- 
tennes sont ferrugineux. 

Rapporté du Sénégal par M. Dumolin. Collections de MM. De- 
jean et Dupont. 


Nora. MM. Latreille et Dejean pensent que le mâle est le 
Prionus pectinicornis de Fabricius et d'Olivier. Cela me sem- 
ble douteux, ces auteurs décrivant leur espèce comme ayant 
le corselet mutique et le corps testacé. 


Genre XLIV. Prione, Prionus , GEorr. 


Toutes les jambes dépourvues d’épines internes , assez larges, 
comprimées , canaliculées longitudinalement. 

Antennes ayant plus de onze articles; pectinéeset de la longueur 
du corps dans les mâles; en scie et atteignant la moitié des 
élytres seulement, dans les femelles. Troisième article plus 
long que les deux précédens réunis. 

Corselet en carré transversal, sans crénelures ; chaque bord 
latéral portant trois épines pointues. 

Corps court, assez large, un peu penché en avant. 


Palpes assez longs, dernier article allongé, comprimé, 
conique, un peu dilaté. 

Mandibules courtes, sans aucunes dentelures au côté in- 
terne. 

Tête ayant une ligne longitudinale enfoncée entre les 
yeux. 

Elyires courtes , un peu convexes , rebordées extérieure- 
ment : angle sutural à peine unituberculé. 

Ecusson assez large, semicirculaire, arrondi au bout. 


192 ANNALES 

Abdomen ayant son dernier segment échancré au milieu 
dans les mâles. 

Pattes fortes, assez courtes. 

Tarses ayant leur premier article assez grand, triangu- 
laire; le terminal presque aussi long que les trois autres 
réunis. 

Les Priones ne volent guère que le soir ou dans la nuit ; 
ils se tiennent ordinairement sur le tronc des arbres, ou dans 
le tan qui se trouve souvent au pied des Chênes vermoulus. 


PREMIERE DIVISION. 


Antennes ayant plus de douze artieles. (Dix-neuf, vingt-un, et même 
davantage.) 


ESPÈCE. 


1. Prionus imbricornis, Oxr., Entom., tom. 4. Prion., 
pag. 28, n° 51, PI. XIII, fig. 52. Mâle. — Par.-Bauv., Ins. 
d'Afriq. et d'Amér. , pag. 242. Goléopt., PI. 36, fig. 2. Mâle. 


Amérique septentrionale, Caroline. 


DEUXIEME DIVISION. 


Antennes de douze articles. 
ESPÈCES. 


2. Prionus coriarius, Fas., Syst. Eleut., tom. 2, pag. 260, 
n° 16. — Our., id., pag. 29, n° 32, PL. 1, fig. 1. b. d. Mâle. 
c. femelle. — Panz., Faun. germ., fase. 9, fig. 8. Femelle. — 
Le Prione Geoff. Ins. Paris, tom. », pag. 198, n° 1, PI. IT, 
fig. 5. Mâle. Europe. 

Cette espèce est la seule parmi les Prioniens qui se trouve 
aux environs de Paris , encore n’y est-elle pas très-commune. 

Etc. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 195 


Genre XLV. *CrosrÈre, Closterus. 


(xlocrno, fuseau.) 


Toules les jambes comprimées et dépourvues d’épines in- 
ternes. 

Antennes flabellées et plus longues que le corps dans les 
mâles (1), de onze articles; le premier gros, en cône ren- 
versé; le second très-petit, cyathiforme; ceux de trois à 
dix prolongés chacun intérieurement en un rameau pointu ; 
article terminal très-grand , fusiforme , plus long que les 
deux précédens réunis. 

Corselet en carré transversal, sans crénelures ; chaque bord 
latéral portant trois épines pointues. 

Corps court, assez large. 


Palpes courts; leur dernier article presque cylindrique, 
court. 

Mandibules courtes. 

Tête étroitement canaliculée entre les yeux. 

Yeux grands. 

Elytres courtes, un peu convexes, rebordées extérieu- 
rement, arrondies et mutiques à leur extrémité. 

Ecusson petit, semicirculaire, arrondi au bout. 

Abdomen sans échancrure au bord postérieur de son 
dernier segment. | 

Paites fortes, assez courtes. 

Tarses ayant leurs trois premiers articles courts, mais 


assez larges; le quatrième presque aussi long que les trois 
autres réunis. 


(1) Femelles inconnues, 


194 ANNALES 
EsPEcCe. 


- à. * Closterus flabellicornis , CHEVROLAT. 

(Long. 1 pouce.) Tête et corselet d’un brun noirâtre; celui- 
ci pointillé, inégal en dessus , bordé de poils roussâtres en de- 
vant et postérieurement. Elytres d’un brun marron, fortement 
ponctuées dans toute leur étendue, ayant chacune cinq ou six 
lignes longitudinales élevées, dont quelques-unes moins pro- 
noncées que les autres; aucune n’atteint l'extrémité de l'élytre. 
Antennes et paltes d'un brun noirâtre. Abdomen d’un brun 
marron clair. Mâle. 

Collection de M. Chevrolat. Il faisait partie autrefois de celle 
d'Olivier , où il était noté comme ayant été rapporté des Indes 
orientales par feu Riche. M. Dupont m'a communiqué un 
mâle de sa collection qui ne diffère de celui que je viens de dé- 
crire que par sa couleur plus foncée, presque noire. Il est de 
Madagascar. 


Nora. Cette espèce a de l’analogie avec le Prionus buph- 
thalmus, Fas., Syst. Eleut., tom. 2, pag. 260, n° 15. — 
Prionus spinicornis, Our., Entom., tom. 4. Prion. , pag. 24, 


n° 24, PL. IT, fig. 45. Mâle. 


Geure XLVI. *CarocomEe, Calocomus. 


(xxhos , beau; xoux, chevelure. ) 


Toutesles jambes comprimées et dépourvues d’épines internes. 
Antennes pectinées et comprimées , n’atteignant guère plus 
que la moitié des élytres dans les mâles (1). De onze ar- 
ticles ; le premier assez grand, en cône renversé, le se- 
cond très-petit, globuleux; ceux de trois à dix pectinés en 


(r) Femelles inconnues. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 195 
longue dent de scie, le troisième un peu plus long que le 
suivant , le onzième ayant vers l'extrémite une dent latc- 
rale , ce qui simule un dougème article. 

Corselet presque aussi long que large, dilaté des angles an- 
térieurs jusqu’au milieu; cette dilatation terminée par une 
épine droite, précédée et suivie de quelques légères cré- 
nelures; chaque bord latéral coupé obliquement depuis 
l’épine jusqu’à l’angle postérieur; celui-ci point prononcé. 

Corps court, assez large, glabre. 


Palpes maxillaires plus longs que les autres , article ter- 
minal élargi, triangulaire; celui des labiaux presque cylin- 
drique, tronqué au bout. 

Labre très-velu. 

Mandibules courtes, leur pointe recourbée. 

Tête de la largeur de la partie antérieure du corselet , 
fortement canaliculée entre les yeux, un peu prolongée en 
arrière. 

Elytres planes, allant en se rétrécissant des angles hu- 
méraux à l’extrémité, étroitement rebordées à leur partie 
extérieure : angle sutural uniépineux. 

Ecusson grand, triangulaire, pointu. 

Abdomen ayant son dernier segment échancré au milieu 
dans les mâles. 

Pattes fortes ; cuisses comprimées, canaliculées. 

Tarses ayant leur dernier article plus long que les trois 
autres réunis. 


EsrEce. 


1. “ Calocomus hamatiferus , Lacorn. — Prionus Desma- 
restit , Guér. Iconogr. du règne anim., Ins., PI. XLIT, fig. 8. 
(Long. 16 lig.). D’un brun très-foncé; têle fortement poin- 





196 ANNALES 


tillée. Gorselet et écusson très-rugueux ainsi que Île tiers anté- 
rieur des élytres, le reste de celles-ci, lisse et très-luisant , 
sauf l'extrémité qui est fortement pointillée. Un peu avant le 
milieu on voit sur chacune une tache jaune échancrée en ar- 
rière , et une bande longitudinale de même couleur , occupant 
le milieu du bordextérieur. Labre couvert de poils jaunâtres ; 
bord antérieur du corselet ayant une frange de semblables 
poils. Pattes de la couleur du corps, ainsi que les palpes. Duvet 
des tarses roussâtre. Antennes d’un brun fencé, leurs trois 
derniers articles ferrugineux , ainsi que l'extrémité de la dent 
latérale des cinquième et sixième articles. Mâle. 

Rapporté du Tucuman par M. La Cordaire. Collections de 
MM. Dejean et Desmarest. 


Genre XLVII. CÉrRocTÈNE, Ceroctenus, Des. 


Toutes les jambes comprimées et dépourvues d’épines in- 
ternes. 

Antennes pectinées et comprimées, n’atteignant pas la moitié 
des élytres, de onze articles ; le premier large, presque cya- 
thiforme ; le second petit , lenticulaire ; ceux de trois à huit 
assez briévement pectinés en forte dent de scie; le troisième 
aussi long que les deux suivans réunis; le onzième dépourvu 
de dent latérale. 

Corselet presque transversal, muni d’une petite épine latéra- 
lement; il va en s’élargissant de l’angle antérieur jusqu’à 
l’épine : bord latéral brusquement échancré à partir de 
l’épine. 

Corps court, assez large , très-glabre, très-luisant. 

Palpes courts; les maxillaires un peu plus longs que les 
labiaux ; article terminal des quatre, comprimé , élargi. 


DE LA SOCIËTÉ ENTOMOLOGIQUE. 197 

Mandibules courtes , pointues , recourbées à l'extrémité, 
bidentées intérieurement, 

Tête presque aussi large que la partie antérieure du cor- 
selet , ayant une dépression au milieu, au dessus des an- 
tennes. 

Elytres planes, allant en se rétrécissant des angles hu- 
méraux à l'extrémité, canaliculées extérieurement; angle 
sutural uniépineux, 

Ecusson grand , triangulaire. 

Abdomen ayant son dernier segment tronqué postérieu- 
rement. 

Pattes fortes, courtes; cuisses comprimées. 

Tarses ayant leur dernier article un peu moins long que 
les trois autres réunis. 

Les Céroctènes vivent sur les feuilles, et on les trouve vo- 
lant pendant la plus grande chaleur du jour. Ils ne produi- 
sent aucun bruit, (La Cord., loc. citat. ) 


Egr£ces. 


1. * Ceroctenus abdominalis, Des. 

(Long. 1 pouce.) Corps imponctué, entièrement glabre et 
très-luisant. Tête, corselet, élytres, écusson et poitrine d’un 
brun un peu rougeâtre. Côtés du corselet rougeâtres ainsi que 
l'abdomen, les pattes et les antennes. Bord extérieur des élytres 
depuis l'angle huméral jusqu’au milieu, étroitement rougeître. 


Du Brésil. Collections de MM. Maille, Dejean et Dupont. 
Etc. 


Genre XLVIII. *Cuaniée, Chariea. 
(xuprers , élégant.) 


Toutes les jambes comprimées et dépourvues d’épines in- 
ternes. 


L. 14 


108 ANNALES 


0 

Antennes très-courtes dans les femeiles (1), n’atieignant pas 
la base des élvytres; pectinées , de onze articles couris , sauf 
le troisième qui est aussi grand que les deux suivans réunis 
etcylindrique; ceux de cinq à dix en dent de scie, le der- 
nier très-court, obtus à l'extrémité. 

Gorselet presque aussi long que lirge , muni d’üne petite épine 
latéralement ; il va en s’élargissant de l’angle antérieur “e 
qu'à l’épine. Chaque bord latéral PrHSQHSREN échancré ? 
partir de l’épine. 

Corps irès-court, ramassé , un peu penché en avant, glabre et 
luisant. 


Palpes fort petits , très-courts. 

Mandibules très-petites , finissant en pointe. 

‘Tête aussi large que la partie antérieure du corselet. 

Eiytres un peu convexes, allant en s'élargissant des 
angles humeraux à l'extrémité , eanaliculées extérieure 
ment, arrondies et mutiques à leur extrémiic. 

Ecusson iriangulaire. 

Pattes courtes ; cuisses comprimées. 

Tarses ayant leurs articles courts; le dernier presque 
aussi long que les trois autres réunis. 


EsPECE. 


1. *Chariea cyanea, Duroxr. 

(Long. 7 à 8 lig.) Gette jolie espèce, l’une des plus petites 
de toute cetle tribu, a le corps entièrement d’un bleu foncé 
luisant, an peu violet en dessus. Elytres finement pointillées, 
ayant chacune deux lignes longitudinales à peine saillantes ; 
antennes et pates de la couleur du corps. Femelle. 

De Cayenne. Collection de M. Dupont. 


(1) Mäles inconnus. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 109 


Genre XLIX. Anxacore, Ænacolus, LATR. 


Toutes les jambes dépourvues d’épines internes. 

Antennes de onze articles, plus longues que le corps et for- 
tement pectinées en dent de scie à partir du troisième dans 
les mâles; ce dernier à peine plus grand que le quatrième. 
Celles des femelles à peu près de la longueur du corps; leurs 
troisième , quatrième et cinquième articles grêles, cylin- 
driques ; ceux de six à onze , allant en augmentant graduel- 
lement de largeur, dentés en scie, mais beaucoup plus fai- 
blement que dans les mâles; article terminal arondi, élargi 
à son extrémité. 

Corselet presque carré, sans crénelures; chaque bord latéral 
uniépineux vers le milieu , échancré depuis l’épine jusqu’à 
l'angle postérieur. 

Corps court , assez large , un peu penché en avant. 

Elytres plus courtes que l'abdomen (celles des mâles sur- 
tout), laissant une partie des ailes à découvert, très- 
béantes à leur suture; angle sutural arrondi et mutique. 


Palpes de longueur moyenne, leurs articles cylindriques. 

Mandibules étroites , erochues au bout, denticulées in- 
térieurement. 

Tête assez petite, un peu excavée entre les yeux. 


Ecusson large, presque en triangle curviligne, obtus à 
l'extrémité. 


Abdomen entier. 
Pattes assez courtes. 


Tarses ayant leurs trois premiers articles larges, un peu 
dilatés dans les mâles. 


200 ANNALES 
EsPECEs. 


:. Anacolus sanguineus. — Prionus sanguineus , En= 
cycl., tom. 10, pag. 200. Femelle. Du Brésil. 

2. Anacolus lugubris, — Prionus lugubris , id. Mâle. Du 
Brésil. 


Etc. 
Genre L. PrionartkRe, Prionapterus, Gu£rin. 


Corps aptère , mou, assez court. 

Antennes filiformes , presque sétacées , à peu pres de la lon- 
gueur du corps, de on’e articles presque cylindriques, al- 
lant en diminuant de grosseur à partir du cinquième. 

Elytres de moitié plus courtes que l'abdomen, très-beantes à 
leur suture, arrondies et mutiques à l'extrémité. 


Palpes maxillaires plus grands que les labiaux; grêles , 
allongés, leurs articles cylindriques. Palpes labiaux très- 
courts. 

Mandibules plus courtes que la tête, pointues au bout. 

Tête assez petite. 

Yeux grands, réniformes. 

Corselet court, large , en carré transversal, un peu dilaté 
latéralement et très-sinué extérieurement dans cette partie. 

Ecusson triangulaire. 

Pattes allongées, comprimées : jambes sans épines in- 
ternes. 

. Tarses presque filiformes , leur troisième article à peine 


bilobé. 


ESPECES. 


1. Prionapterus Staphylinus, Guérin, Iconogr. du règn. 


anim. Ins. , PL. XLIT, fig. 10. 


DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. a6t 


(Long. 10 lis.) Corps d’un noir terne. Corselet sillonné au 
milieu, rebordé postérieurement ; chaque bord latéral pré- 
sente trois lobes peu saillans. Elytres d’un brun un peu rou- 
geâtre, assez luisant, ayant chacune deux lignes longitudi- 
nales peu saillantes. Jambes postérieures un peu arquées. 

De Cordova. Collection de M. Desmarest. 

2. Prionapterus flavipennis, Guérin. Magas. de Zool. 

(Long. 14 à 15 lig.) Il ressemble au précédent, mais il est 
plus grand , et en diffère en outre par ses élytres d’un jaune 
ürant sur le fauve avec des reflets soyeux. 

Même patrie et de la même collection que le précédent. 


Nora. N'ayant pas vu ce genre en nature, j'en donne ici 
le caractère et la description des espèces d’après le manuscrit 
qu'a bien voulu me communiquer son auteur , M. Guérin. 


FIN DE LA TRIBU DES PRIONIENS. 





Observations sur le Bombyx Pityocampa de Godart (genre: 
Gastropacha d'Ochs), par M. ne Viens. 


(Séance du 4 avril 1832.) 


Tout le monde sait que les chenilles processionnaires du 
pin vivent dans un nid commun qu’elles placent à l'extrémité 
des branches du pin sauvage, arbre dont les feuilles leur ser- 
vent de nourriture, et qu’elles ont les mêmes mœurs que les 
chenilles processionnaires du chêne; mais peu de personnes 
ont été à même de les observer quand elles quittent un arbre 
pour aller en chercher un autre. Elles marchent sur un seul 
rang , à la suite les unes des autres ,; en se touchant si exacte - 
ment par la tête et par la partie postérieure, qu'elles parais- 


202 ANNALES 


sent au premier coup d'œil former une immense chenille de 
quinze à vingt pieds de fongueur , plus ou moins. On les croit 
d’abord. immobiles; mais, en regardant attentivement , on 
voit qu’elles.ont toutes ensemble , et à des intérvalles de temps 
égaux, ua mouvement progressil et saccadé d'environ une 
demi-figne. À chaque saccade, toutes les têtes et les parties 
postérieures font, sans se séparer, un petit mouvement à 
droite ; alors la colonne avance. Après une petite pause , le 
même mouvement à gauche et une nouvelle saccade portent 
la colonne en avant. C’est ainsi qu’elles cheminent, traversant 
dans leur passage, sans se désunir, les mousses , les buissons; 
et, lorsqu'elles ne peuvent les franchir, touraant autour de 
l'obstacle qu’on place sur leur route. Une chose assez remar- 
quable , c’est que si on touche avec la main ou avec un bâton 
la chenille qui est la première de la file, elle se contracte en 
s’agitant vivement comme si elle craignait d’être piqnée par 
un Jchneumon; et la dernière de la file, y en eût-il six cents, 
fait au même instant, ainsi que toutes celles qui la précèdent, 
les mêmes mouvemens, comme frappée de l’étincelle élec- 
trique. 

L’insecte parfait qui provient de cette chenille Fi une 
singularité tellement étonnante, que lorsque je m’en aperçus 
He fois, je crus que c'était un jeu de la nature; mais 
quelle fut ma surprise, en examinant plusieurs individus , de 
les voir tous couformés de la même manière! Le B. Pityo- 
campe possède à la place de la trompe, entre les palpes qui 
-soni extrêmement courts, une pièce écailleuse, d’un brun 
noir, ayant cinq dentelures ou entailles profondes , et visibles 
à l'œil nu. (1) Par la dissection que j'ai faite de cette partie sur 
des individus secs, je n’ai pas trouvé que cette pièce laissât 
une ouverture qui communique à l’intérieur ; mais je le crois. 
Îl serait curieux de connaître à quoi sert cet appareil dont le 


FAMER O0, He. 8; ab. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 30% 
Bombyx processionnaire du chêne, qui a les mêmes habi- 
tudes,, est privé. Cette espèce de scie servirait-elie à ee Le- 
bidoptère pour entamer l'écorce des branches sur lesquelies 
il doit pondre ses œufs? Cette hypothèse serait probable sie 
mâle n’offrait pas la même conformation dans la bouche que 
la femelle. Celle-ci a seulement plus que lui à l'abdomen une 
plaque écailleuse , noirâtre , recouverte par des poils gris eb 
soyeux. Des observations réitérées pourront peut-être un Jour 
faire découvrir le but pour lequel la nature, qui ne fait r'ea 
en vain, a doué ce Lépidoptère d’ane telle conformation : il 
me suffit pour le moment de fixer l’attention des observateurs 
sur ce fait assez curieux. 





Observations sur T Ecaille pudique de Godart (genre EY- 
prepia d'Ochs), par M. vs Vues. 


(Séance du 4 avril 1832.) 


L'étude de l’'Entomologie a fait depuis quelques années tant 
de progrès, et on doit au zèle et aux nombreuses investiga- 
tions des amateurs de cette belle science de si rares et de si 
curieuses découvertes, qu'il semble que la nature n'ait plus 
rien de caché pour nous, et que désormais on doiye se con- 
tenter de suivre les pas de ceux qui nous ont précédés dans 
la carrière, et qui y marchent guidés par le flambeau de Pa- 
nalyse et de l’expérience. Cependant j'ose me flatter d’avoir 
découvert le premier un fait fort extraordinaire; et je présente 
le fruit de mon observation aux Entomologistes qui, plus 
instruits que moi, peuvent la faire tourner au profit de la 
science , en les invitant à en vérifier l'exactitude , que je ga- 
rantis. 

En chassant aux Lépidoptères , dans le midi de la France, 
je m'étais aperçu que dans les belles soirées d’été, si com- 


& 
204 ANNALES 


munes aux environs de Montpellier, l’'Ecaille pudique faisait, 
en volant auprès de moi, entendre un petit bruit que je ne 
peux mieux comparer qu'à celui d’un métier de fabricant de 
bas. Ce bruit était même si fort que, guidé par lui, j’ai fort 
souvent pris cette belle Écaille au vol et sans l’apercevoir. 
Étonné de cette singularité, unique peut-être dans le méca- 
nisme du vol des Lépidoptères, j'ai cherché à découvrir quelle 
pouvait en être la cause, et je l’ai enfin trouvée. 

L’Ecaille pudique a de chaque côté de la poitrine, à la 
naissance des ailes inférieures , un espace profondément sil- 
lonné et creux, tapissé par une pellicule blanche et irès- 
dure , et recouvert hermétiquement par une autre petite peau 
épaisse , luisante, bombée et bordée de poils, dont la partie 
la plus large est située vers l’endroit où le corps se joint à 
l'abdomen, (1) Gette peau, qui m'a paru pareille à celle qui 
compose les timballes des cigales, ne tient au corps qu’à la 
naissance de l’aile inférieure; et lorsque l’insecte vole , étant 
mise en jeu par les muscles qui font agir cette aile , elle presse 
fortement l'air renfermé dans la cavité, et produit ke bruit 
dont j'ai parté. Cette singulière propriété est commune aux 
deux sexes; seulement comme dans cette espèce, ainsi que 
dans tous ses congénères, le mâle vole beaucoup plus que 
la femelle, j'ai été plus à portée d'observer celui-ci que, 
l’autre; mais tous les individus femelles que j'ai disséquées 
m'ont oflet le même appareil, seulement plus petit. 


(x) PL 6. Fig. 9. a. b. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE, 205 


Mémowe sur un genre nouveau de Diptères, de la famille 
des T'ipulaires, par M. Auc. Bruzzi. 


( Séance du à mai 1832.) 


Le genre dont il est ici question est formé sur des femelles 
dont les ailes sont parfaitement identiques avec celles du 
genre Ctenophora Meig , mais les antennes en diffèrent d’une 
manière notable. Bien que l’on ne connaisse pas les mâles, ik 
sera toujours impossible de confondre ces deux genres, dont 
le nôtre se distinguera facilement par deux caractères prin- 
cipaux, 

Le premier consiste dans la forme des articles des antennes 
qui, au lieu d’être grenus à partir du deuxième , comme dans 
les Cténophores, le sont seulement à partir du septième. 
Tous ceux qui précèdent, le deuxième excepté, sont de 
forme cylindrique, et le diamètre longitudinal l'emporte de 
beaucoup sur le diamètre transversal. 

Le second caractère est tiré de la forme de l'abdomen, qui 
diminue de largeur, dans notre genre , dès le quatrième seg- 
ment, et d’une manière plus sensible vers le sixième, en sorte 
que le dernier, qui sert d’enveloppe à la tarrière, est fort long 
et n’a pas la forme linéaire ; il se recourbe soit en haut, soit 
en bas, et renferme une espèce de tarrière; dans les Gté- 
nophores, au contraire, l'abdomen, beaucoup moins long, 
est seulement plus mince à l'extrémité que dans le reste de 
sa longueur, et terminé par deux petites pièces qui, réunies , 
ont une forme cylindrique. 

En examinant les deux sexes des Cténophores, on trouve que 
dans tous deux les trois premiers articles des antennes sont 
exactement conformés de la même manière, et que ce n’est 
qu'à partir du quatrième que les antennes du mâle sont bran- 


200 ANNALES 

chues. C’est précisément cette considération qui m’autorise à 
créer un genre nouveau pour les insectes dont il est iêi ques- 
tion. Que l’on suppose, si l’on veut, les antennes des mâles 
de ces insectes branchues d’une manière autre que dans les 
Cténophores, ou encore de la même manière, les premiers 
articles des antennes n’en resteront pas moins les mêmes que 
dans les femelles, et de plus, tout porte à croire que, dans 
le cas où ces antennes présenteraient , dans quelques uns des 
articles, des branches ou autres appendices , les six premiers 
n'éprouveraient aucun changement. C’est ce que la décou- 
verte du mâle nous fera connaître par la suite. 

La place de ce genre semble marquée à côté du genre Cté- 
nophore. Les ailes et les palpes sont les mêmes dans les deux 
genres, et chez tous deux le treizième article des antennes est 
irès-petit dans les femelles. Aucun autre genre de la famille 
des Tipulaires ne s’en rapprocherait autant que celui de 
Ptychoptera Meig., à cause de l’allongement du premier ar- 
ticle des antennes, de la petitesse du dernier, de la forme 
des palpes et enfin du faciès même du genre ; mais le nombre 
des articles des antennes et les nervures des ailes ne permet- 
tent pas ce rapprochement. 


Genre Xiphura. Br. (£igos, gladius, oÿp&, cauda. ) 


Antennæ porrectæ , 13 articulatæ ; articulo 1° longo, subcylin- 
drico , 2° minuto , subconmico, sequentibus 4 cylindricis , elongatis , 
longüudine decrescentibus, 5° ad 12 subovatis | ultimo minutis— 
simo. ( Femina.) PI. 4. Fig. 2. a. 

Palpi exserti, incurvt, cylindrict, 4 articulati ; articulis longitudine 
paululum crescentibus , 4° multi articulalo , palpi longitudinem 
dimidiam æquante. Fig, 2. b. 

.S'temmata nulla. 


Alæ in modum generis Ctenophore reticulatæ. Fig. 2. c. 


Les antennes sont beaucoup plus longues que dans le genre 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 207 
Ctenophora; elles atteignent en arrière ‘au moins l'insertion 
des ailes. Leur premier article, long et presque cylindrique , 
est légèrement aminci dans son milieu et entouré dans toute 
sa longueur de stries transversales profondes et rapprochées ; 
le deuxième article est court, à peu près aussi long que 
Jarge , légèrement conique ; le troisième, plus long ou au 
moins aussi long que le premier, grêle, parfaitement cylin- 
drique; les trois suivans vont en diminuant de longueur el 
tendent déjà à prendre la forme ovalaire qui caractérise tous 
les autres articles du reste de l’antenne; le treizième et der- 
nier seulement n’a plus cette forme , il est extrêmement petit. 
Les quatre articles des palpes sont inégaux en longueur; les 
trois premiers vont en s’allongeant , et le dernier, qui égale les 
trois autres en longueur, est multiarticulé , beaucoup plus 
grêle et sinueux. La tête est conformée comme dans les Gténo- 
phores, et l’insertion des antennes est la même. Le prothorax est 
très -court. L’abdomen très-long se termine en un prolongement 
culiriforme, formé par les derniers segmens (1); son extré- 
mité est eflilée et composée de deux lames parallèles et laté- 
rales, étroites et creusées à leur extrémité en forme de cuiller, 
dont la concavité est tournée en dedans; entre ces parties 
est cachée une tarrière composée d’au moins deux pièces. 
Les patles sont longues comme dans les Cténophores; les 
ailes sont reticulées de la même manière. 

Les deux espèces qui composent ce genre se trouvent, au 
printemps, sur les têtes de saules, dans les environs d'Arras : 
elles m'ont été communiquées par M. Foulques de Viliaret 
qui les a prises lui-même et a bien voulu me donner celle qui 
porte son nom. 


(1) Fig. 2, d, vu de côté. 


208 ANNALES 


I. Xiphura Villaretiana. Br. pl, 4. fi. 2: 


X. nitida, nigra, abdominis basi, femoribus tibüsque rufis ; als 
pellucidis , flavescentibus , puncto marginalt incrassato fusco. 


Long. 25 millim. Lar. ais extens. 37 millim. 


Tête et corselet entièrement d’un noir luisant: antennes 
un peu velues, d’un brun très-foncé, subviolacé, avec les 
deux premiers articles tout-à-fait noirs; les deux premiers 
articles des palpes jaunâtres , les deux suivans bruns. Ecusson 
faiblement ponctué. Métathorax légèrement ridé en longueur à 
son bord antérieur. Abdomen s’élargissant jusqu’au quart de sa 
longueur au plus, rétréci ensuite jusqu’à l’extrémité en forme 
de sabre dont le tranchant serait dirigé en bas : il est d’un 
noir luisant, excepté les deux premiers segmens qui sont 
rouges tant en dessus qu'en dessous; les bords des segmens 
en dessous sont marqués de brun noir, et en dessus le second 
présente , près du bord postérieur, un trait noir duquel part 
une lache noire qui remonte jusqu'au deux tiers de la lon- 
gueur de ce segment; le bord extérieur, au dessous de K 
bande noire , est d’un brun livide; l’extrémité de la pièce ou 
de la partie de l’abdomen élargie en cuiller est de couleur 
rougeâtre. Guisses et jambes de cette dernière couleur; l’ex- 
trémité de celles-ci et Les tarses d’un brun noir, mais le pre- 
mier article de ceux-ci a un peu de jaunâtre. Ailes comme 
dans l’espèce suivante, avec le point épais d’un brun lui- 
sant. Balanciers bruns, cuillerons légèrement jaunâtres. 

Cette espèce a été prise par M. Foulques de Viilaret, aux 
environs d'Arras, dans la même localité et à la même époque 
que la suivante. 


IT. Xiphura nigrofasciata. Br. 


X. nitida, nigra; abdomine supra rufo, segmentorum basi nigra, 


Ke 
DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 20% 
infra segmentis 2 primis OmnEno , sequentibus 3 incisuris rufis ; 


pedibus ct antennis rufis, harum basi tarsisque nigris ; alis pel- 


lucidis , flavescentibus , puncto marginal incrassato nigro. 
Long. 29 millim. Lar. alis extens. 42 millim. 


Tête et corselet en entier d’un noir luisant; antennes 
garnies de quelques poils, entièrement rougeâtres, avec les 
déux premiers articles noirs; palpes d’un jaune sale, le der- 
nier article brun. Prothorax faiblement ponctué; mésothorax 
lisse; métathorax légèrement ridé dans sa longueur ; écusson 
ponctué un peu plissé sur les côtés. Abdomen rétréci vers les 
deux tiers de sa longueur, d’un rougeâtre luisant en dessus avec 
une bande noire irrégulière et assez large sur la base de tous les 
segmens; cette bande est peu marquée sur les deux premiers : 
en dessous les deux premiers segmens sont entièrement rou- 
geâtres; tous les autres , d’un noir luisant, ont le bord pos- 
iérieur d'un rougeûtre clair, couleur qui remonte un peu sur 
les côtés de quelques uns des segmens ; l'extrémité de l’abdo- 
men est d’un noir luisant tant en dessus qu’en dessous. 
Hanches noires , cuisses et jambes rougeâtres , l'extrémité de 
celles-ci et les tarses d’un brun noirâtre; le premier article 
des tarses légèrement jaunâtre. Ailes transparentes, comme 
vitrées et un peu jaunâtres; nervures de la base jaunes, 
toutes les autres noires ainsi que le point épais placé sur le 
bord des ailes au tiers postérieur. Balanciers d’un jaune sale 
où un peu ferrugineux ; cuillerons d’un beau jaune. 

Cette espèce a été trouvée, au mois de mai, par M. Foul- 
ques de Villaret, dans les environs d'Arras. Elle paraît plus 
rare que la précédente. 


210 ANNALES 


Monographie de deux genres nouveaux dans la famulle 
des Curculionttes, par M. A. CnevroLaT. 


(Séance du 2 mai 1832.) 


En observant avec attention chaque partie des Gurculionites, 
j'ai vu que les tarses de quelques uns de ces insectes étaient 
composés de cinq articles ; ce fait est très-distinct, dans la fa- 
mille des Brentides; le quatrième article est enclavé à la base 
da troisième , et le cinquième est fort long , cela prouve que si 
l’on voulait suivre ponctuellement la classification par sections, 
ces insectes et d’autres de cette grande famille devraient 
rentrer parmi les Pentamères. Un exemple bien remar- 
quable, et qui prouve combien ce système de classification 
est défectueux par rapport à l’organisation , est l'observation 
faite par M. Maille sur un accouplement de l’Antherophagus 
Pallens, dont l’un des sexes serait Pentamère, tandis que 
l’autre appartiendrait à une autre section (1). Ne voyons-nous 


(1) Je profite de cette occasion pour recommander aux Entomologistes 
de tous les pays, lorsqu'ils rencontrent des insectes accouplés, de piquer 
Ja femelle au dessous du mâle sur la même épingle. J'ai été à même de 
faire des observations intéressantes, en adoptant cette manière, pour les 
insectes de nos environs. Le Luperus Flavipes de Fab. n’est en effet que le 
mâle du Æufipes du même auteur. Le Tillus Elongatus n'est autre que la 
femelle du Tillus Ainbulans. Quand on voit des différences aussi extraor- 
dinaires entre les sexes du Drilus Flavescens, des Cebrio, des Puinus, Pti- 
linus, et de beaucoup d’autres, on doit sentir combien il serait avanta- 
geux d’avoir de touies les parties du globe des insectes qui pussent don- 
ner lieu à de semblables observations. Qu’il me soit permis en passant de 
parler des obligations que j'ai à mon ami L’Herminier , docteur médecin 
à la Guadeloupe, auteur d’une classification naturelle d’après l'appareil 
sternal des oiseaux, pour les envois intéressans qu'il me fait journelle- 


ment, et qu'il accompagne toujours de notes indiquant le nom des plantes 
et les localités. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 014. 
pas dans chaque famille des anomalies sans nombre? les Hydr o- 
canthares et les Glairons offrent des insectes de quatre et de 
cinq articles aux tarses. Les Oxytèles parmi les Brachélytres 
n’ont que trois articles, tandis que la plupart des Staphylins 
en ont cinq. Le genre Enicotarsus , formé par De Laporte dans 
la famille des Lamellicornes , est le seul, jusqu’à présent, sur 
lequel ont ait remarqué trois articles. M. Robineau Desvoidy 
avait déjà signalé, il y a quelques années, plusieurs Géram- 
bycins ayant cinq articles aux tarses. 

Tout ce qui précède m'engage à proposer une classifica- 
cion basée sur des caractères presque communs, et sur une 
analogie de mœurs et de forme. Les tarses alors serviraient 
pour grouper ces insectes par familles ou sous-divisions. 
Je vais essayer quelques exemples de rapprochemens de genres 
qui se trouvent fort éloignés dans nos classifications actuelles 
et offrir en même temps quelques vues nouvelles. Puissent 
ces essais amener d’heureux résultats et être confirmés par 
des travaux anatomiques ! 

Je crois que les Brachélytres devraient finir, ou plutôt com- 
mencer l’ordre des Coléoptères en leur adjoignant la petite 
famille des Psélaphiens. On voit en effet que ces insectes se 
lient aux Scaphidies par les Tachynes et les Tachypores, aux 
Nitidules par les Omalies et les Micropèples. Les Carabiques 
font un passage naturel aux Ditiques , et ces derniers ont déjà 
une structure conforme à celle des Buprestes de la première 
et deuxième division de M. Schonherr. On est frappé de ja 
grande ressemblance qui existe entre les genres Engis, Triplax 
et Tritome ; les Crytophages semblent se rapprocher des Tri- 
phylles; les Agathidies ne peuvent s'éloigner des Anisotomes : 
les Ténebrions ont les plus grands rapports avec les Trogo- 
sites, ei les Nilio ne peuvent être séparés des Coccinelles. 

Dans la famille des Curculionites, les Brentes devraient , 
ce me semble, tenir le premier rang; un petit Coléoptère de 


212 


ANNALES 
Colombie, que j’établirai comme genre; a les plus grandé 
rapports avec les Rhinosimes et les Arrhénodès. de suis fondé 


d'autant plus à ce rapprochement que tous ces insectes se 
trouvent sous les écorces. 


Le genre Oxycorynus , formé du grec oËds, acütus , et de xopuyn, 
clava, offre la particularité que je viens de signaler, d’avoir cinq 
articles aux tarses. Il fait partie de l’ordre des Orthocères de M. Schon- 
herr, et se place près de son genre Antliarhinus ; mais il s’en dis- 
tingue par douze articles aux antennes , tandis que ce dérnier n’en 
a que onze. Sa trompe est plus courte , et les articles des antennes 
sont serrés et épais. Je dois à l’amitié de M. Viard les deux insectes 
qu'il a bien voulu me céder, et qui pourraient bien n’être que le 
mâle et la femelle d’une même espèce, malgré la grande différence 
de taille , la couleur des antennes, et quoique la seconde ait la trompe 
linéaire, tandis qu’elle est cylindrique dans la première espèce. Ge 
dernier caractère serait en rapport avec le genre Antliarhinus. 


Genre Oxycoryne. 


CARACTÈRE DU GENRE. An- 
tennes assez épaisses de 12 ar- 
ticles : 1° de la massue long, 
conique , 2° étroit, en cercle, 
5° très-pointu. 

Trompe droite, cylindri- 
que ou linéaire. 

Corselet aplati, transverse, 
arrondi sur les côtés. 

Elytres larges assez al- 
longées. 

Description : Corps ra- 
courci, large, plan , dur, ailé. 
Antennes droites , de la lon- 
gueur de la trompe , implan- 
tées en dessous à sa base, et 


Oxycorynus , genus novum. 


CuarActTER : Æniennæ sat 
validæ 12 articulatæ. Clava 
triarticulis : 1° conico; 2° bre- 
vi, annulari; ultimo acutis- 
simo. 

Rostrum teretiforme, vel 
lineare rectum. 

: Thorax planus, transver- 
sus, subquadrato orbiculatus. 

Elytra lata subelongata. 


Dsscreprio : Corpus breve, 
durum, alatum. /ntennærec- 
tæ, rosiri longitudine, bai 
subtusque insertæ. Art. 1° cœ- 
teris paulum longiore et cras - 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 


siore; 2-Q moniliformibus , 
apice subtruncalis. Caput pos- 
terius expansum , subtriangu- 
lare; jugulum infrà gutturo- 
msu. Aostrum thorace vix 
longior. Oculi laterales, per- 
parum globosi. Srobs hevis, 
subtus oculo commissa. 7ho- 
rax planus, medio modice con- 
vexus, lateribus rotundatus, e- 
Iytrorum latitudine,posticeque 
truncatus, antice subtus valde 
emarginatus. Sculellum me- 
diocre, semirotundatum. /- 
lytra plana, apice rotundata, 
lateribus prominentia. #bdo- 
men » segmeniis transversis , 
1° Jlatiore. Pedes validi, bre- 
ves, inermes, 4° primi basi ap- 


proximati, femoribus compla- 


natis , tibiis rectis , triangula- 
tis, anticis apice exteriori me- 
dio incisis, aliis truncatis la- 
tescentibusque ad  finem. 
1° art° tarsorum 
subgloboso ; 2° lunato; 5° bi- 
lobo, parallelo; 4° minuto; 


9° longissimo, duobus ungui - 


recurvo, 


culis armato. 


219 
en avant des yeux. Le 1°" guère 
plus long et épais que les sui- 
vans. 2-0 égaux, monilifor- 
mes, ironqués au sommet, 
Téte moyenne triangulifor- 
me. Menton goîtreux. Yeux 
latéraux, peu proéminens. 
Scrobs court, réuni à l’œil en 
dessous. Corselet aplati, re- 
levé sur les bords, presque 
rond , de la longueur des ély- 
tres, coupé, droit par derrière 
et un peu en avant. Æecusson 
arrondi en arrière. Elytres 
assez larges , relevées sur les 
côtés , arrondies à l’extrémité. 
Seymens de l’abdomen trans- 
versaux, le premier fort large. 
Paties courtes, mutiques, les 
4 antérieures rapprochées à la 
base; cuisses courtes, apla- 
tes ; jambes à 3 angles, celles 
de devant creusées au milieu 
à l'extrémité, les autres tron- 
quées et élargies au sommet, 
tarses épais. Le 1‘“article cam- 
bré en avant, globuleux ; 
2° en croissant ; 3‘bilobé, pa- 
rallèle, extrémité de chacun 
garnie en dessous de poils rai- 
des; 4‘très-petit; 5° fort long, 
muni de deux crochets ro. 
bustes. 


214 ANNALES 


Oxycorynus melanocerus. Cnev. 
Pl::5. Fisr4: 


Planus, fulvo-nitidus, rostro (cylindrico), antennis, oculis, genibus, 
ubiis apice tarsisque nigris ; elytris subcostatis striato punctatis. 
Habiiat in Brasilia. 


Longit. 4 lin. 1/4 (rostro excluso); rostri, 1 lin. 1/2. Lat. 9 lin. 


D'un fauve luisant. Trompe noire, à base tant en dessus 
qu'en dessous fauve; tête avec quelques points; antennes 
épaisses, premier article de la massue blanchâtre au sommet, 
les deux derniers entièrement de cette couleur. Corselet 
aplati, échancré en avant, très-profondément en dessous, coupé 
droit en arrière, bords relevés, angles presque ronds; le milieu 
avec quelques points assez gros. Ecusson moyen, arrondi 
par derrière. Elytres avec huit stries ponctuées séparées par 
des côtes : elles portent quelques points. La première strie 
près le suture a deux rangées de points ciselés près la base ; 
les suivantes n’atteignent pas l'extrémité, qui est arrondie; 
marge couverte de points guillochés, relevée sur les bords. 
Cuisses courtes, larges, aplaties; jambes droites, courtes, 
triangulaires, courbées et tronquées au sommet, les quatre 
postérieures très-finement dentées en dessus. Tarses courts, 
larges. Dessous du corps sans points. 


Oxycorynus melanops, Guev. 


Flavo obsoletus , oculis nigris; elytris costatis regulariter striato 
punctatis ; rostro lineari. Habitat in Brasilia. 


Long. 3 lin. 1f2-cum rostro. Lat. à lin. 


D'un fauve mat. Trompe luisante, un tant soit peu arquée. 
Tête et dessous du corps sans points. Antennes d’un fauve 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 215 


brillant. Premier article de la massue, long, conique, les 
deux derniers blancs, corselet plan, granuleux , coupé droit 
en avant (très-échancré en dessous) et en arrière, côtés ar- 
rondis, à peine relevés. Elytres trois fois aussi longues que 
le corselet , à côtes relevées. Première strie près l’écusson 
double à la base , réunie à l’extrémité à la deuxième: les trois, 
quatre, cinq, six, sept et huitième se joignent également 
entre elles; vers le sommet elles ne sont pas aussi prolongées 
que la saturale, la neuvième strie vient immédiatement après 
la dernière côte. La ponctuation des stries est régulière et ar- 
rondie. Bord des élytres peu relevés, marge ponctuée. Cuisses 
et jambes d’une couleur pâle. Tarses en dessous en forme de 
feuillets. 

Le premier article de la massue est évidemment plus al- 
longé et conique que dans le précédent, le dernier est très- 


aigu. 
Genre Loncophorus, Loncophore. Cuev. 


L’insecte décrit par Fabricius et Glivier, sous le nom de 
Rhynchænus Parasita, ainsi qu'une espèce nouvelle, consti- 
tuent le genre auquel j'ai donné le nom de 5790006, qui si- 
gnifie, en grec porte-lance, en raison de la longueur ex- 
traordinaire du rostre de ces Charencons. Ce genre, par sa 
trompe presque droite et ses yeux saillans, paraît avoisiner 
les Anthonomes de M. Germar; mais ses caractères le rap 
prochent bien plus du genre Balanine près duquel je le place. 
Les différences qui l'en distinguent sont d’avoir les élytres al- 
longées parallèles, les antennes placées dans les mâles près le 
es de. Ja trompe, et vers l’extrémité dans les femelles : 
ensuite les crochets-des tarses sont bifides. M. Lacordaire a 
“trouvé mr de ces insectes vivant sur les feuilles des 


Fret 


arbres. 


2 :6 
à 


Caractères génériques. 


Antennes fort longues, très- 
gréles : funicule de 7 articles; 
le 1°", dans le mâle, presque 
aussi long que les 6 qui sui- 
vent, le dernier lié à la mas- 
sue: celle-ci mince, de 4 arti- 
cles. 

Trompe dirigée en avant, 
de la longueur du corps (dans 
les mâles) filiforme, un peu 
arquée. 

Yeux à peu près ronds, la- 
téraux assez CONVEXxes. 

Corselet trapezoïdal, é- 
chancré sous la tête. 

Écusson élevé, punctifor- 
me. 

Elytres eMongées, parallè- 
les, arrondies à l'extrémité. 

Pattes fort longues, les an- 
térieurés surtout. Guisses ren- 
flées , dentées. 

Dsscriprion: Corps étendu, 
ailé; antennes ‘imsérées dans 
les mâles un peu au delà du 
milieu de la trompe, dans les 
femelles près l'extrémité, de 
,2 articles; le 1°" droit, très- 
long et peu renflé à son som- 
met, atieignant le plus sou- 


ANNALES 


Character generis. 


Antenne longissimæ, valde 


tenues : funicülo 7 articulato ; 


1° art° fere reliquis longiore, 
ultimo clavæ conjuneto, cla- 
va longa, lineari 4 articulata. 


Rostrum (in mare) corpo- 
ris longitudine , prolatum, fi- 
liforme, parum arcuatum. 


Oculi subglobosi, latérales, 
sat prominuli. 

T'horax trapezoidalis pune 
gulam emarginatus. 

Scutellum elevatum, punc- 
tiforme. 

Elytra’elongata, sub paral- 
lela, apice rotundata. 

Pedes longi, antici longis- 
simi, femoribus clavatis intus 
dentatis. 

Corpus extensum , alatum. 
Antennæ in mare versus me- 
dium rostri insertæ, fractæ, 
12 articulatæ; art° 1° longis- 
simo sæpius oCculos attenxen 
te, recto, apice crassiusculo ; 
2° longo, 3-5 æqualibus , 6-5 
brevibus , apice subinflatis: * 


DE LA SOCIETÉ ENTOMOLOGIQUE, 


ultimo articulo clavæ acumina- 

to. Æostrum in feminà dimi- 
di corporis , scrobe recta, ad 
oculos desinente. Oculi supra 

sub approximati, 7horax an- 
tice coarctatus , postice fere 
duplo latior latitudine, basi bi- 
sinunatus, lateribus rotunda- 
tus. Scutellum ex surgens e 

depressione. Ælytra thorace 

basi latiora, hameris rotunda- 
tis, vel angulatis, in scutello 
valde emarginata versus apicem 
callosa ; pygidium solum in fe- 
minis conspicuum. Pedes sub- 

approximati, recti, femori- 

bus intus dentatis, tibiis ante- 

rioribus et intermediis unco 
valido armatis, posticis tu- 
mentis. Tarsorum articulo 1° 

longo, conico; 2° triangulari; 

3° lato, bilobo: ultimo elon- 

gato, arcuato, unguculis bi- 

fidis distincte armato. 4bdo- 

men » segmentis. 


217 
vent les yeux; 2*allongé ; 3-5 
presque égaux, 6-8 plus courts, 
un peu pointus vers le bout; 

dernier article de la massue 
distinct, terminé en pointe. 
Trompe , dans les femelles. 
moitié de la longueur du corps. 
Fossettes droites , dirigées’ 
sur les yeux. Feux un peu 
plus rapprochés en dessus 
qu’en dessous. Corselet étran: 
glé en avant, arrondi sur les 
côtés, bisinué à la base. 

ÆEcusson légèrement allongé, 
sortant d’un enfoncement. 
Flytres plus larges à la base 
quele corselet, très-échancrées 
sur l’écusson, convexes en 
dessus , calleuses près l’extré- 
mité , sillonnées. Pattes assez 
rapprochées , droites, cuisses 
munies intérieurement d’une 
forte épine qui paraît double. 
Extrémité des 4 jambes anté- 
rieures armées d’un onglet ai- 
gu , extrémité des postérieures 
tronquée. Le 1° article des 
tarses long conique, 2° trian- 
gulaire , 3° large bilobé, der- 
nier allongé, arqué, muni de 
deux crochets bifides, ceux 
intérieurs courts; abdormen 
de 5 segmens. 


218 ANNALES 


} : | Le | 


FF ui . Cuev. i 


si tit tm: 
Albo. gtlvus » thora ace, dater bus, macula laterali trigona in elytris , 
ue api -Janeiro 
is here P. ie uso. “Habitat in Brasilia (Rio-J ). 
165 


a C4 Long. 5 lin. (Bostro excluso); rostri » lin. Lat. humeris 2 lin. 


AR 4 lin. fa (rostro excluso) rostri D Mie, Lat. hu- 
meris 2 lin. 


PI. 5. Fig. 1. ; a. Trompe vue de côté. b. Antenne grossie. 


D'un blanc sale. Trompe linéaire d’un brun pubescent, 
ponctuée. Mandibules infiniment petites, bidentées au som- 
met. Premier article des antennes n’atteignant pas entière- 
ment les yeux. Corselet attenué en avant, élargi ensuite et 
arrondi, obscur, avec une ligne blanchâtre au milieu. Ecus- 
son blanc, petit. Elytres ane fois et demi plus larges à la base 
que le corselet, parallèles, arrondies à l'extrémité, sillonnées, 
pubescentes , calleuses ; la tache apicale est d'un brun plus 
clair que celle des côtés; angle huméral saillant. Pattes rappro- 
chées, cuisses droites en massue, munies près de leur som- 
met intérieur d’un éperon large aigu, et d’une petite dent 
à côté. Jambes légèrement sinueuses, élargies à l'extrémité, 
avec un onglet crochu aux quatre antérieures. 

La trompe de la femelle est de la moitié de la longueur du 
corps. 


Loncophorus parasita. 


Fusco Jferrugineus, cinereo trroratus , rostro pedibusque ferrugineis 
his apice nigro annulatis. Elytris sulcatis. Habitat Cayennae. 
Rhynchænus Parasita, Fab. S ystEleut..2. P.,\pag.. 497,823 

— — Olv. Ent. Ins., pag. Le. n°210, pl. 15-181. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 219 


Curculio Parasita Fab. Ent. Syst. Em. 2, pag. 441, n° 105. 
—  varius Encyc. Ins. 5, pag. 515, n, 260. 
— _flavo maculatus Voët , tom. 2, pag. 59, pl. 35, fig. 6. 


. .. = J=2 = » 
— . nigro maculatus Voët, tom. 2, pag. 52, pl. 55, fig. 5, ©. 


ut 


PI. 5. Fig. 2. a. Trompe de profil. &. Patte grossie. c. Cro- 
chets vus de face. 


Var. $. Fusco obscurus, rostro, thorace pedibusque ferrugineis , 
genubus nigricantibus. Loncop. dubius. in mus. meo. 
Var. y. Omnino ferrugineus, elytris cinereo variegatis, fusco 


subfasciatis. 


PI. 5. Fig. 38. a. Trompe du vue de côté. 


Long. corporis 4 lin. 1/2 5 lin. Rostri & / lin. ® 2 lin. 1/2, 
5 1/2. Lat. humeris 2, 3 lin. 


Brun, couvert d’un duvet cendré. Trompe filiforme, de la 
longueur du corps dans les mâles, et de la moitié dans les fe- 
melles, sillonnée de la base à l'insertion des antennes, lisse 
au sommet. Ligne jaunâtre longitudinale au milieu du corse- 
let. Ecusson cendré, petit. Elytres faiblement sillonnées, 
fauves, couvertes de poils courts jaunâtres, formant une tache 
à l’épaule et une autre à l’extrémité. Angle huméral arrondi, re- 
bordé et aplati en dessus. Cuisses munies intérieurement d’une 
large épine et d’une petite dent à sa base, marquées, à partir 
de cet endroit, d’un anneau d’un noir obscur. L’extrémité des 
quatre jambes de devant armées d’un onglet recourbé. 

La var. 6, que j'avais appelée £on. dubius, m'avait paru, 
ainsi qu’à toutes les personnes à qui je l’avais montrée, devoir 
former une espèce nouvelle, mais après un ‘mûr examen j'ai 
été déterminé à la réunir au L. Parasite ; elle est d’un brun 
foncé; ses élytres sont couvertes de quelques poils cendrés ; 


220 ANNALES 


la trompe, le corselet et les pattes sont férrugineux; l’extré- 
mité des genoux est noirâtre ; elle paraît aussi constamment 
plus grande. 

La var. y est tout-à-fait ferrugineuse. Les élytres sont recou- 
vertes de poils épais jaunâtres , el traversées par 2 ou 5 lignes 
ferrugineuses. 

Elle provient de la collection d'Olivier. 

Nora. M. Germas, dans son Species insectorum , a employé ce même nom 
pour désigner un genre de la famille des Lamellicornes ; mais M. Kirby 


ayant donné antérieurement le nom de Phanæus au même genre, ce 
dernier devra être conservé. 


FA act j : 
Description d'un Tetralobus nouveau, par M. Gory. 


(Séance du 3 mai 1832.) 


Tetralobus cinereus. Gory, Sénégal ; du cabinet de M. Gory. 


Long. 2 pouces 9 lignes. 


Cinereus, antennarum fasciculo flabelliformi. Corpus maximum 
totum cinereum. Elytra nervis obscuris. Fasciculus antennarum 
e lamelis octo magnis, nigris. PI. 4. Fig. x. 


Cet insecte varie beaucoup pour la taillé , et avait été con- 
fondu jusqu’à présent par beaucoup d’'Entomologistes avec le 
véritable Elater Flabellicornis de Fabricius et d'Olivier ; mais, 
après un mûr examen sur le véritable Flabellicornis de ces 
auteurs que possède le Muséum d'histoire naturelle de Paris, 
je me suis convaincu que cette espèce , que je donne ici sous 
le nom d’Elater Cinereus , était tout-à-fait nouvelle. 

Chaperon légèrement relevé, un peu creusé, vertex caréné. 
Corselet échancré pour recevoir la tête, retréci à sa base, 
ayant ses angles antérieurs arrondis , s’élargissant et ayant ses 
angles postérieurs avancés, aigus et un peu crochus à leur 


DE LA SOCIËTÉ ENTOMOLOGIQUE. 221 


extrémité. Écusson triangulaire. Élytres de la largeur des ter- 
ininaisons des angles postérieurs du corselet, allongées , ar- 
rondies à leur extrémité. Antennes dans le mâle flabellées, en 
scie dans la femelle. 

intièrement noir, mais recouvert d’un duvet gris extré- 
mement fin et serré, qui empêche de découvrir la couleur 


primitive lorsque les individus sont dans leur fraîcheur natu- 
relle. 


Memoire sur quelques nouveaux genres de l’ordre des 
Homoptères, par F.-L. pe Larorre. 


(Séance du 2 maï 1832.) 


Les genres que nous proposons dans ce mémoire sont au 
nombre de huit : presque tous sont très-remarquables par la 
bizarrerie de leur organisation et par leurs formes remarqua- 
bles. Nous croyons que les personnes même les plus préve- 
aués contre la formation de nouvelles causes génériques ne 
pourront refuser de reconnaître la nécessité de celle-ci. 


Genre 1. Poiocera. rotoc, quis , ré, cornu. 


Antennes insérées dans une cavité sous les yeux; de trois ar- 
iicles , les deux premiers très-courts, cylindriques , 
le deuxième moins large que le premier, le troi- 
sième très-gros , arrondi, chagriné, terminé par 
une soie. 

Rostre long dépassant notablement la base de la troisième 
paire de pattes. j 

Ocelles assez petits, globuleux , placés latéralement entre 
les yeux et les antennes. 

Tarses forts, le premier article long , le Eee court , 
crochets petits, arqués, munis d’une membrane. 


222 | ICT ANNALES 


& “Corps assez large, épais. Tête carrée en dessus, plane. Gor- 
_‘selét transversal, arrondi en avant et s'étendant en arrière 
pour former ‘écusson. 

| Pseudélytres grandes, réticulées , dépassant notablement 
l’abdomien. Ce dernier large, court, mou, de six articles , 
sans compter l’anus. Pattes fortes, épaisses, surtout les cuisses 
antérieures. Jambes postérieures longues , offrant plusieurs 
fortes dents le long du bond externe et une couronne d’épines 
à l'insertion du tarse. 


Poiocera Luczoti. PI, 6. Fig. 1. 


P.nigra, elytris reticulatis, maculis minutis ferrugineis et maculis 
pluribus hyalinis conspersis. 


Long. 5. Larg. 5. 


Noir, yeux bruns, partie antérieure du corselet ridée trans- 
versalement. Pseudélytres réticulées , parsemées de points fer- 
rugineux, une tache jaune au bord latéral en arrière , plu- 
sieurs autres assez grandes et hyalines vers l'extrémité. Ailes 
hyalines. Abdomen d’un brun noir bordé latéralement de 
rouge. 

Nous avons dédié cette espèce à M. Luczot, qui a bien voulu 
nous la communiquer. 


Genre 2. Germaria. 


Antennes insérées sur les côtés de la tête à l’angle antérieur 
. des yeux, composées de trois articles ; les deux pre- 
miers très-courts, renflés , surtout le deuxième; le 
troisième filiforme et très-long. 
Rostre court, de deux articles, ne dépassant pas la base 
des cuisses antérieures, 


DE LA SOCIÉTÉ ENTGMOLOGIQUE. 223 


* Ocelles assez rapprochées , placées sur le front entre les 

; yeux. f 

* Tarses garnis en dessous d’épines, de trois articles ; le 
premier long, le deuxième le plus court. Crochets 
courts, larges, munis de membranes. 

Tête presque carrée, arrondie et un peu sinueuse en avant. 
Corps allongé, à eôtés presque parallèles. Gorselet formant 
un angle latéral, prolongé en arrière, échancré postérieure- 
ment, élevé au milieu en une carène arrondie et dirigée en 
avant en forme de capuchon. Écusson un peu transversal; 
triangulaire. Pseudélytres longues , parallèles, dépassant sen- 
siblement l’abdomen. Celui-ci composé de six segment égaux 
(du moins dans la femelle, seul sexe que nous en connaissons). 
Anus assez petit. Pattes moyennes assez grêles, les posté- 
rieures longues. Jambes de celles-ci garnies de rangées d’é- 
pines. 0) | 

Ce genre nous semble devoir suivre celui de Ledra. 


Germaria Cucullata. Fig. 2. 


Fusco nigricans, thorace cucullato ; pseudelytris rubro pallide ma- 
culalis. 


Stoll ? PI. 7, fig. 34. 
Long. 8 1/2 lig. Larg. 2 lig. 


D'un brun noir, pseudélytres un peu plus claires, parse- 
mées de quelques taches rougeûtres. Ailes noires. Cayenne. 


Genre 5. Schizia, oyiou, Jissio. 


Antennes insérées sous la tête, au dessous des yeux, de 
trois articles; les deux premiers un peu arrondis, le 
troisième allongé et terminé par une soie. 


224 ANNALES 

Rostre long, atteignant la base de la troisième paire de 
pattes. 

Tarses de trois articles; le troisième assez long, crochets 
très-larges. 

Ocelles au nombre de deux, situées sous la partie infé- 
rieure de la tête. 

Tête avancée, bifide en avant. 

Tête large transversale, bifide en avant. Yeux latéraux 
assez saillans. Corselet presque carré , élargi en arrière aux 
angles postérieurs, prolongé et arrondi en dessus de l’écus- 
son; celui-ci triangulaire , allongé, assez grand. Pseudélytres 
longues , disposées en toit, abdomen large, court, fendu 
longitudinalement dans les femelles. Pattes moyennes, sans 
dentelures ; les postérieures longues. 


Ce genre doit être placé ‘après celui d’OEihalion, de 
MM. Lepeletier et Serville. 


Schizia Servillei. (Fig. 3.) 
Fusco flavescens , lineis longitudinalibus nigris ; pseudelytris crasse 


reticulatis. 
Long. 4 1/2. Larg. 1 1/3. 


D'un brun châtain jaunâtre. Tête avec une bande transver- 
sale noire sur la partie inférieure de son aplatissement. Partie 
interne de ses deux avances de même couleur. Corselet fine- 
ment sranuleux , offrant au milieu une légère ligne élevée qui 
se prolonge sur l’écusson, et quatre bandes longitudinales 
larges et brunes; les angles postérieurs et les bords latéraux 
sont de même couleur. Ecusson brun avec un trait jaune au 
milieu qui en couvre aussi l'extrémité. Pseudélytres hyalines, 
parcourues par de fortes nervures et réticulés en arrière. Ges 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 225 


nervures sont jaunes près de la base et noires dans le reste de 
leur longueur. Jambes annelées de noir. Brésil. 
J’ai dédié cette espèce au savant entomologiste M. Serville. 


Genre 4. Aiypa. &, priv. Toro, forma. 


Antennes insérées dans une cavité sous le rebord antérieur de 
la tête, de trois articles; Îes deux premiers très- 
courts , assez forts , le dernier allongé et se prolon- 
geant eu une longue soie. 

Ocelles au nombre de deux, assez écartés et situés entre 
les yeux. 

Tarses de trois articles ; les deux premiers courts, surtout 
le deuxième; le troisième long, terminé par des 
crochets très-larges. 

Rostre très-court. 

Tête transversale très-large, offrant en avant un labre 
quadridenté. 

Tête très-large , yeux gros transversaux. Corselet à angles 
huméraux proéminens. Ii couvre tout le dessus du corps, se 
termine en arrière par une pointe aiguë, et offre en dessus 
une bosse très-élevée. Pseudélÿtres recouvertes en partie par 
les bords latéraux du corselet. Abdomen court triangulaire. 
Anus des ® comme dans les cigales du même sexe. Pattes 
moyennes , jambes offrant des lignes longitudinales; les pos- 
térieures longues et présentant une série de faibles épines. 

Ce genre est très-voisin de ‘celui de Centrotus, dont il dif. 
fère essentiellement par la tête. 


Atypa Gibba. (Fig. 5.) 
Fusca , thorace bi-gibboso, postice macula lutea. 
Long. 6. Larg. 4. 


D'un brun un peu violet. Tête d’un jaune livide. Cor- 


0 


206 :7  HJOINOIOM : ANNALES 

selet LE et formant, deux. bosses ; l’une placée vers le milieu 
du Corps; ‘et l autre dirigée: en avant. Il offre une tache jaune 
en arrière! ste et pattes noirâtres. Brésil. 


* Genre 5. Pterygia. rrépuë, ala. 


| Antennes HE latéralement dans une cavité sous les yeux, 
de trois articles; les deux premiers très-courts , à 
peine visibles ; le troisième se prolongeant en une 

. :*, soie assez longue. 

Ocelles au nombre de deux, globuleux, petits, placés 
entre les yeux. 

Tarses composés de trois articles; les deux premiers très- 
courts , presque globuleux ; le troisième long. Cro- 
chets très-élargis. 

Corselet prolongé en arrière jusqu’à l'extrémité da corps, 
et formant en avant deux sortes d’ailes élevées. 

Tête plane, presque carrée, un peu arrondie en avant. 

Yeux assez gros. Corselet prolongé en arrière, atteignant 

l'extrémité de l’abdomen et formant en avant deux bosses 

élevées, placées l’une à côté de l’autre en forme d'ailes. Ces 
parties sont renflées à l'extrémité. Pseudélytres assez longues. 

Abdomen un peu allongé , triangulaire , formé de six segmens. 

Pattes moyennes, jambes très-élargies , très-dilatées. Tarses 

courts, grêles. 

Ce genre doit venir après celui de Membracis. 


Pterygia Maquarti. (Fig. 6.) 
Rugosa, nigra, thoracis medio subelevato , tarsis lutets. 
Long. 1 1/1 lig, Larg. 3/4 de lig. 


Noir, très-rugüeux. Gorselet offrant en avant une ligne lon- 


DE LA SOCIÉTÉ: ENTOMOLOGIQUE. 227 
gitudinale élevée au milieu. Il forme une petite bosse au dessus 
du milieu du corps et derrière les élévations en forme d’ailes. 
Bord inférieur des pseudélytres fortement ponctué. Tarses 
jaunes (1). * 

Var. D'un brun olivâtre. Brésil. 


Nous avons dédié cette espèce au savant M. Macquart, dont 
les ouvrages en Entomologie sont bien connus. 


Genre 6. Acanthicus, drzv0ix6, Spinosus. ie 


Antennes situées dans une cavité sous les yeux; les deux pre- 
miers articles très-courts , à peine visibles ; le troi- 
sième en forme de soie allongé. 

Ocelles non visibles. 

Tarses de deux articles; le premier très-court, le second 

© long. Crochets larges. 

Corps  épineux. Tête surmontée d’une avance du corselet 
bifide à l’extrémité. 

Pseudélytres raccourcies. 

Tête large, transversale, yeux gros. Corselet surmonté d’un 
prolongement dirigé en avant et bifide à l’extrémité. Abdomen 
offrant plusieurs longues épines. Anus relevé. Pseudélytres 
très-courts , de matière coriace. Pattes assez longues : les pos- 
térieures garnies de plusieurs séries de poils. 


Nous pensons que Fabricius aurait placé les insectes de ce 
genre dans celui de Gentrotus. Nous n’en connaissons que 
des espèces américaines. 


(x) Les deux individus de cette espèce que nous avons vus sont dans 
quelques endroits revêtus de petites taches jaunätr a mais elles nous 
paraissent accidentelles. 


228 ANNALES 


Acanthicus Stoli. 


Fuscus, nigro maculatus , abdomine spinis octo. 


Stoll. Pl-o16. F0 85. 
Long. 5. Larg. 1 1/4. 


D'un brun jaune, avec plusieurs taches et lignes noires. 
Corselet prolongé postérieurement en une pointe relevée. 
Abdomen avec deux fortes épines à la base, et trois autres de 
chaque côté en arrière. Abdomen noirâtre. Pattes jaunes. 


Brésil. 
Acanthicus Desmarestii. (Fig. -.) 
Rubra, lineis numerosis albis, abdomine spinis sex. 
Long. 2. Larg. 1. 


D'un brun rouge avec des parties noires et des lignes assez 
nombreuses d’un beau blanc. Corselet terminé en arrière par 
un angle non relevé. Abdomen avec deux épines à la base et 
deux autres de chaque côté, placés obliquement en arrière. 
Pattes brunes. Brésil. 

Nous ne pouvions mieux dédier cette jolie espèce qu'à 
M. le professeur Desmarest, qui a bien voulu nous la coin- 
muniquer. 


Observation. Le genre Bocydium de M. Latreille , formé 
avec la première division des Centrotus de Fabricius, nous 
semble réunir des insectes dont les caractères autorisent la 
création de quelques nouvelles coupes génériques. Nous pro- 
posons de le diviser de la manière suivante : 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 229 
Genre Bocydiur, 


Corselet élevé au milieu et dirigé ea avant. Ce prolongement 
trifide à l’extrémité, l’un de ces bras s'étendant au 
dessus de l’abdomen. 

Tête large, yeux gros, ocelles placés entre les veux. An- 
tennes à deuxième article un peu renflé; le troisième terminé 
par une longue soie. Ecusson distinct. Pattes moyennes : les 
postérieures longues, assez grêles , garnies de plusieurs séries 
longitudinales de poils raides, Tarses grêles, de trois articles ; 
le deuxième très court. Crochets longs. 

Beaucoup d'espèces exotiques rentrent dans ce genre. 


Genre Sphæronotus, 


Corselet élevé au milieu et dirigé en avant. Ge prolongement 
se divisant à l’extrémité en plasieurs bras, dont 
l’un s'étend au dessus de lPabdomen; les autres sont 
terminés par des boules. 

Forme du genre Bocydium. 


Gentrotus Globularis Fab. 
Genre Cyphonia. x#ewv, Furcifer. 


Corselet élevé postérieurement et dirigé en arrière, en for- 
mant une fourche trifide. 

Tête large, yeux gros, deux petits ocelles entre les veux. 
Antennes à deux premiers articles très-courts; le premier 
presque carré , le deuxième ovalaire , le troisième terminé par 
une longue soie. Pseudélytres longues. Pattes moyennes : les 
postérieures longues et garnies de plusieurs séries longitudi- 


L : 16 


230 ANNALES 
nales de poils épineux. Tarses de trois articles : le premier le 
plus long, le deuxième très-court , le troisième assez long. 
Crochets larges. 

Il faut rapporter à ce genre les Centrotus Clavatus , Cla- 
viger, et probablement 7rifidus de Fabricius. Nous en avons 
figuré ici (fig. 4) une espèce qui nous semble nouvelle. 


Cyphonia Ornata. (Fig. 4.) 


Nigra, thorace antice spinis quatuor ; abdomine rubro ; thoracis 
lateribus albis. 


Long. 2 1/4. Larg. 1; 


Noir parsemé de quelques longs poils. Corselet offrant 
quatre épines à la partie antérieure : les deux premières lon- 
gues , arquées; les deux suivantes plus courtes; l’on voit une 
tache d’un blanc jaune de chaque côté. Pseudélytres un peu 
jaunâtres et hyalines. Abdomen rouge avec l’extrémité noire. 
Brésil. 


Explication de la planche 6. 


Fig. 1. Poiocera Luczoti. 
a. Tête vue en dessus, 
b. Antenne grossie. 
c. Tête vue en dessous. 
d. Tarse grossi. 
Fig. 2. Germaria Cucullata. 
Fig. 3. Schizia Servillei. 
a: Tarse grossi. 
Fig. 4. Gyphonia Ornata. 


a. Id. id. de côté. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 231 
. Atypa Gibba. 
. Tête et corselet vus de face. 
. Tarse grossi. 
. Pterygia Macquarti. 
Tête et corselet de face. 
. Acanthicus Desmaresti. 
. Tête et corselet vus de face, de l’_Æcanthicus Stolii. 
.: Tarse grossi. 


e 
q ) 
SUR 





BULLETIN ENTOMOLOGIQUE. 
ANNÉE 1832. — 2° TRIMESTRE. 


SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. 
({ Séance du 4 avril.) 


Correspondance. — Lettres d'acceptation de MM. Desma- 
rest et de Humboldt (pag. 20 et 21). 


Ouvrages offerts. — Première livraison de la partie Ento- 
mologique du voyage de l’Æstrolabe, par M. Boisduval. 


Communications. — M. Audouin présente uné nouvelle li- 
vraison de l’ouvrage de MM. Brandt et Ratzburg, sur les ani- 
maux émployés dans la thérapeutique. Cette Hriièn contient 
plusieurs planches représentant des Mylabres, des Lytta et 
des Méloé , l’anatomie de la Cantharide et de sa larve. 

M. Lefebvre communique l'observation qu’il a faite sur 
deux Lépidoptères nocturnes de la tribu des Tinéites, la 
Pœdisca Semimaculana, & (Hub.), et la Pæd. Ratana, 
® (Hub.), qu'il a pris accouplés le 20 juillet 1831. Il pense 
qu’il en pourrait être de même de deux espèces de la même 


294 ANNALES 


tribu, les Z'eras Emargana, & (Fab.), et les 7er. Fffrac- 
tana, & (Hub.), qu'il surprit au mois de septembre suivant 
dans la position de l’accouplement , sans cependant qu’elles 
fussent réellement accouplées. Il croit que la première pour- 
rait bien n'être qu’une variété de la seconde, vu le petit nom- 
bre d'individus qu’on en rencontre, leur même localité et leur 
même époque d'apparition. MM. Boisduval et Rambur obser- 
vent que les Pœd. Semimaculana et K atana ne sont peut- 
étre aussi qu'une même espèce. 

M. Lefebvre présente aussi une remarque curieuse que lui 
communiqua , à son passage à Vienne, M. Treitschke : c'est 
l’accouplement de la Zygena Filipendulæ Q avec la Zyg. 
Éphialtes J jaune, hybrisme dont il eut souvent la preuve. 
M. Lefebvre en vit deux paires se tenant encore ensemble dans 
sa collection, sur cinq qu'il avait prises en 1817, M. Treitschke 
pense que la Zyg. Éphialtes rouge doit naissance à cet ac- 
couplement hybride, vu que, d’après ses observations, il n°y 
a jamais d’accouplement soit entre la Zyg. Ephialtes jaune 
et rouge , ou bien entre les Ephialtes rouges , soit enfin entre 
l’Ephialtes rouge et la Filipendulæ. Ge même auteur obtint 
de l’accouplement des Saturnia Carpini et Spini, trois che- 
nilles 1n peu semblables à celles du Carpini, c’est-à-dire , 
vertes tigrées de noir, ou noires tigrées de vert (dont M. Le- 
febvre vit les dessins); mais, bien qu’elles aient filé, elles 
u’ont donné aucun résuliat. 

De ces faits, et d’autres connus. de ce genre, M. Lefebvre 
induit que dans des espèces excessivement voisines, l'organi- 
sation des parties génitales étant sans doute à peu de chose 
près la même , il peut se trouver de ces êtres qui doivent 
l'existence à de pareils hybrismes, sans cependant oser avan- 
cer pour cela que ces êtres soient à leur tour susceptibles de 
reproduction. : 

À ce.sujet, M. Audouin cite l'observation qu’il a faite sur 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 233 
l’accouplement de la Coccinella Bipunctata. Wen a élevé un 
grand nombre d'individus , les a vus s’accoupler , et à été té- 
moin de la ponte des femelles. Après la fécondation des œufs, 
il en est sorti de petites larves qu’il est parvenu à élever jusqu’à 
leur métamorphose en insecte parfait. À cette occasion il à 
voulu tenter quelques expériences sur leur hybrisme. On sait 
que très-souvent on rencontre la Cocc. Dispar accouplée avec 
la Cocc. Bipunctata. M. Audouin a mis en rapport ces deux 
espèces, et les a vuen effet s’accoupler ; les femelles fécondées 
n’ont pas même tardé à pondre , mais toujours ces œufs ont été 
stériles : ce fait s’est reproduit jusqu’à six fois. M. Audouin 
croit pouvoir en tirer la conclusion que, si ce n’est toujours, 
au moins dans bien des cas, il ne résulte aucun produit fé- 
cond du produit accidentel de ces deux espèces, et il pense 
qu'il peut en être de même dans la plupart des accouplemens 
qu’on a observés entre des espèces différentes. C’est, selon lui, 
en rendant ce produit stérile que la nature a maintenu dans 
leur intégrité les caracteres propres à chaque espèce. MM. Bois- 
duval et Rambur appuient cette opinion. 


Lectures. — Les Bombyx Pytiocampa et Chelonia Pudica, 
pag. 201, par M. Devilliers (de Ghartres ). 


Monographie d’un nouveau genre d'Hémiptères Hétérop- 
tères ( Æleteronotus), par M. de Laporte, pag. 95. 


Membres recus. — MM. Drapiez (de Bruxelles), Léon Du- 
four (de Saint-Sever) , et Lépine (de Paris). 


(Séance du 18 avril.) 
Ouvrages offerts. — Supplément aux Lépidoptères de 
France de M. Duponchel , par l'éditeur des Annales. 


Communications. — M. Audouin communique une traduc- 
tion manuscrite d’un ouvrage allemand de MM. Hemprich et 


234 ANNALES 


Ehrenberg, ayant pour titre : Prodrôme des espèces de 
Scorpions propres au nord de l'Afrique et à l'Asie occi- 
dentale. Ge travail, dans lequel les auteurs établissent plu- 
sieurs genres nouveaux, a été récemment revu par eux , et 
fait partie du grand ouvrage de M. Ehrenberg sur son voyage 
en Afrique. 


Lectures. — Monographie d’un nouveau genre de Curcu- 
lionites (Otiocephalus), par M. Chevrolat, pag. 98. 

Note sur un nouveau genre ( Reaumuria) de Lépidoptères 
nocturnes, tribu des Cheloniens, par M. Rambur. Ce genre 
comprend la Chelonia Parasita et la Chel. Corsica, nouvelle 
espèce rapportée par lui de Gorse. 


Membres recus. — MM. Cantener (de Strasbourg), Charles 
Nodier (de Paris), Dupont (id.), Graslin (de Château-du- 
Loir), Marchand (de Chartres), Merck (de Lyon), Mulsant 
(id. ), Rippert (de Beaugency) , Du Traignaux ( de Paris ) , et 
de Villiers (de Chartres ). 


(Séance du 2 mai.) 


Ouvrages offerts. — Deux livraisons du Supplément aux 
Lépidoptères de France de M. Duponchel, par l'éditeur des 


Annales. 


Communications. — M. Audouin présente la première li- 
vraison des nouvelles Annales du Muséum d'histoire natu- 
relle de Paris, dans laquelle se trouvent deux mémoires de 
M. Latreille : l’un sur les Æranéides quadripulmonaires, 
l’autre sur les Insectes Coléoptères de la 1ribu des Denti- 
crures, famille des Brachélytres, 

M. Milne Edwards rend compte d’un travail qu’il a présenté 
à l’Institut relatif à l’anatomie comparée des Crustacés Dé- 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 235 


capodes et à la classification naturelle de ces animaux. Il a 
trouvé qu’il exisie dans cet ordre trois modifications princi- 
pales d'organisation , et il le divise par conséquent en trois 
sections, au lieu de deux, comme on l’avait fait jusqu'ici. 
M. Milne Edwards conserve à deux de ces groupes les noms 
déjà employés de Brachyures et de Macroures, et il donne à 
la nouvelle division qu’il établit celui d’Ænromoures, à cause 
de la disposition anomale de leur abdomen (ou queue). Les 
Crustacés qui forment ce groupe naturel diffèrent des autres 
Décapodes par un grand nombre de caractères soit anatomi- 
ques , soit zoologiques; ils se distinguent facilement des Bra- 
chyures par la positien des organes femelles de la génération, 
et des Macroures par l’organisation de leur abdomen, qui ne 
présente pas en dessus de pattes natatoires, mais seulement 
des filamens ovifères comme les Brachyures. La section des 
Anomoures se compose des genres Ranine, Dromie , Dapro- 
mène , Homole , Albunée , Hippe, Rémipède, Pactole, Por- 
cellane , Birgus et Pagure. 


Lectures. — Mémoire sur un nouveau genre de Diptères de 
la famille des Tipulaires (Xiphura), par M. Brallé, pag. 205. 

Mémoire sur un nouveau genre de Charensons (Zocco-. 
phorus), par M. Chevrolat, pag. 216, 

Mémoire sur un Elateride nouveau (Z'etralobus Cinereus), 
par M. Gory, pag. 220. 

Mémoire sur plusieurs genres nouveaux d’Homoptères, par: 
M. de Laporte, pag. 221. 

Mémoire sur un Lépidoptère nouveau, famille des Pseudo: 
bombycites (Megasoma Repanda), par M. Feisthamel. 


Membres recus. — MM. de Saint-Marceaux (de Reims } 
et Mathiea {d'Orléans ). 


256 ANNALES 
(Séance du 13 juin.) 


Correspondance. — Lettre d'acceptation de M. Kirby, 
pag. 117. 

Ouvrages offerts. — Première livraison de l’Iconographie 
des Chenilles des Lépidoptères de France de M. Duponchel, 
par l'éditeur des Annales. 

Deux mémoires de M. Latreille, extraits des Annales du 
Muséum d'histoire naturelle , l'un sur les Aranéides quadri- 
pulmonaires , l’autre sur les insectes Coléoptères de la tribu 
des Denticrures , par l’auteur. 

Monographia Tenthredinetarum de M. le comte Lepeltier 
de Saint-Fargeau , par l’auteur. 

Première décade d’une centurie de Lépidoptères de l’île de 
Cuba, de M. Poey, par l’auteur. 

Description et figure de l’Æeterosternus Buprestoïdes de 
M. Dupont, par l’auteur. 


Communications. — Le secrétaire , en faisant part de la 
mort de M. Cuvier, membre honoraire, annonce qu’une dé- 
putation, composée des membres du bureau , et à laquelle se 
joignirent la plupart des membres de la société, escorta le 
cortége funèbre et se fit un devoir de soutenir pendant une 
partie du trajet les restes de ce grand homme. 

M. Audouin lit une notice nécrologique sur M, Cuvier et 
fait circuler des dessins originaux d'insectes accompagnées de 
leurs descriptions , faits de la main de ce grand naturaliste, 
à l’âge de dix-huit ans. 

M. Lefebvre donne lecture d’une lettre sur une apparition 
considérable de Hannetons ( Heloloniha Vulgaris) qui, le 
18 ma! dernier , à neuf heures du soir , assaillirent , au sortir 
du village de Talmontiers , la diligence sur la route de Gournay 
à Gisors (Eure) avec une telle violence, que les chevaux 


ANNALES DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 3:37 


effrayés , obligèrent le conducteur à rétrograder jusqu’au vil- 
lage pour y attendre que cette grêle d’une nouvelle espèce 
eût cessé, 

Il annonce également que diverses apparitions semblables 
ont eu lieu sur différens points de la France, où cet insecte 
a commis des ravages considérables, Il appelle l'attention de 
la Société sur les moyens à employer pour détruire cet in- 
secte et pour prévenir ses ravages. 

M. Farkas, Entomologiste Hongrois, qui assiste à la séance, 
annonce que dans son pays on les utilise en obtenant d’eux, 
par le moyen d’une forte ébullition , une substance huileuse, 
employée avec succès pour graisser les roues des voitures. 

M. Godet rapporte qu’en Suisse on prévient en partie les 
ravages de ce Mélolonthe en donnant une prime aux enfans , 
qui en rapportent de grandes quantités, et que souvent on 
s’est apercu des effets avantageux de ce moyen. 

M. le président prend en considération ces observations , et 
engage les membres de la Société à tenter des expériences 
dans le but d'utiliser ces insectes, et en même temps de les 
détruire. 

M. Audouin pense qu’il se pourrait qu’il y eût émigration 
de ces insectes lorsqu'ils ont tout détruit dans les lieux où ils 
abondent. M. Godet appuie cette opinion, et rapporte à ce 
sujet qu'il fut témoin, sur les bords du lac de Neufchâtel en 
Suisse , en juillet 1828 , du passage d’une nuée de la Vanessa 
Urticæ qui dura une demi-heure, en se dirigeant du N.-E. 
au S.-0O. M. Lefebvre parle d’une grêle de l'OEdipoda Cru- 
ciata (Charp.) dont il fut témoin , le 9 juin 1829 , dans les 
campagnes de Smyrne , et surtout au sommet de la citadelle, 
où cet insecte bruissait , vers midi, comme une forte pluie , et 


4 


couvrait la terre à environ deux pouces d'épaisseur. 


Lectures. — Mémoire sur les sens des insectes, et princi- 


238 ANNALES 


palement sur l'organe de l’ouïe , par M. Luczot. Cette lecture 
fait naître une discussion sur l’organisation interne des Inver- 
tébrés et sur la force de leur vitalité. A ce dernier sujet 
M. Lefebvre rapporte qu'ayant piqué un Cerambix Moscha- 
tus, vers la fin de l’automne, il le retrouva vivant au mois de 
février suivant ; et qu'en Provence, en 1825, ayant piqué 
avec une aiguille, à travers le thorax, une Araignée de la fa- 
mille des Thomises et surpris de la revoir encore vivante au 
bout de quinze jours, il eut l’idée de la nourrir avec des 
mouches , et la conserva ainsi plus de deux mois, époque à 
laquelle il la fit périr en la plaçant par mégarde dans une boîte 
camphrée. Dans une expérience pareille, répétée par lui en 
Normandie il y a un an, il conserva une pareille Aranéide en- 
viron quatre semaines. 

M. Lepeletier de Saint-Fargeau observe que dans ces dif- 
férens cas il n’y avait sans doute pas eu émission de la liqueur 
interne , émission qui, trop abondante , provoque la mort dans 
les insectes. À ce sujet il cite la faculté qu'ont les Araignées, 
lorsqu'une de leurs pattes a été cassée , de s’arracher le reste 
de cette patte, mais dans l'articulation humérale; alors, par 
une contraction des lèvres de la plaie, l’hémorrhagie n'a 
pas lieu. | 

M. Audouin communique quelques observations , faites de 
concert avec M. Milne Edwards, sur plusieurs Crustacés , qui 
ont, comme on le sait, la faculté de reproduire leurs pattes. 
La manière dont se fait celte reproduction a été assez bien 
observée , mais on a apporté moins d'attention à l'étude des 
circonstances très-curieuses qui précèdent ce singulier phéno- 
mène. M. Audouin prend pour exemple le Tourteau, connu 
vulgairement sur nos côtes sous le nom de Poupart, et dit 
que si on vient à briser une de ses pattes dans un point quel- 
conque de sa longueur, autre que le petit article qui suit la 
hanche , le Crabe, qui du reste ne paraît pas en souffrir ex- 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 239 


trêmement , remédie de lui-même à cette opération mal faite 
en se pratiquant une nouvelle amputation du membre dans le 
seul lieu convenable. Mais, tandis que l’Araignée s’arrache la 
patte, le Tourteau, qui ne peut agir de même, employe un 
moyen tout autre et non moins efficace : on le voit, afin de se 
débarrasser de la portion du membre inutile , raidir la jambe 
ou le moignon de jambe qui lui reste. Bientôt l'effet est pro- 
duit, un petit craquement a lieu à la base de la patte , et plus 
particulièrement dans le petit article qui fait suite à la hanche, 
et que M. Savigny (Mém. sur les Anim. sans vert., 1°° part., 
pl. 5, fig. 1. g ,lett, c.) considère comme le premier article de 
la cuisse; ce craquement résulte d’une fracture circulaire qui 
vient de se faire dans la substance calcaire , et la contraction 
volontaire de certains muscles en est uniquement la cause : 
aussitôt la portion du membre qui se trouve détachée tombe 
d'elle-même. Ge qui est curieux, c’est de voir que le Tourteau 
peut ainsi, par celte fracture d’un nouveau genre, s’am- 
puter volontairement et successivement les diflérentes pattes 
lorsque celles-ci ont perdu quelques-unes de leurs pièces. Le 
bourgeon qui doit donner naissance à un nouveau membre 
ayant toujours son origine à la hanche , on conçoit combien 
il était important pour l’animal que l’amputation pût toujours 
s'effectuer vers ce point. C’est aussi là qu’elle se fait le plus 
ordinairement, et quelquefois avec la plus grande facilité, car, 
lorsqu'on saisit un de ces crustacés par une ou plusieurs de 
ses pattes , il n’est pas rare qu’il échappe en les laissan/M@Atre 
les mains de l’observateur. 


Mémoire sur une nouvelle disposition de l’ordre des Né- 
vroptères , par M. Brullé (1). Cet Entomologiste ne laisse 
dans cet ordre que les genres à métamorphoses complètes, 


(1) Ce mémoire est destiné à être inséré dans la partie Entomologique 
de l’ouvrage publié par l'expédition scientifique de Morée. 


| 


:4o ANNALES 
qui sont la plupart de ceux de la famille des Planipeunes 
de M. Latreille. Il renvoie parmi les Orthoptères les Man- 
tispes , les Raphidies et les Psoques, et forme, avec les Li- 
bellulines, les Éphémères et les Perles, un ordre particulier 
sous le nom de Dictyoptères. Les Termites en constituent un 
autre qu’il appelle Zsopières. Enfin il adopte l’ordre des Tri- 
choptères que M. Kirby a formé avec la Friganes. 

Descriptions d’un nouveau genre de Charensons de l’ordre 
des Orthocères, par M. Chevrolat , pag. 215. 

Mémoire sur un nouveau genre de crustacés Macroures 
(sea), formant un passage entre les Paguriens et les Tha- 
lassinites, par M. Guérin. 


Membres recus. — MM. Blondel (de Versailles), Bohe- 
man (de Grenna en Suède), de Chauvenet (de Hesdin), 
Louis Goulon (de Neufchâtel en Suisse), de Fons-Colombe 
(d'Aix en France), Guénée (de Châteaudun), le comte de 
Jousselin (de Versailles), Lacordaire (de Paris), Lorey (de 
Dijon), Melly (de Manchester en Angleterre), le comte de 
Saporta (d’Aix en France), Schonherr (de Skara en Suède), 
et le colonel Saint-Yon (de Paris). 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 241 


VOYAGES. 


DÉPARTS. —— ARRIVÉES. — NOUVELLES DIVERSES. ‘ 


M. Bohéman , savant Entomologiste suédois, est parti der- 
nièrement avec plusieurs naturalistes pour explorer la Lappo- 
nie. L'Entomologie et l’Ornitholosie sont le principal but de 
leur voyage. 

M. Lacordaire, parti en 1830 pour Caïenne, vient d’arriver 
avec de nombreuses collections Entomologiques, consistant 
surtout en Coléoptères. 

M. Goudot, connu par ses précédens voyages tant à Tanger 
qu'en Espagne, et surtout par son dernier à Madagascar, est 
retourné dans cette île. Il vient d'écrire qu’heureusement 
arrivé à sa destination , il n’a pu cependant pénétrer dans l’in- 
térieur, vu la guerre dans laquelle se trouve engagée en ce 
moment la reine des Owas; et que momentanément il s’est 
fixé sur la côté, où il a néanmoins en insectes recueillis déjà 
beaucoup d'objets intéressans. 


NÉCROLOGIE. 


Au moment où la science vient de perdre le grand homme 
qu’elle regrettera éternellement, nous croyons faire plaisir 
aux Naturalistes en leur donnant le fac-simile de la lettre que 
M. le baron Cuvier s’empressa le premier de répondre à la 
Société. | 

Le discours nécrologique sur M. Cuvier, par M. Audouin, 
prononcé à la séance du 33 juin, fera partie du prochain nu- 
méro. 


242 ANNALES 


OUVRAGES D’ENTOMOLOGIE 


PUBLIÉS DEPUIS LE 1° AVRIL 189292. 


{2° trimestre.) 
FRANCAIS. 


ICONOGRAPHIE ET HISTOIRE NATURELLE DES COLÉOP- 
TÈRES D'EUROPE, par M. le comte Dejean et M. J.-A. Boisduval ; 
tome II, zivraIson 13°. Paris, Méquignon-Marvis. 

Prix de chaque livraison, 6 fr. 


HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES, OÙ PAPILLONS 
DE FRANCE, par Godart, continuée par M. Duponchel ; tome VIIT,; 
deuxième partie, nocturnes; tome V, deuxième partie, LIVRAISONS 4 
et 5. Paris, Méquignon-Marvis. 

Prix de chaque livraison , 9 fr: 


SUPPLÉMENT A L'HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES 
OU PAPILLONS DE FRANCE, par M. Duponchel; tome I, LIVRAI- 
sons 2 et 3. Paris, Méquignon-Marvis. 

Prix de chaque livraison, GA 


ICONOGRAPHIE DES CHENILLES , pour faire suite à l'ouvrage in- 
titulé : Histoire naturelle des Lépidoptères où Papillons de France, par 
M. Duponchel; tome I°, se Livraison. Paris, Méquignon-Marvis. 

Prix de chaque livraison, ” fr 


CENTURIE DES LEPIDOPTÈRES DE L'ILE DE CUBA, contenant 
la description et les figures coloriées de cent espèces de papillons nou- 
veaux ou peu connus, par Ph. Poëy; 2e LIVRAISON. Paris, J. Albert 
Mercklin. 

Prix de chaque livraison contenant dix planches coloriées, 10 fr. 

ICONOGRAPHIE DU RÈGNE ANIMAF DE M. LE BARON CU- 
VIER,, par F.-E. Guérin ; zivRA1sONS 18, 19 et 20. Paris, J.-B. Baillière. 

Prix de chaque livraison en noir, 6 fr. 

Figures coloriées, 15 fr. 


MAGASIN DE ZOOLOGIE, par M. Guérin, QUATRIÈME LIVRAISON. Pa- 
ris, Lequien. | 
Le volume de 50 planches coloriées et texte, 18 fr. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 245 

ICONES HISTORIQUE DES LÉPIDOPTÈRES NOUVEAUX OÙ 

PEU CONNUS, collection avec figures coloriées des Papillons d’Eu- 

rope nouvellement découverts, par le docteur Boisduval. Paris, Roret. 
2, 3 et 4e LIVRAISONS. 

Prix de chaque livraison, + ÉL: 


COLLECTION ICONOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE DES CHE: 
NILLES, ou Description et figures des Chenilles d'Europe, par le 
docteur Boisduval. Paris, Roret. 2 et 3e LIVRAISONS. 

Prix de chaque livraison ,. 3 fr. 


EXPÉDITION SCIENTIFIQUE DE MORÉE, partie Entomologique ; 
par M. Brullé, 2 PREMIÈRES Livraisons. Paris, Levrault, éditeur. 
Prix de chaque livraison, 12 fr. 


DICTIONNAIRE CLASSIQUE D'HISTOIRE NATURELLE; par une 
réunion de Naturalistes, sous la direction de M. Bory de Saint-Vin- 
cent. Tome XVII et dernier, composé de l’explication des pianches ; 
par M. Bory de Saint-Vincent. — Paris, Rey et Gravier. — Cette partie 
de l'ouvrage offre déja quelques supplémens aux volunies précédens, 
et les complète. 


NOUVELLES ANNALES DU MUSÉUM D'HISTOIRE NATU- 
RELLE , etc., publiées par les professeurs de cet établissement et 
par d’autres naturalistes. — In-4° avec fig. , PREMIÈRE LIVRAISON. Paris, 
1832, Roret. 


Cette livraison contient, entre autres travaux, les Mémoires de z00- 

logie dont suivent les titres : 

1° Essai de classification naturelle des VEsrertiziows, et description de 
plusieurs espèces de ce genre, avec 2 planches noires, par F. Cuvier. 
— 2° Essai pour servir à la détermination de quelques animaux sculp- 
tés dans l’ancienne Grèce , et introduits dans un monument histori- 
que enfoui durant les désastres du troisième siècle ; par M. Geoffroy 
Saint-Hilaire. — 3° Sur le poisson appelée MacazærA4, avec 1 planche 
noire, par M. le baron Cuvier. — 4° Description de plusieurs espèces 
nouvelles de poissons du genre ArPogox, avec 1 planche noire ; par 
A. Valenciennes. — 5e Vues générales sur les Aranéides à quatre pneu- 
mobranchies ou quadripulmonaires , suivies d’une notice de quelques 
espèces de Mygales inédites et de lhabitation de celle‘qu’on nomme 
Nidulans ; par M. Latreille. — 6° Considération sur les insectes Coléo- 
ptères de la tribu des Denticrures, famille des Brachélytres ; par M. Za 
treille. 


a44 ANNALES 


COMPLÉMENT DE L'HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÉ. 
RES DE FRANCE, etc., par M. Duponchel. — Iconographie des che- 
nilles. Premiere livraison, in-8° , avec 3 planches coloriées. 

Cette livraison, parfaitement traitée sous le double point de vue de la 
science et de l’art, réalise RU reene l'espoir que les Entomologistes 
avaient conçu en voyant le nom justement recommandable de M. Dupon- 
chel en tête de cet ouvrage. 


ÉTRANGERS. 


CENNI soprale Variazioni a cui vanno sogsette le farfalle del gruppo 
Melitæa. Di Carlo-Luciano Bonaparte, principe di Musignano. Extrait 
de l'Antologia , n° 125. Mai 183r. 

Petite notice de quatre pages in-80 , accompagnée d’une planche colo- 
riée représentant le Melitwa phæbe, var. melanisca. 


SYMBOLÆ PHYSICZÆ , Hemprich et Ekrenberh. Animalia evertebrata 
exclusis insectis percensuit B. G. Ehremberg. Series prima cum tabula- 
rum decade prima. Berolini , 1831. — In-fol. de dix planches. 

MONOGRAPHIE DER CARABIDEN , von Zemmermann. Berlin, 1832. 
In-8o de 76 pages , sans planches. Description en allemand avec phra- 


ses latines. 


GETTRUE DARTELLUNG und Beschreibund der thiere; die in der 
arzneimittellehre in Betracht kommen, von Brandt und Ratzeburs, 
Berlin , 1830. — In-8° accompagné de 5 planches coloriées. 


Ouvrage en emand traitant de l’usage des insectes en médecine dans 
lequel on a représenté ceux qui offrent quelques propriétés remarquables. 
SPINX VESPIFOR MIS, an essay by Hedward Newman, at Fr. Westley, 

stationers hall court, London. Prix, 5 fr. 


Cette notice est précédée de considérations générales sur les insectes, 
et accompagnée de plusieurs tableaux de classification. 


BOMBI SCANDINAIIÆ, monographice tractali et Iconibus illustrati. 
Specimen academieum , respondente P. W. Brandsten. Londini Gotho- 
rum , 1832. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 245 


LETTRES. 


( ÉTRANGERS. ) 
Lettre de M. Klug. 
Monsieur , 


Jéwvoulais depuis assez long-temps vous exprimer le plaisir 
extrême que j'ai ressenti en apprenant la nouvelle qu’il s’est 
constitué en France une Société Entomologique , et qu’elle 
m'a fait l'honneur de m'en nommer membre honoraire. Ce- 
pendant des affaires accumulées m’ont empêché de penser à 
toute espèce de correspondance, et de m’acquitter de ce devoir 
en présentant mes remercimens les plus vifs à l’honorable 
Société qui a bien voulu me juger digne de cette distinction. 
Je vous prie donc , monsieur, de lui témoigner ma vive recon- 
naissance , et de lui faire savoir que je ressentirais une peine 
infinie si ce relard pouvait la faire douter de mon zèle. 

Agréez, monsieur , elc., Signé Kiuc. 

Berlin , le 6 août 1832. 


À M. A. Lefebvre, secrétaire, etc. 





Catalogue des Lépidoptères de l'ile de Corse, avec la des- 
criplion et la figure des espèces inédites (x), par M. P. 
Raweur, docteur en médecine. 


(Séance du 18 avril 1832.) 


En faisant connaître les animaux d’un pays, il est indis- 
pensable de donner une idée de ce pays, de sa forme, de la 


(1) Malgré le titre que je donne à cette notice, je ne prétends point faire 


I, | 17 


né6 ANNALES 

nature de son terrain et des végétaux qu'il produit ; puisque , 
avec sa position plus ou moins méridionale, ce sont les causes 
qui influent le plus: sur le nombre et la diversité des espèces. 
La différence du terrain surtout agit singulièrement sur les 
êtres qui l’habitent : aussi tel sol n’admet-il que telle espèce 
de plante, tandis que tel autre exclut toujours telle espèce ou 
même tel genre. 

Quoique la Gorse soit comprise entre les 43° et 41° 21° de: 
latitude septentrionale, son climat est pourtant singulière- 
ment tempéré par les vents qui y règnent d’une manière régu- 
lière et surtout par sa posilion an milieu de la mer. 

Sa longueur est de quarante-six lieues de 2000 toises, et sa 
plus grande largeur de vingt. Elle est composée d’une vaste: 
chaîne de montagnes, qui court du nord au sud; cette chaîne, 
dont les principaux pics sont souvent très-élevés (2,763 mè- 
tres) , présente des flanes très-escarpés , souvent comme décki- 
rés, qui se divisent en un grand nombre de rameaux irrégu- 
liers qui s’en vont en mourant vers la mer ; ils sont tous plus- 
ou moins creusés et séparés entre eux , par les nombreux ruis- 
seaux ou torrens qui se précipitent des sommets; il n’y à 
guères de vallées qu'aux embouchures des rivières et sur la 
côte orientale qui en offre d’assez étendues, généralement 
marécageuses et renfermant des étangs. La côte occiden- 
tale de Pile est horriblement déchirée, et ses bords escar- 
pés dominent souvent de beaucoup le niveau de la mer. 
Cette forme irrégulière et montagneuse de l'ile paraît aider 
singulièrement à la production des forêts : aussi les voit-on se 
reproduire avec une grande rapidité que facilite une extrême 
végétation ; el sans la main destructive des pâtres farouches et 


un catalogue complet des Lépidoptères de la Corse. N'étant resté que seize 
mois dans ee pays, FEntomologiste le moins instruit comprendra faci- 
lemeut combien d’especes ont dù m'échapper , puisque tous les jours 
les environs de Paris en offrent qu’on n’y avait point encore trouvées. 


DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 247 
nomades qui la parcourent en tous sens , l’île entière ne serait 
bientôt plus qu’une immense forêt, d’où l’on verrait sortir ses 
divers pics dénudés : mais abandonnée au pâtre dévastateur , 
presque toutes ses forêts ont été détruites par le feu ; il n’est 
pas un seul point de l'ile où l’on n’apercoive les traces de 
la flamme; c’est même devenu l’unique et rapide moyen de 
défrichement , moyen qui caractérise parfaitement l’horreur 
des habitans pour le travail et l’industrie. 

Une humble végétation a donc, dans la plus grande partie 
de l’île , remplacé les majestueuses forêts dont il ne reste plus 
que quelques débris. 

Le terrain de la Gorse est presque entièrement granitique , 
avec des parties schisteuses et calcaires. La portion calcaire 
la plus curieuse, et qui est restée en partie intacte à côté du 
bouleversement des roches voisines , est située à son extrémité 
méridionale, et comprend le territoire de Bonifacio; il forme 
comme une porlion étrangère à l’île, produisant des plantes et 
des insectes qui lui sont propres, et dont même les habitans 
diffèrent des autres par le caractère. 

Une autre partie calcaire considérable , et qui forme le ter- 
ritoire de St-Florent, est située sur la côte occidentale ét 
près de son extrémité nord : c'est dans cette localité seule- 
ment que j'ai vu le laurier rose ( Verium Oleander ) border 
les torrens. 

On rencontre aussi, vers le centre et au nord de l'ile, des 
parties schisteuses, parmi lesquelles se trouvent mélangées 
quelques portions calcaires; c’est surtout aux environs de 
Corte et de Bastia ; elles produisent également des plantes ct 
des insectes particuliers. 

Nous allons maintenant présenter une idée de la végélalion 
en nommant quelques unes des plantes qui semblent donner 

le facies végétal de l’île, et nous dirons quelques mots sur Ja 
station des Lépidoptères. 


248 ANNALES 


En commençant par les lieux que battent souvent les flots 
de la mer, nous rencontrons les plages sablonneuses qui ne se 
trouvent guères que sur la côte orientale et au fond des golfes 
souvent si profonds et si répétés de la côte occidentale ; elles 
ont en général un aspect fort aride, et sont, à l'exception des 
Hétéromères, peu riches en insectes, surtout en Lépidop- 
tères. 

Elles sont souvent envahies par le Cistus salviæfolius et 
surtout l’/Zalimifolius dont elles sont la patrie exclusive , et 
qui les embellit beaucoup au moment de sa floraison par ses 
nombreuses fleurs et ses belles corolles jaunes. Je n’ai jamais 
rien trouvé sur ces arbustes dans ces localités. 

L’Elychrysium angustifolium et la Lavendula stæchas se 
propagent aussi sur ces plages , que leur aspect est loin d’em- 
bellir. Quelques chenilles presque souterraines d’Agrotis 
s’accommodent très-bien de ces sables arides; telles sont celles 
appelées vulligera, puta, saucia, trux, et même segetum, 
si redoutable pour nos jardins potagers. Plusieurs Euphorbes 
se trouvent aussi répandues dans ces lieux : tels sont surtout les 
Euphorbia paralias , myrsinites , sur lesquelles on rencontre 
de temps en temps la belle chenille du Sphinx Dañli. 

D’autres plantes tout-à-fait particulières à ces localités , et 
qui quelquefois sont les seules à qui l'extrême aridité permet 
de végéter , sont plusieurs Silene ; leurs fleurs et leurs graines 
sont, comme on sait, souvent dévorées par quelques espèces 
du genre /ladena. 

Quelquefois aussi ces plages sont verdies par la Scrophu- 
laria ramosissima descendue des montagnes, pour croître 
avec profusion dans cette station accidentelle ; ses jolies fleurs 
et ses fruits sont dévorés par les chenilles des Cucullia scro- 
phulariæ ? et scrophulariphaga, et ses feuilles quelquefois par 
celle de la C. V’erbasci. | 

En s’avançant dans les plaines, on rencontre, surtout le 


DE) LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 249 
long des rivières , de fertiles prairies , plus ou moins maréca- 
geuses. 

Les arbres qu'on y remarque sont le Z'amarix gallica, 
l’Alnus viscosa, l'Ulmus campestris, Salix incana, etc. 
C’est d’ailleurs dans ces parties humides que se trouvent le 
moins de plantes particulières à la Corse, ct que se voient 
aussi beaucoup de Lépidoptères de nos pays; c’est sur les fleurs 
de ces prairies que butinent un grand nombre de nos Piéri- 
des et plusieurs autres diurnes; on y rencontre aussi la plu- 
part des Plusies des environs de Paris, et de plus une espèce 
que M. Lefebvre a le premier rapportée de Sicile, la P. ac- 
centifera , dont la chenille vit sur les menthes. Comme on 
sait, les prairies sont aussi la station ordinaire des Leucanies ; 
nous y avons retrouvé deux espèces que nous avions décou- 
vertes à Montpellier, les ZLeucania riparia et amnicola : elles 
y.volent sur les fleurs des menthes, avec la straminea et la 
punctosa. 

C’est dans ces lieux humides que vit, principalement sur les 
fleurs de salicaire, la chenille polyrhage du Polyommatus 
telicanus ; si on renferme plusieurs de ces chenilles dans une 
même boîte , elles sont si voraces que non-seulement elles se 
dévorent entre elles, mais qu’elles n’épargnent même pas 
leurs chrysalides. 

Le Tamarix , qui d’ailleurs nourrit plusieurs espèces , ne 
nous à offert qu'un Ptérophore intéressant ; et l’ {une une 
espèce inédite de Xylina : ce dernier arbre nourrit, ici comme 
en France , des espèces communes , telles que Bombyx pyri, 
bucephala, coryli, etc. L’orme nous a fourni comme dans le 
midi de la France, l’'Uropus ulmi. Avant de nous élever plus 
haut, quelques localités qui dépendent presque des plages et 
qui sont tout-à-fait particulières aux parties calcaires, mé- 
ritent de fixer l’attention. 

Elles forment des revers escarpés quai bordent Fa mer. La 


250 ANNALES 

principale plante qui y croît est le Chenopodium fruticosum ; 
ses feuilles, presque cylindriques , sont dévorées avec avidité 
par les noctuélites Chenopodiphaga et Peregrina; c’est aussi 
sur cette plante que se rencontre la chenille du Pterophorus 
adactylus , dont la forme est si bizarre et la marche si lente. 

Dans des lieux semblables , mais granitiques , de la côte oc- 
cidentale , le Lotus creticus et la Statice articulata nourris- 
sent la chenille de l'espèce d’Orgya, que nous avons appelée 
r'upestris. 

Mais quittons les bords de la mer, et entrons dans ces lo- 
calités dont aspect est si particulier ; là l’œil a peine à trou- 
ver une plante du nord de la France; on croirait être trans- 
porté sur la côte africaine : sur ces collines âpres et brûlées, 
la plupart des arbres et arbustes ne perdent plus leurs feuil- 
les; la végétation, n’ayant point à craindre les frimas , semble 
toujours exister. Parmi la grande quantité de végétaux qui 
abondent dans ces localités, nous ne parlerons que des espèces 
les plus productives pour l’Entomologie , laissant de côté la 
plupart des plantes herbacées qui ne servent guères de pâture 
qu’aux espèces polyphages. Nous citerons en première ligne les 
Quercus suber et ilex comme étant les arbresles plus précieux. 
M. le comte de Saporta , aux environs d'Aix en Provence, à 
déja découvert presque toutes les espèces particulières à ces ar- 
bres , et que nous avons relrouvées en Corse , telles que celles 
appelées ilicis, suberis, occlusa, saportæ , auxquelles se joi- 
nent d’autres qui se trouvent presque partout : ainsi les Bomi- 
{yx fagi, bucephala, trepida, Noctua alchymista, lunaris, 
protea, stabilis, instabilis, ambigua, Phalæna honoraria, 
petrificaria, hirtaria. Ces deux arbres sont devenus rares dans 
ces localités, surtout particulières au liège : car l’Z/ex grimpe 
jusque sur de hautes montagnes, où il suit de près la végéta- 
Lion froide des hêtres , à plus de 1000 mètres de hauteur. 

Ces lieux sont souvent envahis par l’Ærbousier qui nous 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 251 


fournit le beau Vyrphalis jasius , qui n’est point commun k 
Corse , à cause des incendies continuels; il ne m’a pas paru ser- 
xir de pâture à beaucoup d’espèces. Un autre joli arbrisseau qui 
quelquefois, dans ce pays, prend la dimension d’un grand ar- 
bre, est le Lentisque (Pistacia Lentiscus). Il fournit, 1c1 comme 
dans le midi de la France, les deux belles espèces de Noctuelles 
appelées Z'hyrrhæa et A dulatrix ; M. de Saporta a découvert 
le premier la chenille si peu caractérisée de cette dernière et 
intéressante espèce. Les Genista juncea, candicans , les 
Cytisus triflorus et lanigerus, croissent ici mêlés aux Phy{li- 
rea. Le premier produit l Æmphipyra spectrum et le Botis 
polygonalis : il est, ainsi que le second, assez recherché des 
chenilles polyphages de noctuelles. L’/Z/emithæa coronillaria 
paraît vivre exclusivement sur le quatrième arbuste, si redou- 
table par ses piquaas; il est fort répandu dans ces lieux, où 1! 
se mêle, dans le nord de l’ile , avec le C. spinosus , dont il ne 
semble être qu’une variété. 

Mais les végétaux les plus communs dans ces localités , et 
qui sont les premiers arbrisseaux qui recouvrent les terres in- 
cultes, sont les cistes qui caractérisent si bien les climats mé- 
ridionaux ; là croissent avec profusion les Cistus monspelien- 
sis, salviæfolius, villosus, creticus, etc. 

Ces plantes ornées de fleurs si belles, mais si passagères 
qu’un même instant voit naître et disperser leurs frêles péta- 
les, nourrissent peu de chose; les Phalènes rhomboïdaria, pu- 
pillaria s’accommodent cependant de leurs feuilles glutineuses 
et odorantes ; leurs fruits sont aussi la pâture de petites Py- 
rales. 

L'on rencontre fréquemment dans les haies le ZLonicera 
balearica et le periclymenum . que l’on voit reparaître dans 
. les lieux frais du nord de l’île ; ils nourrissent la Zimenitis ca- 
milla qui, comme la sybilla, vit exclusivement de chèvre- 
feuille , et que Godart avait supposées si gratuitement pouvoir 


252 ANNALES 

vivre, lune sur le chêne, et l’autre sur lPaune. A lexception 
des chenilles d’Æmphipyra effusa et de Xylina rhizolitha, 
je n'ai trouvé que peu de chose sur ces plantes. On rencontre 
aussi de temps en temps le Genista corsica, qui croît plus vo- 
lontiers dans les lieux élevés et dans des parties schisteuses ; 
quoique ses rameaux soient très- épineux , il n’en est pas moins 
un arbuste précieux : il nous a fourni l’Æffusa , deax Phalènes 
inédites, la Corsicaria et la Proximaria , et aussi l Opaca- 
ria, dont la chenille ressemble tellement à la Jourdanaria 
qu'on peut à peine les distinguer. 

Parmi les végétaux plus humbles, nous voyons surtoué 
croître abondamment dans ces localités , et braver l’excessive 
ardeur du soleil, l’Elychrisium angustifolium, dont les belles 
fleurs dorées embellissent seules ces lieux quand le soleil a 
tout dévoré ; c’est sur cette jolie plante que j'ai trouvé la che- 
nille de la Jourdanaria , et celle d’une espèce inédite d’Æras- 
tria que ses pattes seulement, au nombre de quatorze , 
m'avaient fait prendre pour une Phalène. Plusieurs autres es- 
pèces ne dédaignent pas les feuilles menues de cette plante, 
blanchie par un épais duvet. 

C'est dans ces lieux que se plaisent les Saryres ida, ti- 
gelius, corinna , aristeus, parmi ue on est surpris de 
rencontrer quelquefois le Janira. 

Nous n’oublierons pas de signaler ane plante bien précieuse 
pour les chenilles polyphages , quand le soleil a brülé, souvent 
à leur naissance, toutes les autres plantes herbacées; c'est 
l’Asphodelus microcarpus, qui remplace dans ces Jienx notre 
ramosus , confiné ici sur les hautes montagnes; les feuilles 
longues, épaisses et insipides de cette plante forment, avant 
que la fleur n’ait paru , une touffe dans l’intérieur de laquelle 
la chenille, tout en dévorant le eœur , se trouve à Pabri des 
ardeurs du soleil et hors de l'atteinte d’un sol brûlant ; c’est 
dans cette fraîche retraite que nous avons découvert La larve 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 253 


de la Polia asphodeli, de la Xylina australis, et aussi de 
l’Orbona, pronuba, saucia, meticulosa , etc. Une Pyrale 
jaune, parliculière à l'ile, lie souvent en faisceau les feuilles 
de cette plante; tandis qu’une autre espèce en fait autant, 
dans le midi de la France , sur l’ 4, ramosus. 

Le Pancratium iliyricum est dans le même cas que l’As- 
phodèle. 

Dans des localités correspondantes, mais seulement calcaires 
ou schisteuses et où croit le Rhamnus alaternus, se rencontre 
souvent la Colias cleopatra; la Chelonia pudica, qui se 
trouve’aussi très-répandue dans ces lieux , disparaît prompte- 
men£'si l’on monte plus haut. 

La saveur caustique du Daphne gnidium ne rebute point 
plusieurs chenilles polyphages , et entre autres celles de PEf- 
Jfusa. 

Le myrte, qui caractérise si bien ce pays, est ici fortrépandu; 
Ja suavité de son odeur , ses élégantes fleurs dont les étamines 
forment presque à elles seules toute la beauté , ne sauraient 
toucher le sauvage habitant qui, en chauffe sa cabane ; il n’é- 
chappe même pas à la voracité de la chèvre: ses feuilles ne 
paraissent plaire qu’à bien peu d’insectes , et nous n’avons ja- 
mais vu dessus qu’une seule chenilfe de 7'ineite. Nous n’aban- 
donnerons pas ces régions sans signaler une belle plante , sur- 
tout particulière au sol calcaire de Bonifacio; c’est l’Ærtemisia 
arborescens ; outre la chenille de la Cacullia tanaceti , elle 
nous a fourni celle de la Camomillæ ; dans ces mêmes lieux 
croissent la Cineraria mariiina , le Romarin , le Buplevrum 
suffruticosum , elc., plantes assez ingrates. 

“Si on s'élève plus haut , jusqu’à 5 à 6oo mètres , et dans les 
mêmes localités au nord de l'ile, on ne voit que de vastes 
landes appelées AZakis, qui ont pris la place des forêts ; elles 
sont formées par l’Arbousier, par les Phyllirea, l'Erica 
scoparia et l’arborea , dont les rameaux se terminent en lon- 


254 ANNALES 

gues panicules de fleurs blanches, qui au moindre mouvement 
laissent échapper d’épais nuages de pollen qui incommodent 
beaucoup. Ges bruyères m'ont paru bien moins productives 
que dans nos pays. 

Les lieux schisteux fournissent la Scrophularia ramosis- 
sima , dont nous avons déjà parlé, et une autre jolie plante 
cultivée dans nos jardins, la Santolina incana, qui sert de 
nourriture à la Zygæna corsica et probablement à quelques 
autres espèces. Ces localités sont la patrie de plusieurs autres 
plantes plus ou moins productives; l’on y voit les Genista 
corsica, lobeliï, FEuphorbia spinosa; Von commence à 
rencontrer le 7'hymus herba-barona, plante connue des 
habitans sous le même nom, et qui dans leur langage sert de 
comparaison pour toute odeur agréable ou plante précieuse ; 
ils emploient même son nom comme terme d'amitié ou de 
tendresse. 

Quand on s'élève à travers les nombreuses sinuosités des 
montagnes, la principale el presque seule végétation, survenue 
après la destruction des forêts, est toujours composée de Cis- 
tes, de Bruyères, d’Arbousiers et de Phyllirea, qui forment à la 
longue des bois impénétrables qu’on appelle toujours makis ; 
dans ces lieux on rencontre de temps en temps des bois de 
chênes verts, tristes débris que la flamme a plus ou moios 
épargnés; c'est dans ces parages, de 500 à 1,000 mètres de 
hauteur, que j'ai rencontré sur cet arbre les Bombyx buce- 
phala, Bucephaloïdes, monacha, Phalænamargaritarta, eic. 
- Dans les parties humides de ces lieux croissent le bel 
Alnus cordata et le Fraxinus florifera qui descend quelque- 
fois dans les plaines. N'ayant que peu exploré ces localités , 
nous ne pouvons nous faire une idée juste de leur richesse en 
Lépidoptères. 

Il est vraiment extraordinaire comme, dans ces parties 
montagneuses, les plantes méridionales se propagent jusque 


DE LA SOCISTE ENTOMOLOGIQUE. 255 
sur des sommets extrêmement froids ; c’est un fait que j'avais 
déja remarqué dans les Cévennes, où les plantes du Langue- 
doc viennent presque se mêler à des plantes alpines. 

Les insectes suivent aussi les plantes sur ces montagnes 
froides, et l’on y voit voler le Pandora mêlé au Paphia 
et au Rhamni , le Corinna et le Tigelius. C’est dans ces lieux 
qu'apparaît le Satyre neomyris qui, dans le nord de l'ile , des- 
cend jusqu’au bord des plaines. 

Enfin l’Ærbousier d’abord, puis le Ciste à feuille de sauge, 
déjà tout rabougris, finissent par disparaître; le Quercus Ilex, 
devenu rare , ne tarde pas à abandonner l’Ærica scopar'a qui 
termine les makis , et qui bientôt elle-même cède la place à 
une autre végétation qui commence de 1000 à 1200 mètres. 

Ces parties de l’île, primitivement couvertes de forêts de 
Hètres et de Pinus larix, et maritima, que couronnaient des 
bois de Sapins, se trouvent presque partout dénudées. Gest ici 
la véritable patrie de l_Argyne Elisa ; elle y vole avecle Neo- 
myris et les espèces que nous avons mentionnnées plus haut, 
et qui bientôt les abandonnent tous les deux. Le Polyommate 
Argus est le seul de son genre qui soit arrivé jusque là, et l’on 
s'aperçoit que déjà il a ressenti l'influence du froid par la teinte 
sombre et presque noire du dessous de ses ailes inférieures. 

Le principal arbuste qui croît dans ces lieux est le Juniperus 
alpina, L., que la violence des vents semble contraindre à 
ramper sur la terre. Nous avons plusieurs fois trouvé dans ces 
localités une belle Zithosie nouvelle que nous avons nommée 
bifasciata (elle descend d’ailleurs jusque dans les plaines), 
la Phalæna ornataria, etc. 

Beaucoup d'espèces ont dû nous échapper dans ces monta- 
ones, que nous avons peu visitées, et où nous n’avons rencontré 
que quelques Nocturnes peu intéressans. En s’élevant encore 
à l'extrémité des bois de hêtres, et lorsqu'on approche des 
derniers sommets , cn trouve des bois de Sapins et d'Alnus 


256 ANNALES 


suaveolens, qui paraissent être les derniers arbres. Quoique ces 
plantes doivent nourrir plusieurs espèces , elles ne nous ont 
rien offert. 

Enfin, si l’on dépasse ces arbres, l’on ne trouve que des ro- 
ches dénudées, ou couvertes d’un stérile gazon; la nature 
dans ces régions ne produit que peu de plantes. 

L’Elychrysium frigidum , qui revêt presque toutes les ro- 
ches , semble seul animer avec ses jolies fleurs blanches cette 
misérable végétation. Ces localités , où dans nos Alpes la na- 
ture a entassé avec profusion toutes ses richesses , sont ici 
tout-à-fait pauvres et stériles, et ne paient point à l’Entomo- 
logiste le prix de ses peines. C’est en vain qu’on croirait re- 
trouver des Polyommates, des Satyres, comme dans les autres 
montagnes: nous avons parcouru ces lieux à différentes épo- 
ques, sans jamais rien rencontrer. 

Cette pauvreté, je crois, tient surtout à la latitude : car 
d’après les données de M. Lefebvre sur la Sicile , il semblerait 
que les sommets de cette île ne seraient pas plus riches que 
ceux de la nôtre. Nous ne terminerons pas cet aperçu sans 
donner une idée de l'influence du territoire et du climat sur 
les Lépidoptères en général. 

En commençant par les Diurnes, nous retrouvons ici, 
comme dans le midi de l’Europe, nos deux espèces de Papil- 
lons ; mais c’est avec surprise que nous voyons disparaître 
tout à coup le genre Thaïs, quoique les plantes qui nourrissent 
ces espèces (les Aristoloches), ne manquent point dans l'ile ; 
cetle circonstance ne peut être due qu’à la nature du terrain, 
puisque les Thaïs se retreuvent dans les autres îles de la Mé- 
diterranée , dans la Péninsule espagnole et la Grèce. de con- 

çois mieux la disparition du genre Parnassien, qui semble sur- 
tout particulier au nord de l’Europe, et dont on pourrait peut- 
être fixer l’étendue à un certain degré de latitude, quoique 
pourtant M. Lefebvre en ait renconiré deux espèces en Sicile. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 57 


On retrouve, comme on verra par notre catalogue , toutes les 
Piérides communes des environs de Paris, et de plus la T'agis. 
On retrouve aussi avec surprise la Col. Rhamni. Le genre 
Polyommate est ici très-borné, et l’on s'étonne de ne ren- 
contrer qu’une seule espèce particulière au midi de l’Europe. 
La Limenitis camitla paraît ici comme dans une grande par- 
tie de la France; mais, à l'exception du Jasius, les autres 
Nymphales ont disparu. « 

Nous rencontrons dans les {rgynnes une espèce caractéris- 
tique du terrain ; nous voyons le Paphia se mêler à la Pan- 
dora; mais nous cherchons en vain ces espèces qu’on a dési- 
gnées sous le nom de Pamiers, et dont quelques-uns semblent 
braver facilement les chaleurs du midi de la Franee. 

Dans les V’anesses, l’Ichnusa vient caractériser le pays, dont 
elle semble éviter les portions calcaires ; si L. album s’y est 
aussi propagé, c’est à l'exclusion de sa congénère C. album, 
qui pourtant ne commence à paraître que dans le midi de la 
France. 

Trois Satyres, dont deux surtout , viennent caractériser le 
terrain ; à l'exclusion non moins caractéristique des Satyres 
blancs , que la chaleur est loin de contrarier , puisqu'ils se 
rencontrent dans tout le midi de l'Europe. S’il ne se trouve 
plus de Vègres, au moins la Corse a cela de commun avec 
d’autres îles de la Méditerranée. 

En AHespéries, on retrouve quelques espèces ordinaires ; 
celle appelée Sao m’a paru tellement modifiée que j'ai cru 
devoir la considérer comme une nouvelle espèce. 

Nous rencontrons une nouvelle espèce de Sésie; mais nous 
ne pourrions assurer qu’elle soit particulière à l’île. 

Le genre Sphinx nous offre une belle espèce particulière, en 
Europe, à la Corse et à la Sardaigne; c’est le Dahlii, qui rem- 
place l’Euphorbiæ et le Nicea. 

Le genre Smerinthe, peu nombreux, n’offre rien de parti- 


258 ANNALES 

culier; mais la nature se montre plus bizarre à l'égard du 
genre Zygène, qu’elle exclut complètement , à l'exception 
d’une espèce toute caractéristique et particulière aux terrains 
schisteux, la Z. Corsica. 

Les Procris semblent être étrangers à File. 

Les Lithosies sont assez nombreuses; deux nouvelles es- 
pèces, et surtout une (la bifasciata) , paraissent tout-à-fait 
particulières au pays. a 

La tribu des Chéloniaires est ici peu nombreuse ; mais une 
espèce remarquable et inédite nous a donné l’occasion de 
former un nouveau genre sous le nom de 7richosoma. 

Le genre Psyche se retrouve ici, comme dans toutes les au- 
tres parties du midi. Une nouvelle espèce d'Orgya vient aussi 
caractériser les âpres roches granitiques de notre île, qui paraît 
d’ailleurs peu riche en Bombycites. Nous n'avons point vu de 
Stygia, et le genre /1épiale semble être tout-à-fait étranger 
au pays. 

Rien de remarquable pour les autres Bombycites. 

Dans les Noctuélites rien d’extraordinaire; la plupart des 
genres se retrouvent; et parmi ceux-ci, les genres Ægrotis, 
Plusia, Cucullia et }es Catocala nous fournissent le plus 
d'espèces. 

Une espèce fort remarquable semble faire le passage aux 
Herminies , et formera un nouveau genre, sans doute particu- 
lier à l'ile: Les Phalénites , à l'exception de quelques espèces 
nouvelles , sont dans le même cas que les précédentes. Nous 
ne dirons rien des petites espèces ; leur étude est trop peu 
avancée. 

Nous allons passer immédiatement à la description des es- 
pèces inédites , et nous terminerons cette notice par le cata- 
logue de toutes les espèces que nous avons recueillies dans 
l'ile, 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 259 


Diurnes. 
G. Pigris. Pieris Tagis. PI 5, fig. 1, 2. 


P. Beliæ statura, eique simillima. Alis anticis minus produetis ; 
macula nigra discoidali, supra parva, infra lunata, minima, li- 
neart pupillata ; posticis infra albo non argenteo maculatis. 


Hubner, Pap. tab. 110, fig. 565, 566. 

Esper. Pap. Europ. tab. 117, fig. 5, G. 

Ochsenheimer, Schmet von Europ., t. 1, p. 162. 

Godart, Encycl. méth., t. 9, n° 28. 

Boisduval, P. Bellezinaind. meth.? P. Tagis, p. 27, pl. 7, 
fig. 125. icon. hist. ? 

Duponchel, Suppl. aux Diurnes de Godart, t. 1, pag. 20, 
pl. 3, fig. 5, 6.? 


Cette Piéride ressemble presque entièrement à la Belia ; 
mais les ailes supérieures sont plus arrondies, et leur bord 
antérieur n'offre pas, vers son milieu, de concavité bien sen- 
sible. La tache noire discoïdale en dessus est plus étroite; en 
dessous, elle est réduite à un petit croissant traversé, dans 
sa longueur , par une ligne blanche. Le dessous des ailes infé- 
rieures est également très-semblable à la Belia ; mais les taches 
blanches sont ordinairement plus petites , pas sensiblement 
argentées. Ce caractère n’est pas d’ailleurs constant, puisque 
lAusonia a quelquefois ses taches blanches argentées. 

Nos mdividus diffèrent assez notablement de ceux de Pro- 
vence appelés Bellezina,et que M. Boisduval considère comme 
la véritable J'agis : ainsi, dans Les nôtres, le sommet des ailes 
supérieures est en dessus d’un noirâtre lavé de blanc moins 
foncé , avec les taches blanches bien moins larges; les taches 
blanches du dessous des inférieures sont aussi moins larges , 
plus nombreuses, quelquefois un peu nacrées. Le dessous de 


” 260 ANNALES 


ces ailes ressemble beaucoup à celui de certains individus de Be- 
lia ; tandis que, dans l’autre, il se rapprocherait de l’Æusonia. 

Il pourrait bien se faire qu’ils formassent deux espèces dis- 
tinctes , et alors les individus de la Corse sembleraient être la 
vraie Z'agis. Toutefois ces deux espèces se rapprocheraient 
beaucoup par un caractère commun, la petitesse et la forme 
de la tache noire discoïdale. 

Cette espèce paraît en Corse au mois d'avril et au com- 
mencement de mai, aux environs d'Ajaccio, où ne se rencon- 
tre plus les ?. ausonia et belia. 


Diurnes. 


G. Vanessa. Vanessa Ichnusa. PI, 7, fig. 3. BoneLt, mem. 
de l'Ac. de Turin. 50 v., pag. A tab. 3, fig. 2. 


F. urticæ simillima , alis anticis duobus punctis sœpissime carenti- 
bus , fascia fulva posticarum latiore. 


Cette Vanesse ressemble presque entièrement à la V, Urticæ; 
mais les deux points noirs extérieurs et discoïdaux des ailes 
supérieures manquent presque toujours. Le troisième est plus 
rapproché de la base de l'aile; et la tache couleur d’ocre, qui 
est placée à son côté externe dans l’autre espèce , manque ici; 
elle reparaît quelquefois un peu chez la variété signalée plus 
bas. La bordure des ailes est ordinairement plus foncée; la 
large bande fauve transverse des ailes inférieures est bien plus 
large dans son milieu. 

Le dessous des ailes est semblable, ordinairement un peu 
plus obscur. Une petite famille de chenilles m’a produit une 
variété chez laquelle les deux points noirs, qui avaient dis- 
paru , commencent à se montrer plus ou moins; tandis que 
le troisième, qui s'approche de la base, tend à disparäitre: 
quelquefois presque entièrement. Elle conserve du reste tous : 

ses autres caractères. 


DÉLA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 261 


Elle a les mêmes mœurs que sa congénère, et paraît aux 
inêmes époques dans les parties montagneuses, Quoiqu’elle 
fréquente toute l'ile, elle est cependant rare dans les par- 
ties basses et chaudes où les orties sont bientôt brûlées par le 
soleil; tandis que je l'ai vue voler assez communément jusque 
sur le sommet du mont d’Oro : elle atteint ainsi des régions 
qui s'élèvent de plus de 2700 mètres au dessus du niveau de 
la mer. La chenille est noire , très-finement piquée de blanc, 
et plus claire vers le pli des anneaux. 

Au dessus des stigmates , 1l existe une ligne rougeâtre plus 
ou moins apparente , bordée inférieurement par une ligne 
brune sinueuse qui porte les stigmates; ceux-ci sont ovoïdes, 
noirs , à disque peu visible, entourés d’une ligne pâle. 

Plus bas se voit une ligne d’un jaunâtre obscur de la cou- 
leur du ventre , dont elle est séparée par une autre ligne de 
couleur noire, tantôt maculaire , tantôt presque nulle. 

La partie antérieure du ventre et les espaces compris entre 
les pattes , sont noirs; quelquefois cette couleur envahit pres- 
que tout le ventre. 

Chaque anneau présente une rangée circulaire de sept épi- 
nes rameuses , excepté les deuxième et troisième , qui n’en ont 
que quatre. Ges épines sont noires en dessus, plus claires sur 
les parties claires. Leur base est très-brillante, et forme comme 
un point bleuâtre. Outre ces épines , dont les premier et dou- 
zième anneaux sont privés, le corps, principalement aux cô- 
tés, est garni de poils blanchâtres. 

La tête est échancrée en cœur supérieurement; elle est 
très-noire , avec de petits tubercules pilifères blanchâtres. 

Les pattes écailleuses sont noires ; les autres sont verdâtres, 
avec une tache noirâtre au côté externe. 

La chrysalide ressemble à celle de la . urticæ : elle est 
brune ou noirâtre; quelquefois lavée d’un peu de rougeâtre 
avec des parlies plus claires. e 

1. 18 


262 ANNALES & 

L'extrémité des pointes du corps est souvent rougeätre ou 
d’an rougeâtre argenté, avec six taches argentées au delà du 
dos, qui manquent souvent. 

Cette chenille vit sur l’Urtica hispida. 

Je ne l’ai jamais rencontrée sur d’autres espèces, telles que 
l'Urtica pilulifera, membranacea et dioica qui nourrit chez 
nous l’Urticæ, quoiqu’elles soient souvent très-communes 
dans l’île; elle les mange cependant , quand on les lui donne : 
mais elle préfère toujours l’hispida. Elle vit en sociétés qui se 
dispersent après la quatrième mue , et quelquefois avant. 

Le papillon passe l'hiver, et se montre en février et mars 
pour la première fois dans les plaines, et en mai, dans les 
montagnes; pour la seconde fois en mai, dans les pre- 
mières localités , où il est très-difficile de concevoir comment 
il peut se reproduire pendant les chaleurs de l'été, puisque 
toutes les orties sont brûlées. 

Il paraît d’ailleurs dans les montagnes absolument aux mé- 
mes époques que la 7. urticæ dans ces pays-ci. Il a été décou- 
vert dans l’île de Sardaigne , sur le sommet du Genargentu, 
le 25 mai 1825, par M. de la Marmora. 


G. Sarynus. Satyrus Aristeus. (Bonezur, Mém., pag. 177, 
tab. 2, fig. 1.) 


Nous croyons que c’est à tort que Bonelli a fait de ce pa- 
pillon une espèce distincte. Il n’est évidemment qu'une va- 
riété du Semele (L.). Il n’en diffère qu’en ce que la couleur 
fauve du dessus des quatre ailes et du dessous des inférieures 
s’étend sur presque toute leur surface. Cette variété est d’ail- 
leurs constante dans l’île, où elle existe seule. Elle se trouve 
dans toute la Corse, et s'élève même dans les montagnes à une 
grande hauteur sans éprouver aucun changement. 


? 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 265 


Satyrus Tigelius. 


(Boxer. Mémoires de l Académie de Turin, 30 vol., p- 181, 
tab. 1, fig. 2.) 


S'imillimus S. megæræ, sed minor. Alarum posticarum disco, fascia 
media transversa supra destituto. 


Ce Satyre ressemble beaucoup au Aesæra; mais les dif- 
férences qu'il présente étant toujours constantes, nous pen- 
sons avec Bonelli qu’il doit former une espèce. Il est toujours 
plus petit; la bande transverse et oblique du dessus des ailes 
supérieures du mâle est plus étroite vers le bord antérieur de 
l'aile ; les trois autres lignes transverses qui partent de ce bord 
sont également plus étroites; et la ligne qui, en faisant un 
angle du côté de la marge, vient s'arrêter vers l’angle posté- 
rieur de l'aile, est presque complètement effacée : aux ailes 
inférieures , la base est moins obscure, et cette partie est li- 
milée par une ligne moins sinueuse ; mais le principal carac- 
tère , et qui est toujours constant, c’est que l’espace compris 
entre cette ligne et la rangée d’yeux, n’offre jamais de bande 
noire transverse. [l y a des femelles chez lesquelles les lignes 
du dessus des ailes disparaissent presque complètement. Le 
dessous ne présente pas de différence bien notable; seulement 
il est plus varié aux ailes inférieures, et la ligne blanchâtre, 
ou d’un blanc grisâätre , qui longe la marge des ailes , est plus 
vive et plus anguleuse. Tout le reste est à peu près semblable. 
Ce qui paraît confirmer l'authenticité de cette espèce , c’est 
que les individus de AZegæra, pris dans les parties de l'Europe 
plus chaudes que la Corse, diffèrent peu des nôtres, tandis 
que. le 7'igelius en Corse et en Sardaïgne remplace ses deux 
congénères. 

=‘ La chenille est d’un vert clair; le vaisseau dorsal est cou- 


264 ANNALES 


vert par une petite bande d’un vert plus foncé, sinuée et bor- 
dée d’un petit liseré jaunâtre. Entre cette bande et les stig- 
mates , il en existe une autre, à peine visible , fort sinueuse , 
très-légèrement bordée de jaunâtre. On voit au dessous des 
stigmates une ligne longitudinale pâle , d’un blanc jaunâtre 
ou verdâtre, qui disparaît antérieurement, et qui est bordée en 
dessus par une nuance plus foncée. 

Les stigmates , dont on ne distingue bien que le premier et 
le neuvième, sont courtement ovoïdes , avec la bordure ferra- 
sineuse et le disque plus pâle. La tête est arrondie, rugueuse, 
verte et hérissée de petits poils; un des yeux lisses est double 
au moins des autres, et très-saillant comme dans la Aegæra. 

Les pattes sont verdâtres , avec les crochets un peu roussâ- 
tres. 

Le corps est couvert de petits poils noirâtres qui partent de 
très-pelits tubercules blanchâtres. 

L’extrémité du dernier anneau porte au dessus de l’anus 
deux petites cornes horizontales et hérissées de petits poils. 

La chrysalide est tantôt verte , avec quelques àtomes noirâ- 
tres , et, sur la face dorsale de l’abdomen , deux rangées de six 
ou sept tubercules blanchâtres , noirs à l'extrémité; tantôt eile 
est noire, comme chagrinée de très-petits atomes pâles, avec 
les deux rangées de tubercules, deux points à la crête dorsale, 
et l’angle supérieur de l’enveloppe: des ailes roussâtre; elle: 
est un peu plus courte que celle du Megæra. 

Dans ce Satyre, comme dans ses congénères, la couleur 
nêire de la chrysalide ne vient point à la longue, comme Gedart 
le pensait; mais les-chrysalides sont noires ou vertes dès le 
commencement. 

Cette chenille vit de graminées. Elle paraît, ainsi que le pa- 
pillon, presque toute l’année dans les parties chaudes; dans 
les montagnes, où elle s’élève très-haut, elle suit les mêmes 
époques que le Megæra. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 265 


G. HésreriA. Jesperia Therapne (PI, 7, fig. 4). 


ÎT. Sao similis, sed paulo minor. Alis anticis, supra fascia maculari 
exterua interrupta , serie marginali atomorum vix flexuosa. 


Cette Hespérie ressemble beaucoup à la Sao. Ses ailes sont 
en dessus d’un brun noirâtre, plus ou moins mélangé de blanc 
jaunâtre , et quelquefois lavé de rougeñtre. Les taches qui 
composent les deux séries transverses des ailes supérieures 
sont plus larges que dans la Sao , et la série externe est tou- 
jours interrompue dans sa continuité, n’élant formée anté- 
rieurement que par trois taches souvent confondues entre el- 
les ; la quatrième , qui vient après , se trouve plus rapprochée 
du bord externe que dans la Sao. Mais ce qui la caractérise 
surtout, c’est que la ligne marginale d’atomes blanchütres , 
souvent à peine visible, est ici beaucoup moins flexueuse et 
plus proche de la frange. Les ailes inférieures ont la série 
transverse du milieu de l’aile formée de taches beaucoup plus 
larges. Toutes ces taches sont d’un blanc jaunâtre ou rous- 
sâtre. 

Le dessous , qui reproduit quelques unes des différences du 
dessus, ne diffère pas, du reste, sensiblement de l’autre es- 
pèce. 

La massue des antennes, qui est toujours en partie noire 
dans la Sao, a, dans notre espèce, la face interne de l’extré- 
mité d’un rouge foncé. 

Cette Hespérie est peu répandue dans l'ile ; on la trouve à 
la même époque que la Sao. 


266 ANNALES 


Crépusculaires. 
G. SpHinx. Sphinx Dalhii (Treitschke). 


S. Euphorbiæ similis. Alis anticis albo rufescentibus. Fasciæ 
margineque anteriore olivaceis. Posticis rubris, basi strigaque 
nigris. Dorso strigis duabus albis. Abdomine tribus maculis latera- 
libus nigris. | 


Boisd. Ind. meth. 


Ce beau Sphinx ressemble beaucoup au S. Æuphorbiæ, 
dont il a presque tout-à-fait le dessin. Les principales différen- 
ces qui le caractérisent sont d’avoir, 1° les nervures des ailes 
supérieures jaunâtres un peu comme dans le $. lineata; 2° les 
épaulettes (ptérygodes , Lat.) entièrement ceintes de blanc: 
3° d’avoir trois taches noires sur les côtés de l’abdomen, dont 
les anneaux sont bordés en dessus d’un reflet bleu, Les trois 
taches de l’abdomen le distinguent aussi du Zygophylli, dont 
il est singulièrement rapproché. Il paraît deux fois comme 
l'Euphorbiæ, en avril et au commencement de mar, puis en 
août. Nous renvoyons , pour la description et la figure de la 
chenille , à la Collection icon. et hist. des chenilles d'Europe, 
que nous publions de concert avec MM. Boisduval et Graslin. 


G. Szsra. Sesia anthraciformis (PI. 7, fig. 7). 


Alès anticis viridi-violaceo-nigrescentibus, spatis duobus hyalinis. 
Posticis hyalinis, marginibus nigris. Fimbriis brurneis. Antennis, 
capite , corpore pedibusque viridi-violaceo-nigrescentibus. 


Elle est de la taille de la F'ormicæformus. Ses aïles supérieu- 
res sont d’un noir verdâtre, qui quelquefois devient un peu 
bleuâtre vers l’extrémité de l'aile et le long du bord posté- 
rieur: elles offrent deux espaces vitrés, dont l’externe , presque 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 267 


carré, est traversé par deux nervures, et le second, qui est 
allongé , par une seule nervure; on apercoit aussi quelquefois 
près de la base une légère éclaircie vitrée linéaire. Les ailes 
postérieures, presque entièrement transparentes, ont leur base 
noire À sa naissance , et une bordure étroite d’un noir bleuâ- 
ire. La nervure qui ferme la cellule discoïdale est bordée de 
noir du côté externe. La frange est brune; le dessous des ailes 
ne diffère pas sensiblement. 

La tête, les pattes et tout le corps sont entièrement d’un 
noir plus ou moins verdâtre , quelquefois bleuâtre sur les pat- 
tes. Les palpes et les antennes sont de la même couleur, ces 
dernières sont très-finement velues à leur face inférieure dans 
le mâle; le tibia est très-épais, surtout dans le mâle. J’ai 
trouvé cette Sésie dans le mois de mai sur les tiges et les feuil- 
les de l’'Euphorbia myrsinites, et dans des lieux où il n’exis- 
tait presque que cette seule plante; ce qui me fait penser que 
sa larve pourrait bien vivre dans l’intérieur de cette Euphorbe. 


Crépusculaires. 


G. Zxezna. Zygœna Corsica (PI. 7, fig. 5. 6). 


Als anticis luteo-rufes : marginibus viridi-cœruleis, maculis quinque 
rubris. Posticis rubris ; collari, humeris, pedibus , abdominisque 


subtus annulorum margine albidis. 
Boisduval. Mono. des Zyg. p. 81, pl. 5, fig. 2. 


Elle est de la taille de la Z. Fausta. Les ailes supérieures 
sont d’un jaune roussâtre : couleur qui est plus ou moins en- 
vahie, surtout chez le mâle et sur les bords de l'aile, par une 
teinte d’un bleu violet-verdâtre. Cette teinte même s’é- 
tend, mais très-rarement , sur presque toute laile. Chez la fe- 
melle , elle est bornée au sommet et à une partie de la frange. 
Ces ailes présentent cinq taches rouges, placées comme à l'or- 


268 ANNALES 


dinaire. Leur frange est d’un bleu violet ou noirâtre , avec le 
bord externe roussâtre chez la femelle, 

Les ailes inférieures sont d’un beau rouge; avec la frange 
d’un noir bieuâtre, qui s'étend souvent un peu sur le bord de 
l’aile chez le mâle. 

Le corps est d’un noir plus ou moins bleuâtre , avec le bord 
postériear des anneaux du ventre blanchâtres en dessous. Cette 
couleur s’étend même chez la femelle sur une grande partie du 
dernier anneau , etsur le bord dorsal des deux précédens ; Les 
deux épaulettes (ptérygodes, Latreille ) sont blanches dans la 
femelle, et seulement en partie chez le mâle. Le prothorax en 
dessus est blanchâtre ; la tête est de la couleur du corps; avec 
les antennes fortement en massue , et d’un noir verditre. 

Les yeux sont bordés postérieurement par une ligne blan- 
che. Les pattes sont d’un blanc sale chez la femelle, avec les 
faces supérieures et antérieures des cuisses de la couleur du 
corps, et les tarses un peu obscurs ; le blanc domine beaucoup 
moins chez le mâle. 

Cette jolie espèce paraît au commencement de juin. Elle 
vole assez rapidement en plein soleil; mais, à l'approche de 
la nuit, elle va se poser sur les tiges sèches des brayères ou 
sur celles de la plante dont sa chenille se nourrit. 

Cette chenille est d’un brun clair un peu bleuâtre. A la 
loupe, son corps est très-finement pointillé de noir; il y a, 
sur le vaisseau dorsal, une ligne blanchâtre à peine visible, 
qui quelquefois n’est sensible qu’au bord postérieur des an- 
neaux. 

En descendant un peu vers les côtés, on voit une série lon- 
gitudinale de taches d’un noir velouté. Ges taches sont trian- 
gulaires , avec l'angle le plus aigu tourné vers le vaisseau dor - 
sal; elles sont placées au bord antérieur de chaque anneau ; 
le premier seul en manque. Immédiatement au dessous existe 
une autre série de taches jaunes, plus pelites que les autres, 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 269 


avec une de leur extrémité qui s’avance entre celles-ci. Elles 
sont placées au bord postérieur des anneaux; les deux extré- 
mes en sont privés. 

Plus bas se trouvent les stigmates ; ils sont arrondis; un peu 
brunâtres, avec la bordure noire et saillante. 

Les masses de petits tubercules pilifères qui sont au dessus, 
et ceux qui sont à la base des pattes membraneuses, forment 
des groupes saillans comme dans les écailles, mais plus larges. 
Ils produisent de petits poils blanchâtres ou brunâtres. 

Le premier anneau, qui dans le repos se cache dans le 
deuxième , loge lui-même la tête, et est bordé antérieure- 
ment de jaune. | 

La tête est très-petite, d’un noir luisant. Cette chenille, 
pour se métamorphoser, file , le long d’une tige, une coque 
presque ovoide, un peu comprimée , pointue à ses deux ex- 
trémités, luisante, d’une consistance papiracée; elle est d’une 
couleur uniforme d’un roux très-pâle. Elle présente en des- 
sus deux plis saillans qui parcourent toute sa longueur ; on en 
voit un ou deux autres sur les côtés. Outre cela, elle est plus 
ou moins rugueuse , et irrégulièrement réticulée. 

Lo chrysalide est courte, assez épaisse, noirâtre , plus fon- 
cée sur l’enveloppe des ailes; les diverses parties de l’insecte 
y sont bien distinctes. 

Sa face dorsale est elliptique. Les antennes sont si saillantes 
qu’elles semblent n’être qu’appliquées sur la chrysalide. 

Les pattes postérieures s’avancent jusqu’au dernier anneau. 
Le bord des anneaux du ventre est roussâtre en dessous. Les 
ailes postérieures dépassent les autres, et s’avancent vers la 
face dorsale ; elles sont d’un rouge très-obscur. 


270 ANNALES 


Nocturnes bombrycites. 


G. Lrruosra. Lithosia bifasciata (PI. 8, fig. 11 }. 


L. alis anticis albis, lineis longitudinalibus, fascüsque duabus 
{TANSVETSIS RATS « 


Cette Lithosie a tout-à-fait le port et la taille de la L. Cri- 
brum, mais elle forme une espèce bien distincte. 

Les ailes supérieures sont en dessus comme dans la L. Cri- 

brum , mais elles ne sont traversées dans leur largeur que par 
deux bandes noirâtres , dont la première plus éloignée de la 
base, et la seconde correspondant à la troisième du Cribrum. 
De plus, la ligne qui traverse dans sa longueur la cellule dis- 
coïdale dans le Cribrum , borde ici la nervure antérieure de 
cette cellule. Les ailes inférieures sont d’un brun plus foncé, 
et leurs nervures sont postérieurement bordées de lignes rous- 
sâtres qu’on ne voit pas dans l’autre. 
Les antennes sont un peu plus pectinées dans le mâle. Il y 
a deux gros points noirâtres sur le prothorax, et l’on voit une 
large bande de la même couleur sur chaque ptérygode. Quoi- 
que notre espèce varie tout comme l’autre, les caractères que 
nous venons de citer sont toujours constans. 

Cet insecte se montre dans toute la Gorse, mais il affec- 
tioune surtout les montagnes. Il paraît dès ie mois de mai ; dans 
les montagnes élevées , on le rencontre jusqu’à la fin de l'été. 

La chenille est d’un bran-roussâtre plus ou moins foncé. Il 
existe sur le vaisseau dorsal une ligne d’un jaune roux; entre 
cette ligne et les côtés, on aperçoit une autre ligne longitu- 
dinale roussâtre , souvent à peine visible. Les côtés sont rous- 
sâtres , plus ou moins nuancés de brun; les parties, qui sont 
au dessus des pattes, sont un peu plus brunes, et le ventre 
est roussâtre. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. a71 


Il ÿ a sur chaque anneau une ou deux rangées circulaires 
de tubercules brunâtres portant des touffes de poils courts, 
dont il y en a de blanchâtres et de noirâtres. 

Les stigmates sont oblongs , un peu comprimés, noirs. La 
tête est d’une couleur cuivreuse obscure, fort brillante. Les 
pattes sont rousses , les écailleuses plus foncées. 

Elle fait une coque très-lésère, grisâtre, et produit une 
chrysalide noire, épaisse, ventrue , avec le corps rétréci dans 
la femelle. Elle est très-obtuse à son extrémité , et les anneaux 
de son ventre sont garnis de soies crochues très fines. Elle 
éclot en mai, juin, juillet et août. 

Cette chenille est polyphage. Elle aime surtout les grami- 
nées, chicoracées, etc. 


Lithosia rufeola (PI. 8, fig. 12). 
L. griseo-rufescens , alis anticis punctis aliquot nigrescentibus. 


Cette espèce n’est pas plus grande que la £. serva. Les ai- 
les sont roussâtres ou grisâtres ; les supérieures sont finement 
sablées d’atomes noirs irrégulièrement disséminés; l'aile est 
‘traversée, un peu avant son milieu, par une rangée de quatre 
points noirâtres qui peuvent s’unir et former comme une bande 
oblique. Plus loin, et dans le centre de l’aile, se trouvent deux 
autres points noirâtres qui se prolongent pour s'unir en un 
angle aigu. 

Le dessous des ailes supérieures est brunâtre , avec les 
bords plus pâles , excepté à la base. Gelui des inférieures est 
semblable au dessus; avec le bord antérieur, à partir de la base, 
d’un brun roussâtre très-pâle. 

La tête et les palpes sont roussâtres ; les antennes sont un 
peu ciliées. Tout le corps est gris, avec le ventre blanchâtre. 
Les pattes sont crises , avec leur face interne et les tarses un 
peu roussâtres. Je n’ai point trouvé la femelle. 


272 ANNALES 
On rencontre cette petite espèce le long des haies et des 
murailles , au mois de mai. 


G. Tricnosoma. Trichosoma Corsicum. (PI. 8, fig. G.) 


Arctia. (Scuranx. Larreize.) Eyprepia (OcusENaEIMER). 
Chelonia (GopbarT ). 


T. Alis anticis nigris, rivulis fulvo-roseis. Posticis fulvis, nigro ma- 
culatis. Fœmina vixz hemiptera. 


Ce joli Lépidoptère, qui, au premier abord, semblerait se 
placer dans le genre Chelonia, à côté de la G. Plantaginis, 
s’en éloigne beaucoup par ses caractères, que nous avons 
trouvés suflisans pour former un genre nouveau. 

Ce genre paraît comprendre trois espèces : T. Latreilln ? 
Corsicum, et Parasitus. 

Caractères du genre Trichosoma : 

— Chenilles velues , polyphages. Chrysalides courtes, épais- 
ses, n'ayant point les anneaux du ventre flexibles; enve- 
loppées dans une coque, lâche , très-petite. 

— Insecte parfait. Fem. : ailes au moins moitié plus petites 
que celles du mâle; antennes courtes, finement dentées. 
Mâle : ayant les antennes pectinées, avec les dents ter- 
minées par un poil penché vers l’extrémité. 

— Palpes inférieurs cylindriques , médiocrement longs, très- 
velus. Spiritrompe courte, disjointe à l’extrémité. Tibia 
des pattes antérieures très-court, évasé antérieurement, 
avec le bord plus ou moins denté, portant un péroné (1) 


(x) Nous appelons ainsi un prolongement filiforme ou en pointe, qui 
part de la face interne du tibia, plus ou moins près de sa base, dont 
la forme et la longueur varient beaucoup, et qui se rencontre dans un 
grand nombre de Lépidoptères, surtout les Bombycités, Noctuéliites 
Phalénites, etc. : | 


DE LA SOCIETÉ ENTOMOLOGIQUE 273 
de sa longueur ou plus long que lui; filiforme. Gel 
des postérieures ne portant qu'une paire d’épines. 

— Ï] paraît au commencement du printemps. Le mâle cher - 
che sa femelle en volant rapidement à l’ardeur du se- 
lei]. 

Elle est de moitié plus petite que la Ch. Plantaginis, et lui 
ressemble un peu pour le dessin des ailes. Les ailes supérieu- 
res sont noires, avec des lignes sinueuses transverses qui s’a- 
nastomosent dans différens endroits, Ces lignes sont au nombre 
de quatre ou cinq ; leur couleur est d’un jaune fauve, plus ou 
moins lavé de rouge. Les postérieures sont fauves , avec une 
bande marginale postérieure , formée de taches noires plus ou 
moins rapprochées et confondues , et deux ou trois lignes de 
la mème couleur qui partént ce la base pour venir s’unir à ces 
taches. Le bord postérieur de la cellule discoïdale est couvert 
par un croissant noir ; les franges sont brunes. 

Le dessous des ailes est d'un jaune fauve, avec des bandes 
et des taches noires plus ou moins marquées, et qui corres- 
pondent au dessin du dessus. | 

La femelle a les ailes rudimentaires, velues, ciliées, étroites, 
d’un jaune fauve pâle, plus ou moins marqués de bandes et 
de taches noires. Leur grandeur varie un peu, selon les indi- 
vidus. 

Le corps esttrès velu, comme dansles Psyché; il est noirâtre, 
ct ses poils sont nuancés de blanchâtre ou de roussâtre, L’ab- 
domen est également très-velu , noir ou noirâtre en dessus, 
plus ou moins fauve en dessous et à l’anus. Chez la femelle, il 
est gros, d’un gris roussâtre, avec l’anus fauve. Les pattes 
sont noires, un peu variées de fauve; les antennes sont de ia 
même couleur , avec l’axe plus ou moins fauve à l'extérieur. 

Cette espèce voltige pendant l’ardeur du soleil avec une ex- 
trême rapidité; e le commence à paraître dans le mois de mars, 
et coniinue jusque dans le mois de mai, Elle se trouve surtout 


274 ANNALES 
dans les parties montagneuses, où elle s'élève quelquefois très- 
haut. 

L’accouplement du mâle et de la femelle dure une ou deux 
heures, ou un peu plus. La femelle commence à pondre immé- 
diatement après. Dans cette opération, qui dure plusieurs 
jours, elle ne produit pas moins de cinq à six cents œufs, qu’elle 
assemble en un petit tas, mêlé avec une partie des poils de son 
abdomen. Son corps est alors réduit à très-peu de chose, et 
elle meurt en pondant ses derniers œufs, sur le tas même 
qu’elle a formé. Ces œufs sont lisses, luisans ; ils ont la forme 
d’un peu plus de la moitié d’un ovoïde; l'extrémité tronquée, 
est enfoncée en dedans, et forme une cavité. Leur couleur 
est d’un blanc roussâtre ou jaunâtre. Au bout de quinze jours 
ou trois semaines , ils noircissent, et-les petites chenilles en 
sortent peu de temps après, et par l’extrémité conique. Elles 
restent au moins une journée sans manger, el sont alors 
presque immobiles ; ensuite elles s’assemblent en différens 
groupes sur les plantes qu’on leur a offertes. Au bout de plu- 
sieurs jours , elle est d’un blanc verdâtre, un peu roussâtre. 
Chaque anneau porte une rangée circulaire de tubercules 
noirâtres, d’où sort un long poil, qui, à une forte loupe, 
semble rùgueux. La tête est très-noire. Arrivée à sa troisième 
mue , sa couleur est très-différente, On voit une ligne blanchä- 
tre sur le vaisseau dorsal , et le dos est occupé par une large 
bande noire; les côtés et le ventre sont rougeûtres ; les touffes 
qui partent de chaque tubercule sont composées de poils peu 
longs, noirâtres, mêlés de quelques-uns qui sont blanchä- 
tres. 

Après sa quatrième mue , le vaisseau dorsal forme une raie 
blanchâtre; une large bande noirâtre règne sur le dos; la cou- 
leur des côtés est roussâtre ou blanchôtie, et l’on voit quel- 
quefois une ligne jaune formée d’une série de taches bordées 
de noir supérieurement le long de la bande dorsale; entre 


D£ LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 275 
celle-ci et la base des pattes , il existe deux ou trois lignes noi- 
râtres plus ou moins distinctes. Le ventre est de la conleur des 
côtés , un peu lavé de brunâtre. Les trois premiers anneaux et 
les quatre derniers portent des touffes de poils noirâtres , plus 
pâles sur les côtés ; avec quelques uns blanchâtres, plus longs. 
Sur les autres, ces toufles sont rousses ou fauves , plus pâles 
sur les côtés; quelquefois cependant elles restent noires sur 
le dos, étant seulement roussâtres sur les côtés. Les pattes 
sont roussâtres ; la tête, qui est rousse ou roussâtre, porte deux 
taches noires à son sommet qui l’envahissent souvent comple- 
iement. | 

Cette chenille est polyphage , et se trouve dans le mois de 
mai; elle file entre les herbes une lésère coque brune ou rous- 
sâtre, pressée sur la chrysalide. Celle-ci est courte, épaisse, 
d’un rouge obscur. Son extrémité postérieure, qui est très- 
obtuse, se termine par une petite pointe. Dans la femelle, le 
corps de la chrysalide est beaucoup plus mince que l’abdo- 
men. 


G. Oncya. Orgya rupestris (PI. 8, fig. 1, 2, 5, 4, 5). 


Org. statura Org. antique , alis fusco-ferrugineis, anticis strigis 
tribus obsoletis, cinereis , externa in maculam niveam desinente. 
Fœmina aptera, ova in folliculo partente. 


Ce Lépidoptère est à peu près de la grandeur du Gonos- 
tigma ; ses ailes supérieures sont d’un roux-foncé obscur; el- 
les sont traversées par trois lignes sinuées, anguleuses, plus ou 
moins marquées, d’une couleur cendrée , et dont l’externe se 
termine vers l’angle postérieur de Paile par une tache blan- 
che. On voit quelquefois partir du bord antérieur le commen- 
cement d’une quatrième ligne; d’autres fois , toutes ces lignes 
disparaissent presque complètement. Il ÿ a sur le milieu de 
l'aile une tache réniforme blanchâtre, traversée dans sa lon- 


276 ANNALES 


sueur par une ligne noirâtre plus ou moins visible. Les ailes 
postérieures ont la même forme que dansle Gonostigma, mais 
elles sont un peu plus allongées dans la direction de leur angle 
postérieur. Elles sont d’une coaleur un peu plus pâle que les 
autres. 

Le dessous des ailes est d’une couleur rousse siennes 

Les antennes sont fortement pectinées , brunes , avec l’axe 
roussâtre. Les pattes et le corps entier sont d’un brun roussä- 
tre. Cette description ne concerne que le mâle. 

La femelle est à peu près aptère, ses ailes étant réduites à 
deux très-petites écailles velues. Tout son corps est couvert 
d’un duvet blanchâtre; ce n’est guère qu’un sac complète- 
ment rempli d'œufs. Des débris de la chrysalide restent pres- 
que toujours sur la tête et les parties du corps environnantes. 

Cette femelle, dont l’existence est bornée au seul acte de 
la reproduction, ne sort point de son cocon, au travers du-. 
quel elle avance son anus pour qué le mâle puisse s’accoupler. 
Cela fait , elle remplit sa coque de ses œufs, qu’elle entremêle 
de duvet , et dont une forte couche recouvre la masse entière. 
Après sa ponte achevée , à peine si l’on retrouve quelques par- 
celles de son corps. M. le comte de Saporta a observé les mê- 
mes mœurs dans l’Or. 7rigotephras, aux environs d'Aix. 

Les œufs sont arrondis, lisses, blanchâtres; les petites 
chenilles en sortent à la fin du mois d'avril où au commence- 
ment de mai. Elles s’échappent par des petits trous qu'elles 
font à travers la coque , et dont un petit nombre sert à la sor- 
tie de toutes les chenilles. 

Arrivée à toute sa grosseur, cette chenille est noirâtre; elle 
a sur le dos deux lignes fauves, sinueuses , plus où moins lar- 
ses, quelquefois à peine sensibles, manquant sur le EPIRReS 
et le dernier anneau. 

Les côtés présentent une série longitudinale de petits traits 
jaunes qui n’aticint pas les extrémités. Les stigmates sont 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 257 
noirs; leur bordure est très-épaisse , et le disque linéaire. Le 
ventre est pâle, an peu jaunâtre. Le premier anneau porle 
de chaque côté un pinceau de poils noirs plumeux, surtout à 
leur extrémité, qui paraît alors renflée. 

Les quatrième , cinquième , sixième et septième portent en 
dessus chacun une touffe épaisse de poils noirâtres plus ou 
moins foncés; les huitième, neuvième et dixième présentent 
le premier un petit tubercule , les autres, uñe espèce de tenta- 
cule un peu creusé en entonnoir à l'extrémité, d’une couleur 
fauve. Enfin il y a sur le pénultième un pinceau de poils plu- 
meux semblables à ceux du premier anneau. Chaque anneau 
offre en outre une rangée circulaire de tubércules d’un fauve 
plus ou moins obscur, portant des touffes mélangées de poils 
noirâtres et blanchätres, dont quelques uns fort longs sur le 
dernier anneau; ceux placés autour de la tête sont blancs, 
et viennent la recouvrir. 

La tête est d’un noir luisant; les pattes écailleuses sont d’un 
hoir-roussâtre; les membraneuses, jaunâtres , avec leur basé 
d’un brun-rouge à l'extérieur. | 

Cette chenille file une coque légère, ovale, grise, qu’elle place 
sous les pierres. Elle produit une chrysalide d’un noir brillant, 
velue sur le dos, où il y a trois taches roussâtres formées par des 
écailles ; elle se termine par une pointe armée de soies cro- 
chues. La chrysalide de la femelle diffère beaucoup de celle 
da mâle; elle est très-épaisse , et n'offre point de marques 
d'ailes. 

Cette espèce se trouve sur la Statice articulata, le Lotus 
crelicus et les genets pendant tout le mois de mai. Le papillon 
sort au bout d’une quinzaine de jours; il cherche sa femelle à 
l’ardeur du soleil. Il est très-peu répandu dans l'ile. 


IL, 19 


278 ANNALES 


Noctuélites. 


G. Uropus. Uropus Ulmi. Harpya (Ocusenneimer). Noctux 
(Borknausen. Duroncuer). PI. 8, fig. 10. a, b, c. 


Caractères du genre : 

— Antennes pectinées , avec le tiers externe filiforme dans Île 
mâle , seulement filiformes et un peu dentées dans la fe- 
melle. 

— Palpes courts, très-velus, comprimés; dernier arlicle très- 
court , hérissé. 

— Spiritrompe épaisse, assez longue pour servir à nourrir le 
papillon. 

— Ailes à peine en toit, se recouvrant un peu dans le repos. 
Corselet presque uni, ou sans crète ni angles bien sensi- 
bles. 

— Larve allongée , rase, présentant sur le quatrième anneau 
une proéminence conique. Les deux pattes postérieures 
très-longues , en forme de queue; mais portant, comme 
les autres , une demi-couronne de crochets. Métamor- 
phose se faisant dans la terre; coque formée de cette 
substance, et dans la composition de laquelle il ne sem- 
ble pas entrer de soie. 

— Lépidoptère ne paraissant qu'une fois l'année, au printemps, 

C’est surtout d’après l'examen de la chenille, que nous avons 
pensé que ceite espèce ne pouvait rester entre les H. Fagi et 

Milhauseri ; également, sa spiritrompe longue et forte nous 

a paru devoir le faire exclure de la famille des Bombycites, 

où, à cause de ses antennes en partie pectinées , Ochsenhei- 

mer l’avait placé dans son genre Æarpya ; mais plusieurs fa- 
milles nous offrent des espèces à antennes analogues. Beau- 
coup de Phalènes sont dans ce cas, ainsi que plusieurs Noc- 


DE LA SOCIËTÉ ENTOMOLOGIQUE. 259 


tuelles, et particulièrement l'A. segetum ; et même dans les 
Phalènes, et surtout dans les Noctuelles, cette forme d’an- 
tennes ne peut guère être qu'un caractère spécifique. 

La chenille de l’U. Ulmi, ayant les deux dernières pattes 
membraneuses composées comme les autres, mais seulement 
plus longues, dures, formant comme une espèce de tube, 
dans l’extrémité duquel la partie membraneuse , qui porte les 
crochets, est rétractile , ne nous montre qu’une anomalie, 
qui, pas plus que les antennes de l’insecte parfait, ne peut 
le rapprocher du genre Æ/arpya, où les dernières pattes man- 
quent tout-à fait. 

L’analogie de ce Lépidoptère avec l'A. Cassinia, qui l'avait 
fait confondre par Esper avec cette dernière, nous a engagés 
à le placer entre les genres Acronicia et Cymatophora. Sa 
chenille semble aussi avoir du rapport avec quelques espèces 
du premier genre, telles que 7ridens, Psi, etc. 


G. Pozra. Polia Corsica. (PI. 9, fig. 3.) 


Pol. Alis anticis griseis ; albo, fusco-virescentique variis; lineis 
transversis dentatis nigris. Posticis fuscis, striga albida trans- 
versa obsoleta. 


Cette espèce est de la même grandeur que la Polia serena. 

Ses ailes supérieures sont d’un gris cendré , plus ou moins 
nuancées de vert-brunâtre : elles sont traversées dans leur lar- 
geur par plusieurs lignes noires, sinueuses, dont trois prin- 
cipales atteignent les deux bords opposés : l’externe forme 
dans son milieu la lettre M dont les angles sont peu prononcés. 
Elle est un peu éclairée à son côté externe par un liseré in- 
ierrompu d’un jaune-verdâtre, plus ou moins visible , ombré 
de brun extérieurement. L'espace compris entre ce liseré et 
la frange offre deux nuances d’un brun-verdâtre plus ou 


280 ANNALES 


moins visibles; la ligne médiane est fortement dentée en sèie ; 
éclairée extérieurement d’un liseré blanchâtre. Son extré- 
mité postérieure, qui, avant sa terminaison , offre un angle 
très-saillant, se rapproche de la ligne interne dont la même 
extrémité s’avance aussi vers celle-ci; de sorte que l’espace 
qu'ils comprennent est beaucoup plus étroit postérieurement 
qu'en avant. Cet espace est presque entièrement d’un vert 
brunâtre ; il est traversé par une ligne noire dentée en scie 
au dessous de la tache réniforme; celle-ei est obscurcie dans 
son milieu, éclairée à ses angles ; l’orbiculaire est ronde, obs- 
cure à son centre; celle qui est au dessous, et que nous ap- 
pellerons angulaire (1), est pâle, bordée d’un croissant noir 
qui n’atteint pas la ligne interne. Celle-ci est très-sinueuse, 
anguleuse, éclairée par une ligne blanchâtre à son côté in- 
terne, qui est bordé d’une autre ligne d’un brun roussâtre. 
La base de l'aile, qui est un peu nuancée de brun verdâtre, 
offre une ligne transverse noire qui borde une ligne blanch- 
tre; ces lignes ne dépassent guère le milieu de l'aile. La frange 
est bordée, à son côté interne, d’une ligne noire formée 
d’une série de petits croissans; ce côté est un peu roussâtre. 
La moitié interne de la frange est grise ; l’autre est alternalive- 
ment marquée de gris et de blanchätre. 

Les ailes inférieures sont d’un brun un peu roussâtre , plus 
clair dans le mâle, traversées dans leur milieu par une ligne 
sinueuse plus pâle. Leur bord externe est un peu sinueux; la 


(x) Cette tache qui existe dans la plupart des Noctuelles n'ayant point 
encore recu de dénomination exacte, ce qui est nécessaire pour faciliter 
les descriptions , nous proposons de l'appeler angulaire, parce qu’elle a 
ordinairement la forme d’un angle obtus. Les trois lignes dont nous avons 
parlé, et qui sont presque constantes, pourraient conserver les noms de 
lignes interne , médiane et externe ; celle qui part de la base de l'aile dans 
beaucoup de Noctuelles et qui a servi à former le nom de la M. Bastinea, 
pourrait prendre celui de basilaire. 


DE LA SOCIETÉ ENTOMOLOGIQUE. a8rt 


frange est blanchâtre , roussâtre à son côté interne, träversée 
par une ligne brune. 

Le dessous des ailes est d’un blanc grisâtre, avec deux ban- 
des transverses et un point aux inférieures, gris , à peine vi- 
sibles. 

Tout le corps est gris, avec des lignes brunes sur le dos, 
et une houppe de poils sur les trois premiers anneaux du ven- 
tre de la femelle en dessus. La poitrine est blanchâtre; les 
pattes sont brunes , annelées de blanchâtre; la tête et les pal- 
pes sont de la couleur du corps; les antennes sont d’un brun 
roux, très-peu pectinées dans le mâle. Celui-ci ne diffère pas 
sensiblement de sa femelle. 

Cette espèce est assez rare; elle paraît dans le mois de mai; 
on la prend butinant le soir sur les fleurs du Silene inflata. 

Elle se tient aussi, pendant le jour, appliquée sur le tronc 
des arbres. 

de l'ai prise à Ajaccio et à Bastia. 


Polia Asphodel. (PI. 9, fig. 4.) 


Pol. Alis anticis nebulosis, griseis ant cinereis atomus nigris adsper : 
sis, lineis nigris obsoletis. 


Cette Polia est de la même grandeur, et ressemble à la P. 
flavicincta. Ses ailes supérieures sont nébuleuses, d’un gris 
cendré, plus ou moins brunies par des atomes noirâtres. La 
ligne externe, ordinairement la plus visible, et souvent mal 
écrite, est anguleuse, et forme, dans son milieu, la lettre M, 
avec des angles assez prononcés; les autres sont fort obscures, 
irrégulières, se confondant souvent avec les atomes de l'aile, 
qui, quelquefois, forment dans son milieu une bande irrégu- 
lière, transverse, noirâtre. Les lignes noires sont souvent , 


282 ANNALES 


surtout au milieu de l’aile, entourées d’une nuance roussä- 
tre; les taches ordinaires, plus ou moins marquées, sont or- 
dinairement ceintes de lignes noires ; le bord de l’aile présente 
une série de points noirs; la frange est grise, plus ou moins 
entrecoupée de brun. 

Les ailes inférieures sont blanches dans le mâle, souvent 
un peu brunâtres postérieurement, avec l’extrémité des nervu- 
res brune. Elles sont brunes ou d’un brun roussâtre dans la 
femelle , plas pâles à la base , avec les nervures noirâtres. Leur 
frange est blanchâtre, traversée par une ligne brune. 

Le dessous des ailes est luisant, blanchâtre , avec le disque 
des premières et le bord postérieur des secondes brunâtre. Les 
antenues sont blanchâtres, très-peu pectinées, un peu moins 
que dans la P. flavicincta. La tête et le corps sont gris, plus 
ou moins sablés d’atomes noirâtres. 

Le ventre est brunâtre. 

Elle diffère surtout de la Flavicincta en ce que les ailes 
sont plus nébuleuses, les lignes plus confondues, jamais 
ceinte d’une couleur orangée, et en ce que les inférieures 
ae présentent point de lignes transverses. 

Ce Lépidoptère se trouve dans toute la Corse. Il paraît dans 
le mois de septembre et d’octobre. 

La chenille est en dessus d’un vert terne un peu jaunûtre , 
avec le dessous entièrement d’un vert un peu plus clair. 

Il existe en dessus, sur le vaisseau dorsal, une ligne rou- 
geâtre, quelquefois seulement formée d’une série de petits 
points, ou même parfois à peu près nulle. Plus en côté, on voit 
l'apparence d’une autre ligne semblable. Il y a latéralement 
une ligne rouge entière ou interrompue qui enveloppe les 
stigmates. 

On rencontre quelquefois une variété chez laquelle toutes 
ces lignes deviennent confluentes , et rendent tout le dessus 
du corps, jusqu'aux stigmates, rougeâtre. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 283 


Les stigmates sont ovoides., blanchâtres , à bordure noire, 
saillante. Au dessous existe une bande d’un blanc jaunâtre qui 
disparaît souvent. 

La tête et les pattes écailleuses sont un peu roussâtres ; les 
autres sont vertes , avec leurs crochets rougeâtres, 

Les incisions des anneaux sont un peu jaunes quand la che- 
uille les rapproche. 

On trouve facilement cette chenille sur lPAsphodelus mi- 
crocarpus dans les mois de février, mars, avril. Pour se méta- 
morphoser, elle entre en terre, où elle forme une coque légi- 
rement tapissée de soie. 

Elle produit une chrysalide oblongo-ovoïde , d’un rouge tes- 
tacé obscur qui se termine par deux soies crochues. 


G. Mauesrra. Mamestra? Chenopodiphaga (Boisduval). 


(PL 9, fie. 7.) 


M. Alis anticis fusco-virescentibus , linea externa angulata , angu- 
ls quatuor longioribus. Maculis ordinariis una conqunclis. 


Ses ailes supérieures sont d’un gris verdâtre un peu roussä- 
ire. Des trois lignes qui traversent ordinairement l'aile, l’ex- 
terne est presque la seule visible; elle est très-anguleuse ; deux 
des angles du milieu et un ou deux antérieurement, s’avancent 
presque jusqu’à la frange ; elle est bordée d’une teinte roussä- 
tre exiérieurement. La ligne médiane, peu visible , est dentéc 
en scie, bordée extérieurement par une ligne blanchâtre à 
peine sensible; la troisième ligne, qui est peu visible , est en 
zigzag ; elle est bordée de blanchâtre extérieurement . et celle 
couleur est elle-même limitée par une autre ligne brunâtre. 

On voit une ligne noire basilaire peu allongée. La tache ré- 
aiforme se confond presque avec le fond; elle s’unit avec l'or- 


28/4 ANNALES 


biculaire en formant un croissant noir. Celle-ci est allongée , 
wrégulière; et la troisième, qui est au dessous ( tache angu- 
faire), est conique, obtuse à son extrémité externe; le bord 
antérieur de l’aile est marqué de plusieurs points roussâtres ; 
la plupart des nervures sont plus foncées que le fond , et plus 
ou moins ponctuées de roussâtre. 

La frange est crénelée, à peu près de la couleur de Paile. 
Les ailes inférieures sont d’un brun roussâtre, devenant plus 
päle vers la base. Leurs nervures sont brunes; la frange est 
roussâtre, crénelée , traversée par un liseré brunâtre. 

Les ailes sont grises en dessous, blanchâtres à leur base, 
excepté au bord antérieur; elles sont traversées par une ligne 
sinueuse, avec une lunule centrale brune. La lunule porte 
dans sen milieu un petit croissant blanchâtre; le corps est de 
la couleur des ailes supérieures; le ventre, de la teinte des 
inférieures. Les antennes, qui sont grises, sont un peu ciliées ; 
les pattes sont grises, avec les tarses annelés de roussâtre. 
Lette espèce a été découverte aux environs de Marseille par 
M. Solier, l’un des naturalistes les plus distingués du midi de 
la France. d’ai depuis rencontré la chenille en Corse , aux en- 
virons de Bastia, et surtout le long des rampes calcaires qui 
bordent la mer près de Bonifacio. L’insecte parfait paraît au 
printemps et en automne. 

La chenille est d’un gris un peu jaunâtre, ou un peu rous- 
sâtre, ou même rougeâtre, avec des atomes et linéamens noi- 
râtres répandus sur tout le corps. Il ÿ a sur le vaisseau dorsal 
une ligne jaunâtre peu ou pas visible, le long de laquelle rè- 
gne une ligne peu distincte formée d’atomes noirâtres, et qui 
projette latéralement une branche sur chaque anneau qui 
vient aboutir à une bande longitudinale mal déterminée, 
et sur laquelle se voit, à chaque anneau, une petite tache 
jaunâtre en partie bordée de noir. Au dessous existe encore 
une espèce de bande brune fort irrégulière , peu ou pas sensi- 


DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 285 


ble, et qui semble, comme les autres , se mêler plus ou moins 
aux atomes et linéamens noirâtres. 

Sous les stigmates, l’on voit quelquefois une bande longi- 
tudinale plus pâle que le fond, sinueuse , et souvent nulle. 

Les stigmates sont ovoides, roussâtres, avec la bordure 
noire , assez épaisse. 

La tête est légèrement brunâtre , avec des atomes noirâtres 
disposés surtout sur le sommet, et un peu latéralement. Le 
premier anneau est un peu luisant en dessus , et les tubercules 
pilifères sont blanchâtres. 

Les pattes écailleuses sont de la couleur du corps , avec des 
points noirs extérieurement ; les autres sont blanchâtres, an 
peu luisantes à l’extérieur , avec quelques très-petits points. 

Elle s’enfonce en terre , et forme sa coque avec cette subs- 
tance , sans y mêler de soie. Elle produit une chrysalide d’un 
rouge testacé, avec les sutures et les incisions des anneaux et 
l'extrémité noires. Elle se termine par une proéminence obtuse 
irès-ridée inférieurement , et armée de deux pointes divergen- 
tes non crochues. 

Les nervures des ailes et la gaïne des pattes et des antennes 
sont fort apparentes. 

Cette chenille se trouve en hiver et au mois de mai sur le 
Chenopodium fruticosum. Elle mange aussi les Salsola et les 
Atriplex salés qui croissent au bord de la mer. Elle se cache 
pendant le jour , dans la terre ou dans quelques trous au pied 
de la plante. Mais les crottes molles qu’elle laisse collées le long 
des rameaux trahissent aisément sa présence. | 


286 ANNALES 


GENRE CARADRINA, 
Caradrina fuscicornis. (PI. 9, fig. 5.) 


C. Alis anticis griseo-cinereis , lineïs tribus transversis obsoletis ru- 


Jescentibus ; macula reniformi punctis albis notata, in medio rufa. 
Posticis albis. 


Cette espèce est de [a grandeur de la C. cubicularis ou un 
peu plus petite ; elle est toute d’un gris cendré blanchâtre, plus 
ou moins foncé. Elle ressemble beaucoup à la Cubicularis ; 
mais le dessin de ses ailes supérieures est plus net, moins né- 
buleux ; la partie de l’aile qui avoisine le bord antérieur dans 
les deux tiers internes est blanchâtre. 

L’aile est traversée par trois lignes ; l’externe est marquée 
de rouge , ua peu moins sinueuse que dans la Cubicularis. 

Les deux autres sont presque comme dans celle-ci ; mais 
l’interne est moins oblique, et se rapproche moins de la précé- 
dente vers le bord postérieur; quelquefois il existe des traces 
d’autres lignes. Le bord antérieur de l'aile est marqué de qua- 
ire points noirs; la tache réniforme est obscure , un peu rous- 
sâtre dans son milieu, avec quelques points blancs sur ses 
bords; l’orbiculaire est très-petite, obscure. Les ailes infé- 
rieures sont un peu roussâtres postérieurement chez la fe- 
melle , blanches chez le mâle. 

Le dessous des ailes est d’un gris blanchâtre , luisant, avec 
une bande transverse aux supérieures , el quelques points aux 
inférieures noirâtres ; le corps est de la même couleur que les 
premières ailes. Les palpes sont noires, avec l'extrémité du se- 
cond et troisième articles blanchôtres; les antennes sont noi- 
râtres, plus foncées que chez la Cubicularis, un peu ciliées à 
la loupe, dans le mâle. L’insecte parfait paraît au mois de 
mai et de septembre. À 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 287 


La chenille a le fond d’une couleur roussâtre, tout couvert 
d’atomes et de linéamens bruns , et qui, en se réunissant, for- 
ment des lignes ou des parties plus foncées : ce qui lui donne 
une teinte d’un gris brun. Il y a sur le vaisseau dorsal une 
ligne plus foncée, interrompue ; formée de deux linéamens qui 
s’écartent et se rapprochent, et laissent entre eux, à chaque 
anneau, un très-petit intervalle clair : sur les côtés de celte 
ligne , la teinte est plus foncée. 

Plus bas, l’on voit une autre ligne ou bande brune, peu dis- 
tincte de la teinte générale, bordée supérieurement par une 
partie plus claire, et au dessous une série longitudinale de 
taches claires un peu rougeûtres , placées au dessus des stig- 
mates et peu apparentes. Les stigmates sont ovoïdes, noirs, à 
disque enfoncé. Les côtés et le dessous du ventre sont d’une 
teinte pâle un peu rougeâtre.  , 

La tête est luisante, noirâtre , avec les parties latérales et la 
pièce frontale roussâtres. 

Les pattes sont de la couleur du corps; les membraneuses 
ont la face externe brunâtre luisante , marquée de deux très- 
petits points noirs. 

Le premier anneau porte une plaque écailleusse roussâtre , 
dont la teinte s’étend jusque sur le deuxième anneau. 

J'ai trouvé cette chenille au mois de juillet sur la Scrophula- 
ria TAMOSissima. 5 

Elle s'enfonce en terre, et forme une coque peu solide, 
dans laquelle il n’entre pas de soie; elle y reste long-temps 
avant de produire sa chrysalide (1). Celle-ci est d’une cou- 
leur testacée, lisse , luisante; trois des anneaux du ventre ont 
leur bord antérieur , à la face dorsale, marqué de points en- 
foncés. Le dernier anneau est assez obtus; il se termine par 


(r) Cette espèce et plusieurs de ses congénères me semblent devoir être 
rapportées au genre Agrotis (Ochse). 


288 ANNALES 


une crète armée de quatre soies crochues disposées sur un 
rang. 


GENRE LEucaniA. 


Leucania Riparia. (PI. 9, fig. 1.) Ramsur, Ann. des sc. 
d'observation. Boispuvaz, Ind. méth., err. et add. 


Statura L. L.-Album eique subaffinis ; alis anticis supra albo-rosets , 
Jusco luteoque vartis, fascia ad apicem obliqua dilutiori. Puncto- 


rum migrorum serie transversa, interrupta ; nervo medio quibus— 


damque ramis albo luteolis. Alis subtus nigrescentibus. 


Ce lépidoptère est de la grandeur de la L.-4/bum , à la- 
quelle il ressemble un peu. Ses ailes supérieures sont en dessus 
d’un blanc rosé, avec des parties plus foncées, d’un brun 
jaunâtre ; cette dernière teinte occupe surtout la partie 
moyenne et longitudinale de l'aile; ellese trouve coupée par une 
bande claire, qui descend obliquement du sommet de l’aile. 
La nervure médiane , ainsi que quelques rameaux , sont d’un 
blanc jaunâtre. 

L’aile présente à l’union de son tiers postérieur , une ligne 
transverse , interrompue, de petits points noirs. 

Les secondes ailes sont blanchâtres à la base, et deviennent 
d’un brun légèrement fauve dans le reste de l’aile ; leur frange 
est blanchôtre. 

Le dessous des ailes supérieures est d’un brun-noir plus 
clair vers les bords, avec un point noir au bord antérieur. 

Les inférieures ont le dessous en grande partie d’un brun- 
rosé ; l’autre partie qui est interne est blanchâtre, avec une 
seule rangée transverse de points noirs, et un très-petit point 
semblable au centre de l’aile. 

Tout le corps est d’un gris souvent teint de rose ; la partie 
antérieure est traversée par trois lignes brunes. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 289 


Lés mâles portent en dessous, à l’union du ventre avec la 
poitrine , une toufle épaisse de poils noirâtres , au centre de 
laquelle existe un paquet serré de poils blancs. 

Cette espèce se trouve à Montpellier, en mai, août et sep 
tembre ; je l’ai aussi reprise dans l’île de Corse, aux environs 
d’Ajaccio. 


LEucaniA AMNICOLA. -(PI. 9, fig. 2.) 
Ramweur. Ann. des Sc. d'observ. 


L. similis L. obsoletæ. Alis anticis supra luteo-rufis , nervo medio 
in punctum dilatato; serie transversa obliqua , vix incurvata, 
interrupla, nigrorum punctorum, aliquando fere nulla. lis po- 
sticis fusco-luteolis ; omnibus subtus margaritacéis. 


Cette espèce ressemble beaucoup à la L. obsoleta ; la cou- 
leur des ailes supérieures est, d’un jaune roux en dessus. 

La nervure médiane , peu visible d’abord , s’élargit en un 
point à l'endroit de ses dernières ramifications ; elle est d’un 
blanc jaunâtre avec quelques autres rameaux peu visibles, 

Derrière cette nervure on voit une légère teinte d’un brun 
rose, quelquefois à peine sensible, qui se continue jusqu’à la 
marge, et du sommet de l’aile part une légère éclaircie sou- 
vent insensibie. 

La ligne transverse de petits points est réduite à deux ou 
trois, et même elle peut manquer tout-à-fait. 

Les lignes longitudinales qui bordent les nervures , et celles 
qui existent entre elles, sont assez marquées et d’un brun 
rosé; on voit aussi un trait de cette couleur vers l'angle in- 
terne du bord postérieur de l’aile. La frange est d’un brun 
rosé, bordée intérieurement d’une série de petits points noirs. 

Les secondes ailes ont la base et le bord antérieur d’un 
blanc jaunâtre luisant; le reste est d’un brun jaunâtre assez 


290 ANNALES 

foncé , excepté le bord'interne qui est blanchâtre; le bord 
postérieur de l’aile est un peu déchiqueté par une couleur 
jaune , sur laqueiïle existent quelques petits points peu visi- 
bles; la frange est blanchâtre. 

Le dessous des ailes est blanchâtre , avec un reflet brillant 
couleur de nacre. La tête et les antennes sont d’un roux 
brunâtre. La partie antérieure du corps est marquée de trois 
lignes brunes ; le reste est jaunâtre , un peu brun vers la base 
des ailes. L’abdomen est d’un gris -roussâtre , et la face anté- 
rieure des cuisses est brune. 

Le mâle n’a pas les antennes sensiblement pectinées ; il 
porte en dessous, à la base de l’abdomen , une touffe de poils 
noirs , dans laquelle est renfermée un paquet de poils couleur 
de paille. . 

Elle diffère surtout de la L. obsoleta, en ce qu’elle est 
plus petite, et que la ligne transverse de points est presque 
droite au lieu d’être courbe. Nous n’avons point vu dans le 
mâle de l’obsoleta la touffe de poils noirs qui se trouve dans 
notre espèce. Elle paraît aux mêmes époques que la Æiparia. 

Ce Lépidoptère, que nous avons découvert aux environs de 
Montpellier , se retrouve aussi en Corse ; nous l’avons rencon- 
tré, ainsi que sa chenille , près d’Ajaccio. 

Nous renvoyons pour la figure et la description de cette 
chenille , à la Collection iconographique des chenilles & Eu- 
rope. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. ag! 


GENRE XYLINA. 


Xylina? Australis. (PI. o, fig. 8.) Boisn., Ind. méïh., err. 
et add. p. 6. 


Xy. variabils. Alis anticis griseo-albidis aut rufescentibus ; tri- 
bus nigris lineis transversis colore albido cinctis , externa lineolis 


sagittatis composita, media valde serrata. 


Cette espèce est très-variable ; aucun des individus que nous 
avons été à même d’observer ne s’est trouvé semblable; mais 
le dessin de ses ailes la fait aisément reconnaître. 

Les ailes supérieures sont en dessus d’un gris plus ou moins 
blanchâtre , souvent nuancé de roux; quelquefois elles sont 
toutes rousses ou même noirâtres, et dans ces cas les deux 
lignes transverses internes sont toujours plus ou moins en- 
tourées de blanc. 

Des trois lignes transverses ordinaires , l’externe est si- 
nueuse, composée d’une série de petites lignes sagittées 
noires ou rousses ; l’espace compris entre elle et la frange est 
plus où moins blanchâtre , et forme un bord denté en scie 
dont les angles s’avancent quelquefois jusqu’au bord externe 
de la frange en la séparant en une série de petites taches noires 
ou d’un bru nroux. 

La ligne médiane est profondément dentée en scie , et pla- 
cée sur une teinte blanchâtre qui ordinairement s’unit posté- 
rieurement à celle qui borde la ligne interne; celle-ci, éga- 
lement dentée, forme postérieurement deux angles très- 
allongés; ces deux lignes sont noires et fines; l’espace compris 
entre elles est souvent fraversé, d'avant en arrière, par une 
bande irrégulière , brunâtre , sinueuse , souvent peu sensible : 
on y remarque les deux taches ordinaires , dont l’orbiculaire 
est oblongue , placée obliquement; la réniforme est presque 
triangulaire , un peu roussâtre vers son bord externe, mar- 
quée de deux ou trois traits bruns. La tache angulaire forme 


392 ANNALES 


un angle aigu peu sensible, roussâtre. Il existe une ligne 
basilaire assez prononcée , qui s'étend presque jusqu’à la ligne 
interne. Outre cela, la plupart des nervures forment des lignes 
noires. Dans les individus blanchâtres, il règne une teinte 
d’un brun cendré à la base de l’aile et qui s’étend largement 
sur le bord antérieur , jusqu’à la ligne externe, en compre- 
nant les taches ordinaires. Gette nuance enveloppe aussi plus 
ou moins la partie postérieure de la ligne externe, et semble 
de là se prolonger jusque vers la base de aile. Les secondes 
ailes sont quelquefois toutes brunes, traversées par une 
éclaircie blanchâtre, à peine visible ; d’autres fois les nervures 
et la partie postérieure de l'aile seulement sont de cette 
couleur. Leur frange est blanchâtre , entrecoupée de brun à 
son bord interne. | 

Tout le corps, les antennes et les pattes sont d’un gris 
cendré, quelquefois un peu roussâtre ; il ÿ a une ligne noire sur 
les pterygodes et une autre transverse, et formant un angle 
dans son milieu , sur le prothorax ; les antennes sont un peu 
pectinées dans le mâle, un peu ciliéés chez la femelle. Les 
palpes, placés horizontalement, dépassent peu le chaperon. Le 
corselet offre deux petites touffes de poils saillantes. Cette es- 
pèce a élé découverte en Provence par MM. de Saporta et 
Solier. Je l'ai depuis rencontrée en Corse, où elle paraît au 
mois de novembre. Quoique M. Boisduval place cette espècé 
entre les X. Conspicillaris et Putris, nous n'avons pu voir 
les rapports qui existent entre eux. 

La chenille offre sur le dos une large bande d’un jaune 
roussâtre ou rougeâtre, séparée en*deux par un liseré plus 
pile placé sur le vaisseau dorsal; et du bord antérieur de 
chaque anneau, il part un trait oblique assez court, noir, 
appuyé sur une partie ombrée de brun , formant une très-lé- 
sère tache ovale qui comprend la largeur de l’anneau ; au des- 
sous de la bande dorsale existe une autre bande plus ou moins 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 293 


ombrée d’atomes bruns, bordée supérieurement par une ligne 
composée d’une série de traïts noirâtres; elle renferme les 
stigmates qui sont entourés supérieurement par un demi-cer- 
cle noir. 

Ils sont ovoides, blancs , avec la bordure noire ; on voit au 
dessous d’eux une légère tache roageître. 

Les côtés offrent une ligne jaunâtre peu distincte de la 
couleur du ventre, qui est d’un vert-jaunâtre. 

La tête est roussâtre, avec un réseau et une ligne plus 
foncés. 

Les pattes écailleuses sont un peu roussôtres; les membra- 
neuses sont de la couleur du ventre. 

Cette chenille mange l’Æsphodèle (Asphodelus microcar- 
pus) et les Chicoracées. 

On la trouve au mois de mars; elle entre en terre où elle 
forme une légère coque, et produit une chrysalide d’un rouge 
obscur, 


Xylina Merckir. 


Xyl. Alis anticis supra AR nervis lineisque NEDTIS ; 
posticis abdomineque fusco-rufescentibus. Crista dorsali ad api- 


cemn TUja. 


4 


Les ailes supérieures sont en dessus d’un gris cendré, avec 
la plupart des nervures et quelques linéamens noirs. L’on 
aperçoit vers la base quelques angles formés par des lignes 
noires , et qui sont les rudimens du en ; il part Hbiquet@nt: 
un peu au dessous du sommet de l'aile, un nuance brune, peu 
marquée , qui se . avant d'atteindre le bord postériont: 

La frange, qui n’est pas bien distincte de l’aile, est nn peu et 
irrégulièrement crénelée , et comme un peu échancrée posté- 
ricurement. ñ 

Les secondes ailes ont leur bord postérieur sinueux , avec 

ze 30 


294 ANNALES 

quelques crénelures ; elles sont d’un brun roussâtre , avec la 
moitié externe de leur frange blanchâtre ; elles ont un crois- 
sant brun central peu marqué. à 

En dessous, les ailes sont luisantes, grises, saupoudrées 
d’atomes d’un gris roussâtre. 

Les deux tiers externes du disque des supérieures sont d’un 
brun roussâtre, un peu velus; cette nuance est limitée à 
l'extérieur par une ligne sinueuse plus foncée. 

Les autres ont quelques nervures , un point central et une 
ligne sinueuse d'un bran roussâtre. 

Le corps est de la couleur des premières ailes ; il offre an- 
térieurement une ligne noire, brisée dans son milieu , pour 
former un angle, dont la pointe s’avance vers la tête. Les 
ptérygodes sont marquées d’une ligne brune peu foncée. La 
crête dorsale est roussâtre au sommet; on voit aussi une pe- 
tite marque de cette couleur près de la base de laile, 

Les antennes , la tête et les pattes sont de la couleur du 
corps: celles-ci ont une raie noire longitudinale sur le tibia. 

La poitrine et le ventre sont d’un gris roussâtre; celui-ci 
est aplati, et présente postérieurement sur les côtés quelques 
toufles de poils. Ce papillon , que nous avons rencontré près 
d’Ajaccio, a aussi été découvert aux environs de Lyon par 
M. Donsel et par M. Merck , auquel nous lavons dédié , et qui 
le possédait déjà depuis plusieurs années. Il paraît dans le 
mois d'octobre et de novembre. 

La chenille est d’un vert-jäunâtre , toute couverte de points 
et d’atomes jaunes; 1} y a sur le dos trois lignes jaunes, dont 
la médiane plus étroite, visibles dans toute la longueur du 
corps. Le ventre est d’un vert pâle, avec des atomes jaunes 
sur les anneaux sans pattes. 

Les stigmates sont ovoïdes, fauves , avec la bordure noire ; 
la tête et les paites sont d’un vert jaunâtre avec des points 
jaunes. Il y a sur le corps quelques poils clairs peu sensibles. 


DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 295 


Gette chenille vit au mois de mai sur | {une (Ainus vis- 
cosa). Pour se métamorphoser , elle entre en terre , et com- 
pose, avec celle substance et un peu de soie, une légère 
coque. 

Elle produit une chrysalide d’un noir un peu rougeâtre. 


Descripiion d'un nouveau genre de Crustacé macroure, 
formant le passage entre les Paguriens et les Thalassi- 


rites, par M. Guérin. (PI. 10. A. fig. 1-5.) 


(Séance du 13 iuin 18332.) 


Quand on découvre un animal qui n’est pas encore enre- 
gistré dans le catalogue des êtres connus , et que son organisa- 
tion ne le place pas nettement dans une des divisions établies 
par nos prédécesseurs, on est quelquefois très-embarrassé pour 
lui assigner une place dans une série naturelle; car les au- 
teurs qui ont fondé les méthodes n’ont pu prévoir tous les 
modes d'organisation que la nature emploie, et il arrive sou- 
vent que l'animal observé tient par quelques points à une 
division, tandis que par d’autres caractères il avoisine un 
#roupe tres-éloigné. 

Cette circonstance se présente pour nous dans le Crustacé 
dont nous allons donner la description : il devrait entrer dans 
la tribu des Paguriens , si l’on ne considérait que le nombre 
et la disposition des appendices de sa queue; tandis que ses 
autres caractères doivent le ranger parmi les Thalassinites. Ce 
Crustacé forme donc , comme le genre Glaucothée de 
M. Edwards , le passage entre ces deux tribus. 

L’individu unique sur lequel nous avons fait nos observa-- 
tions étant en très-mauvais état, nous ne pouvons assurer 
d’une manière bien positive qu'il n'avait pas perdu un des 


295 ANNALES" 


appendices de sa queue : cependant, en supposant même ce 
cas. notre Crustacé n’unirait pas moins les deux tribus dont 
nous venons de parler; ear il ne présenterait qu’un seul rang 
d’appendices comme les Paguriens , tandis que les Thalassini- 
tes en ont deux rangs égaux et réguliers. Quoi qu'il en soit, 
notre Crustacé forme bien évidemment un genre nouveau, te- 
nant autant des Pagures que des Thalassinés, et que l’on ne 
pourra placer ailleurs que dans l’une de ces deux inibus , en 
supposant même que de nouvelles observations faites sur des 
individus mieux conservés fassent trouver plus de trois ap- 
pendices sous l'abdomen. 

Le corps de cet animal est de consistance demi-membra- 
neuse, allongé et comprimé sur les côtés ; sa carapate est 
irès-petite, et couvre à peine la base des quatre premières 
paires de pieds. On voit , à la suite de cette carapace , un seg- 
ment thoracique entièrement découvert qui donne attache à [a 
cinquième paires de pattes , et qui ne difière presque point des 
segmens suivans appartenant à la queue. Le bord antérieur de 
la carapace est échancré pour recevoir les yeux et les antennes 
internes; ces yeux sont portés sur des pédoncules très-courts ; 
ils sont peu apparens et presque contigus à leur insertion. Les 
antennes internes sont insérées un peu plus haut que les ex- 
ternes : leur pédoncule est d’une longueur égale au tiers de 
celle de la carapace , composé de trois articles ; doni le pre- 
mier plus coart, et les deux suivans égaux; le troisième arti- 
cle donne insertion à deux filets (fig. 4) égaux en longueur, 
multiarticulés, placés au dessus l’un de l’autre, et dont le su- 
périeur est renflé vers son extrémité et terminé ensuite en 
pointe; ces deux filets ont presque trois fois la longueur du 
pédoncule; ils sont garnis d’assez longs poils. Les antennes 
externes présentent aussi un pédoncule de trois articles ; mais 
il est plus long que celui des précédentes ; leur premier article 
est plus épais que les süuivans; dirigé en dedans comme dans 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 29% 
les Pagures , le second est le plus long de tous : il atteint lex- 
trémité du pédoncule des antennes internes ; le troisième.est 
de moilié moins long que le précédent, et terminé par us 
long filet multiarticulé ayant-au moins la moitié de la longueur 
de l’animal. Nous n’avons pas cherché à observer toutes les 
parties de ia bouche ; nous avons vu seulement les deuxième 
et troisième pieds-mâchoires, qui diffèrent un peu de ceux des 
Pagures et présentent plus d’aflinité avec ceux des Gébies ; le 
premier article des pieds-mâchoires de fa seconde paire (fix. 
5) esttrès-court, ainsi que le second ; le troisième est allongé, 
aplati, fortement cilié en dedans; le quatrième est court, 
triangulaire, et forme l’angle droit avec le précédent; le cin- 
quième est un peu plus grand , également aplati , et le dernier 
est conique et plus conrt; ils sont tous garnis de longs poils. 
Le palpe flageiliforme est inséré sur le côté externe du premier 
article ; il est court , à peu près organisé comme chez les Gé- 
bies ; il atteint à peine la longueur des deux premiers articles 
du pied-mâchoire , et se termine par un flagre multiarticulé 
et garni de longs poils, tandis que chez les Pagures ce pale 
est au moins deux fois plus grand que le pied-mâchoire. 

Les pieds-mâchoires extérieurs (fig. 6) sont beaucoup plus 
grands, pédiformes; leur premier article est court, presque 
carré; les deux suivans sont grands, presque égaux, et forment 
ensemble la moitié de la longueur de cet organe : le second de 
ces articles est courbé et garni en dedans de petites denñts. Les 
trois articles suivans sont presque égaux , et le dernier est ter- 
miné un peu en pointe : tous ces articles sont garnis de très- 
longs poils. Le paipe (fig. 7) est inséré sur le côté externe du 
premier article; il est à peine de la longueur des deux suivans, 
et il est entièrement semblable à celui des pieds-mâchoires 
précédens. k 

Les pieds ambulatoires de Îa quatrième paire manquant à 
notre individu, nous ne ponvons connaître leur proporlton 


298 ANNALES 


relativement aux autres ; cependant la hanche qui reste, étant 
presque de la même force que celles des pieds précédens, 
nous montre qu'ils doivent être à peu près de la même gran- 
deur ; en adoptant cette induction, il en résulte que les pieds 
de notre Crustacé vont en diminuant insensiblement , depuis 
les premiers jusqu'aux quatrièmes, et que les derniers pieds 
sont démesurément plus petits. Les premiers et seconds sont 
terminés en pinces; les premiers sont au moins deux fois 
aussi longs que la carapace, grêles, composés d’articles presque 
égaux, à main peu renflée, plus longue que les doigts ou pinces 
qui la terminent, Les seconds pieds sont un peu plus courts, 
très-aplatis, relevés et appliqués contre les côtés du cépha- 
lothorax; leurs premier et second articles sont très-couris ; 
le troisième, le plus grand ; le quatrième, de moitié plus court, 
un peu renflé à l'extrémité; la main beaucoup plus courte 
que les doigts, élargie au poignet avec le doigt mobile , un 
peu plus long que celui qui lui est opposé. Les pattes de la 
iroisième paire sont encore un peu plus courtes, composées 
de même jusqu’au poignet; mais celui-ci est arrondi, large , 
point dilaté inférieurement en forme de doigt , et terminé par 
un article courbé et plus court. Ces trois paires de pattes sont 
garnies de longs cils; elles ont leur insertion recouverte par 
les côtés de la carapace; tandis que les deux paires suivantes 
prennent attache sur un segment postérieur qui semble di- 
visé en deux , et qui dépend du thorax. Les pattes de la qua- 
trième paire sont perdues : cependant leurs hanches semblent 
indiquer, comme nous l’avons dit, qu’elles ne différaient pas 
des précédentes. Enfin celles de la cinquième paire sont ex- 
cessivement petites; leurs deux premiers articles sont très- 
courts ; le troisième est le plus grand de tous; les trois sui- 
vans sont presque égaux en longueur; mais le quatrième est 
un peu renflé. Ces paltes sont garnies de longs poils, et leur 
longueur est à peu près égale au tiers de celle de la carapace. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 209 
L’abdomen est composé de cinq segmens égaux , plus longs 
que larges , comprimés sur les côtés , d’une consistance semi- 
membraneuse comme chez les Callianasses ; nous avons ob- 
servé au bord postérieur gauche du premier, et à la même 
place , mais à droite, dans le second et le quatrième , un ap- 
pendice ovifère, composé d’une tige courte, garnie d’un 
grand nombre de ramuscules en forme de grappe. Le troisième 
segment ne nous a pas présenté d’organe semblable; mais il 
est probable qu'il était tombé : car il est impossible qu'il soit 
venu à manquer à cette place et qu’il se retrouve à l’anneau 
qui suit. Ces appendices placés ainsi , l’un à gauche et les au- 
tres à droite, et n’étant pas par paire, mais uniques, aux an- 
neaux où on les observe, présentent un fait très-extraordi- 
paire, qu’on ne peut comparer qu'à ce qu'on voit chez les 
Pagures. Le dernier segment, ou la lame impaire de la na- 
seoire terminale, est arrondi postérieurement, en forme de 
demi-ovale ; il y a de chaque côté deux lames ovales , à peine 
plus longues , et insérées sur un article commun, très-court. 
Nous proposons de former un nouveau genre avec ce Grus- 
tacé. Voici les caractères essentiels que nous pourrions lui 
assigner. 


G. Isée. Zsea (1), Güer. 


Abdomen symétrique, corné et mou comme le reste du 
corps, divisé en anneaux qui supportent des appendices ovi- 
fères placés sur un seul rang au nombre de trois (ou qua- 
tre), et terminé par une nageoire caudale de forme ordinaire. 
Antennes portées sur des pédoncules de trois articles ; les in- 
ternes plus courtes, terminées par deux filets égaux, dont le 
supérieur est claviforme , les externes finissant en un long filet 


(1) 1566, Neéréide, 


900 ANNALES 

sétiforme. Pattes des deux premières paires plus grandes et 
didactyles; celles de la troisième paire monodactyles , (celles 
de la quatrième inconnues ,) cinquièmes pattes très-petites , 
également monodactyles, 


IS£E ALLoNGÉE, /sea elongata. Guen. 


Cette espèce est longue d’environ trois centimètres ; sa cou- 


-. leur nous est inconnue; mais dans l'alcool , elle est brunâtre 


avec quelques portions transparentes. Sa carapace forme un 
peu phus du cinquième de la longueur totale de l’animal. 

Nous ne savous rien de ses habitudes; cependant, à cause de 
la mollesse de ses tégumens, il est probable qu’elle se tient 
cachée sous un abri quelconque ou dans un trou qu’elle doit 
se creuser en terre; elle a été rapportée de l’une des îles Ma- 
riannes. 





Notice sur une espèce de T'ineite (Tinea Decuriella Husx. } 
dont la chenille vit et se métamorphose dans la résine du 
pin sybvestre (Pinus sylvestris); par M. Duroncuez. (PI. 10.) 


(Séance du 4 juillet 1832.) 


Malgré les observations des Réaumur, des Dégeer et des au- 
tres naturalistes qui sont venus depuis, on est loin de connai- 
tre toutes les chenilles des Lépidoptères décrits ou figurés 
dans les auteurs. Sur trois mille espèces de papillons environ 
qui ont élé trouvées jusqu’à présent en Europe, on en a à 
peine observé huit cents sous leur première forme. La décou- 
verte d’une nouvelle chenille est donc ua fait intéressant pour 
ceux qui s'occupent spécialement de cette partie de l'Entomo- 
logie , surtout si cette chenille offre quelque particularité cu- 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 501 


rieuse dans sa manière de vivre. Celle dont je vais avoir l’hon- 
near d'entretenir la société réunit ces deux conditions. Elle 
a été trouvée au bois de Boulogne sur le pin sylvestre (Pinus 
sylvestris) par M. Sudan, amateur doué d’une patience infa- 


tigable pour ces sortes de recherches , et dont le zèle n’est pas 


nt par l’âge. Elle se nourrit non des feuilles 
bourgeons de cet arbre, mais de sa partie ligne 
loge, à cet effet, entre l’écorce et l’aubier, à l’inét: 
sus, et la blessure qu’elle cause à l'arbre en fait:é 


résine qui, en se coagulant à Pair, form eur plus 


ou moins épaisse qui trahit sa présence, et dans l@uelle elle se° 


pratique une cellule pour se chrysalider lorsqu'elle est parve- 
nue à toute sa taille. Gette cellule a la forme d'un, Huy dont 
les parois sont tapissées de soie; et lou ” elle pré- 
sente à l'extérieur pour la sortie du papHiérest fermée que 
par quelques fils qui se croisent en forme de treillis. 

Il n’est pas rare de rencontrer cinq ou six de ces chenilles 
dans une même tumeur, où il parait qu'elles continuent de 
vivre encore assez long-temps a transformer , puis- 

A 4) e leurs excrémens, qui 







qu’on trouve leur cellule enviro 
participent évidemment de la résine, dont ils ne se distinguent 
que par leur forme grenue. On pourrait s'étonner qu'elles 
puissent vivre d’une substance aussi peu nutritive, si l’on ne 
savait que d’autres chenilles du genre Gallerie se nourrissent 
de cire dans l’intérieur des ruches. 

Quoi qu’il ensoit, on trouve celle qui nous occupe parve- 
nue à toute sa taille, vers la Gin de juin; elle ne tarde pas’alors 
à se chrysalider dans la cellule qu’elle s'est pratiquée au mi- 
lieu de la résine, comme je viens de le dire; et son papillon 
éclos au bout de trois semaines. Gelui-ci, par sa forme, appar- 
tient à la tribu des Tinéites de M. Latreille. Je me propose, 
lorsque je serai arrivé à cette tribu dans l’histoire des Lépi- 
doptères de France, de faire de cette espèce le type d’un nou- 

















Le 
a 


à 


> 
fi 2 de 


302 ANNALES 


veau genre, dans lequel viendront se ranger une douzaine d’au- 
tres espèces analogues. Mais ce n’est pas ici le cas d’en expo- 
ser les caractères; je me bornerai à décrire la chenille, la 
chrysalide et le papillon. 

CHENILLE. D’un pouce environ de longueur , à seize pattes, 
lmdfique, assez allongée , amincie aux deux extrémités, 
apeaux très-distincts. Couleur de chair dans son pre- 
“TA efisuite d’un vert tendre, d’un aspect luisant, ct 
comIié verni avec huit points noirs sur chaque segment, 
dont Je carrément sur le dos et deux sur les côtés. 
Ces points Sont verruqueux, et surmontés chacun d’un petit 
poil fin à peine visible. Tête arrondie , d’un brun rougeûtre ; 
deux plaques d’un brun-noir luisant sur le premier anneau ; 
pattes dé la “Cétile du corps; stigmates invisibles à Pœil nu. 

Carysazine. Mince et très-allongée , avec la tête surmontée 
d’un petit tubercule arrondi, et l’extrémité opposée garnie 
de quelques poils raides qui servent à la reteair à la soie qui 
tapisse l’intérieur de la coque. Enveloppe des ailes d’un 
brun verdâtre, et le" ’un brun rougeätre. Gette chry- 
salide devient entièrement d’un brun marron quelque temps 
avant l’éclosion du papillon. 

Parizuon. Envergure, 13 à 14 lignes. Dessus : Ailes supé- 
rieures d’un gris-bleuâtre , luisant, saupoudré de noir , et lavé 
de roussâtre à certaines places ; chacune d’elles traversée par 
deux lignes blanchâtres, et bordées de noir : l’une placée au 
tiers de sa longueur , en venant de la base; l’autre à quelque 
distance de son extrémité. La première décrivant deux petits 
angles, et la seconde un seul beaucoup plus grand. L’inter- 
valle, qui sépare ces deux lignes, traversé par une ombre 





brunâtre , légèrement ferrugineuse , et dont le milieu est oc- 
cupé par une petite tache blanchâtre entre deux taches noi- 
res. On remarque en outre , entre la première ligne et la base, 
un espace légèrement teinté de ferrugineux, et bordé de noir, 


DE LA SOCIÉTÉ ENTGMOLOGIQUE. 303 


et un point de cette dernière couleur près de l’origine de l'aile. 
Enfin la frange, qui est grise, est séparée du bord terminal 
par une ligne de points noirs très-rapprochés. Aïles inférieures 
entièrement d’un gris clair, luisant, légèrement teintées de 
noirâtre à leur bord , avec les nervures de cette dernière cou- 
leur. 

Dessous : Les quatre ailes entièrement d’un gris ui 
sant, avec un léger reflet pourpre. tu 

Tête, corps et antennes du même gris que les ailes 1 

Cette description s’applique aux deux sexes, qui ne diffè- 
rent entre eux que par l’abdomen qui se termine par un bou- 
quet de poils , chez le mâle seulement. 

Hubner a représenté cette espèce sous le nom de Tinea De- 
curiella (pl. 11, fig. 74); mais sa figure laisse beaucoup à 
désirer : ce qui nr’a déterminé à en donnéf une nouvelle, in- 
dépendamment de celles de la chenille et de la chrysalide. 


Mémoire sur quatre nouvelles espèces de T'enthredines ; par 
M. Fouiques DE Vizzarer. (PI. 11.) 


(Séance du r août 1832.) 


Au commencement de juin de cette année, je trouvai sur 
une plante basse parmi le gazon, une petite coque (3) d’un 
jaune serin pâle, entièrement semblable à celles que se font 
les larves des Hylotomes d’après les auteurs (voy. Réaumur, 
tom. V, mémoire 5, pl. 14, fig. 5, 6, 7, 8 et 9) : je n'ai rien 
à ajouter à ce qui en a été dit dans le mémoire que je viens 
de citer. L’insecte parfait m’étant éclos vers la fin du même 


mois , m'a donné une femelle du genre Schizocerus (Lep. de 
(1) Fig. 3. 


œ 
Dp° 


304 : ANNALES 
St-Farg.), qui est un démembrement des Schizoctres (Lat., 
Crust., etc, Îns. 1829, pag. 2538), et qui, dans la Monogra- 
phie des Tenthredines du premier de ces deux auteurs, forme 
la première division du genre Cryptus. 
Jusque là, on ne connaissait pas la coque des Schizocères, 
til geste encore à découvrir leur larve. 
@ L cfle espèce élant nouvelle, je vais donner sa description. 


# 


Schizocerus Peleterü (1). 
a 


Antennes et tête noires. Corselet noir; épauleltes ferrugi- 
neuses , ainsi que les côtés du corselet, jusqu'au métaihorax 
sous les ailes; écusson ferrugineux. Abdomen ferrugineux , 
son premier segment noir, avec l’incisure ferrugineuse. La 
tarrière et les parties qui lui servent d’enveloppe, noires. Pattes 
d’an jaune ferrugineux; hanches et base des cuisses noires, 
ainsi que le bout des jambes postérieures ; tarses bruns, plus 
pâles à leur base. Ailes généralement un peu enfumées; côte 
et nervures noires. ©. Bois de Bondi. 

Les trois nouvelles espèces dont il me reste à parler, appar- 
tiennent au genre Vematus (Lep. de St-Farg.); elles sent 
voisines du Vematus septentrionalis, dont M. Leach avait 
proposé de faire un genre particulier sous le nom de Cræsus 
(voy. Zoological Miscellany by Will. Elfort Leach, vol. 3, 
Lond. 1817 : Z'enthredinideaXeach). M. de St-Fargeau, dans 
sa Monographie des Tenthrédines (Monographia T'enthredi- 
netarum, etc., Lepeletier de St-Fargeau : Parisiis, 1823: 
pag. 65), n'a pas jugé à propos d’admeitre ce genre, dont le 
seul caractère qui le distingue des Nermatus serait, d’après 
l’auteur anglais, d’avoir le premier article des tarses posté- 
rieurs allongé et très-comprimé, de pense, avec notre compa- 


(x) Fig. r'et 2. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 505 


triote, que ce caractère ne peut à lui seul constituer un genre : 
il pourrait tout au plus former une division dans le senre Ve- 
HLaltus; encore dois-je dire que ce caractère s’affaiblit sensi- 
blement d’une espèce à l’autre. 

Pour mettre les Entomologistes à même de bien distinguer 
mes espèces, je déclare que je n’applique au Nematus septen- 
trionalis que la phrase spécifique de la T'erthredo septentrio- | 
ñalis de Linné (Faune Suec. n° 1558), dont voici la traduction : 
« Petite. Tête et corselet noirs. Antennes noires, sélacées , à 
peu près de la longueur du corps. Abdomen ferrugineux, 
noir à sa base. Pattes ferrusineuses. Jambes postérieures, 
blanches à leur base , noires à leur extrémité qui est dilatée et 
aplatie;_les tarses de celte paire de pattes noirs, leur premier 
article dilaté. » 

De Geer (Mém. pour l’histoire des ins., tom. 2, partie ©, 
pag. 99” et suivantes) décrit an Vematus qui paraît différer 
de celui de Linné, parce que les ‘deux premiers segmens et 
les deux derniers sont noirs , que les ailes ont une teinte d’un 
violet foncé; les supérieures ayant , en outre, au bord exté- 
rieur une tache noire. Je ne crois pas que ceite espèce, qui 
m'est inconnue , soit la. même que celle de Linné. 

De Geer décrit la larve de sa Tenthrédine trouvée sur le 
boulearet sur l’aune , et lui donne vingt paites. 

11 me paraît aussi constant que l'espèce mentionnée par de 
Geer dans le paragraphe qui se trouve à la page 009, à la fin 
de l’article que j'ai déjà cité, désigne une espèce différente 
de celle qu’il avait d’abord décrite; et cela résulte autant de la 
dissemblance des larves, que de la couleur des cuisses : peut- 
être celle-ci se rapporie- Fe elle à la Z'enthredo septentrionalis 
Linn. 

_ Gelle qe M. de St-Fargeau a décrite dans sa Monographie, 
page 65, n° 184, paraît également différer des précédenies. 
À celte époque, cet auteur pensait que l'espèce qu'il avait sous 


ï 
1 


(43 


306 ; ANNALES 
les yeux n’était qu'une variété de l'espèce Linnéenne; il a 
changé d'opinion , et m'a prié de rectifier cette erreur. 

Je vais actuellement donner la description de trois espèces 
nouvelles, dont deux m'ont été communiquées, pour les dé- 
crire, par M. de St-Fargeau , de la collection duquel elles font 
partie, tandis que l’autre a été trouvée par moi dans le bois 
Boulogne. 


1°. Nematus latipes (A 


Antennes et tête noires; palpes d’un roux noirâtre. Gor- 
selet entièrement noir, Abdomen noir; ses 3°, 4°, 5° et 6° seg- 
mens , ainsi que le milieu du second , d’un roux ferrugineux. 
Pattes antérieures d’un roux pâle, avec les hanches et la base 
des cuisses noirâtres; celles des jambes blanchâtres; pattes 
intermédiaires noires, avec la base des jambes blanche; han- 
ches postérieures noires, leurs trochanters blancs; cuisses 
noires en devant, ferrugineuses, surtout vers la base, à la 
partie postérieure; jambes noires à base blanche; ces 
jambes fortement élargies dans leur tiers inférieur ; tarses 
noirs, le premier article très-dilaté et aplati. Ailes d’une trans- 
parence un peu jaunâtre , avec une bande faiblement enfu- 
mée , qui traverse l’aile supérieure de la base du stigmate jus- 
qu’au bord interne. Gôte et nervures noires. © .Bois de Bou- 
logne. M 


2°, Nematus varus (2). 


Antennes noires. Tête noire. Palpes et chaperon blancs. 
Corselet noir. Epaulettes d’un brun roussâtre. Abdomen noir ; 
incisure du 1* segment ferrugineuse; 3°, 4° et 5° segmens, 
ainsi que la base du 6° et le milieu du 2°, de couleur ferrugi- 


(x) Fig. 4, 5 et 6. 
(2) Fig. 8. 


DE LA SOCIËTÉ ENTOMOLOGIQUE. 507 
neuse. Paltes antérieures et intermédiaires d’un ferragineux 
pâle, Hanches postérieures noires ; leurs trochanters blancs; 
cuisses ferrugineuses ayec l’extrémité noirâtre. Jambes noi- 
res à base blanche. Ges jambes un peu élargies dans leur 
moitié inférieure. Tarses noirs; leur premier article un peu 
ferrugineux , dilaté et comprimé. Ailes d’une transparence un 
peu jaunâtre; côte d’un roux pâle , stigmate et nervures noirâ- 
tres. c'. Normandie. 


3°. Nematus laticrus (1). 


Antennes noires. Tête noire; palpes roussâtres. Corselet 
noir. Abdomen noir; les 3°, 4°, 5° et 6° segmens ferrugineux; 
un petit trait à la base dorsale du second segment de cette 
même couleur ferrugineuse, qui forme aussi deux taches à la 
base du 7° segment. Pattes, hanches et trochanters antérieurs, 
noirs ; cuisses antérieures noires , ayant du ferrugineux à leur 
partie antérieure vers le bout. Jambes et tarses antérieurs 
d’un blanc roussâtre, un peau bruns vers le bout; cuisses inter- 
médiaires noires ; leurs jambes et leurs tarses de couleur de 
poix, la base des premières blanchâtre; pattes postérieures 
noires avec le bout des hanches, les trochanters et la base des 
jambes de couleur blanche ; celles-ci dilatées et aplaties dans 
leur partie inférieure , ainsi que le premier article des tarses. 
Ailes d’un transparent légèrement roussâtre , avec une bande 
enfumée vers le milieu des supérieures , qu’elle traverse depuis 
la base du stigmate jusqu’au bord interne. $. Des environs de 
Soissons. Cette espèce est une fois plus grande que les précé- 
dentes. 

Il existe dans la collection de M. de St-Fargeau un Vematus, 
qu’il a décrit sous le nom de ’icinus dans l'ouvrage que j’ai 
cité plus haut , lequel a la partie inférieure des jambes posté- 


(x) Fig. 7. 


808 ANNALES 


rieures et le premier article de leurs tarses un peu dilatés, 
mais bien moins que dans les précédentes espèces et dans le 
Nematus septentrionalis. Gette espèce est le passage des Cræ- 
sus de M; Leach à ses Vermatus. 


Sur les transformations du Cladius difformis, //ymeénop- 
ière de la famille des T'enthrédines; par M. AUGUSTE 


Bruzé. (PL. 11.) 


(Séance du x août 1832.) 


Le genre Cladius se compose de quelques espèces toutes 
indigènes , mais leurs transformations sont encore inconnues ; 
c’est le Z'enthredo difformis de Panzer qui a servi de type à 
ce genre, formé par Klug ; et adopté depuis par tous les Ento- 
mologistes. Un hasard heureux m'a fourni l’occasion d’obser- 
ver la larve de l’espère de Panzer , et je tiens cette larve de la 
libéralité de M. le comte Lepeletier de St-Fargeau, chez le- 
quel elle est sortie de l'œuf au mois de juin dernier. 

Ceite larve ou faussé chenille a vingt pattes; elle est d’un 
vert très-pâle , avec la tête ferrugineuse, marquée de chaque 
côté d’une tache noire où se trouvent les yeux, comme dans 
les autres fausses chenilles. Des houpes de poils très-fins et 
erisatres revêtent tout le corps dans le sens de la largeur des 
segmens; de chaque côté du corps, sur chacun des segmens, 
s'élève un petit tubercule pilifère , dont les poils sont disposés 
également en houppe, et seni de la même couleur que ceux du 
reste du corps; les trois derniers segmens seuls n’ont pas ce 
tubercule latéral. Les pattes sont ainsi réparties : six écaiileu- 


neuses placées par paires sous chaque segment, à partir du 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 30g 


cinquième jusqu’au dixième inclusivement; les deux dernières 
membraneuses, beaucoup plus petites, se trouvent à l’extré- 
mité du dernier segment. (Voy. PI. 11, fig. r2 et 19 a.) 

La larve du Claudius difformis se trouve sur les rosiers et 
se nourrit de leurs feuilles , à Ja face inférieure desquelles elle 
se tient toujours ; elle attaque la feuille par le bord et semble 
préférer celles du rosier du Bengale à celle du rosier À cent 
feuilles. C’est ce que j'ai remarqué pour les deux seules faus- 
ses chenilles que j'ai pu me procurer chez M. le comte de St- 
Fargeau , lesquelles se portèrent de préférence sur des feuilles 
de rosier du Bengale, qu’elles avaient déjà depuis plusieurs 
jours , bien que je leur donnasse des feuilles fraîches du ro- 
sier à cent feuilles. 

Une de mes deux fausses chenilles changea de peau chez 
moi, et en sortit avec le dos nuancé de roussâtre clair, comme 
le représente la fig. 12. Elle avait alors cinq lignes ‘de lon 
sueur et j’espérais la voir devenir plus grosse, lorsqu’elle fat 
blessée par une aranéide et périt au bout de quelques heures. 
L'autre fausse chenille n’était pas plus grosse que la première, 
mais je n’ai pu savoir si elle avait comme elle changé de peau, 
car elle s'était enfermée dans une coque grossière entre deux 
feuilles de rosier qui se trouvaient rapprochées par les bords 
d’une petite bouteille que j'avais remplie d’eau afin de con- 
server mes feuilles plus fraîches. * 

de crus d’abord que cette larve ne s’était enfermée que faute 
d’un endroit convenable , et je pensai qu’elle n’arriverait pas à 
l’état parfait. Dans cette idée, je me rendis chez M. de St- 
Fargeau, pour voir s’il ne s’en trouverait pas encore quel- 
qu’une à qui je donnerais de la terre pour opérer ses métamor- 
phoses, mais nous les trouvâmes toutes enfermées dans des 
coques analogues à celle que j'avais vues, et placées soit dans 
le pli d’une feuille, soit à la réunion de deux branches, soit 
même entre deux feuilles rapprochées l'une de l’autre par ha- 

1. 21 


319 ANNALES 

sard. Ayant obtenu la permission d'emporter ces différentes 
coques , j'en ouvris quelques unes pour savoir comment l’ani- 
mal s’y était enfermé et quelle forme il y avait prise. Je vis 
qu’il n’avait pas quitté la forme de chenille , à laquelle il res- 
semblait en tout, si ce n’est qu'il n'avait plus les pattes écail- 
leuses, Voy. fig. 11; il s’y tenait couché sur le côté , le corps 
courbé en arc et enfermé dans une coque intérieure plus 
épaisse que la première, de forme allongée , peu régulière : 
assez souvent cetle coque n’est pas seule , elle est accompa- 
gnée d’une autre semblable, placée parallèlement à elle et 
protégée par la même enveloppe commune. La membrane.des 
coques intérieures et extérieures est très-mince , non soyeuse , 
lésèrement jaunâtre et analogue pour le luisant à la viscosité 
que déposent les limaces sur les corps qu’elles parcourent : 
elle ést traversée en différens sens par des fibres plus épaisses 
et qui doivent être filées tout d’abord, les intervalles de ces 
fibres étant ensuite remplis par la matière visqueuse. 

Au bout d’une douzaine de jours, l’insecte parfait sort de 
son enveloppe , et telle est sa facilité à se transformer, que 
ceux d’entre eux que javais mis à nu par l’ouverture de leur 
coque sont parvenus, contre mon attente, à leur dernier 
état. Le seul individu dont j'ai pu suivre le développement, 
avait filé sa coque le 26 juin et en sortit le 8 juillet, c’est-à- 
dire treize jours après. s 

De dix enveloppes extérieures , j’ai obtenu dix individus, 
tant mâles que femelles , mais je n'ai pu observer si les mâles 
se trouvaient renfermés sous la même enveloppe extérieure , 
ou s’ils y étaient avec une femelle ; il est probable qu'il n’y a 
point de règle à cet égard, puisque plusieurs enveloppes ren- 
f:rment des individus isolés. (Voy. fig. 10, le dessin de la fe- 
melle.) | 

Je terminerai cette note en présentant mes remerciemens à 
M. le comte de St-Fargeau, qui a bien voulu me laisser dé- 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 311 
crire une larve, que lui-même nous aurait fait connaître 
beaucoup mieux, vu la longue habitude d'observer et la 
connaissance parfaite des mœurs des insectes, qui l’ont porté 
au premier rang parmi les Entomologistes. 





BULLETIN ENTOMOLOGIQUE. 
ANNÉE 1832. — 3° TRIMESTRE. 


SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. 


(Séance du 4 juillet.) 


Ouvrages offerts. — Première et troisième livraisons du 
supplément aux Lépidoptères de France , de M. Duponchel, 
par l’auteur des Annales. 

Trois fascicules de description d’Insectes nouveaux ou peu 
connus, recueillis dans le midi de la France, la Sicile, la 
Morée , la Turquie et l'Egypte, par M. A. Lefebvre. 


Communications. — M. Guérin engage la Société à se 
joindre à celle d'Histoire Naturelle pour concourir à l'érec- 
tion du monument scientifique qui doit être élevé à la mé- 
moire de M. Cuvier, d’après la proposition qu'il en a faite. 

M. Audouin fait part de deux mémoires relatifs à l'Entomo- 
logie, qui font partie du dernier volume de la société de 
Bonn. L’un, de M. Carus, sur le fluide qui circule dans le 
corps des Insectes; l’autre, de M. Wiedmann , sur le genre 
Midas. Ce dernier est une monographie de ces Diptères , ac- 
compagné de planches coloriées. 

M. Lefebvre donne quelques renseignemens sur le Graphip- 
terus variegatus (Klug.). Get insecte, loin d’être nocturne, 


312 ANNALES 


comme la plupart des naturalistes le croient , a été trouvé par 
lui les premiers jours de mars, au plus fort de la chaleur du 
jour , à six Journées de marche du Nil, dans le désert Lybique 
à l’Oasis de Bahryeh, sur les gros monticules de sable qui , 
à l’ouest , dominent le village de Zabou, ainsi qu’à la petite 
Oasis d'Harrarah , qui en est peu distante. Ce Carabique ne 
s’y tient jamais dans les parties cullivées, mais seulement à 
leur jonction avec le sol inculte du désert , toujours plus vo- 
lontiers sur les mamelons ombragés de Tamaris rabougris , 
seule végétation qui y paraisse, et au pied desquels il semble 
habiter. On l'entend plutôt qu’on ne le voit, à cause d’un 
stridulus assez distinct semblable au mot xéxe continuelle- 
ment répété, et qui provient du frottement de Îa partie in- 
terne de la cuisse des pattes postérieures, contre le bord des 
élytres qui deborde l'abdomen. Renfermés plusieurs ensem- 
ble dans une boîte, quelque spacieuse qu'elle soit, ils s'y 
mutilent de toute manière avec une promplitude et une rage, 
plus grande encore que dans tous les autres Carabiques. Il est 
fort abondant là où il se trouve; mais la nuit, M. Lefebvre 
n’a jamais pu venir à bout de le rencontrer , malgré le soin 
qu'il y mit. 

M. Lefebvre rappelle encore j’attention de la Société sur 
un fait digne de remarque : c'est l’étonnante faculté qu'ont 
divers insectes de vivre dans une atmosphère des plus chaudes. 
En effet , le 24 mai 1825 , à environ cent pieds de profondeur 
dans les parois internes du Vésuve , il trouva dans les bouches 
sulfureuses brûlantes (ou le thermomètre cassa à 60 degrés 
de Réaumur} plusieurs Curculionites, comme le Ærirhynus 
Affinis (GyAl.) et le Rhytonomus Murinus (GylL), qui y vi- 
vaient parfaitement et s’y accouplaient. La plupart portaient 
sur leurs élytres ammolies des gouttes de vapeur condensée. 

À l'appui de ce fait, M. Duponchel rapporte que dans les 
eaux thermales d’Acqui en Piémont (qui ont 4o degrés 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 319 
Réaumur de chaleur), selon M. Lesne , inspecteur des hôpi- 
taux militaires, il se trouve un Dytiscus de grande taille, qu'il 
pense être le Ræselir. 

À ce sujet M. de Theis raconte que dans l’hiver de 1850, 
par 14 degrés de froid (Réaumur) , il a trouvé certames es- 
pèces d’Arachnides très-vivaces , et qui ont supporté une tran- 
sition subite de 34 degrés de chaud sans en paraître INCOM - 
modées. 


Lectures, — Mémoire sur un nouveau genre de Crustacés 
de l’ordre des Stomapodes, par M. Milne Edwards. 

Mémoire sur la culture de la Cochenille en Espagne , par 
M***, communiqué par M. de Theiïs. 

Mémoire sur le Tinea Decuriella (Hub.), par M. Dupon- 
chel, pag. 500. 


Séance du 1° août. 


Ouvrages offerts. — Seconde décade d’une centurie de 
Lépidoptères de l'île de Cuba, de M. Poey, par l’auteur. 

Seconde livraison de l’Iconographie des chenilles des Lépi- 
doptère de France , de M. Duponchel , par l'éditeur des An- 
nales. 

Lectures. — Monographie du genre Zycus, par M. Guérin. 

Mémoire sur les transformations du Cladius Difformis, par 
M. Brullé, pag. 308. | 

Description de quatre Tenthrédines nouvelles , par M. Foul- 
ques de Villaret , pag. 305. 


Membres reçus. — MM. Girod Chantrans (de Baume), 
Macquart (de Lille ). | 


Séance du 5 septembre. 


Correspondance. — Veltre d'acceptation de M, Kluÿ, 
pag. 2/40. 


3514 ANNALES 


Ouvrages offerts. — Première et seconde livraisons de la 
partie Entomologique de l’expédition scientifique de Morée , 
par l’auteur, M. Brullé. 


Communications. — M. Lefebvre fait part d’un article de 
la Gazette des Hôpitaux du 2 août 1852, où on rapporte 
que, près de Marseille , non loin de Château-Gombert, des 
paysans ont, en trois jours , recueilli trois cent quatre-vingt 
kilogrammes d'œufs de Sauterelles, qu'ils ont remis à une 
commission nommée à cet effet par le maire de l'endroit. 

M. Lefebvre demande qu'il soit pris des renseignemens 
exacts sur ce fait; et, appelant l'attention de la Société sur 
les apparitions considérables d’Insectes de diverses espèces 
que l’on a signalées sur plusieurs points de l’Europe et de Ja 
France, cette année que le choléra y a exercé ses ravages, 
demande s’il n’y aurait point coïncidence entre ces appa- 
ritions et les maladies pestilentielles ou épidémiques violentes. 
L'histoire, celle même des temps les plus reculés, présentant 
souvent une réunion pareille. 

M. Feisthamel combat cette opinion, et pense que ces appa- 
ritions ne sauraient se rattacher à la présence d'aucune ma- 
ladie; et, entr’autres preuves, rapporte que ce ne fut que 
l’année qui précéda la dernière invasion de la peste à Odessa 
qu'y fondit une des plus fortes nuées de Sauterelles qui y 
aient été observées dans ce pays. 

M. Lacordaire soutient l’avis de M. Feisthamel , et, tout en 
rapportant qu’un passage de Piérides a dernièrement été re- 
marqué dans un des quartiers de Paris, pense que cette coiïn- 
cidence ne saurait exister. 

La Société prend cependant en considération la question 
soulevée par M. Lefebvre , et nomme une commission chargée 
de présenter un travail à ce sujet. 


DE LA SOCIËTÉ ENTOMOLOGIQUE 315 

Lectures. — Mémoire sur la bouche des Lihellulines, par 
M. Brullé. 

Description de plusieurs Coléopières inédits, par M. de 
Laporte. 

Description de trois Coléoptères nouveaux, par M. Gory. 

Mémoire sur les métamorphoses du genre Ceralopogon , 
par M. Guérin. 

Mémoire sur les mœurs de la Ghenille de la Nonagria Pa- 
ludicola, par M. Guénée (de Châteaudun). 

Notice historique sur l’Entomologie du Guiane, par 


M. Lacordaire. 


Membres reçus. — MM. Dessalines d'Orbigny (de Paris), 
Walker (de Londres), Schuermann (de Bruxelles) , Robyns 
(id.), Dubust (id. ). 


VOYAGES. 


DÉPARTS. —— ARRIVÉES. — NOUVELLES DIVERSES. 


Madame vedve Salé et son fils, dont nous avons annoncé 
le départ pour le Mexique dans notre premier numéro , n’ont 
pu, à cause du bombardement de la Vera-Grux, dans la- 
quelle ils se trouvaient enfermés , recueillir jusqu'à présent 
un grand nombre d'insectes. Mais en ce moment ils se diri- 
sent vers le pic d’Orixaba , où tout fait espérer qu'ils feront 
d amples récoltes. 


M. Alcide d’Orbigny , parti en 1826 pour l'Amérique mé- 
ridionale, écrit de Santo-Corazon de Chiquetos, à la - 
du 9 octobre 1831, qu'après un séjour de quatre mois parmi 
les Indiens de ce pays, il compte visiter les Guacoyos , et de 


316 ANNALES 


là passer à Moxos, pays qui lui promet les plus riches décou- 
vertes. Il compte ensuite explorer la province de Guzco, et 
de là revenir enfin en Europe avec d'immenses collections, 
dont les insectes ne seront pas la partie la moins riche. 


M. Poey, parti récemment pour l’île de Cuba , où il compte 
explorer toutes les branches de l’histoire naturelle, vient 
d'arriver heureusement à la Havane. 


M. Bohéman , naturaliste suédois, dont nous avons annoncé 
le départ pour la Laponie dans notre dernier numéro, est 
récemment de retour de son voyage. Gette expédition , à ce 
qu’on assure, vu le froid et les pluies qui ont duré cet été 
dans ces contrées , a été moins productive qu’on n'avait lieu 
de l'espérer. 


Une lettre de M. de Bonpland, datée de Buénos-Ayres, du 
7 mai 1852, et adressée à M. de Humbold , apprend que cet 
illustre voyageur compte enfin revenir en Europe après une 
seconde excursion aux missions portugaises, où la fertilité du 
sol et la richesse de la végétation lui promettent les plus am- 
ples récoltes dans toutes les branches de l’histoire naturelle. 
À cette époque, il attendait de ce dernier Pays et du Pa- 
raguay ses premières collections pour les expédier aussitôt au 
muséum d'histoire naturelle de Paris. 


On apprend que M. Polydore Roux, directeur du muséum 
d'histoire naturelle de Marseille , après un assez long séjour 
en Égypte , vient de s’embarquer pour Bombay. 

D’après les dernières nouvelles reçues de M. Ruppel, de 
Francfort, datées de Massano, en mars dernier, ce célèbre 
naturaliste, déjà connu par ses voyages dans l'intérieur du 
Kordofan et au Darfour, de 1822 à 1827, a entrepris, à la 
fin de 1830, un second voyage dans ces mêmes contrées. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 317 
Des révolutions ayant éclatées à la fois dans toute l’Arabie 
et l’Abyssinie, et jusque dans le formidable pays des Gallas , 
M. Ruppel s’est trouvé obligé, après avoir traversé la mer 
Rouge à Moka, de suspendre le projet qu’il avait de se di- 
riger vers les montagnes de la Lune , et de pénétrer par là le 
plus avant possible dans le continent africain. Il s’est arrêté à 
Massona , où il a résidé pendant six mois, qu'il a employés 
à explorer les parties de l’Abyssinie les plus rapprochées de 
la côte, et dans lesquelles il a fait, dans toutes les branches 
de Ja zoologie , d'importantes découvertes. 





NÉCROLOGIE. 


Notice sur GEonce Cuvier, membre honoraire de la So- 
ciété Entomologique de France, lu à cette Societé par 
M. Vicror Auvouin, vice-président. 


(Séance du 13 juin.) | 


GEorce-LéoPorn-CnréTien-FrépérteæDacogert Cuvier 
est né à Montbelliard, département du Doubs, le 25 août 
1769 (1). 

Élevé dans la religion luthérienne , il se distingua dès ses 
plus jeunes années par son aptitude au travail et par la facilité 
avec laquelle il saisissait cout ce qu’on voulait lui enseigner. 
À trois ans, il lisait déjà très-couramment; et à quatorze, il 
avait terminé, d’une manière brillante, ses classes dans le 
collége de Montbelliard. Sa famille, peu fortunée , comptait 
lui faire embrasser la carrière militaire; mais sa santé délicate 
el son goût prononcé pour l'étude la firent renoncer à ce projet: 


(1) Nous nous sommes assurés que la date de sa naissance était le 
23 août, et non le 25, cotuime on la imprimé dans quelques biographies. 


318 ANNALES 

on le destina alors à l’état ecclésiastique , pour lequel il mon- 
irait beaucoup de penchant. Cependant il fallait, avant tout, 
subir les épreuves d’un concours pour obtenir une bourse, 
et Cuvier s’y montra avec tant de supériorité, que personne 
ne doutait qu’on ne le choisit comme le plus capable. Néaa- 
moins, la palme fut décernée à un concurrent qui était sou- 
tenu par la protection de l’un des juges. 

Montbelliard était alors la capitale d’un comté dont le duc 
de Wurtemberg était souverain. L’injustice dont le jeune can- 
didat avait été victime vint aux oreilles du prince, qui s’em- 
pressa de la réparer en lui accordant une bourse dans un éta- 
blissement de haut enseignement qu’il avait formé à Stutt- 
gard. 

Cuvier s’y livra à des études sérieuses de droit jusqu’à l’âge 
de dix-huit ans , où il en sortit. Dès cette époque , il avait ma- 
nifesté un goût très-prononcé pour l’histoire naturelle; toutes 
ses heures de récréations étaient consacrées à la récolte et au 
classement des insectes; et, comme pour lui il n'y avait pas 
de jeuBfrivoles , il étudiait en même temps avec soin leurs 
caractères , observait leurs mœurs, et s’exerçait dans l’art 
difficile de les peindre. Ayant fini ses études, et oblixé qu’il 
était de tirer parti de ses connaissances , il accepta une place 
de précepteur que lui offrit le comte d'Hericy , qui avait plu- 
sieurs enfans, et habitait en Normandie le château de Fi- 
quainville, situé près d’un bourg nommé Valmont, à cinq 
lieues au nord-ouest d’Ivetot. Poussé par une sorte d’entrai- 
nement vers la zoologie , et placé dans le voisinage de la mer, 
il mit à profit ses instans de loisir pour observer les animaux 
nombreux et variés qu'elle renferme dans son sein. 

Il entrait à peine dans sa vingt-quatrième année , et déjà 
ses travaux manuscrits révélaient toute la portée de son génie, 
bien que lui-même ne les regardât que comme de faibles 
essais; Car, écrivait-il à son jeune ami M. Geoffroy Saint 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 519 


Hilaire , avec lequel il venait d’être mis en relation : « Ces ma- 
nuscrits dont vous me demandez la communication, ne 
sont qu'à mon usage, et ne comprennent sans doute que des 
choses déja décrites ailleurs, et mieux établies par les 
naturalistes de la capitale; ils sont faits sans le secours 
des livres et des collections, etc. Et cependant, ajoute 
M. Geoffroy , dans ces précieux manuscrits je trouvai presque 
à chaque page des faits nouveaux, des vues ingénieuses. Les 
méthodes scientifiques , qui depuis ont renouvelé les bases 
de la zoologie, étaient indiquées dans ces premiers essais , 
déjà supérieurs à presque tous les travaux de l’époque. de lui 
répondis : Venez à Paris ; venez jouer parmi nous le rôle 
d'un autre Linné, d'un autre législateur de l'histoire na- 
turelle. » (1) Gette invitation fut acceptée , et bientôt Cuvier 
vint prendre rang parmi les jeunes savans que renfermait alors 
la capitale. La Société Philomathique était le centre de leur 
réunion ; il en devint membre, et y contracta des liaisons in- 
times avec MM. Berthollet, Bosc, Brongniart , Coquebert- 
Montbret, de Candolle, Dumeril, Fourcroy, Hallé, Haüy, 
Lacépède, Lacroix , Laplace , Latreille , Mirbel , Monge, Vau- 
quelin, Sylvestre, etc. 

Un des premiefs travaax qu'il communiqua à ce petit 
comité d'amis fut un mémoire sur la formation et l’usage des 
Méthodes en histoire naturelle. Il s’attacha à démontrer dans 
cette dissertation lumineuse que la bonté d’une méthode doit 
nécessairement tenir %u meilleur choix, dans la subordina- 
tion des caractères. Plus tard , il fit d’heureuses applications 
de ce principe dans ses nombreux et importans travaux de 


(x) Voyez le discours prononcé sur la tombe de M. Cuvier, le 16 mai 
1832, par M. Geoffroy Saint-Hilaire ( .Ænnales des sciences naturelles ,1. 26, 
pag. 4or ), et dans lequel ce savant nous apprend comment il fui mis en 
relation avec M. Cuvier, par l’entremise d'un célèbre agronome, M. Tes: 
siér , aujourd’hui le doyen de l’acatémie des sciences, 


320 ANNALES 

zoologie ; mais dès lors les preuves qu’il apportait à l'appui 
de sa manière de voir indiquaient un observateur exercé et 
doué d’un coup d’æil vif et pénétrant. En effet, M. Cuvier 
pouvait avoir sur ces matières difficiles une opinion bien ar- 
rêtée, préparé qu’il était depuis long-temps par un examen 
attentif des divers systèmes organiques des animaux et par de 
profondes méditations. : 

Vous ne vous attendez pas , Messieurs , à me voir suivre 
dans sa carrière scientifique ce génie si fécond et si actif. Des 
voix éloquentes et plus capables que moi de faire ressortir 
l'importance de ses travaux sur l’Analomie des animaux de 
toutes les classes, sur la Zoolocie , sur la Géologie et sur la 
Palæontologie , se sont déjà fait entendre, et plusieurs s’élè- 
veront de nouveau qui diront tout ce que lui doit la science, 
non- seulement à cause du grand nombre de publications qu’il 
a mises au jour, mais encore pour ce talent si merveilleux 
qu’il possédait d'exposer nettement ses pensées et de les faire 
comprendre aux autres. On transmettra aussi à la postérité, 
car c’est un exemple qui devra profiter, avec quelle bienveil- 
Jance cet homme supérieur accueillait la jeunesse studieuse. 
Les cabinets d'anatomie qu’il avait formés au Muséum d’his- 
ioire naturelle étaient généreusement mis à la disposition des 
personnes qui se livraient à quelques recherches suivies ; et 
elles peuvent dire que ni les conseils ni les encouragemens ne 
leur ont jamais manqué. 

Dans cette courte notice que vous m'avez chargé de ré- 
diger, je crois ne devoir m'occuper que de la partie des 
travaux de M. Cuvier qui concernent l’Entomologie ou qui 
ont des rapports directs avec elle. 

L’Entomologie ! celie science qui a le privilége de convenir 
à la jeunesse aussi bien qu’à l’âge mûr, M. Cuvier en avait 
goûté et apprécié tous les charmes. d’ai dit que lorsqu'il était 
au coliége de Stutigard , il employait ses loisirs à récolter et 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 3a1 


à peindre des insectes; plus tard, il s'en occupa encore plus 
activement, comme vous le verrez en jetant les veux sur 
plusieurs manuscrits que je dépose sur le bureau, et qu'il 
donna, il y a bien des années, à M. Alexandre Brongniart, 
comme un souvenir de peu de valeur et d'ancienne amitié {1). 

L'un de ces manuscrits a été rédigé dans le château de 
Fiquainville , en Normandie; il a pour titre : Diarium z00- 
logicum quintum ; et est daté du 22 avril 1701 : Cuvier 
n'avait pas encore vingt-deux ans. Ce petit nombre de pages 
contient des descriptions de Garabiques , écrites en latin: 
et, dès la première ligne, on a la preuve que ces observations 
entomologiques dataient déjà de cinq à six ans, car le jeune 
auteur dit, à l’occasion du Carabus granulatus de Linné, 
dont il donne une fort bonne figure : « Certè ille est quem 
exhibet Diarium zoologicum primum (Die 15 octob. 1786, 
pl. 4, fig. 5). » Or, cette date correspondrait à sa dix-sep- 
tième année, à l’époque où il terminait ses études au col- 
lége de Stuttgard , et l’on reconnaît, par le renvoi qu’il fait à 
une planche 4, qu’alors ses dessins étaient déjà assez nom- 
breux pour former un atlas (2). 


(x) Le goût très-prononcé qu’ils avaient l’un et l’autre pour l’'Entomo- 
logie donna naissance à teur liaison, et ce fut aussi cette science qui éta- 
biit les rapports les plus intimes entre M. Cuvier et plusieurs savans 
étrangers. On doit surtout citer parmi eux, un Ertomologiste célèbre, 
Fabricius, qu’il accueillit à Paris de la manière la plus généreuse , et au- 
quel il eut occasion de rendre des services importans. 

(2) Depuis la lecture de eette notice, j'ai recherché ces manuscrits de 
collége , et j'ai été assez heureux pour en découvrir plusieurs. M. Cuvier, 
qui, jugeant sa fin prochaine, s’est occupé d’une manière si touchante 
et avec un calme si philosophique, des intérêts de sa famille, a songé 
aussi à assurer la publication de ses nombreux travaux. Tous ses manu- 
scrits sur les poissons ont été légués à M. Valenciennes, son col!labo- 
rateur pour l'histoire de ces animaux; et M. Laurillard, son ami de 
trente ans, qui lui était dévoué d’une manière si complète, a recu le 


322 ANNALLS 

Les figures de Carabiques qui accompagnent ce Diariurm 
quintumn sont exécutées avec un rare talent et une finesse dans 
les parties délicates, remarquable pour cette époque. Les in- 
dividus ont été peints dans la position où ils sont morts : 
c'était l’usage du temps, ainsi qu’on peut le voir dans les ou- 
vrages de Rossi et de Petagna. 

Indépendamment de ces dessins en couleur, le jeune Guvier, 
jugeant de quelle utilité pouvait être pour la distinction des 
espèces , une foule de caractères imperceptibles à la vue sim- 
ple, mais que l’on peut très-bien saisir à l’aide d’une loupe, 
a représenté souvent, à côté de son texte descriptif, des détails 
grossis offrant la forme du corselet et les ponctuations si re- 
marquables et si variées des élytres. Mais c’est surtout à l’oc- 
casion de quatre hister, dont il donne la description, qu'il 
s'attache davantage à faire ressortir, par des dessins au trait, 
les principales différences que ces parties fournissent. Ces dé- 
tails, comme on le voit, ont précédé de beaucoup les pre- 
miers essais en ce genre que nous devons à Herbst, à Sturm et 
à Paykull. 

Outre cette planche consacrée aux Carabes, et qui est 
complétée par divers autres Goléoptères et même par quel- 
ques Hémiptères, le Diarium quintum contenait six autres 
planches, dont je n’ai malheureusement entre mes mains que 
les n° 2 et 4. Le n° 2 offre la représentation de vingt-trois 


précieux dépôt des portefeuilles relatifs à l’anatomie comparée et aux 
animaux fossiles. C’est aussi à ce savant modeste qu'a été confié la coor- 
dination d’une foule de notes sur la Zoologie, et je dois à cette heureuse 
circonstance la communication des essais Entomologiques de M. Cuvier; 
ils forment quatre cahiers format in-40: deux sont relatifs à la Botanique, 
et remontent à l’année 1786; un autre concerne l’anatomie des Oiseaux, 
et trois autres présentent la description et la figure de beaucoup d’In- 
sectes indigènes et même exotiques. Les planches de ces derniers cahiers 
sont au nombre de trente-deux ; ils sont datés de Stuttgard, 1787-1788, 
et de Caen, 1790. ; 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 523 


espèces d’Ichneumons : le manuscrit manque. Au contraire, 


1 


j ai une portion du texte relalif aux figures de la planche 4 : 
c’est une description de trente-six espèces de Tenthrèdes , 
qui porte ce titre : Recensio generalis Tenthredinummihi 
et Pfaffio notarum. 

On voit, par des annotations mises en marge, cue M. Pfaff, 
compatriote de Fabricius, et aujourd’hui professeur de chi- 
wie à Kiel en Danemarck, correspondait fréquemment avec 
M. Cuvier. Les dates relatées de ces lettres sont des mois 
de décembre 1790 et septembre 1791. 

Enfin le dernier de ces fragmens, que je pense être d’une 
époque un peu moins ancienne , ne porte point de date, et 
a pour litre : Pediculi animalium ; il renferme la description 
et la figure au trait d’un assez grand nombre de Poux et de 
Tiques de divers oiseaux et mammifères (1). 


(1) J'ai communiqué à la Société Entomologique, postérieurement à 
Ja lecture de cette notice, un nouveau manuscrit de M. Cuvier, non 
moins précieux que ceux dont il vient d’être question, et que je possédais 
dans ma bibliothèque sans en connaître l’origine. 

J'avais acheté, pour une somme modique, à la vente des livres de 
feu M. le professeur de Lamarck, qui eut lieu au mois d'avril 1830, 
un lot de plauches de l'Encyclopédie, parmi lesquelles je remarquai une 
série de figures de Crustacés exécutées à la plume et avec un rare talent. 
Aucun texte n'accompagnait ces figures ; seulement plusieurs portaient 
une détermination écrite de la main de M. de Lamarck, et quelquefois 
par une main différente; elles étaient en outre accompagnées d’une 
feuille volante portant ce titre : IcoNEs caNCRORUM, et plus bas, Capomwr 
M. D. CC. XC. Je ne songeais pas à ce manuscrit lorsque, causant der- 
nièrement avec M. Latreille des travaux de M. Cuvier et de la facilité 
avec laquelle il dessinait, il vint à me parler de très-jolies figures de 
Crustacés, à la plume, dont son illustre ami avoit autrefois gratifié M. de 
Lamarck, et qui sans doute, me dit-il, avaient été perdues. Ce renseigne- 
ment ne me permit pas de douter que les planches aujourd’hui eu ma 
possession , ne fussent celles dont parlait M. Latreille, et bientôt j'en eu la 
preuve la plus positive, lorsque, les lui ayant apportées, il les reconnut 


324 ANNALES | 

J'ai pensé, Messieurs , que vous trouveriez quelqu'intérêt à 
être instruit de ces circonstances peu connues, et qui sont 
relatives à la jeunesse de M. Cuvier; elles établissent un fait 
irrécusable : c’est que l’illustre auteur de l’Aratomie com- 
parée, du Règne animal, des Recherches sur les Ossemens 
fossiles, de l'Histoire naturelle des Poissons, le secrétaire 
perpétuel de l’Académie des sciences , enfin le premier natu- 
turaliste de notre époque a élé introduit dans cette immense 
carrière par l'irrésistible attrait des recherches Entomologi- 
qués; c'est à celles-ci qu'il doit en quelque sorte d’avoir pu 
counaître et d’avoir commencé à prouver sa véritable voca- 
tion; ce sont, d’après son propre aveu , les merveilles qu’il a 
découvertes dans l’organisation des insectes qui ont élevé son 
génie aux plus hautes conceptions. C’est un beau nom pour 
nous que celui de Guvier, à joindre à tant de noms illustres 
pour les opposer aux détracteurs de notre science chérie, s’il 
pouvait s’en trouver encore (a): 

En effet, l’Entomologie ne fut jamais pour cet homme su- 
périeur un simple passe-temps de jeunesse. « Si je n'avais pas 


pour telles. Je reconnus alors moi-même dans le titre et dans les noms 
des espèces inscrits au bas des planches, l'écriture de M. Cuvier, qui 
depuis n’a guère changé, et qui ne diffère essentiellement de celle que 
nous luiavons connue, que parce qu’à cette époque elle était beaucoup plus 
régulière et plus lisible. La date de 1790 correspond à sa vingt-unième an- 
née, et au temps où il habitait la Normandie. C’est à Caen ( Cadomi) qu'il 
a fait cet atlas; il se compose de vingt-trois planches, consacrées cha- 
cune , excepté la dernière, à une seule espèce. Généralement elles re- 
présentent des Crustacés de nos mers; mais, dans le nombre, il ÿ en 
a plusieurs qui sont exotiques, et que probablement M. Cuvier avait eu 
occasion d'étudier dans quelque cabinet d’amateur. 

(r) Voyez le fac simile de la lettre que M. Cuvier a adressée à la So- 
ciété Entomologique, et qu’on a joint ici; elle montre avec quel plaisir 
il se rappelait ses premiers travaux relatifs à l’'Entomologie, et quel cas 
il faisait de cette science. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 525 
étudié les insectes par goût lorsque j'étais au collége , me 
disait-il un jour , je l'aurais fait plus tard par raison, par 
nécessité. » Car il était convaincu que l'habitude d’apporter 
son attention toute entière à l’examen de détails minutieux, 
et la possibilité de commettr@une erreur pour peu qu’on se 
relâche de cette règle, était une épreuve très-utile pour 
aborder l’étude des animaux plus élevés et pour tirer de cette 
étade le meilleur fruit possible. 

« Êtes-vous Entomologiste? demanda-t-il un jour en ma 
présence, à un jeune homme de mes amis qui s’était aventuré 
à lui parler je ne sais de quelle particularité remarquable 
qu’il prétendait avoir découverte dans une dissection faite sur 
l'espèce humaine. — Non, lui répondit l'étudiant en méde- 
cine. — Hé bien! répliqua M. Cuvier, faites lanatomie 
d’un insecte; je ne suis pas difficile sur le choix, prenez le 
plus gros que vous trouverez, revoyez ensuite votre ob- 
servation , et si elle vous paraît encore exacte, je vous 
crois sur parole. » Mon ami se soumit de bonne grâce à l’é- 
preuve ; et bientôt, ayant acquis plus d’habileté et plus 
de réserve , il vint remercier M. Cuvier de son conseil , et lui 
avouer en même temps sa méprise. « Vous voyez , lui dit en 
souriant celui-ci, que ma pierre de touche n'est pas mau- 
vaise. » 

L'activité de M. Cuvier était prodigieuse ; et il faut lavoir 
vu dans son intérieur pour s’en faire une idée juste. On peut 
dire à la lettre qu'il ne perdait pas une seconde. Rentraït-il 
chez lui quelques minutes avant l’heure de son dîner, il allait 
à sor bureau , où il avait laissé ouvert son manuscrit en train, 
et y continuait quelquefois la phrase qu’il avait été obligé 
d'interrompre le matin ou même la veille; et cela, il le fai- 
sait sans aucune difficulté ni hésitation. Le travail lui était si 
facile, qu'il pouvait, pendant que vous l’entréteniez, et tout 
en vous écoutant atteniivement, écrire des choses très-sé- 

É 29 


9260 ANNALES 
rieuses. Aussi, toutes les fois qu'il était chez lai, était-on 
sûr de pouvoir lui parler : jamais il ne faisait défendre sa 
porte; et, quoiqu'il fut l’homme du monde le plus impor- 
tuné , à cause de ses nombreuses fonctions, on peut dire qu'il 
était moins dérangé que persogne. 

Mais je reviens à ses travaux et à la partie de ses travaux 
qui est plus spécialement relative à l’Entomologie. 

Déjà j'ai mentionné son mémoire sur les méthodes , dans 
lequel on puisera d’excellens préceptes , et dont il fit lui- 
même un heureux emploi dans la classification méthodique 
des insectes. 

Ce mémoire fut suivi de plusieurs travaux spéciaux, parmi 
lesquels on remarquera la description d’une espèce de Guêpe 
cartonnière originaire de Cayenne. Cette espèce nouvelle , que 
M. Cuvier nomme 7'atua, du nom de Tatou qui lui est donné 
par les habitans de Cayenne , a quelque ressemblance avec la 
V'espa nidulans de Fabricius , mais le carton qu’elle construit 
est moins parfait (1). 

À cette occasion, M. Cuvier a fait remarquer avec raison 
que Réaumur, toujours si exact lorsqu'il s’agit des insectes 
de notre pays, s’est trompé en décrivant et figurant comme 
la femelle de la ’espa nidulans, un Chalcis qui vit en parasite 
dans le nid de ces Guëpes , et qui a beaucoup de rapport avec 
le Chalcis annula:a de Fabricius. 

Bientôt après, M. Cuvier fit paraître un mémoire très- 
intéressant sur les Cloportes, où se trouvent décrites pour 
la première fois les parties de la bouche de ces Crustacés. II 
fut bientôt suivi de la description de plusieurs Diptères des 
genres fthagis et Nemotelus , et de quelques autres essais 


(tr) Vespa Tatua, Nigra, Nitida, Als fuscis, abdomine pedicellato. Son 
corps est d’un tiers plus gros que celui de la guépe , à laquelle Fabricius 
a donné ie nom de Vespa nidulans. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 597 
Entomologiques , dont un des plus remarquables est sa dis- 
sertation critique sur les espèces d’Écrevisses connues des 
anciens et sur les noms qui leur ont été donnés. 

Quelques travaux de ce genre et un grand nombre de re- 
cherches sur l’organisation de toutes les classes d'animaux 
préparaient Guvier à la publication d’un ouvrage général. !! 
le fit paraître , en l’an VI (1797-1798), sous le titre -de 
Tableau élémentaire de l'Histoire naturelle des Ani- 
maux. Dès lors, la place de son auteur fut marquée au 
premier rang dans la science. En eflet, il venait de poser la 
pierre fondamentale d’un vaste édifice que plus tard il vou- 
lait agrandir. Dans ce but, il entreprit de nouvelles observa- 
tions, et choisit de préférence comme objet de ses études 
les animaux dont l’organisation était encore la moins connue. 
C’est ainsi que, dans le mois de vendémiaire an VI, àl lut à 
l’Institut, dont il était membre dès l’origine, un mémoire très- 
remarquable sur la Manière dont se fait la nutrition dans 
les insectes. y établit que leur vaisseau dorsal n’est pas un 
véritable cœur , et qu’il ne fournit aucune branche qui puisse 
servir à la circulation. Mais , si un liquide réparateur n’est pas 
porté à tous les organes, comment s’opère la nutrition ? 
Cuvier prouve que le suc nourricier traverse les paroïs du 
canal intestinal, qu'il se répand dans l'intérieur da corps, 
entoure toutes les parties, et que celles-ci y étant conti- 
nuellement plongées, s’alimentent par simple imbibition. 

Il a aussi constaté dans ce mémoire que les organes secré- 
teurs des insectes ne sont point des glandes solides comme 
on en rencontre dans tous les animaux qui ont un cœur et des 
vaisseaux, mais qu'elles sont formées pas des tubes spongieux, 
quelquefois repliés sur. eux-mêmes , unis intimement par des 
trachées, et qu’on peut toujoursidérouler lorsqu'on y met 
le temps et la patience nécessaires. l 
Ces observations ont permis de grouper irrévocablement 


328 ANNALES 

les insectes dans une classe très-naturelle et très-distincte. Elles 
ont aussi donné lieu à un grand nombre de travaux ulté- 
rieurs qui sont venus confirmer ces premières données; et, 
bien qu’il ait été établi depuis, d’une manière évidente , sui- 
vant nous, que dans beaucoup d'insectes le vaisseau dorsal 
fournit postérieurement des branches aux ovaires, il n’en est 
pas moins constant qu'il n'existe pas chez eux de circulation 
générale. C’est dans ce même travail que M. Cuvier rend 
compte de quelques expériences qu'il avait tentées sur les 
Crustacés , dans le but de déterminer s'ils ont une véritable 
circulation ou si, comme les insectes , ils en sont privés ; et il 
est curieux de voir à quel point cette dernière question le pré- 
occupait. Après bien des hésitations , il semble s'arrêter à 
cette hypothèse : que les branchies des Crustacés absorbent 
directement l’eau , et qu’elles la portent dans le cœur, d’où 
elle serait ensuite chariée dans tous le corps par les vais- 
seaux qui en partent, et dont on ne saurait nier l’exis- 
tence (1). 

Plus tard, dans son Anatomie comparée, M. Cuvier revint de 
cette erreur; des expériences positives l'ayant convaincu que 
ce m'était pas de l’eau, mais bien du sang qui circulait dans 
les canaux. Toutefois , il lui était toujours resté beaucoup de 
doute sur ce point difficile; et dans son Règne animal , il chan- 
sea encore d'opinion, non plus relativement à la nature du li- 
quide , qu'il continua de regarder comme du sang , mais quant 
à la ronte qu'il suit. Ge furent ces contradictions dans les- 
quelles ce célèbre anatomiste était avec lui-même, qui pro- 
voquèrent dans ces derniers temps de nouvelles recherches ; 
et M. Cuvier , loin d’en concevoir le moindre ombrage , fut 
le premier à encourager les auteurs (2) dans leur entreprise 


(1) Mémoires de la Société d'Histoire naturelle de Paris, an VIT, p. 47- 
(2) MM. Milne Edwards et Victor Audouin. 


DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 329 
el à leur accorder son honorable suffrage (1). C’est encore là 
un trait à citer en l’honneur du caractère noble de M. Cuvier, 
qui ne traita pas en adversaires , mais en amis , deux jeunes 
gens que le seul but d’éclaircir un point obscur de la science 
avait appelés sur son terrain. 

Le mode de circulation des Annelides n’était pas mieux dé- 
terminé que celui des Crustacés. M. Cuvier concut le projet de 
les étudier ; il prit pour exemple les Sangsues , et communiqua 
à l’Institut et à la société Philomathique le fruit de ces nou- 
velles recherches (2). Il apprit aux anatomistes que la couleur 
rouge du liquide qu’elles contenaient ne provenait nullement 
du sang que l’animal avait sucé, mais que c’était la couleur 
de leur propre sang qui circulait dans quatre vaisseaux prin- 
Cipaux , situés au dos, au ventre et sur les côtés. 

Cette observation importante permit de séparer du groupe 
des animaux 4 sang blanc, les Sangsues et d’autres animaux 
analogues dont le sang est également de couleur rouge. Plus 

tard, Lamarck a Anotque à à cette classe bien distincte le nom 
d’Annelides. 

Ces anatomies délicates, qui avaient toujours pour but de 
résoudre quelques difficultés importantes de la science , pré- 
cédèrent la publication d’un travail général sur l’anatomie de 
tous les animaux. M. Cuvier avait odact dans l'exercice 
des fonctions de professeur d'anatomie comparée au muséum 
d'histoire naturelle, M. Mertrud , qui depuis long-temps oc- 
cupait cette chaire (3). Les lecons du jeune professeur furent 


(x) Veyez le rapport fait à l'académie des sciences, par MM. Cuvier et 
Duméril, inséré dans les Annales des sciences naturelles. C'est sur un rap- 
port spécial de M. Cuvier que l’Institut a décerné à ce travail, en 1828, 
le prix de physiologie expérimentale. 

(2) Bulletin des Sciences, par la Société Philomathique. Vendémiaire 
an VII, tom. 1, p. 146, et messidor an X, tom. 3, p. 121. 

(3) Vers la même époque, Cuvier professait aux écoles cenirales. Plus 


29* 


330 ANNALES 

recueillis par deux de ses principaux élèves, MM. Duméril et 
Duvernoy, qui depuis ont pris rang parmi les maîtres de la 
_ science; ils les rédigèrent sous sa direction, et firent paraître, 
en l’an VIIT (1799), les deux premiers volumes de /’AÆnato- 
mie comparée. 

Cet ouvrage, qui est encore le plus complet que l’on pos- 
sède sur l’anatomie , et dont les trois autres volumes ont été 
publiés en 1805 , présente toutes les particularités propres 
à celle des insectes et des autres animaux articulés. Non-seu- 
lement l’habile professeur y a réuni tout ce qui avait été ob- 
servé avant lui, mais il y a consigné les résultats de ses nom- 
breuses découvertes. 

Telle est, Messieurs, sous le seul point de vue qui nous 
occupe, l’esquisse bien réduite des travaux dont la science 
est redevable à l’homme supérieur qu’on regardait à juste 
titre comme une des grandes gloires de notre France, et 
dont les naturalistes, de quelque pays qu'ils soient, déplore- 
ront long-temps la perte. 

Il n'avait pasencoreatteint sa soixante-troisième année quand 
il nous a été enlevé dans la soirée du dimanche 15 mars 1832. 
Son génie, comme vous le savez, était encore dans toute sa 
force, et jusque là sa santé avait toujours été parfaite. On le 
voyait vaquer avec la même assiduité aux fonctions les plus 
diverses : un même zèle l’animait pour ses nombreux devoirs, 
et l’activité prodigieuse de son esprit satisfaisait à tous. Les 
personnes qui vivaient dans son intimité étaient vraiment ef- 
frayées en voyant que le seul repos qu'il connût , c'était de 
passer d’un travail à un autre. Peu de jours avant la maladie 
qui nous l'a si rapidement enlevé, et contre laquelle sont 


tard , lorsque sa réputation le plaçait au premier rang dans la science, 
il crut encore la servir utilement en faisant plusieurs cours à l’Athénée 
yoval: 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 531 
venues échouer toutes les ressources de l’art , il professait au 
collége de France, et nous promettait l'exposition prochaine 
de ses découvertes sur le développement de l'embryon dans la 
série des êtres. Il se proposait aussi de traiter avec quelques 
détails l’histoire si merveilleuse des métamorphoses des in- 
sectes. 

Ainsi, de nouveaux faits allaient jeter une nouvelle lumière 
sur cette partie encore si obscure de la science; et bientôt un 
Traité d’ Anatomie comparée, fait sur un vaste plan , devait 
résumer les connaissances acquises depuis trente ans sur Por- 
ganisation des animaux (1). 

Que de regrets viennent donc s'ajouter à la douleur que 
nous éprouvons tous, et qui est partagée bien vivement par 
notre vénérable président, le collaborateur et l’ami de ce 
grand homme (2)! 

Messieurs , si dans une circonstance aussi triste et aussi ré- 
cente, vos esprits découragés pouvaient accueillir quelqu’idée 
consolante, c'en serait une sans doute que de pouvoir se dire 
que la Société Entomologique de France a été organisée 
assez tôt pour voir le nom de Guvier inscrit en tête de la liste 
des membres qui la composent. Puisque ce génie tutélaire 
nous est enlevé presque dès notre naissance, que du moins 


(1) M. Duvernoy, professeur d'histoire naturelle à la faculté de Stras- 
bourg, conjointement avec M. Laurillard , conservateur du cabinet d'ana- 
tomie comparée au muséum d'histoire de Paris, doivent incessamment 
commencer la publication de cette anatomie, dont le rer et le ae volume 
se trouvaient déjà en partie rédigés par M. Cuvier. 

(2) M.Latreille, qu'une amitié ancienne et intime liait avec M. Cuvier, 
et qui était allé prendre quelque repos à sa campagne, y reçut en mêmg 
temps la nouvelle de la maladie et de la mort de M. Guvier. On concoi$ 
combien il fut frappé de ce fatal événement, et combien il en est encorg 
douloureusement affecté. s 


232 ANNALES 

le souvenir de l’illustre patronage dont il avait doté nos tra- 
vaux nous excite à embrasser avec plus d’ardeur l’étude philo- 
sophique d’une science qu'il estimait à sa juste valeur, et dont 
il a lui-même si largement aggrandi le domaine. 





Les sciences naturelles viennent de perdre M. le docteur 
Rengger, connu par le long séjour qu'il a fait au Paraguay, 
où il a été retenu par le docteur Francia. Il est mort le 9 oc- 
tobre dernier , à Arrau. 


L’Entomologie a également à regretter M. Kuhlwein, sa- 
vant Entomologiste de Francfort-sur-l’Uder. Son intention 
était d'entreprendre un travail sur les Zineites, famille sur 
laquelle il possédait de nombreux matériaux. Sa belle collec- 
tion de Lépidoptères , en ce moment à vendre , a été évaluée 
par M. Klug à la somme de 5000 rixdalers (environ 20,000 
francs). Un catalogue vient d’en être publié. 


C1 
C3 
C1 


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SOCIÉTÉ 


ENTOMOLOGIQUE 


DE FRANGE 


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RAPPORT 


FAIT A LA SOCIÉTÉ, AU SUJET D'UN MONUMENT FUNÈBRE A 


ÉRIGER SUR LA TOMBE DEM. LATREILLE, SON PRÉSIDENT 
HONORAIRE. 


Séance du 6 mars 1833. 


Messieurs, 


Lorsque nous nous sommes rassemblés pour rendre les 
derniers devoirs à l'illustre naturaliste sous le patronage 
duquel la Société Entomologique de France a été fondée, 
une même pensée s'est présentée à nous tous ; chacun s’est 
demandé s'il n'était pas de notre devoir de perpétuer le 


D 


SOCIÉTÉ ENT'OMOLOGIQUE 

témoignage de notre vénération et de notre reconnaissance 
pour M. Latreille, en élevant sur sa tombe un monument 
funèbre ; et lorsque, dans ce moment solennel, notre Vice- 
Président en a fait la proposition, nous avons vu, par la 
sympathie qu'elle a généralement excitée, que ce vœu n’é- 
tait pas seulement le nôtre, mais aussi celui de tous les na- 
turalistes. 


C'est pour donner suite à ce projet, que, dans sa der- 
nière séance , la Société a nommé une commission com- 
posée de MM. Audouin , Feisthamel, Lefebvre, de Theis, et 


du rapporteur, et l'a chargée d’aviser aux moyens d’exé- 
cution. 


La commission a pensé, Messieurs, que le monument à 
élever devait être simple comme le savant modeste dont 1 
rappellera la mémoire, mais que la Société Entomologique 
ne devait pas se réserver à elle seule l'honneur d'exprimer 
ainsi les regrets et l'admiration que le monde savant partage 
avec elle; les liens étroits qui l’unissaient à M. Latreille 
l’autorisent bien à prendre l'initiative, mais elle doit à tous 
les savans et à tous les amis de la science, de les appeler à 
concourir avec elle à l'accomplissement de son projet. 


Il faudra donc qu'elle donne à ce projet la plus grande 
publicité, et qu'elle ouvre les registres de ses souscripteurs 
à tous ceux qui partagent les sentimens qui l'animent. 


Afin d'atteindre ce but,'et de régulariser les opérations 
de la commission, nous aurons l'honneur de proposer à la 
Societé l'adoption des mesures suivantes : 


1° [l sera ouvert une souscription pour l'érection d'un 
monument funèbre à la mémoire de M. Tatreille; 


DE FRANCE. ÿ 


2 Les fonds devront être verses entre les mains de M. le 
Secrétaire de la Société ; 


3° Il sera ouvert un registre double, ayant en tête les dé- 
cisions de la Société relativement au monument de M. La- 
treille, et servant à l'inscription des donations. Chaque ar- 
ticle inséré sur ce registre portera 1° un numéro d'ordre, 
2° la date de la souscription, 3° les noms et prénoms des 
donateurs, 4° leur qualité et leur demeure, 5° l'indication 
de la somme versée et des observations des donateurs. 


Les souscripteurs seront invités à s'inscrire eux-mêmes 
sur ce registre ; dans le cas où cela ne serait pas praticable, 
le Secretaire en sera chargé. 


4 La commission sera autorisée à rendre publiques, par 
la voie des journaux, les décisions de la Société relative- 
ment à l'érection d'un monument à la mémoire de M. La- 
treille, et à indiquer le secrétaire de la Société (1) comme 
étant charge de recevoir les fonds des souscripteurs ; 


5 Eile donnera plus spécialement connaissance de son 
projet aux savans, par des lettres adressées individuellement 
a chacun de MM. les membres de l’Insutut et autres Socie- 
tés savantes, ainsi qu à toutes les personnes qui s’intéres- 
sent à l'Entomologie et aux autres sciences naturelles; 


6° Le registre des inscriptions sera en outre envoyé à 


domicile chez les personnes qui auront témoigné le desir 
de souscrire ; 


7° La souscription sera close lé 1°” septembre 1833, et la 
Société statuera alors sur les moyens d'exécution du mo- 


(1) M. A. Lefebvre , rue de Proveñce, n° r4, à Paris, 


4 SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. 


nument, qui devra, si la chose est possible, être terminé 
dans l’année ; 


8° Enfin, la liste des souscripteurs sera publiée dans les 
Anvales de la Société. 


Quant à l'exécution de ce monument, la commission 
croit devoir s'abstenir, pour le moment, d'en entretenir la 
Société. Aussitôt qu'elle aura rassemblé les données néces- 
saires , elle s'empressera de compléter ainsi la mission qui 
lur à été confiée. 


Signe AuDnouIN, FEISTHAMEL, LEFEBVRE, dE Tes, 


N. Mrrwe-Enwarps (rapporteur). 


Les conclusions de ce rapport sont adoptées par la Societe. 


Signe À. LerEBvRE, secretaire de la Societe. 


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IMPRIMÉ CHEZ PAUL RENOUARD, RUE GARENCIÈRE, N° 5. 





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DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 33 


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LETTRES 
DE MESSIEURS LES MEMBRES HONORAIRES. 
( ÉTRANGERS. ) 


Lettre de M. L. Gyllenhal. 


Monsieur , 


Je vous sollicite de vouloir bien témoigner ma vive recon- 
naissance à la Société Entomologique pour l’honneur qu’elle 
m'a fait en m'admettant au nombre de ses membres hono- 
raires. 

Je sais combien peu je le mérite; car, quoique j'aie em- 
ployé tous mes loisirs à des travaux Entomologiques, mes 
moyens et ma Capacité sont cause que mon concours est loin 
d’avoir répondu à mes désirs. Je n’ose pas même espérer 
d’être encore bien utile à la science , à cause de mon âge 
avancé (1); mais je souhaite d’un cœur sincère tous les pro- 
grès de la Société, pour pouvoir étendre davantage la con- 
naissance des merveilles du créateur. 

Soyez persuadé de la grande estime avec laquelle , etc. 

L. GyLLENHA:. 

Hôberg , près Skara en Suède, le 15 octobre 1832. 


À M. A. Lefebvre, secrétaire, etc. 


(x) M. Gyllenhal est né en 1752. 


b 23 


596 ANNALES 


Vote sur un nouveau genre de Crustaces de l’ordre des 
Stomapodes, par M. H. Mnxe Evwanps. 


(Séance du 4 juillet 1832.) 


Pour peu que l’on compare entre eux les divers Crustacés 
qui composent l’ordre des Stomapodes, on est frappé par les 
différences considérables qui existent entre la plupart des pe- 
tits groupes formés par ces animaux; plusieurs d’entre eux 
sont en quelque sorte isolés; et parmi les hiatus qui interrom- 
pent ainsi la série naturelle de ces Crustacés, l’un des plus 
remarquables est celui qui sépare , même des genres les plus 
voisins, les divers animaux réunis sous le nom de Phyllo- 
somes. Mais l’analogie pouvait nous faire supposer que les 
progrès de la science combleraient plus ou moins complète- 
ment la plupart de ces lacunes ; et, en effet, c’est ce qui nous 
paraît résulter en partie de la cnnaissance du nouveau genre 
dont je vais donner ici la description. 

Ces Crustacés, que je désignerai sous le nom d° Amphi ion, 
se rapprochent des PRéISéomnes plus que de tous les autres 
Stomapodes; mais, sous certains rapports, ils ressemblent 
aussi aux Âlimes et aux Mysis, et ils établissent naturellement 
le passage entre ces animaux. Leur bouclier céphalique ou 
carapace est folliacé comme celui des Phyllosomes , mais est 
étroit , allongé et bombé comme chez les Alimes ; les divers 
appendices de la portion céphalo-thoracique du corps diffèrent 
à peine de ceux des Phyllosomes; enfin la forme de l'abdomen 
et de la nageoire caudale est celle des Mysis. 

Le bouclier céphalique (fig. 1, 4) est très-développé et tout- 
à-fait lamelleux ; il s'étend jusqu’à l’origine de labdomen 
et cache la base des pattes; son diamètre longitudinal est plus 
du double de son diamètre transversal , et de chaqne côté il 
se recourbe un peu en bas; son bord antérieur est presque 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 337 
droit , et laisse à découvert l'anneau qui porte les veux. Il n’y 
a pas de trace de rostre: mais, de chaque côté, l’angle, formé 
par la réunion de ce bord avec le bord latéral, se prolonge 
en avant en manière d’épine. Enfin le bord postériear de la 
carapace, qui est court et presque droit, se continue avec les 
bords latéraux sans former d’angles bien marqués. 

Les veux (2) sont très-gros ; leur portion terminale a Îa 
même forme que celle des Phyllosomes : mais la tige étroite 
qui les supporte, au lieu d’être très-Jlongue comme chez ces 
Crustacés , est extrêmement courte. 

Les quatre antennes s’insèrent sur la même ligne, immédia- 
tement au dessous et en arrière des pédoncules oculaires. Celles 
de la première paire (c) ont li même forme générale que chez 
les Phyllosomes; leur portion basilaire se compose de trois 
articles grêles et cylindriques , dont le premier et le dernier 
sont les plus longs, et elles se terminent chacune par deux 
petites tiges filiformes, dont l’interne est très-courte et l’ex- 
terne à pea près de la longueur de la portion basilaire. Les an- 
tennes externes (4) sont beaucoup plus développées, et ne res- 
semblent pas du tout à celles des Phyllosomes ; elles se rap- 
prochent beaucoup, par leur forme générale, de celles des 
Alimes ; mais, au lieu d’être dirigées en bas et en dehors, 
elles se portent directement et en avant. Leur premier article, 
qui n'est pas bien distinct, donne insertion en dedans à une 
tige cylindrique. et en dehors à un grand appendice lamelleux 
et à peu près ovalaire (d”’); cette lame dépasse de beaucoup 
le niveau de la portion basilaire des antennes internes; ses 
bords interne et antérieur sont ciliés, et son bord externe se 
termine par une épine. La tige est composée de deux petits 
articles basilaires très-coarts, et d’un long article terminal 
légèrement renflé vers le bout; sa longueur est d’environ le 
double de celle de la lame qui en recouvre la base. 

La disposition de la bouche est à peu près la même que 


936 ANNALES 

chez.les Phyllosomes ; elle est très-éloignée des antennes , et 
forme, vers le tiers antérieur du bouclier céphalique, un petit 
tubercule arrondi, de la partie postérieure de laquelle naît le 
thorax (e). Les parties qui entrent dans sa composition sont : 
un labre , deux mandibules, une languette, deux paires de 
mâchoires et deux paires de pattes-mâchoires. Le labre est 
transversal et peu développé. Les mandibules (fig. 3) ne por- 
tent pas de palpe, et sont en grande partie cachées par la 
languette (fig. 5) qui est bilobée. Les mâchoires de la pre- 
mière paire sont presque rudimentaires, et ne m'ont paru 
consister que dans une petite lame cornée dont le bord est 
cilié (fig. 6). Celles de la seconde paire (fig. 7) se composent 
de deux articles, dont le premier présente en dedans un pro- 
longement garni d’épines. Les pattes-mâchoires de la première 
et de la seconde paire, qui chez les Phyllosomes n'existent 
qu'à l’état de vestiges et n’entrent pas dans la composition 
de l’appareil buccal, sont au contraire ici très- développées 
et appliquées sur les mâchoires. Celles de la première paire 
(fig. 8) présentent au dedans plusieurs languettes garnies de 
poils à leurs extrémités, et au côté externe de leur base on 
remarque un grand appendice foliacé et ovalaire. Les pattes- 
mâchoires de la seconde paire (fig. 9) sont beaucoup plus dé- 
veloppées que les précédentes ; leur article basilaire (g) est 
lamelleux, ét porte à sa partie antérieure , 1° une tige cylin- 
drique composée de trois articles (2) ; 2° un appendice flabel- 
liforme ou une espèce de palpe qui s’avance au côté externe 
de la tige et [a dépasse (;). Le thorax (1) est aplati comme 
chez les Phyllosomes, mais très-étroit et complètement caché 
sous la carapace. El donne attache à six paires de pattes ayant 
exactement la même disposition que chez ces derniers Crus- 
tacés : toutes sont grêles et cylindriques, et à l'extrémité de 
leur deuxième article (Æ) naît un appendice palpiforme (/) com- 
posé d’un article cylindrique terminé par une soïe multiarti- 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 559 
culée et ciliée. Les pattes de la première paire (m), celles qui 
correspondent aux pattes-mâchoires externes des Décapodes , 
s’insèrent très-loin de la bouche et sont beaucoup plus courtes 
que les autres ; leur deuxième article se termine en avant par 
une épine aiguë. Les pattes des trois paires suivantes devien- 
nent de plus en plus longues, et ont au bord de leur troi- 
sième article , un , deux ou trois épines semblables à celle qui 
existe à l’extrémité du second article. Les pattes de la cin- 
quième paire , qui sont un peu moins longues que celles de la 
quatrième paire , présentent la même disposition; enfin celles 
de la dernière paire sont beaucoup plus courtes que les pré- 
cédentes , et ne présentent pas d’épines bien distinctes. L’ab- 
domen (2) est presque aussi long que la portion céphalo-tho- 
racique du corps, et se compose de sept segmens. Sa forme est 
la même que celle de l’abdomen des Salicoques, et il se ter- 
mine par une nageoire en éventail, dont la pièce médiane 
(formée par le septième anneau ) est lancéolée (0), et dont les 
pièces latérales sont ovalaires. Quant aux appendices fixés 
sous les cinq premiers anneaux de l’abdomen, ils sont presque 
rudimentaires (fig. 10). 

D’après la description que nous venons de donner de ces 
Crustacés, on voit qu’ils diffèrent, sous des rapports importans, 
de tous les genres déjà connus, et que, s'ils prennent natu- 
rellement leur place à côté des Phyllosomes , ils sont faciles à 
en distinguer, 1° par le mode d’organisation de leur bouche ; 
2° par l'insertion d’un article lamelleux aa dessus de la base 
des antennes externes ; 3° par la forme générale du corps, et 
surtout de l’abdomen. 

Je ne connais qu’une seule espèce du genre Amphion; elle 
a été rapportée des mers d’Asie par mon ami M. Reynaud, à 
qui je l’ai dédiée; elle à environ an pouce de long. 


340 ANNALES 
Explication de la planche. 


Fig. 1. Amphion de Reynaud grossi et vu en dessus. 

Fig. 2. Portion antérieure du corps grossie davantage et vu 
en dessous. 

Fig. 3. Labre vu au microscope. 

Fig. 4. Mandibules idem. 

Fig. 5. Languette. 

Fig. 6. Mâchoire de la première paire. 

Fig. 7. Mâchoire de la seconde paire. 

Fig. 8. Mächoire de la troisième paire, ou patte-mâchoire 
antérieure. 

Fig. 9. Mâchoire de la quatrième paire , ou deuxième patte- 
mâchoire. 

Fig. 10. Fausse patte natatoire du deuxième segment de l’ab- 
domen. 


Notice sur le Bombyx Repanda ( Hübner ), appartenant 
au genre Megasoma (Boisduval); par M. le baron 
FEISTHAMEL. 


(Séance du 2 mai 1832.) 
GENRE MEGASOMA. 


Palpes en forme de bec, couverts de poils serrés ; antennes 
du mâle fortement pectinées à la base, leur moitié antérieure 
moins pectinée et contournée en cornes de bélier ; antennes 
de la femelle faiblement pectinées dans toute leur longueur ; 
corselet arggndi ; pattes courtes et assez fortes ; abdomen plus 
long que les ailes supérieures ; celui du mâle terminé par un 
faisceau de poils assez épais. 

Chenille demi-velue, munie d’appendices pédiformes à 
chaque anneau. 

Chrysalide pourvue de quelques faisceaux de poils courts. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 541 

Ce genre a été créé par M. Boisduval, sur le Bombyx 
Repanda de Hübner; il lui a donné le nom de Megasoma, 
tiré des deux mots grecs psyx, gros, long, et omux , corps. 

Ainsi qu'il est facile de s’en convaincre , il a de grands rap- 
ports avec le genre Lasiocampa de Schranck , et avec le 
genre Phyllopteris Boisduval , surtout avec les espèces appe- 
lées Myrtifolia, Boisd.; Westermarni, Boisd. Par ses ailes 
supérieures allongées, il se lie aussi avec la seconde division 
des Lasiocampa , dont les ailes sont oblongues et les che- 
nilles pourvues d’appendices pédiformes très-prononcées, tels 
que Dryophaga et Lineosa. 

Ce genre paraît être propre aux Légumineuses arborescentes 
de l’ancien continent. 

Jusqu'à présent, on n’en connaît que trois espèces, qui sont 
B. Repanda, Hübner; B. Acaciæ, Klug.; B. Cristata, Cramer, 


Historique du Megasoma Repandum. 


Cet insecte remarquable a d’abord été trouvé aux environs 
de Bagdad par feu Olivier. M. Boisduval en a reçu, il y a quel: 
ques années , une paire venant du Portugal ou d’Andalousie ; 
etenfin, ceux qui ont servi à cette description viennent de 
Cadix. Malgré la distance de Bagdad à Cadix , ce fait de géo- 
sraphie entomologique paraîtra peu étonnant, quard on saura 
que l’Ædelostoma Carinatum, et quelques autres Golévptères 
propres à la Perse, se retrouvent dans l’Espagne méridionale. 

L’individu figuré par Hübner, sous le nom de Repanda , à 
été pris aux environs de Rome, 

Sachant qu’il avait été trouvé en Portugal et en Italie, je 
concus l'espoir de le faire découvrir en Espagne. d'en fis un 
dessin exact , et l’envoyai en 1826 à Cadix, à M. Bcdeau, 
chirurgien-aide-major attaché à l’armée d'occupation, et qui 
a exploré avec succès , sous le rapport de l'Entomologie et de 
la Botanique, l’ide le Léon. 


342 | ANNALES 

M. Bedeau , après bien des recherches, trouva ce Bombyx 
accouplé sur une plante de genet blanc (Spartium Monos- 
permum), plante qui suit le littoral et se trouve jusqu’en 
Afrique; mais cet officier de santé revint en France sans rap- 
porter aucun renseignement sur sa chenille. Je m’adressai 
alors , en 1829, à M. Bourboulon, consul de France à Cadix, 
et lui envoyai les indications que j'avais recueillies de M. Be- 
deau , et tous les renseignemens qui pouvaient l’aider dans ses 
recherches. 

Au bout de quelques mois, il m’annonca le départ d’ane 
boite renfermant six coques et quelques papillons du pays, 
qu’il m'envoyait par la diligence de Madrid. 

Cet ami complaisant eut recours x M. de San-Millan, di- 
recteur des diligences royales à Cadix, qui mit le plus grand 
empressement à se charger de cette commission. 

La boîte fut transmise avec toutes les recommandations 
nécessaires aux conducteurs sur la route, et aux correspon- 
dans des diligences royales de Madrid et jusqu'à Bayonne. 
Elle resta non cachetée , pour en faciliter l’inspeetion. 

Cette innocente complaisance devait bientôt coûter cher à 
M. de San-Millan : à la suite des événemens qui eurent lieu à 
Cadix au mois de mars , il fut, ainsi que son anni M. Puente, 
ancien ministre de la guerre sous le régime constitutionnel , 
inis en arrestation. 

Le consul de France apprit avec surprise que le principal 
motif de cette mesure rigoureuse était précisément l'envoi de 
ces objets de la science et des études les plus pacifiques. Le 
cabinet de Madrid en avait pris sérieusement ombrage; il crut 
voir dans les cocons et les chrysalides le germe des révolu- 
tions , et dans les papillons des émissaires ailés destinés à en 
propager rapidement l'esprit dans toutes les provinces de 
l'Espagne , depuis l’Andalousie jusqu'à la Bidassoa. Ces mots, 
Capullos de Retama , inscrits sur la boite pour en indiquer 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 343 


le contenu, devaient nécessairement avoir une signification 
toute révolutionnaire pour ceux à qui elle était adressée; et 
c'est ce sens caché qu'il s'agissait de découvrir. 

Le juge au criminel de Cadix demanda des explications au 
consulat de France ;: elles furent données avec tous les détails 
qui pouvaient être favorables à M. de San-Millan ; elles le jus- 
tifièrent pleinement , et il fut mis en liberté. 

Enfin la boîte arriva à Paris, mais les chrysalides avaient 
péri en route. de les ai gardées deux ans; après quoi, je me 
suis assuré qu'elles étaient desséchées. 

Sur ces entrefaites , je recus par la poste, le 29 avril 1851, 
une lettre de M. Bourboulon, contenant des œufs pondus 
iout récemment par une femelle qu’il avait prise sur un Spar- 
tium. Quel fut mon étonnement à l’ouverture de la lettre, de 
voir déjà une partie des chenilles qui venaient d’éclore. À défaut 
de Spartium Monospermum , je les élevai avec du Spartium 
Virens , et du Genista Juncea, et je vis avec plaisir que 
cette nourriture leur convenait parfaitement. Il n’en fut pas 
de même du Spartium Scoparium, Crenet à Balais , sur le- 
quel périt le petit nombre que jy avais placé. 

Les chenilles grossirent rapidement, et changèrent de peau 
vingt jours après leur naissance. 30 sur Go résistèrent seule- 
ment à cette première métamorphose; quelques-unes péri- 
rent aux suivantes ; enfin, le 21 juin, après 53 jours, une des 
chenilles commenca à faire sa coque contre un des côtés de 
la boîte , et après 20 heures de travail elle élait terminée. Il 
est à remarquer que beaucoup de chenilles étaient encore, à 
cette époque-là, à moitié de leur grosseur. Le lendemain, plu- 
sieurs autres se mirent également à filer; mais, étant tourmen- 
iées par d’autres, elles abandonnèrent leur coque. 

Je les plaçai alors dans des boîtes séparées, au fur et à me- 
sure qu’elles me paraissaient avoir atteint leur grosseur , et la 
dernière se métamorphosa le 12 juillet seulement. C'est le 


344 ANNALES 
lendemain , après 21 jours de chrysalide, qu’apparut le pre- 
mier Repandum, et successivement les autres jusqu’au1 3 août, 
éclosion du dernier. Sur 24 qui avaient fait leur coque , 20 
individus arrivèrent à l’état parfait. 

Le 10 juillet, ayant vu éclore le même jour plusieurs mâles 
et plusieurs femelles, je résolus de tenter l’accouplement , et 
les enfermai dans une boîte. Le 15, une femelle pondit ses 
œufs, et leur éclosion eut lieu le 30 juillet suivant, quoique, 
pendant l'intervalle , je n’aie remarqué aucune copulation. 

J’élevai ces nouvelles chenilles d’abord assez heureuse- 
ment ; mais elles périrent toutes le 25 août. 

Il est donc à présumer que cette espèce paraît deux fois 
l’année : car si les dernières chenilles avaient véca, le Bom- 
byx aurait pu éclore le 18 octobre. 


Description de l’insecte parfait. 


Envergure. Mâle , 1 pouce 8 lig.; femelle, 2 pouces 1/4. 


Als fusco-ferrugineis ; anticis lunula fusca, linea postica sinuata 
punctoque humerali albis ; antisarum maris disco humerisque obs- 
curioribus. 


Hugner. Pomb. Tab. ==. 
77 


Les ailes supérieures du mâle sont d’un gris ferrugineux 
pâle, elles ont près de l’extrémité une raie flexueuse d’un 
blanc argentin, et sur le milieu une lunule brune , doublée 
extérieurement par un point rougeâtre. L'espace compris 
entre cette lunule et la ligne blanche, est rempi, dans sa 
moitié antérieure, par une tache presque triangulaire , d’un 
brun marron. Tout-à-fait à la base, il y a un point axillaire 
irès-blanc, précédé en dehors d’une tache rousse qui s’ap- 
puie extérieurement sur uue petite raie flexueuse transverse, 
peu prononcée. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOHOLOGIQUE. 545 

Les ailes inférieures sont d’un roux cannelle , avec le bord 
extérieur un peu grisâtre, interrompu près de l’angle anal par 
une espèce de tache plus obscure que le fond de Paile. Le 
corselet est gris , avec les épaulettes triangulaires très-pro- 
noncées, d’un brun marron et bordées de blanc. Le corps 
est d’un roux ferrugineux en dessus, et d’une couleur plus 
grisâtre en dns 

Les ailes de la femelle sont plus larges. Les supérieures 
sont d’un roux clair, très-finement sablé de blanchâtre vers 
l'extrémité , avec une raie blanche flexueuse, comme dans Île 
mâle, mais moins prononcée. La lunule centrale est très-pe- 
tite et peu distincte ; le point blanc axillaire est comme dans 
le mâle. Les ailes inférieures sont d’an ferrugineux grisâtre , 
avec le bord de langle anal coupé par une EM brune , 
comme dans le mâle. Le corselet est d’un gris blanchâtre © 
avec les épaulettes rousses, Le corps est d’an gris roussâtre 
pâle. 


En dessous, les deux sexes offrent les traces de la raie 
blanche sinueuse du dessus. 


Description de la Chenille. 


Larva albido-cinerea , dorso obscuriori, tuberculis fulvis bisertalis 


piliferis , collaribus duobus nigro-cyanets. 


À sa naissance , la chenille est noire, avec quelques légers 
points rouges sur le dos presque imperceptibles ; elle porte 
sur la tête deux bouquets composés de poils, très-longs en 
proportion de la grosseur de la chenille; elle a alors deux 
lignes de longueur. 

Après la première mue, ses couleurs s’éclaircissent, et 
elle paraît composée de deux couleurs distinctes; savoir : les 
côtés d’un gris cendré, et le dos d’un gris presque noir. 


346 ANNALES 


Au fur et à mesure qu’elle grandit , les dessins se pronon- 
cent davantage. Lorsqu'elle est parvenue à sa grosseur, elle 
a environ deux pouces et demi de long. Elle est alors d’un 
gris cendré bleuâtre , et porte sur le dos, dans toute sa lon- 
sueur, une bande formée par une suite de losanges , dont un 
sur chaque anneau, et de la couleur générale de la chenille. 

Cette bande est bordée latéralement par une ligne d’un 
blanc roussâtre. De chaque côté de ces losanges, il y a deux 
tubercules d’un jaune orangé vif, dont l’antérieur est deux 
fois plus gros , et garni de quelques poils bruns et noirs. Ces 
tubercules brillent au soleil comme des grains d’or. Les trois 
premiers anneaux seuls en sont privés; sur le second et le 
troisième anneau, il existe une touffe épaisse de poils, d’un 
blanc roussâtre, qui cache un collier noir que la chenille 

# montre et hérisse dans toute sa beauté, lorsqu'on la tour- 
mente. L'intervalle qui unit les aigrettes de ces deux anneaux 
est coupé dans le milieu par une raie d’un blanc - roux, 
qui prend naissance près de la tête, et se termine sur le 
bord antérieur du troisième anneau. Les côtés des deuxième 
et troisième anneaux sont bordés par ua chevron transversal 
de même couleur. La tête de la chenille est de couleur grise, 
ayant de chaque côté trois espèces d’oreilles, qui sont recou- 
vertes de faisceaux d’un poil roussâtre , fin, serré et très-long, 
disposés à peu près comme ceux de la chenille du Liparis 
Dispar. Le ventre de cette chenille est noir dans toute sa 
longueur, avec un point blanc sur chaque anneau. 

Les pattes membraneuses sont noirâtres avec quelques tâ- 
ches rousses; à peine les apercoit-on, à cause de la rangée 
épaisse de poils roussâtres qui bordent ses côtés ; ceux-ci sont 
festonnés , et chaque feston est formé par un prolongement 
de la peau de chaque anneau. Les stigmates sont noirs , et au- 
dessus d'eux on aperçoit un point noir allongé. 

Les chenilles attachent leurs coques aux branches de Ha 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE, 347 
plante sur laquelle elles se nourrissent. GCeite coque est allon- 
gée et pointue aux deux extrémités ; blanchâtre, molle, peu 
épaisse et formée d’une soie très-fine. La chrysalide est allongée, 
cylindrique , obtuse à ses extrémités , d’une couleur noire lui- 
sante sur les anneaux du ventre, qui sont couverts de poils 
roux et dorés, plus ou moins foncés , irès-courts et serrés. 


2%, MEGASOMA ACACIÆ. 


Alis anticis albidis , lunula centrali nigra, fascia transversa fusca, 
extra linea sinuata argentea, marginata lineaque terminalt ferru- 
ginea obsoleta ; posticis albis, angulo ant nigricinetr. 


Kivc. Symb. insect. Lepid. PI, 6. 


Il a tout-à-fait le port du Repandum. Il se trouve en Egypte 
sur les acacia. La chenille , figurée par Klug, quoique très- 
différente pour le dessin de celle du Repanda , lui ressemble 
tout-à-fait pour la forme. 


3°, MEGASOMA CRISTATUM. 


Alis anticis cinnamomets, strigis duabus transversis flexuosis punc- 
toque humerali albis ; posticis saturatioribus , striga transversa 
obsoleta ; acromiis rufolutescentibus albo-marginatis. 


Cnam. Pap..bl.,15/:0: D. 


Il est un peu plus grand que le Repandum. Il se trouve au 
cap de Bonne-Espérance. 


OgservarTiox. J’ai cru faire plaisir aux Entomolosistes en 
ajoutant à la description du Megasoma Reparndum qui fait le 
sujet de cette notice, la phrase diagnostique des deux autres 
espèces qui font partie de ce nouveau genre. 


548 ANNALES 


Notice sur l'Entomologie de la Guyane francaise, par 
M. Tu. Laconparne. 


( Séance dn 3 septembre 1832.) 


De tous les pays qui ont fourni leur tribut à nos collections 
d'histoire naturelle , il en est peu dont la réputation Entomo- 
logique paraisse mieux fondée que celle de la Guyane fran- 
caise. Son nom figure à chaque instant comme indication 
d'habitat dans les ouvrages d’Entomologie, et, de temps en 
temps, de riches collections semblent venir confirmer l’opi- 
nion qu’on s’en est généralement formée. Séduit par ces appa- 
rences, et pensant par analogie que la Guyane, plus rappro- 
chée de la ligne que la province de Rio-Janeiro au Brésil, 
plus humide et à peine explorée dans son intérieur, devait être 
plus riche en Insectes que ce dernier pays , je résolus de la 
visiter. Pendant le séjour de dix-huit mois que jy ai fait, 
après l’avoir parcourue dans toute son étendue habitée, et pé- 
nétré par l’Oyapock à une centaine de lieues dans son inté- 
rieur , j'ai été obligé de revenir sur mon opinion à son égard. 
Avant de dire ce qu’il en est pour chaque ordre, il convient 
de donner une idée générale du pays, son climat, son sol, et 
les facilités qu’il présente pour son exploration. de m'en ac- 
quitterai le plus brièvement possible. 

La Guyane francaise , située entre les 2° 25/ et les 5° 54' de 
latitude nord , offre un développement de côtes d’environ cent 
trente lieues, à partir de la petite rivière de Vincent Pincon ou 
Yapock (qu’il ne faut pas confondre avec lOyapock), qui la 
sépare des possessions brésiliennes, jusqu’au Maroni, sa limite 
avec la colonie de Surinam : sa profondeur est encore indé- 
terminée sous le rapport de la géographie et de la politique, 
mais est censée s'étendre jusqu’au Rio-Negro. Située, par con- 


DE LA SOCIETÉ ENTOMOLOGIQUE. 349 
séquent, à peu de distance de la ligne , elle est soumise toute 
l’année à l’action brûlante d’un soleil constamment vertical : 
néanmoins la température n’y est pas aussi élevée que cette 
circonstance paraîtrait devoir le promettre. Le thermomètre 
R. y dépasse rarement 50° au dessus de zéro pendant la saison 
la plus chaude , et descend assez fréquemment à 17° pendant 
les longues pluies de l’hivernage. Cela , toutefois , n’a lieu que 
la nuit, et surtout le matin, au moment du lever du soleil. 
Que celui-ci brille dans un ciel sans nuages, ou soit caché par 
d'épaisses masses de vapeur , la chaleur n’est jamais moindre 
de 20 à 24° dans le milieu du jour. 

Le soleil, dans sa marche d’un tropique à l’autre, passant 
deux fois sur les pays situés sous la ligne , les saisons y éprou- 
vent, dans leur ordre , quelques variations que ne connaissent 
pas les terres placées sur les bords de la zone torride. A 
Cayenne , elles sont réglées de la manière suivante : la saison 
pluvieuse commence dans la dernière quinzaine de novembre, 
et va toujours en augmentant jusqu’au mois de mars. À celte 
époque a lieu un intervalle de beau temps d’un mois ou cinq 
semaines , que les habitans nomment petit été de mars. 
Dans les premiers jours d'avril , les pluies recommencent plus 
fortes qu'auparavant , et deviennent en mai et juin de vérita- 
bles déluges , qui darent quelquefois plusieurs jours de suite : 
le pays est noyé partout. À la fin de ce dernier mois, elles 
diminuent sensiblement , et se convertissent en grains de plus 
en plus rares, mais qui ne cessent entièrement qu'à la mi- 
juillet. À partir de cette époque jusqu’au mois de novembre, 
qui ramène l’hivernage, le ciel est constamment serein , ou 
du moins on ne voit plus que quelques 3 grains passagers qui 
n’ont pas de suite. Les savanes, ainsi que les forêts, se dé- 
livrent promptement , par l’évaporation, de leurs marécages, 
et deviennent praticables, 

Lorsqu'on arrive sur les côtes de la Guyane, elle se pré- 


35e ANNALES 

sente à la vue comme une immense forêt où l’œil n’apercoit 
aucun intervalle. Un rideau épais et monotone de palétuviers 
règne sans interruption tout le Iong du rivage, et semble en 
défendre l'accès. L'ile de Cayenne, située à distance égale des 
limites de la colonie, et séparée du continent par une petite 
rivière de quelques pieds de large, est le point de séparation 
des deux aspects que présente le pays pour la configuration 
du sol. La partie située au vent de l'ile, c’est-à-dire au sud- 
sud-est, est couverte en partie de montagnes assez élevées, 
dont la direction générale est parallèle à celle de la côte. 
L'autre , sous le vent, est plate, et n’offre cà et [à que quel- 
ques mornes isolés. C’est dans cette dernière qu’existent de 
vastes savanes entremêlées de bouquets de bois , qui se pro- 
longent dans une étendue de vingt-cinq lieues , à partir de la 
rivière de Kourou jusqu’à celle d’Organabo. 

Nulle part les difficultés d'exploration ne sont aussi multi- 
pliées que dans la Guyane. On ne rencontre d'habitations que 
sur les bords de la mer et le long des rivières, à une faible 
distance. Ces dernières, sans exception , à quinze ou vingt 
lisues de leur embouchure, sont coupées par des sauts qui 
interceptent la navigation, et qu'on ne peut franchir qu'avec 
de légères pirogues qu’on traîne sur les roches. Une seule 
route parallèle à la côte , et qui par conséquent ne conduit à 
rien, existe dans la colonie, et encore n'est-elle praticable 
que dans une partie de son étendue. Lorsqu'on veut pénétrer 
dans l'intérieur, on ne peut le faire qu’en remontant les ri- 
vières, et leurs sauts ne sont pas les seuls obstacles qu’on ait 
à vaincre. Tant que la marée s’y fait sentir et mêle les eaux 
de la mer aux leurs, les palétuviers, qui ne végètent que dans 
l’eau salée, croissent sur leurs bords, et présentent un rempart 
infranchissable dans leurs racines élevées en arcades et entre- 
méêlé:s dans tous les sens. Ailleurs , une vase profonde interdit 
accès du rivage, à moins qu'il ne s'élève à pic et ne soit ainsi 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 351 


à l'abri des inondations. Il faut, de toute nécessité, se borner 
à ne pas sortir des habitations , ou se résoudre à camper dans 
des forêts sans chémins tracés , où l’on ne peut faire un quart 
de lieue sans risquer de s’égarer. Si à ces difficultés on 
ajoute la fièvre , à laquelle aucun Européen ne peut échapper 
tôt ou tard, et le peu de durée de la belle saison , qui ne dure 
pas au delà de cinq mois, en y comprenant l’été de mars , on 
se fera une idée de tous les obstacles qui entravent les re- 
cherches de l’Entomologiste. 

Le plus désagréable qu’il ait à éprouver, est une disette 
réelle d’Insectes qui se fait sentir pendant presque toute l’an- 
née : je parle , en ce moment , des Coléoptères. On n’en ren- 
contre assez fréquemment que pendant les deux mois de juillet 
et d'août, au commencement de la saison sèche. C’est à cette 
époque que les habitans font des abatis dans les bois pour 
leurs plantations , et les Insectes aiment à se poser sur les ar- 
bres abattus pour sucer la gomme et les autres liqueurs qui 
découlent de la plupart d’entre eux. Quand on a mis le feu à 
ces bois , l’Entomologiste est réduit à diriger ses recherches 
dans l’intérieur des forêts , où ses peines sont rarement ré- 
compensées. Rien n’est plus fréquent que de tomber dans des 
endroits où toutes les conditions paraissent réunies pour la 
multiplication des Insectes , telles que des éclaircies, des ar- 
bres morts de vieillesse, d’autres couverts de fleurs, de l’eau, 
du soleil et de l'ombre; mais souvent tout y est mort : aucun 
être vivant, si petit qu'il soit, ne s’offre à la vue. La plupart 
du temps, l’Entomologiste doit s’estimer heareux si , à la fin 
de la journée , quinze ou vingt Goléoptères sont venus enrichir 
sa collection , à moins qu’il n’ait rencontré quelques unes de 
ces espèces qui vivent réunies , telles que des Prachinus, des 
Opatrum, des Uloma, etc. Il en est de même pendant presque 
toute l’année, surtout quand les pluies ont converti les forêts 
en de vastes marécages où l’on ne peut chasser qu’en ayant de 


I, 2/4 


352 ANNALES 

l’eau jusqu’à mi-jambe. Pour qui a parcouru les forêts du Bré- 
“sil, si vivantes pendant neuf mois de l’année , un pareil spec- 
tacle est étrange et confond tous les calculs. dJ’ai vainement 
cherché à m’en rendre compte; mais ni l’humidité excessive, 
ni le grand nombre d'oiseaux insectivores ne m'ont paru des 
raisons suflisantes pour l’explication de ce phénomène. Les 
mêmes causes existent au Brésil, qui n’en est pas moins le 
pays le plus riche de la terre en Insectes. Il faut recourir à 
une explication plus haute, à cette cause première qui a ré- 
parti les êtres vivans sur le globe d’après des lois qui nous sont 
inconnues. 

Ce que je viens de dire paraîtra peut-être peu d'accord avec 
les riches collections qu’on a vu arriver de la Guyane. Un mot 
sur la manière dont elles ont été formées suflira pour faire 
disparaître cette contradiction apparente.de n’en citerai qu'une, 
celle de M. Banon, la plus belle, à ma connaissance, qui ait 
été faite à Cayenne. Elle a été le fruit de six années de peines, 
pendant lesquelles M. Banon, outre ses recherches person- 
nelles, avait à sa disposition un certain nombre de nègres, sans 
cesse occupés à chasser pour lui. Il achetait indistinctement 
jous les Insectes qui lui étaient présentés ; et, par ce moyen, 
tous ceux qui se prenaient dans la colonie finissaient par ar- 
river , tôt ou tard , entre ses mains. C’est ainsi qu'il a pu ras- 
sembler, en assez grand nombre, certaines espèces rares dont 
il ne se prend, chaque année , que trois ou quatre individus 
dans toute la colonie, telles que le Scarabæus Claviger, le 
Titanus Giganteus, etc. On sent que tout le monde ne peut 
se trouver dans des circonstances aussi favorables. 

Si les Goléoptères sont peu abondans , il en est autrement 
pour les Lépidoptères. La Guyane peut, sous ce rapport, le 
disputer aux plus riches contrées du globe, sinon par la beauté 
des espèces en général, du moins par leur grande variété. Les 
mois de juillet et d'août sont aussi pour eux l’époque la plus 


DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 355 
brillante , mais ils ne disparaissent pas aussitôt après, ét l’on 
en rencontre pendant toute la durée de la saison sèche et 
tant que les pluies n’ont pas atteint leur maximum d'intensité. 
Ce n’est qu’en mai et juin, lorsque l’humidité excessive des 
forêts les condamne à se cacher pendant de longs espaces de 
temps, qu'ils succombent et disparaissent presque tous. Quant 
à l'habitat des espèces, la Guyane est partagée en deux parties 
bien distinctes et dont la différence est frappante. Dans l’une, 
celle au vent, on rencontre communément un certain nombre 
d'espèces du Brésil qui ne s’avancent pas au deià de l’île de 
Cayenne. Ainsi, la Vanessa Amathea , très-abondante dans 
l’'Oyapock , l’Approuague, ne se trouve plus dès qu’on a passé 
celle dernière rivière ; les Nymphalis Medea, Antiioe, An- 
cea ; les Heliconia Flora, Egle, Eva, etc. ; la Melitea Li- 
riope , très-communeés dans lOyapock, sont excessivement 
rares dans le reste de la colonie. L'autre partie, celle sous le 
vent , à aussi ses espèces particulières qui lui sont communes 
avec Surinam. Les Heliconia à taches blanches, telles que 
Sapho, Antiochus, ne commencent à paraître que dans la 
rivière de Sinnamary, et deviennent plus communes à mesure 
qu'on se rapproche du Maroni. C’est là aussi que se trouvent 
les /{eliconia Doris, Erato, Ricini, les Nymphalis Demo- 
phon, Amphimachus, Orion, le Satyrus Philoctetes, la 
Casinia Evalthe, etc., qui tous sont très-rarés dans la partie 
opposée. Ces différens habitats sont tellement prononcés, qu’en 
voyant une collection , celui qui connaît le pays pourrait, sans 
se tromper, dire dans quelle partie de la colonie elle a été faite. 

L'éducation des Chenilles, si indispensable pour obtenir 
certaines espèces, surtout parmi les Crépusculaires et les 
Nocturnes , est malheureusement presque impraticable pour 
un voyageur. D’une très-vrande quantité que j'ai eu en mon 
pouvoir, un petit nombre est venu à bien ; le reste a péri dans 
mes changemens continuels d’un lieu à un autre, 


554 ANNALES 

Les Hyménoptères le disputent à l’ordre précédent pour la 
variété et la beauté des espèces. Les tribus des Ichneumo- 
nides , des Hétérogynes, la famille des Fouisseurs, celle des 
Apiaires offrent surtout d’abondantes récoltes à l’Entomolo- 
siste, et d'autant plus faciles que la plupart des espèces fré- 
quentent les environs des habitations ou des localités resser- 
rées. Les terrains sablonneux, tels que les environs de la ville, 
la route du bord de la mer, de Macouria à Iracoubo, four- 
millent de Sphex qui y creusent leurs retraites. Toutes les 
maisons sur les habitations sont remplies de Xy/locopes , de 
Tripoxylons, sans cesse occupés à percer les poteaux et les 
poutres qui les soutiennent. Les Apiaires se répandent sur les 
fleurs qui croissent dans leurs environs ; mais c’est plutôt dans 
les bois et les savanes qu’il faut chercher les nombreuses 
espèces de Pompiles et les Guépes, qui suspendent sous les 
larges feuilles de certaines plantes leurs nids de carton, de 

formes aussi variées que leurs espèces. 

Les autres ordres ne répondent pas à la richesse des deux 
précédens. On trouve cependant dans chacun d’eux des es- 
pèces très-remarquables et très-intéressantes; mais, sous ce 
rapport, la Guyane ne peut soutenir la comparaison avec le 
Brésil, où les Hémiptères principalement le disputent, par la 
richesse de leurs couleurs et leurs formes bizarres, aux Co- 
léoptères même. 

Men intention est de ne m'occuper que de ces derniers 
dans cette notice. Pour ne pas revenir inutilement sur ce que 
j'ai déjà dit dans un mémoire publié, en 1830 , dans les 4n- 
nales des sciences naturelles (1), je me contenterai de passer 
rapidement en revue les familles, en ne m'’arrêtant qu'aux 
genres que je n'avais pas observés au Brésil ou qui offriront 


(x) Mémoire sur les habitudes des Coléoptères de l'Amérique méridié- 
nale, tom. XX des Annales. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 355 


quelque particularité intéressante. La plupart se trouvent dans 
les deux pays, mais les espèces n’y entrent pas dans la même 
proportion dans chaque famille , ainsi que le montre le tableau 
ci-joint, établi d’après les deux collections que j’y ai faites, 
l’une de quinze cent trente-une espèces, au Brésil, l’autre 
d'environ douze cents, à Cayenne : 


BRÉSIL. CAYENNE, 
Carabiques, un 97° un 19° 
Brachélytres, 83° 50° 
Sternoxes , 19% 19° 
Malacodermes , 17° 20° 
Térédyles, 109° 120° 
Nécrophages, 85° 115° 
Lamellicornes, 9° 13° 
Hétéromères, 12°. 16° 
Curculionites , 5 ÿ 5° 
Xylophages, 46° 46° 
Longicornes, 6° 17% 
Chrysomélines , 4° 4° 
Trimères, 80° 70° 


On voit par ce tableau que les deux familles où la dispro- 
portion est la plus prononcée, sont celles des Carabiques et 
des Longicornes. Cayenne renferme plus d'espèces de la pre- 
mière que le Brésil, mais lui est de beaucoup inférieure pour 
la seconde. Ce fait n’est pas illusoire , ou l’effet du hasard et 
des localités où j’ai.chassé dans les deux pays : car j'ai par- 
couru une surface de terrain à peu près égale dans tous 
deux; mais, je le regarde comme constant, est aussi inexpli- 
cable que celui de la multiplication des espèces dont j'ai parlé 
plus haut. 


En effet, quant aux Carabiques, les lieux qu’ils habitent 


356 ANNALES 


sont les mêmes à Cayenne qu'au Brésil ; les innombrables Ié- 
gions de Fourmis qui se sont emparées du sol les en ont bannis, 
et les obligent à vivre sur les feuilles, sous les écorces et au- 
tres endroits analogues. 

C’est surtout dans la tribu des Cicindelètes que la diffé- 
rence est frappante. Gayenne m'a fourni trois espèces de #ega- 
cephala et douze de Cicindela, tandis qu’au Brésil je n’ai ja- 
mais rencontré le premier de ces genres , et le second ne m'a 
ollert que cinq espèces , qui toutes multiplient très-peu. En 
revanche, les genres Zresia, Oxycheila, Euprosopus ; qui y 
existent, n’ont pas encore été découverts dans la Guyane , à 
ma connaissance. Tous deux possèdent des Ctenostoma, mais 
ce genre ne s’est jamais présenté à moi à Cayenne. 

Parmi les trois Megacephala ci-dessus , aucune ne fait 
usage de ses ailes. La Sepulcralis Fab. se trouve assez com- 
munément , courant à terre dans les bois, là où le sol est sa- 
blonneux. L’Affinis Dej. habite plus particulièrement les 
savanes. C’est là aussi, à Iracoubo , que j'ai découvert la 
dernière M. Chalybea mihi, espèce nouvelle voisine de Îa 
V'irginica. Elle se réfugie sur les bouses desséchées , dans les 
irous profonds creusés par des Copris ou des Phanæus, et 
cherche à en défendre l’entrée lorsqu'on veut la saisir. Quand 
elle s’aperçoit que sa résistance est inutile , elle s'enfuit jus- 
qu’au fond de sa retraite, où le seul moyen alors de s’en em- 
parer est d'introduire une longue paille. Elle la saisit avec 
ses mandibules aiguës, et se laisse tirer dehors sans lâcher 
prise. 

Dans la tribu des 7roncatipennes , deux genres également 
remarquables, les Cordistes et les Ctenodactyla, méritent 
une mention à part, 

Les espèces du premier ne vivent que sur les feuilles; leur 
vol est tellement prompt et rapide, qu’il est difficile de les 
saisir autrement qu'avec un filet. Le €. Bifasciatus est seul 


L 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 357 


commun; l’Æcuminatus est beaucoup plus rare, et le Bima- 
culatus encore davantage. 

À la Ctenodactyla Chevrolatii, seule espèce connue, j'ai 
ajouté deux espèces nouvelles, €. Lacordairei et C. Obscura 
Dej. La Chevrolati se trouve dans les bois courant parmi les 
herbes ; les deux autres vivent sur les fleurs d’une plante. 
aquatique de la famille des Pontédériées , et je ne les ai jamais 
rencontrées que dans les savanes noyées d’Approuague , au. 
mois d'avril, pendant la saison des pluies ; leur vol est très- 
agile, et le moindre mouvement imprimé à la fleur suffit pour 
les faire envoler. Ge sont les seuls Carabiques, à ce que je 
crois , qui fréquentent les fleurs. 

La tribu des Scaritides m’a offert un fait intéressant que 
j'avais déjà observé au Brésil, à savoir, que les Ozæna jouis- 
sent , comme les Brachinus , de la faculté d'émettre par l'anus 
une fumée caustique accompagnée d’explosion. Deux espèces, 
les O. Granulaia et Lacordairei Dej. présentent ce phéno- 
mène à un degré encore plus prononcé que l'O. Lævigata, sur. 
laquelle je l'avais d’abord observé. Toutes deux m’ont donné 
un nombre d’explosions considérables , et la vapeur qu’elles 
émettent a les mêmes propriétés que celle des Brachinus; elle 
exhale la même odeur, et brûle les corps qui y sont exposés. 
Il faudra donc désormais ajouter ce caractère à ceux, qu'on. 
a assignés à ce genre. 

La tribu des Simplicipèdes, si riche dans les pays tem- 
pérés , est celle qui présente le moins d’espèces dans les ré- 
gions équatortales. Un Calosoma, l’Alternans, est le seul que 
j'ai rencontré à Cayenne, et encore y est-il extrêmement 
rare. Il vit dans les bois, sur les arbres, comme les nôtres. 

Les Patellimanes et les Féroniens présentent la même sté- 
rilité. Ce n’est que dans la tribu des Æarpaliens que se pré- 
sentent des genres assez riches. Les Selenophorus , les 4m- 
blygnathus , les Hypolithus fournissent chacun des espèces 


(ge) 


55 ANNAEES 

assez intéressantes. Les ÆZarpalus sont beaucoup moins fa- 
vorisés, et Cayenne est presque dépourvue de ces espèces 
brillantes, telles que le Fulgens, V Amethystinus, le Cupreo- 
nilens, qui ne sont pas rares au Brésil : je n’en ai rencontré 
qu'un seul de cette division : l’//. Nemorensis mihi, qui vit 
dans les plus profondes forêts , où il est fort rare. 

Les Subulipalpes sont irès-peu abondans dans toute l’A- 
mérique du sud. Deux Z'etragonoderus, un Bembidium, trois 
Lachnophorus sont les seules espèces de cette tribu que j'aie 
trouvées dans la Guyane ; elles fréquentent Le bord des eaux, 
de même que leurs congénères d'Europe. 

Je passe la famille des Z/ydrocanthares, qui n’offre rien de 
particulier , et j'arrive aux Brachélytres. 

Les espèces équatoriales vivent dans les matières excré- 
mentielles , les champignons, les bolets, sous les écorces , et 
presque jamais dans les matières animales décomposées. d’ai 
eu occasion d'observer une larve, que je crois appartenir à 
une espèce nouvelle de Zirophorus, à corps déprimé, élytres 
rouges, et antennes presque de la longueur du corps, Z. Lon- 
gicornis , mihi. Je trouvai ceite larve dans l'intérieur d’une 
écorce humide , à moitié décomposée , où l’insecte existait en 
grande quantité. Sa longueur était d'environ 4 lignes, sa 
forme ramassée et légèrement conique à chaque extrémité , 
sa couleur d’un gris veiné de blanc; sa tête était noire , écail- 
leuse , et pourvue de deux mandibules très-fortes , épaisses et 
bifides à l'extrémité, avec la dent supérieure relevée comme 
dans l’insecte parfait. Les autres parties de 11 bouche étaient 
à peine visibles , même à la loupe , et je ne pus distinguer que 
deux palpes terminés par un article articulé. Chaque anneau 
du corps portait deux espèces de mamelons ou papilles, pla- 
cés transversalement près du vaisseau dorsal. Les mouvemens 
de cette larve étaient très-lents et vermiformes , et son odeur 
nauséabonde. d'en pris plusieurs individus , qui se transfor- 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 359 


mèrent peu de jours après, mais qui se desséchèrent dans la 
boîte où je les avais mis. Ce n’est que par la forme des man- 
dibules et la localité que je crois que cette larve était celle 
du Zirophorus en question , seule espèce de Coléoptères qui 
existât dans cette écorce. 

Dans les deux familles suivantes, les Sternoxes et les Ha- 
lacodermes, les espèces sont moins nombreuses qu’au Brésil, 
et la multiplication de leurs individus est infiniment moins 
considérable. Cela est remarquable surtout dans les Zampy- 
ris ; aussi Pillumination qu’ils produisent la nuit en voltigeant 
sur les broussailles, est-elle moins brillante à Cayenne que 
dans ce dernier pays. 

Les Térédyles m'ont présenté plusieurs espèces intéres- 
santes et nouvelles , parmi lesquelles je citerai un Æylecætus 
dont la larve creuse des trous profonds dans le tronc des Fro- 
magers , et que j'ai nommé pour cette raison /1. Bombacis, un 
Lihysodes, qui vit comme ses congénères dans le bois décom- 
posé, mais qui en diffère par ses élytres lisses, tandis qu’elles 
sont profondément sillonnées dans les autres espèces ; plu- 
sieurs Ænoplium, Notoxus, Clerus, dont les mœurs sont 
semblables à celles de nos pays. 

Parmi les VNécrophages, je ne mentionnerai également que 
les Ængis, que j'ai toujours vus, à regret, éloignés des Æro- 
tylus. Non-seulement leur forme a la plus grande analogie 
avec celles de la plupart de ces derniers, mais leurs mœurs 
sont semblables. À l’état de larve, ils vivent dans les bolets, 
et c’est toujours à leur surface ou dans les environs qu’on 
irouve l’insecte parfait au repos. 

J'ai découvert un genre de Palpicornes, qui est nombreux 
en espèces dans nos climats, mais qu’on n'avait pas encore 
rencontré sous les tropiques, le genre Sphæridium. L'espèce 
que j'ai trouvéene vitpas, comme les autres, dans les matières 
excrémentitielles , mais dans le bois mort, et elle s'enfonce 


360 ANNALES 


dans les trous qu'y ont creusé les 4pate, les Enoplium ; 
et autres insectes ligniperdes. Cette manière de vivre me 
porte à croire que ce n’est pas un véritable Sphæridium , quoi- 
qu’elle m'ait paru en présenter tous les caractères. 

La riche et intéressante famille des Lamellicornes n’offre 
pas, dans la plupart de ses tribus, la même abondance à 
Cayenne qu’au Brésil. La première, celle des Coprophages , 
pourrait seule soutenir la comparaison , surtout pour le genre 
Phanœus. Les grosses espèces, telles que le Principalis, 
l’Ensifer, habitent les forêts plutôt que les savanes décou- 
vertes , et, sans être bien communes, se présentent assez fré- 
quemment , surtout dans le cours de Îa saison pluvieuse. Elles 
semblent rechercher de préférence les déjections du Tapir, 
et chaque fois que j'en ai rencontré, j’y ai fait une récolte 
assez abondante de ces insectes. 

La tribu des Scarabéides est bien inférieure à la précé- 
dente. Dans le plus beau de ses genres, les Scarabæus, le 
Chorinœus et V_Æloeus sont seuls communs dans la Guyane. 
J'ai cru pendant long-temps que les insectes de ce genre vi- 
vaient uniquement dans le bois en décomposition, mais au- 
jourd’hui je crois que c’est le plus petit nombre , et que tous 
peut-être creusent des trous en terre, où leurs larves se nour- 
rissent des racines ligneuses des végétaux. J'avais déjà observé 
ce fait à Buénos - Ayres , sur les $. Henelaus et Laticollis, et 
à Cayenne j'ai acquis la certitude qu’il en est de même pour 
PActæon, le Chorinœus , le Bilobus, etc. On ne les trouve 
guères que dans les savanes, où leurs trous se présentent 
quelquefois ea grand nombre et rapprochés les uns des au- 
tres; mais il est rare qu’on soit assez heureux pour rencon- 
trer une de ces localités. Un habitant des savanes de Sinna- 
mary m'a assuré avoir pris , une fois, plus de vingt Actæon, 
dans leurs trous, resserrés sur une surface de quelques pieds 
carrés. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 36« 


= Parmi les autres tribus de cette famille, on ne rencontre à 
Cayenne que trois espèces en abondance, les ARutela ITistrio, 
Lineola , et le Macraspis Chrysis, qui vivent en société sur 
les feuilles d’une espèce de mimosa, en telle quantité que 
ces arbres en sont quelquefois chargés. 

La Gayane possède , dans les Melasomes, plusieurs genres 
qui n’ont pas encore élé rencontrés au Brésil jusqu’à ce jour , 
tels que les Crypticus, Phylax, Blapstinus , Opatrinus. Tous 
vivent dans les sables, sous les pierres, le bois mort , et ne 
sont pas rares, 

Les Uloma et les Diaperis ÿ sont également plus com- 
muns qu’au Brésil. Les premiers se trouvent souvent réunis 
en grande quantité sous les végétaux en décomposition , sur- 
tout les bananiers. Les secondes pullulent quelquefois éans 
les bolets. J’en ai rapporté près de quinze espèces , la plupart 
nouvelles; mais ce genre , tel qu'il est maintenant, aurait be- 
soin d’une révision complète. Peut-on laisser son type primi- 
üf, la D. Poleti, aux formes renflées , à la démarche lente, à 
côté de la D. {rmata cylindrique et paresseuse, et surtout de 
la 2). Janus , ovoïde, et dont les mouvemens sont tellement 
agiles qu’elle échappe fréquemment à la main qui veut la 
saisir ? 

Le Brésil reprend sa supériorité dans la tribu des Æélo- 
piens ; la différence à cet égard est telle entre les deux pays, 
malgré leurs rapports de climat et de végétation, qu’elle est 
à peine croyable; on pourrait l’exprimer par la proportion 
d’un à quinze. Les Campsia, si communes au Brésil sous les 
écorces, ne m'ont fourni aucune espèce à Gayenne; les Steno- 
chia qu’on rencontre à chaque instant volant dans les bois du 
premier de ces pays, et qui, presque toutes, sont ornées de 
couleurs si brillantes, ne m’en ont présenté que cinq où six 
dans le second, toutes petites et insignifianies. Elles y sont 
au rang des insectes les plus rares. 


362 ANNALES 


Les autres familles des Z/étéromères offrent la même stéri- 
lité. Un seul genre, inconnu jusqu’à ce jour au Brésil, les Ne- 
mogatlha, offre à cet égard une espèce de compensation. 

Environ 250 espèces de Curculionites ont été recueillies 
par moi dans le cours de mon voyage, et, sous ce rapport, 
Cayenne et le Brésil offrent quelque ressemblance pour le 
nombre des espèces, mais non pour la multiplication des in- 
dividus dans chaque genre. Ceci est frappant surtout dans les 
Brenthus, dont j'ai trouvé 20 espèces au Brésil, qui, pour la 
plupart, fourmillent sous les écorces; à Cayenne, le seul 
B. Anchorago est commun, et je n’ai rapporté que cinq au- 
tres espèces. 

Il en est à peu près de même pour les genres suivans : Cy- 
phus, Hypsonotus, Lixus, Heilipus, Baridius, Zygops , 
Piazorus, Centrinus , etc. , sans parler d’un assez grand nom- 
bre d'autres que je n’ai jamais rencontrés dans la Guyane. En 
revanche, ce pays m'en a offert plusieurs que je n'avais pas 
vus dans l’autre. Je ne citerai que le beau genre Ærodiscus, 
dont j'ai recueilli trois espèces nouvelles, qui toutes vivent 
dans les savanes noyées, sur des plantes de la famille des 
Joncs. Il serait possible que leurs larves subissent leur méta- 
morphose dans l’intérieur des végétaux aquatiques , comme ie 
fait celles du Zixus Paraplecticus de nos pays. 

Dans la famille des Xy/ophages, je ne mentionnerai égale- 
ment que deux genres , dont l’un, le genre Camptocerus, re 
contenait encore qu’une espèce, à laquelle j’en ai ajouté une 
seconde, C. T'erebrator mihi; et l’autre, le genre VNemo- 
zoma , n'avait pas encore été rencontré hors d'Europe. Le 
premier vit dans Le bois mort, et le second dans les bolets. 

‘La famille des Longicornes est, ainsi que je l'ai déjà feit 
observer, celle où la différence de multiplication est la plus 
prononcée entre le Brésil et Cayenne; 224 espèces dans le 
premier de ces pays, à peine 70 dans le second; tel a été ie 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 365 


résultat de mes chasses dans tous deux. C’est la famille où les 
espèces se répandent sur une plus grande surface de terrain. 
Pour n’en citer que quelques exemples, les Wacrodontia Cer- 
vicornis, Ctenoscelis Scabricollis, Megaderus Stigma, Acro- 
cinus Longimanus, Chlorida Festiva, etc., se trouvent com - 
munément depuis la Guyane jusqu'aux environs de Rio-Janeiro. 
Le Mallodon Spinibarbis et le Trachyderes Striatus vont 
encore bien au delà et s'étendent jusqu'à Buénos-Ayres , sans 
qu’on observe aucune diminution dans [a multiplication de 
leurs individus. 

Quelques insectes de cette famille ont reçu à Cayenne des 
noms populaires sous lesquels ils sont généralement con- 
nus , même des nègres de la colonie. Ainsi, par exemple, 
le Macrodontia Cervicornis doit celui de Mouche Scieur de 
long à la singulière habitude qu’il a de saisir entre ses longues 
et puissantes mandibules une tige ou une branche de la gros- 
seur du pouce, et de tourner autour en volant, jusqu’à ce 
qu’il l'ait sciée. Je n’ai jamais surpris l’insecte dans cette opé- 
ration : mais j'ai vu des branches coupées par lui, qui por- 
taient évidemment l'empreinte des fortes dents dont ses man- 
dibules sont armées intérieurement; et des personnes dignes 
de foi m'ont assuré lavoir pris sur le fait. Cette espèce de Lon- 
gicornes n’est pas au reste la seule chez laquelle existe cette 
habitude ; on la retrouve dans quelques grandes espèces d’Oy- 
cideres, dont les mandibules sont également assez vigoureuses 
pour supporter un mouvement de rotation aussi violent. Ce 
dernier fait m'a été communiqué , dans le temps, par M. le 
comte Dejean, qui le tenait lui-même d’une autre personne 
qui l’avait observé au Brésil ; et j'avoue que ce que je viens 
de rapporter me le rend tout-à-fait croyable. Gn en observera 
probablement autant par la suite chez d’autres Longicornes. 

Pour en revenir aux noms en question, le Cerambyx Su- 
turalis est connu à Cayenne sous celui de Mouche Balata 


364 ANNALES 

l’Acrocinus Longinrinanus sous celui de Mouche Bagasse, at- 
tendu que tous deux accourent aussitôt qu'on abat un Balata 
ou un Bagasse, deux de ces plus beaux arbres du pays, figurés 
dans Aublet, le premier pl. 290, et le second planche 356. 
C’est à la préférence du même genre que montre le Lophono- 
cerus Barbicornis pour le Courbaril (Hymenæa Courbaril, 
Linné) que je dois d’en avoir pris un grand nombre à Kourou. 

Les Chrysomélines, la famille la plus nombreuse de toutes 
celles des Coléopières , rivalise à Cayenne, pour le nombre 
des espèces, avec le Brésil; mais, comme de coutume, elles 
sont loin d’y multiplier autant. Les Æ/tica , les Cassida , les 
Doryphora, les Eumolpus, qui se présentent par masses à 
chaque pas dans ce dernier pays, ne se rencontrent que cà et 
là isolés, dans le premier. Une ou deux A/tica, et autant de 
Cassida, font à peine exception à cette règle. 

Quant au genre £rotylus , le plus intéressant de cette fa- 
mille, je crois que Cayenne l’emporte pour le nombre et la 
beauté des espèces sur le Brésil ; jy en ai trouvé 62 , sur les- 
quelles 45 sont nouvelles pour la collection de M. le comte 
Dejean ; tandis qu'au Brésil je n’en ai trouvé que 44, dont 
21 nouvelles. Si, à ces 66 espèces non décriles encore, on 
ajoute celles qui ont élé rapportées par d’autres personnes , 
tant de l'Amérique que de Java et des îles voisines, on verra 
que ce genre contient aujourd’hui le double des espèces dé- 
crites dans la belle monographie de M. Duponchel, et pour- 
tant celte monographie compte à peine cinq ans d’existence ! 
Réflexion décourageante, et que peuvent faire naître toutes 
les familles de Goléopières. 

Je n'ai jamais eu, au Brésil, l’occasion d'observer les larves 
des Æroiylus, mais à Cayenne, celle de l'£rotylus Surina- 
mensis s’est oïerte -plusieurs fois à moi. Elle vit dans les 
bolets, et je crois qu’il en est de même pour toutes celles 
de ce genre. C’est presque toujours sur ces végétaux que j'ai 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 565 


irouvé les Æ. Giganteus , Fariegatus, Gemmatus, Ramo- 
sus, etc. , et c’est probablement à l’une de ces espèces qu’ap- 
partient une autre larve que jy ai également observée. Gelle 
de V'£. Surinamensis, parvenue à son maximum de croissance, 
est longue d’environ 6 lignes , iégèrement renflée à son extré- 
mité postérieure , blanchâtre et dépourvue d’aspérités, sauf 
sur le premier anneau, qui porte un petit mamelon d’où m'a 
paru suinter un fluide incolore, dont l’odeur rappelle celle 
des Diaperis et des Ællecula. La tête est noire, écailleuse 
et munie de deux mandibules courtes, valides et un peu ob- 
tuses. Elle peut se retirer sous le premier anneau, ce qui à 
lieu quand la larve est au repos. Je crois que ces larves se dé- 
veloppent et parviennent à l’état parfait dans un espace de 
iemps très-court: car plusieurs que j'ai élevées ont grandi de 
irois lignes dans l’espace de cinq semaines, époque à laquelle 
le bolet que j'avais détaché de l’arbre s'étant desséché , 
elles moururent, 

Enfin, dans la dernière famille des Coléopières, je signa- 
lerai une découverte assez intéressante que j'ai faite, celle 
d’un nouveau genre de Psélaphiens, insectes qui, jusqu’à pré- 
sent, n'avaient pas encore été rencontrés dans l’Amérique 
méridionale. L'espèce en question devant être décrite inces- 
samment par un des membres de la Société dans le Magasin 
de Zoologie de M. Guérin, je crois inutile d’en donner la 
description. Les deux individus uniques que j'ai trouvés 
ayant été pris au vol dans les bois ; leurs mœurs me sont in- 
inconnues. 

Maintenant, s’il s'agissait d’assigner à la Guyane francaise 
un rang parmi les autres pays, basé sur son plus ou moins de 
richesse en Coléoptères , je crois qu’elle n’obtiendrait que la 
troisième , ou tout au plus la seconde place. On ne peut , sous 
aucun rapport, la mettre en comparaison avec le Brésil, ainsi 
que je lai fait voir; je la regarde même comme moins favo- 


366 ANNALES 


risée que la France pour la multiplication des individus, et 
je pense que ceux que leur zèle ertomologique y conduira , 
auront , comme moi, sujet de se repentir de lui avoir donné 
la préférence. 


Observations sur l'ouvrage intitulé : « Bot ScaANDINAYIE 
Moxocranapnick TRacTaTi, etc., à Gustav. DancLeow. 
Lonninr Gornorum, 1832 ; » auxquelles on a joint les ca- 
ractères des genres Bombus et Psithyrus, et la description 
des espèces qui appartiennent au dernier. Par M. le comte 
LEP£LETIER DE SAINT-FARGEAU. 


(Séance du 7 novembre 1832.) 


M. Lefebvre, notre secrétaire , m’ayant fait l’amitié de me 
remettre la Monographie des Bourdons de Suède, par M. Gus- 
tave Dahlbom, en me priant d'examiner cet ouvrage et de 
lui en dire mon sentiment, je me suis empressé de répondre 
à l’intention de notre savant collègue. Ayant reconnu, par la 
nomenclature , que beaucoup d’espèces de Suède se retrou- 
vent en France, j’ai comparé les descriptions à lanature exis- 
tant dans ma collection. En général, les espèces paraissent 
mieux décrites que dans aucun auteur à moi connu, sans en 
excepter la Monographia ÆApum Angliæ de M, Kirby. On 
peut seulement soupconner que l’autenr suédois en a trop 
admis , entraîné par l’auteur anglais dont je viens de parler, 
par Fabricius et par Panzer, qui les ont trop multipliées, pour 
u’avoir pas pris garde que Réaumur, ce grand observateur de 
Ja nature, dit positivement que le même nid de Bourdons con- 
tient des individus que leurs différences de couleur pourraient 
faire passer pour des espèces distinctes. Je dois dire en même 


e 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 567 
temps qu’une monographie des Bourdons présenterait en ce 
moment beaucoup de difficultés ; il faudrait, avant de l’en- 
treprendre, une exploration complette des habitans des nids 
de chaque éspèce, ou se borner à des conjectures sur leurs 
Hmites. “2N | 

M. Dahlbom sait probablement que les mâles Bourdons , 
Tomme ceux de tous les Hyménoptères, dont les femelles sont 
armées d’ün aiguillon sans tarière, ont à l’abdomen un seg- 
ment de plus que les femelles. Cependant ses descriptions 
supposent qu'il n’en admet que cinq avec l’anus dans les deux 
sexes. 

On trouvera aussi dans cet ouvrage quelques synonymes 
appliqués à tort; mais cette faute est bien moins répétée que 
dans les auteurs précédens , et surtout dans Fabricius. 

Le grand mérite de la monographie des Bourdons de la 
Suède est d’avoir iniroduit, dans un genre nombreux qui 
paraissait si compact et si homogène , une division bien fondée 
sur des caractères anatomiques extérieurs, à peu près tous 
visibles à l’œil nu, et cependant d’une immense importance. 

1°. Le labre du sexe féminin de la première division est en 
carré transversal, en conséquence pas plus large au milieu 
que sur les côtés. Dans la deuxième division, il est triangulaire, 
prolongé en avant dans son milieu , qui est plus large que les 
côtés. 

2°, Les mandibules du sexe féminin de la première division 
sont quadridentées ; les femelles de la deuxième les ont obli- 
quement tronquées et arrondies. 

3°. Les femelles de la première division ont aux jambes pos- 
térieures des corbicules, c’est-à-dire que ces jambes sont dila- 
tées en s’élargissant très-notablement depuis leur base jusqu’à 
leur extrémité, que leur côté externe est déprimé sur tout son 
disque et dépourvu de poils : c’est au moyen de cet organe 
que les femelles et les neutres rapportent à leurs nids le pollen 

J. 29 


568 ANNALES 

des fleurs dont elles nourrissent leurs petits. Les femelles de 
la deuxième division, au contraire, ont les jambes postérieures 
étroites dans toute leur longueur, convexes à leur côté ex- 
terne, qui est entièrement garni de poils. Abandonnons en ce 
moment la conséquence de ce fait, à laquelle nous revien- 
drons plus tard, | 

4°. Dans les femelles de la première division , on remarque 
une dent horizontale , comprimée , obtuse, à l’angle externe 
de la base du premier article du tarse postérieur, et cet 
arlicle est fort élargi. Ce même article, dans le même sexe de 
la deuxième division , est peu large , et la dent manque tota- 
lement à l’angle externe de sa base. 

5°. L’anus des femelles de la première division est réguliè- & 
rement conique, aigu au bout , et n'est pas naturellement re 
courbé en dessous. Dans les individus du même sexe de ja 
deuxième division, ce même anus est recourbé en dessous, ei 
porte dans cette partie deux carènes élevées en angles. 

Il faut convenir que M. Kirby avait le premier mis au jour 
ces caractères dans la description des espèces, et dans les 
planches où il représente les caractères de sections; mais il 
n’en avait pas profité pour former une subdivision dans la sec- 
tion du G. Apis, qui, dans sa monographie, renferme les 
Bombus des auteurs subséquens. 

Je viens de vous exposer les caractères donnés par M. Dabl- 
bom aux deux divisions qu’il établit dans le G. Bombus. Jus- 
qu'ici, ce que je vous en ai dit lui appartient, et jé n’y ai rien 
ajouté qui me soit propre : ce que je dois vous faire remar- 
quer, pour que vous puissiez apprécier nos parts dans le pré- 
sent travail. 

Vous avez sûrement remarqué, Messieurs, que tous ces 
caractères de M. Dahlbom sont féminins, et que par con- 
séquent cet auteur ne nous donne aucun moyen de recon- 
naître la division à laquelle appartiendrait un mâle dont la 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. . 569 
iemelle ne nous serait pas connue. Vous observerez aussi 
qu'après avoir décrit deux organisalions aussi différentes , 
M. Dahlbom n'en tire aucune conséquence par rapport à la 
manière de vivre, (ce que j'appelle les mœurs}, des Insectes 
de ses deux divisions. Au contraire, de l'exposé détaillé qu’il 
fait de l’industrie des Bombus avant de passer aux espèces , 
on ne peut que conclure qu’il regarde toutes celles qu’il décrit 
comme se conduisant entièrement de même dans la construc- 
tion des nids et la nourriture de leur postérité. 

En vérifiant les caractères donnés par M. Dahlbom sur les 
espèces de ma collection , qui sont environ au nombre de 
quarante, sur celles de la collection ancienne de M. Latreille, 
que le savant qui en est possesseur m'a confiée, (environ vingt 
espèces, que je n’ai pas), ainsi que sur celles de mon excel- 
lent ami M. Serville, (environ six espèces différentes des pré- 
cédentes); ce qui porte à soixante-six à peu près le nombre 
des espèces que jai vues : il m'a été facile d’observer que les 
mâles de ces deux divisions se distinguent aussi facilement que 
leurs femelles , quoique ce ne soit que par deux caractères. 
Je vous propose donc d’ajouter un caractère mâle au carac- 
tère féminin des deux divisions de M, Dahlbom. En voici l’ex- 
posé : 

Première division, Jambes postérieures des mâles allant 
en s’élargissant de la base à l’extrémité ; leur côté extérieur 
un peu concave dans son milieu, qui porte un petit nombre 
de poils écartés les uns des autres. Premier article des tarses 
postérieurs assez court et large. 

Deuxième division. Jambes postérieures des mâles à peu 
près aussi étroites dans toute leur étendue , longues; leur côté 
extérieur convexe entièrement garni de poils. Premier article 
des tarses postérieurs étroit et allongé. 

Ce caractère une fois reconnu , il n’y a pas plus de diffi- 
cultés pour classer un mâle Bourdon isolé, qu’une femelle. 


350 ANNALES 

M. Dahlbom, ne l'ayant pas découvert, a placé dans sa divi- 
sion première , des mâles isolés dont il ne connaissait ni les 
femelles ni les neutres, (et entre autres le Bombus Rossiellus), 
tandis qu’ils appartenaient à la deuxième. 

Ramenons actuellement , Messieurs , notre attention sur 
l'importance d’un des caractères donnés à juste titre; pat 
M. Dahlbom , aux femelles. 

Dans la première division, celles-ci ont toujours des cor- 
bicules , c’est-à-dire les organes nécessaires pour la récolte du 
pollen des fleurs, matière indispensable à la nourriture des 
larves. Aussi je concçois que les femelles de cette division, 
fécondées à l’automne, presque immédiatement après leur ap- 
parition à l’état parfait, ayant passé l'hiver cachées et dans 
l’engourdissement , réveillées ensuite au printemps par la cha- 
eur, fondent à elles seules un nid, puisqu'elles ont l’organe 
qui sert à récolter les matériaux d’approvisionnement néces- 
‘saires à la colonie qu’elles y fonderont. Elles peuvent mani- 
festement commencer ce nid seules et sans le secours d’ox- 
vrières. Bientôt elles mettront au monde de ces ouvrières, qui 
sont des femelles infécondes qui les aideront , et deviendront 
bien plus communes que les femelles fécondes. 

Au contraire, dans la deuxième division, les femelles fé- 
condes sont privées de corbicules ; elles ne peuvent donc pas 
récolter de pollen : il leur est impossible de fournir à la nour- 
riture de leur postérité. 

Il est indispensable d'admettre cette conséquence, lorsque 
l'on sait que la nourriture obligée de toutes les larves de Mel- 
lifères est le pollen des fleurs plus ou moins mêlé de miel : 
ce que les observations unanimes de tous les auteurs mettent 
hors de doute. 

Qui donc nourrit les jeunes larves des Bombus de la 
deuxième division de M. Dahlbom? Sont-ce des ouvrières ? 
Y aurait-il, au premier printemps, de ces aides pour nes fe- 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 394 
melles privées de corbicules ? et ces aides auraient-ils des cor- 
bicules ? 

Mais il faut répondre non à ces deux dernières questions. 

En effet ; dans son caractère de la deuxième division, 
M, Dahlbom affirme que les femelles et les ouvrières sont sans 
corbicule. Si donc il pouvait y avoir des femelles infécondes 
dans une espèce qui, ne pouvant approvisionner un nid, n’a 
pas d'intérêt d’en construire, ce ne seraient pas des ouvrières, 
mais une modification superflue : individus ne travaillant poinë 
et ne multipliant pas, faute d’avoir les organes nécessaires 
pour l’une ou l’autre de ces fonctions naturelles. 

Il semblerait difficile d'admettre, même sur l’autorité de 
M. Dahlbom , qu’il eût été créé des êtres aussi inutiles. Aussi 
quoique, d’après notre observation, les ouvrières soient bien 
plus nombreuses que les femelles fécondes, dans les espèces 
qui en ont besoin , l’examen des collections , mentionnées plus 
haut, atteste qu'aucune ouvrière ou femelle inféconde connue 
ne peut être rapportée à une même espèce avec une femelle 
ou un mâle ayant les caractères de la deuxième division des 
Bombus de M. Dahlbom , modifiés par nous en ce qui con 
cerne les mâles. Il y a même à ajouter (et faites, Messieurs , 
une sérieuse attention à ceci) que M. Dahlbom n’a décrit au- 
cune ouvrière dans les quatre espèces qu’il rapporte à sa 
deuxième division; cependant cet auteur note, à toutes les es- 
pèces dont il donne les caractères, les modifications sexuelles. 
qu'il décrit, par les signes ordinaires , qui ne laïssent aucune 
ambiguité, 

Il est naturel de conclure de ceci que, dans ces espèces, il 
n’y a que des mâles et des femelles fécondes, et que celles-ci 
sont parasites, c’est-à-dire réduites à pondre dans le nid des 
Apiaires récoltantes, d’une taille égale à la leur, condition né- 
cessaire pour qu’ils puissent s’y introduire pour poudre. Or 
les Xylocopa et les Bombus sont seuls dans ce ças. Donc, au 


372 ANNALES 


lieu d’avoir les mêmes mœurs que ces derniers, ces espèces 
sont hostiles aux vrais Bourdons, à la propagation desquels 
elles sont un obstacle, | | 

Aussi, d’après les nombreux caractères anatomiques exté- 
rieurs , dont deux appartiennent aux organes de la manduca- 
tion , deux aux organes de récolte, et un à l’anus qui joue un 
rôle important dans la ponte , caractères que M. Dahlbom a 
développés, ainsi que M. Kirby; et d’après ceux qu’on doit y 
ajouter pour les mâles, il vous semblera , je crois , nécessaire 
de constituer un genre séparé des Bombus, où seront placées 
les espèces parasites. | 

Aux quatre espèces citées par l’auteur suédois, il faut join- 
dre plusieurs autres espèces ou variélés qui se trouvent dans 
les collections que nous avons citées, au nombre de huit à dix. 
Le nom de Psithyre, qui paraît convenable à ce genre, vient 
du mot grec biuso, susurrus en latin, qui veut dire bour- 
donnement, Son établissement nécessitant une modification 
aux Caractères du G. Bombus, voici la rédaction qui semble 
devoir être proposée pour ces deux genres : 


CARACTÈRES COMMUNS AUX DEUX GENRES. 
1. Organes de La bouche. 


Article des palpes maxillaires en forme d’écaille, elliptique ; 
palpes labiaux composés d’articles distincts; les deux derniers 
articles rejetés sur le côté extérieur; le troisième inséré sous 
le bout extérieur du deuxième ; mandibules des mâles étroites, 
bidentées. (Latr. Gen., tom. 4 , pag. 180, 1809.) 


2°, Caractère alaire. 


Cellule radiale 1, ovale alongée. Cellules cubitales 3 , pres- 
que égales ; la première coupée par une petite nervure qui des- 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 373 
cend da point épais de l'aile; la deuxième, presque carrée, re - 
coit la première nervure récurrente ; la troisième, la deuxième 
nervure récurrente (Jur. hym. G. Bremus, pag. 257); la 
quatrième incomplète et à peine indiquée ( Nobis). 


3°, Autres caractères. 


Ocelles disposés sur une ligne transversale droite; corps 


très-velu. (Latr., ut suprà.) 


CARACTÈRES DISTINCTIFS DES GENRES. 


Bombus. 
1°. Organes de la bouche. ©. 


Labre des © en carré trans- 
versal, c’est-à-dire transverso- 
linéaire ; mandibules des ar- 
rondies à leur extrémité, mu- 
nies de quatre dents, (Latr. 


Dahlb.) 
2° Organes de récolte. ©. 


Jambes postérieures munies 
de corbicule(ou paletteEncyc. 
art. Parasites), Cette corbiculé 
formantune dépression dénuée 
de poils et très-lisse sur le côté 
externe. Une dent horizontale 
comprimée , obtuse , à l’angle 
externe de la base du premier 
article du tarse postérieur qui 
porte la scopule (ou brosse, 
Encycl. Voy. Parasites) et qui 
est fort élargie. (Latr. Dahib.) 


Psithyrus. 
1°. Organes de la bouche. ©. 


Labre des © un peu trian- 
gulaire , plus large dans son 
milieu que sur les côtés. Man 
dibules des © obliquement 
tronquées et arrondies. (Dahl- 
bom.) 


2°.Organes de récolte. ©, nuls. 


Jambes postérieures con- 
vexes à leur côté externe , qui 
est entièrement garni de poiis ; 
ct par conséquent dénuées de 
corbicules. Premier article du 
tarse peu large, allongé, ayant 
son angle externe de la base 
mutique , c'est-à-dire dépour- 


vu de dent. (Dahlb.) 


574 
35°. Pattes postérieures. 


Jambes postérieures des a 
allant en s’élargissant de la 
base à l'extrémité; leur côté 
externe un peu concave dans 
son milieu, qui a quelques 
poils rares. Premier article 
des tarses postérieurs assez 
court et large. (Nobis.} | 


“ 4". Autres caractères. Q. 


Anus point naturellement 
recourbé en dessous , réguliè- 


rement conique, aig u au bout. 


(Dahib.) 
5°. Caractère moral. 


Des ouvrières; espèces con- 
struisant des nids et les appro- 
visionnant. 


ANNALES 


3°. Pattes postérieures. 


Jambes postérieures des 
à peu près aussi étroites dans. 
toute leur étendue , longues ; 
leur côté extérieur convexe , 
entièrement garni de poils. 
Premier article ‘des tarses 
postérieurs étroit et allongé. 


(Nobis.} 
4°. Autres caractères. 9. 


Anus recourbé en dessous , 
portant dans cette partie deux 
carènes élevées en angles. 


(Dahlb.) 
5°. Caractère moral. 


Point d’ouvrières ; espèces. 
parasites , c’est-à-dire pondant 
dans le nid des autres et leur 
abandonnant le soin de leur 
postérité. (Nobis.) 


Les types européens les plus connus du G. Bombus res- 
treint aux espèces qui nourrissent elles-mêmes leurs petits, 
sont les Bombus Lapidarius, Sylvarum , Muscorum , Horto- 
rum, Terrestris, Apricus et Ligusticus. Parmi les exotiques 
sont les Bombus Brasiliensis , Cajennensis, Americanorum , 


Antiguensis et Violaceus. 


Dans les collections que j’ai visitées, je n’ai trouvé aucun 


Psithyrus exotique. 


Comme il paraît certain que l’on multiplie trop les espèces 


DE LA SOCIETE ENFOMOLOGIQUE. 355 
dans ces deux genres, j’ai cru pouvoir vous présenter ci- 
jointe , pour le genre Psithyrus , une espèce de monographie 
des modifications individuelles que je rapporte à ce genre, et 
que je range sous un fort petit nombre d’espèces. Je le fais 
pour que vous puissiez apprécier l'application de ce principe 
au genre nombreux des Bombus, et juger s’il est admissible. 


Espèces du genre Psithyrus qui me sont connues. 
1. Psüthyrus Rupestris. : 

Noir; corselet quelquefois varié de jaune; cinquième seg- 
ment et anus toujours roux. Ailes noires changeant en, 
violet. ®. 


* A. Psithyrus Vasco. 

Tête noire , ainsi que la barbe du labre et des mandibules. 
Corselet noir ; prothorax portant en dessus une bande jaune 
qui ne dépasse pas l’extrémité des épaulertes ; bord postérieur. 
de l’écusson, de cette même couleur. Abdomen noir ; bord 
latéral postérieur des deuxième et troisième segmens garni 
de poils jaunes ; le cinquième et l’anus roux. Pattes noires ; 
bout des articles des tarses ayant des poils gris roussâtres. 
Ailes noires, changeant en violet. Long. 10 |. @. 

Hab. Les Pyrénées, aux environs de Barrèges. 


*B. Psithyrus Pyrenœus. 

Bord jaune de. l’écusson interrompu. dans son milieu. 
Deuxième segment de l’abdomen n’ayant sur ses bords pos :. 
térieurs qu’un petit nombre de poils d’un gris jaunâtre ; ke. 
troisième segment entièrement noir ; quatrième segment roux 
sur les côtés. Le resle. parfaitement conforme à la variété 
précédente. Q. 
 Hab, La même localité. 


576 ANNALES 


CG. Psithyrus Arenarius. 

Apis Arenaria Panz. . .. 1. 

Barbe du labre roussâtre. Écusson entièrement noir, ainsi 
que les deuxième et troisième segmens de l’abdomen; le qua- 
trième entièrement roux. Long. 12 I. Le reste parfaitement 
conforme à la première variété. Q. 

Hab. Les Pyrénées et les environs de Paris, dans les bois. 


D. Psüuhyrus Rupestris. 

Bomb. Rupestris Fab. Piez. 26. Dahlb. Mon. n° 53. fig. 2r. 

Noir; bord postérieur du quatrième segment de l’abdomen, 
le cinquième et l’anus, roux. Pattes noires ; bout des articles 
des tarses ayant des poils roussâtres. Ailes noires, changeant 
en violet. Long. 12 1. ©. 

Hab. Les bois des environs de Paris. 


a. Psithyrus Quadricolor. 

Noir; corselet varié de jaune , ainsi que l'abdomen; dernier 
segment (le cinquième dans la ® , le sixième dans le ) roux, 
ainsi que l’anus. Ailes transparentes plus ou moins enfumées. 


Long. 8 1. ©. Long. 6 IL. æ. 


* À. Psithyrus Quadricolor. 

Tête noire ; une touffe de poils jaunes sur le vertex. Gorselet 
noir; sa partie antérieure portant une large bande jaune qui 
descend des côtés jusqu’au sternum exclusivement; bord pos- 
iérieur de l’écusson jaune. Premier segment de labdomen 
noir, ayant de chaque côté une forte touffe de poils jaunes ; 
le deuxième noir ; le troisième blanc, noir dans son milieu; 
le quatrième entièrement blanc; le cinquième et lanus roux. 
Cuisses et jambes noires; tarses noirs, mêlés de roux en 
dessus, entièrement roux en dessous. Ailes transparentes , 
enfumées , surtout au bord postérieur. Q. 


Hab. Les Pyrénées. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 5e 


p 

* B. Psithyrus Sylvestris. 

Bord postérieur de l’écusson n'ayant qu’une partie, (plus 
ou moins } de ses poils, d’un gris jaunâtre. Troisième segment 
de l’abdomen entièrement blanc; le cinquième noir, avec les 
côtés blancs; le sixième roux, ainsi que l'anus. Le reste comme 
dans la première variété. 

Sous-var. 1°. Écusson entièrement noir. 2°. Écusson et 
premier segment de l’abdomen entièrement noirs. 

Hab. Les Pyrénées et les environs de Paris. 


Nota. La deuxième ap. est de LEE A de M. La- 
e M. le général De- 


treille, actuellement en la possession 
jean. 


3. Psithyrus Vestalis. 

Noir; corselet varié de jaune; abdomen varié de blanc et 
quelquefois de jaune. Dernier segment (le cinquième dans 
la ©, le sixième dans le ) noir, ou noir au milieu, blanc sur 
les côtés, ou entièrement blanc. Ailes transparentes, enfumées, 
changeant en violet. Long. 9 1. @. 6 et 7. dj. 


À. Psühyrus Barbutellus. 

Apis Barbutella. Kirb. Mon. tom. 2. pag. 343. n° 93. Re- 
tranchez la synonymie. 

Bombus saltuum Dahlb. Mon. pag. 53. n° 36 (rare 
la var. B et la synonymie qui s’y applique ), est une légère 
sous-var. de cette variété. 

Tête noire; barbe du labre et des mandibules d’un roux 
noiratre. Corselet noir, avec une bande jaune sur le protho- 
rax, qui ne dépasse pas l’extrémité des épaulettes; bord pos- 
térieur de l’écusson jaune. Abdomen noir ; bords latéraux 
postérieurs du quatrième segment blancs ; cinquième segment 
noir , blanc sur les côtés ; anus roussâtre. Pattes noires; tarses 


358 ANNALES 


roussâtres ; ailes transparentes, enfumées, changeant en violet. 
Long. 9 1. ©. 
Hab. Les Pyrénées. 


B. Psithyrus Æstivalis. 

Bombus æstivalis Dahlb. Mon. pag. 51. n° 54. ©. Rejetez 
la synonymie de Panz. et de Kirb., qui s’applique à la sous- 
espèce Vestalis. Je ne conuais pas le & de M. Dahlbom. IE 
ne paraît différer de la © que par la bande du prothorax , plus 
étroite et plus allongée sur les côtés. 

Un petit nombre de poils jaunes sur le bord postérieur de 
l’écusson. Bords latéraux postérieurs du troisième segment 
blancs ; quatrième segment entièrement blanc; le cinquième 
uoir, avec quelques poils blancs sur les côtés. Le reste comme 
dans la première variété, Q. 

Hab. Les Pyrénées et les environs de Paris. 


* C. Psithyrus Metaleucus. 

Noir; une bande jaune sur le prothorax, qui ne dépasse 
pas l’extrémité des épaulettes ; écusson noir. Abdomen noir; 
quelques poils jaunes sur les côtés du premier segment ; bords 
latéraux postérieurs du troisième segment blancs, ainsi que les 
quatrième et cinquième segmens; le sixième et l’anus blancs 
sur les côtés, d’un roux noirâtre au milieu. Pattes noires ; 
tarses d’un gris roussâtre, mêlé de noir, surtout en dessus. 
Ailes transparentes, enfumées; le bord postérieur plus clair ; 
ua reflet violet s'étendant sur toute l’aile. g 

Hab. Environs de Paris et Italie. 


D. Psithyrus Vestalis. 
Apis Gcoffr. tom. 2. pag. 419. n° 26. Apis Vestalis Fourcr. 
Par. n° 26. 


Kixb, Mon. tom. 2, pag. 547. n° 05. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 550 

Bremus æstivalis. Panz. 8g. 16. 

Écusson et premier segment dé l’abdomen noirs. Bords 
latéraux du troisième segment jaunes ; quatrième segment en- 
tièrement blanc ; le cinquième noir, avec quelques poils blancs 
sur les côtés; anus roussâtre , ® : lés cinquième et sixième 
segmens entièrement blancs ; anus noir, La reste comme 
dans la première variété. 

Hab. Environs de Paris et France orientale. 


SE Psithyrus Bellus. 

Cinquième segment de l’abdomen entièrement noir; Q; le 
reste comme dans la variété Vestalis, 

Hab. . ... collection Latreille. 


FF. Psithyrus Leucoproctus. 
Quatrième et cinquième segméns de l’abdomen entièrement 


blancs. Anus noir. ©. Le reste comme dans la première va- 
riété. 


Hab. Les environs de Paris. 


4. Psüthyrus Campestris. 

Noir; corselet souvent varié de jaune, Premier segment de 
l'abdomen quelquefois varié de jaune ; le cinquième dans la9, 
le sixième dans le , jaune sur les côtés, noir dans le milieu. 
Ailes transparentes , enfumées , changeant en violet. 


A. Psiüthyrus Campestris. 

Apis Campestris Panz. 74. 11. Kirb. Mon. tom. 2. pag. 535, 
no 88. tab. 18. fig. 2. 

Bombus Campestris Dahlb. Mon. n° 55. fig. 25. Très-mau- 
vaise pour les couleurs de l’écusson et des derniers segmens 
de l’abdomen. 

Tête noire; barbe du labre et des mandibules rousse. Gor- 
selet noir; prothorax portant en dessus une bande jaune qui 


330 ANNALES 
s'étend jusqu’à l'extrémité des épaulettes. Écusson jaune. 
Abdomen noir; bord Jatéral postérieur du troisième segment 
jauae citron; les quatrième et cinquième du même jaune, 
avec un petit nombre de poils noirs dans le milieu dorsal ; 
anus roux. Pattes noires; tarscs roux , surtout en dessous , 
mélés de noir surtout en dessus. Ailes transparentes , enfu- 
mées, changeant en violet. Long. 9 L Q: 

Hab. Environs de Paris. 

Sous-var. décrite par M. Dahlbom, ayant une toufle de 
poils d’un jaune pale de chaque côté du premier segment. 


B. Psithyrus Rossiellus. 

Bombus Rossiellus Dahlb. Mon. n° 15. Retranchez la sy- 
nonymie entière. 

Tête noire ; barbe du labre et des mandibules noire. Cor- 
selet noir; prothorax portant en dessus une bande jaune qui 
atteint jusqu’à l’extrémité des épaulettés; écusson ayant une 
partie de ses poils jaunes, surtout Îes postérieurs. Les deux 
premiers segmens de l’abdomen et la base du troisième noirs ; 
bord postérieur de celui-ci d’un jaune citron, ainsi que les 
quatrième et cinquième segmens; le sixième jaune-citron, 
avec quelques poils noirs dans le milieu; anus noir: Pattes 
noires ; tarses roux mêlés de noir. Ailes transparentes , enfu- 
mées, changeant en violet. Long. 5 1/2 1. @. 

Sous-var: Bande jaune du prothorax plus on moins sen- 
sible, ou disparaissant tout-à-fait; peu ou point de poils 
jaunes à l’écusson. Abdomen noir, n'ayant de jaune citron 
que les côtés des troisième, quatrième et cinquième segmens 
plus ou moins garnis de poils de cette couleur. . Le reste 
comme dans la var. Rossiellus. 

Hab. Environs de Paris. 


* C. Psithyrus Inops. 
Bande jaune du prothorax peu sensible, mêlée de poils noirs. 


| DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 381 
Écusson noir : peu de poils jaune-citron , sur les côtés des 
troisième, quatrième et cinquième segmens. ©. Le reste comme 
dans la var. Gampestris. 


Hab. Environs de Lyon. 


* D. Psithyrus Ornatus. | 

Vertex portant des poils jaunes. Écusson presque entière - 
ment jaune. Premier segment de l’abdomen jaune sur les 
côlés , avec quelques poils noirs au milieu ; le deuxième noir 
à sa base, jaune à son bord postérieur sur les côtés ; Les troi- 
sième, quatrième et cinquième jaunes; le sixième, l’anus et 
tout le reste, comme dans la var. Rossiellus. 

Hab. France méridionale. 


* E. Psithyrus Varius. 

Vertex portant des poils jaunes. Premier segment de l’ab- 
domen jaune sur les côtés, noir au milieu ; le deuxième en- 
tièrement noir; les troisième et quatrième jaunes; les autres 
et l’anus noirs, mêlés de poils d’un gris roussâtre. Le reste 
comme dans la var. Rossiellus. 

Hab. Environs de Paris, 


5. Psithyrus Frutetorum. 

Noir; corselet varié de jaune. Premier segment de l’abdo- 
men ayant de chaque côté une toufle de poils jaunes; le 
deuxième en ayant quelquefois sur ses bords postérieurs laté- 
raux ; quatrième, cinquième et sixième segmens roux, ainsi 
que Panus. Jambes et tarses roux. Ailes transparentes, peu 
enfamées. Long. 7 1. 


* A. Psihyrus Enterruptus. 

Noir; prothorax portant en dessus des poils d’un gris jau- 
nâtre mêlés aux poils noirs. Premier segment de l’abdomen 
ayant de chaque côté une touffe de poils d’un gris jaunâtre; 


382 ANNALES 
bord latéral postérieur du deuxième ayant quelques poils gris 
jaunâtres; le troisième ayant à la même place quelques poils 
roux; les quatrième, cinquième et sixième roux, ainsi que 
l'anus. Guisses noires; jambes et tarses roux. Ailes transpa- 
rentes roussâtres , peu enfumées. . 

Hab. Les bois dés environs de Paris. 


* B. Psithyrus Frutetorum. | 

Quelques poils jaunes mélés aux noirs sur l’écusson. Bord 
postérieur da deaxième segment de l’abdomen portant des 
poils jaunes. Le reste comme dans la première var. Z. 


Nota. La deuxième variété a de grands rapports avec la 
figure et la description de lApis Frutetorum Panz. 55. 20, 
qui paraît être une femelle par sa taille. L'identité d'espèce 
ne pourrait être constatée que par l’inspection des caractères 
génériques. 

Hab. Même localité. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 383 
Trois espèces de Coléoptères nouveaux, par M. Gour. 


(Séance du 5 septembre 1832.) 


Buprestis Lepida. Gory. Senegal. Du cabinet de M. Gory. 


Corpore supra élongato , capite viridi-rubro-maculato , thorace tra 
P 4 ’ , 
peziformi, viridi utrinquè rubro-igneo-micante, elytris viridibus , 
singulis vitt& longitrorsum lat& et flav&, lævigatä , nigro-margi- 
rat&, subtus viridi-aurato, tomentoso , pedibus viridibus, tarsis 


cæruleis. 


Long. 9 à 12 lig. Larg. 3 à 4. 


Ce Buüpreste est un des plus jolis que nous ayons vus, de 
forme allongée et peu convexe; tête de la largeur du corselet, 
d’un vert brillant, avec le milieu d’un rouge métallique et 
ponctué; yeux couleur marron, assez saïllans. Antennes deux 
fois plus longues que la tête, vertes à leur base et brunes 
dans le reste de leur longueur. Corselet de forme trapézoïde, 
presque aussi long que large , un peu élargi postérieurement 
et presque plane en dessus ; le reste d’un beau vert luisant, 
bleuâtre et lisse, avec une forte impression longitudinale dans 
son milieu , qui est bleuâtre et lisse; les côtés sont rugueux et 
ont chacun une tache d’un rouge de feu très-brillant; son 
bord postérieur est sinué et prolongé au milieu dans ane 
échancrure des élytres ; celles-ci ont leur base un peu plus 
large que le corselet ; elles sont deux fois et demi plus longues 
que larges, diminuent au tiers de leur longueur, et se terminent 
en pointe simple : elles sont d’un beau vert, très-brillant , sil- 
lonnées et ponctuées dans leurs parties vertes, et ont chaque 
une bande longitudinale jaune, très-large, lisse et entourée de 
bleu noirâtre : cette bande n’atteint ni la base ni l'extrémité. 

Dessous du corps vert doré, avec un duvet très-serré , lui- 

I. 26 


554 ANNALE > 
sant et blanc , qui lui donne des reflets argentés. Pattes vertes; 
avec les tarses bleus. 

La femelle est de la même couleur , mais généralement un 
peu plus grande. 

Ce bel insecte se trouve au Sénégal, et m'a été envoyé par 
M. Bax. | 

M. le comte Dejean lui avait donné le nom de Dives ; mais, 
ce nom ayant été déjà assigné par Germar à un Bupreste de 


Saint-Domingue , j'ai dû le changer. 
Allocerus Dilaticornis. Gory. Cayenne. Da cabinet de M. Gory. 
Niger, thorace lineolis tribus elevatis ; antennarum basi testacea. 
Long. 15 lig. Larg. 16 lig. 


Tête petite, avec un large enfoncement entre les yeux. 

Antennes en forme de fuseau. Premier article assez long, 
renflé; le deuxième très-petit, arrondi; tous les autres très- 
dilatés, s’amincissant à l’extrémité. 

Corselet bombé , carré, beaucoup plus large que la tête , 
très-échancré au milieu de ses bords latéraux, sa base pro- 
longéé et un peu échancrée xis-à-vis de l’écusson , avec trois 
lignes longitudinales élevées sur son milieu. 

Écusson triangulaire , arrondi , avec un enfoncement longi- 
tudinal dans son milieu, ce qui le fait paraître creusé. 

Élytres allongées , bombées, parallèles, rétrécies et ar- 
rondies à l'extrémité; sur chaque une côte longitudinale près 
de la suture. 

Noir velouté. 

Lèvre supérieure, dessous de la tête, premier article des 
antennes, bords latéraux du corselet, point sur lécusson, 
jaune testacé. 

Ce bel insecte m'a été envoyé de Cayenne. 


DE LA SOCIÉTE ENTOMOLOGIQUE. 389 


Elater Madagascariensis. Gory. Madagascar. Du cabinet de 


M. Gory. 


Niger, totusque albo flavescente villosus , antennis serratis, thorace 
una recta, duabusque arcuatis albis lineis. Elytris striatis. 


Long. 16 lis. Larg. 6. lig. 


Antennes avec le premier article long, arrondi; le deuxième 
globuleux ; tous les autres en scie. 

Tête petite, avec un enfoncement entre les yeux, ce qui 
la fait paraître creusée. 

Corselet avec un sillon en dessous pour receÿoir les an- 
tennes , plus long que large, arrondi antérieurement, s’élar- 
gissant, et ayant ses angles postérieurs saillans et prolongés 
sur les élytres ;-très-échancré postérieurement, et le milieu 
de sa base prolongé au devant de l’écusson. 

Elyires très-bombées , peu allongées , rétrécies et arrondies 
à leur extrémité; elles ont un tubercule à la base de chäaue 
côté de l’écusson. 

Entièrement noir , mais tout couvert d’un duvet jauvâtre, 
court et très-serré, qui laisse peu apercevoir la couleur du 
fond , surtout sur les élytres et le dessous du corps. 

Sur le corselet trois lignes jaunâtres : une longitudinale 
dans son milieu , qui n'atteint ni son bord antérieur ni sa 
base, et de chaque côté de celle-là une autre en forme d'arc: 
de plus, tout son disque noir velouté. 

Le dernier segment de l'abdomen est garni à son extrémité 
d’une touffe de poils noirs , courts et rudes. 

Ce bel insecte se trouve à Madagascar: 


} 


586 ANNALES 


Memoire sur cinquante espèces nouvelles ou peu connues 
d'insectes, par F. L. pe LaAPorTE. 


(Séance du 5 septembre 1832.) 


COLÉOPTÈRES. 
1. Genre Omus. Esch. 


Le genre Manticore était jusqu'ici, dans la tribu des Ci- 
cindélites, un de ces êtres anomaux qui, par la bizarre- 
rie de leurs formes, s’éloignent de tous les objets connus. 
M. Eschscholtz a décrit dernièrement sous le nom d'Omus, 
un insecte qui nous semble former le chaînon intermédiaire 
entre les Manticores et les Mégacéphales en passant par les 
Platycheila de Mac-Leay. L'ouvrage dont il s’agit étant à peu 
près inconnu en France, nous croyons rendre service à la 
science en donnant un extrait de la description de ce genre. 


Genre Omus Eschsholtz. 


Antennes insérées sous un prolongement en avant des 
yeux, filiformes, de onze articles, le premier épais, le deuxiè- 
me moitié plus court et plus grêle , les neuf suivants de 
la longueur du premier , et de la larseur du deuxième. 

Palpes presque égaux, les maxillaires ayant le deuxième 
article beaucoup plus long et plus épais que les deux sui- 
vants , le dernier comprimé et sécuriforme ; les labiaux à 
premier article très-court , le troisième long, sécuriforme. 

Tarses filiformes, allongés , les trois premiers articies 
des antérieurs dilatés transversalement dans les mâles. 

Tête presque carrée, yeux petits et arrondis, le bec 
quatre fois plus large que long, mandibules très-longues , 
pointues , la droite offrant deux dents, la gauche trois; lèvre 
tridentée. Corselet presque carré. Ecusson point apparent. 
Elytres convexes, ovalaires, embrassant l'abdomen, soudées, 


4 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 387 
anguleuses latéralement. Pattes assez courtes, fortes; cuisses 
antérieures un peu renflées, jambes de la même paire dilatées 
à l’extrémité avec deux fortes épines. Pattes postérieures 
longues, à jambes étroites, Crochets des tarses grands et 
arqués. 


Q 


Omus Californicus. 


Eschscholiz Zoologischer atlas socc. (Atlas Zoologique du 
Voyage autour du monde, du capitaine Kotzebue) , pag. 3, 


pl 49h; 
Long. 71/3 lig. Larg. 2 1/2 lig. 


D'un noir foncé très-brillant. Corselet légèrement con- 
vexe , avec une ligae enfoncée au milieu , une arquée et trans- 
versale en avant et une autre semblable en arrière ; toutes 
sont peu marquées. Elytres rugueuses avec une ligne longi- 
tudinale brunâire au bord externe. Pattes velues, Californie, 


Nota. M. Say, dans une liste d'insectes trouvés par lui aux 
montagnes rocheuses de l'Amérique , (Journ. of the acad. of 
Philadelphia , vol. IIT, octob. 1823, n° 5, pag. 139.) cite en 
tête de ces chapitres un Manticora Cylindriformis de Fabri- 
cius qui:me semble être l’analogue de l’'Omus ; mais je n’ai pu 
trouver, dans aucun des ouvrage de ce grand entomologiste, 
aucun insecte portant ce nom. 


>. Casnonia 4 — Signata. 


Nigra, nitidissima; elytris profundissime striatis ; maculis sin- 
gulorum obscure rubidis , apice emarginaiis, utrinque dente in- 
structis ; antennarum basi pedibusque fusco ferrugineis, femoribus 


apice nigris. 
Casnonia 4 — Signata. Collect. Dupont. 
Long. 4 1/2 lig. Larg. 1/8 de lig 


* Noir, très-luisant, élytres avec des stries longitudinales 


388 ANNALES 

formées de gros points enfoncés et écartés; elles ont chacune 
deux taches rouges échancrées à l’extrémité et offrent au côté 
une dent assez forte. Base des antennes et pattes d’un brun 
rougeâire ; extrémité des cuisses noire. Cayenne. 


3. Casnonia Transversalis. 


Nicra, pubescens ; elytris stris, longitudinalibus tenuissimis., li- 
neolis baseos et propè suluram cum margine postico, antennis e{ 
femorum bast pallidè flavis ; anternis apice nigris. 


Casnonia Transversalis, Collect. Dupont. 
Long. 2 1/2 lig. Lars. 2/5 de lig. 


Noir velouté. Elytres avec des stries longitudinales très- 
faibles, et présentant une petite ligne transversale à la base, 
deux petites lignes longitudinales en arrière près de la suture, 
et enfin le bord postérieur d’un jaune pâle. Antennes à l’ex-. 
ception des trois derniers articles et base des cuisses de même 
couleur. Sénégal. 


JVo'a. Cette espèce est voisine , mais cependant bien dis- 
tince, de la Casnonia Lineola de M. le comte Dejean. 


4. Odacantha Senegalensis. 


Nigra, antennarum bast, pectore pedibusque pallide testaceis , ely- 
iris profundè punctato-striatis, pallidè tesiaceis , apice nigris, 
macula magna femorum apicis nigra. 


Long. 3 1/2 lign. Earg. 1 1/6 de lign. 


Tête ovale, élargie, lisse, noire ainsi que le corselet ; celui- 
ci allongé , étroit, rétréci en avant, faiblement étranglé en 
arrière, offrant au milieu une ligne longitudinale enfoncée. 
Yeusson petit , de la couleur des élytres ; celles-ci, d’un jaune 
testacé, offrent des stries longitudinales assez fortes et formées 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 389. 
de points rapprochés. Elles présentent en arrière une tache 
d’un noir un peu bleuâtre, arrondie en avant et couvrant le 
bord postérieur. Dessous de l'abdomen d’un brun rougeâire , 
avec les derniers segmens noirs. Pattes de la toülér des 
élyires, avec une tache noire à l'extrémité des cuisses. Palpes 
ettrois premiers articles des antennes d’un jaune testacé, 
l'extrémité du quatrième et tous les autres obscurs. Sénégal. 


Nota. Getie espèce se distingue de l’Odacantha Melanura;. 

1° Par sa tête plus large , ses veux plus saillans, 

2° Par la couleur noire de sa tête et du corselet , 

3° Par sa taille plus grande , 

4° Par les élytres de couleur un peu plus claire , les stries 
fortes et formées de points beaucoup plus rapprochés, 

5° Enfin par les taches noires de l’extrémité des cuisses 


beaucoup plus grandes. 
5. Leptotrachelus Suturalis. 


Flavo subfuscescens, capite nigro, thorace oËscurè rubro ; elytris 
longitudinaliter punctulato-striatis, sutura fusco-nigricante, cor- 
C 


pore subtus fuscente. 
Leptotrachelus Suturalis. Gollect. Dupont. 
Long. 5 1/2 lig. Lars. 1 lig. 


D'un jaune un peu brunûtre. Tête noire. Corselet d’un: 
rouge obscur. Elytres avec des stries longitudinales ponc- 
tuées. Suture d’un brun noirâtre , dessous du corps brunâtre. 
Cayenne. 

Nota. Le genre Leptotrachelus à été formé par M. Latreille, 
sur des insectes très-voisins des Odäcanthes : on en connaît 
aujourd’hui quatre espèces, toutes propres à l'Amérique du 


Sud. 


590 ANNALES 
6. Cymindis Bisignata. Dejean , Species. 


Cet insecte s’éloigne de tous les Cymindis par des carac- 
ières trop importans pour pouvoir leur être réuni. Il nous 
semble nécessaire d’en former un genre propre ainsi caractérisé. 


Genre Cymindoidea. 


Antennes de onze articles , le premier long, grand , cylin- 
drique , tous les autres à peu près égaux entre eux, le dernier 
un peu ovalaire. 

_ Palpes labiaux à dernier article comprimé et très-forlement 
sécuriforme. 

Tarses assez longs, grêles , à premier article long , les cro- 
chets simples. 

Labre presque carré , court, transversal, 

Mandibules fortes , arquées , pointues. 

Ce genre, établi aux dépens de celui des Cymindis, en dif- 
fère par ses tarses , dont les crochets ne sont pas dilatés en 
dessus, par le dernier article des palpes labiaux très fortement 
sécuriforme , ainsi que par le faciès général. 

La tête est ovale, le corselet beaucoup plus élargi que celui 
des Cymindis, très-fortement rebordé, peu rétréci en arrière ; 
les élytres sont larges et planes. Pattes assez fortes. 

Nous ne ‘onnaissons de ce genre, qui doit suivre immédia- 
tement celui des Cymindis, que l’espèce qui fait l’objet de 
cette note : elle est du Sénégal. 


al . LI 
7. Sphæroderus Niagarensis. 


Niger, thorace rotundato , nitide vivlaceo , elytris ovatis , convexis , 
cupreo-vtolacets , costis longitudinalibus numerossisimis, margini- 
bus violacets. 


Long. 6 1/2 lig. Larg. 2 1/2 lig. 


Noir brillant. Tête allongée. Antennes un peu pubescentes, 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 39t 


à l'exception de la base. Corselet presque rond , d’un beau 
violet , échancré en avant, à bords latéraux très-arrondis et 
fortement rebordés. Il offre au milieu une impression longi- 
tudinale assez forte, qui n’atteint pas les bords, et deux autres 
sitüéesen arrière, larges et fortement ponctuées. Elytres ovales, 
fortement convexes, a un cuivreux violet avec des stries très- 
nombreuses , serrées , irès-fortes , assez régulières à la base, 
interrompues, irrégulières et presque rugueuses en arrière. 
Bords latéraux d’un beau bleu violet. Dessous du corps et 
pattes d’un brun noirâtre. 

Cette espèce a été trouvée dans une île que forme la chute 
du Niagara; elle doit être placée entre les Sphæroderus Le- 
contei et Stenostomus. Elle diffère du premier, 

1° Par la taille plus grande ; s° son corselet plus rond et 
plus large; 3° par ses élytres plus convexes, d’une couleur 
plus violette et plus rugueuses en arrière. 

Et elle s'éloigne du second, 

1° Par son corselet d’un beau violet; 2° par ses élytres 
plus ovales et beaucoup plus rugueuses postérieurement, 


8. Panageus Armatus. 


Niger, subhirtus, valdè punctatus, thorace dilatato, lateribus 
bidentatis ; elytris striatis, interstitiis punctatis ; antennis pedi- 
busque fuscescentibus. 


Long. 4 lis. Larg. 1 1/3 lig. 


Noir, un peu velu, très-fortement ponctué, surtout le 
corselet ; celui-ci élargi vers le milieu, échancré sur les côtés, 
en arrière, et présentant deux fortes dents de chaque côté 
et une ligne longitudinale un peu enfoncée au milieu. Elytres 
ponctuées avec des stries longitudinales qui le sont égale- 
ment. Antennes et pattes branâtres. Cayenne. 


392 ANNALES 
9. Catascopus 4-Signatus. 


Nitidissime wiridi-cupreus, elytris apice subemarginatis, maculis 
duabus singulorum magnis, flavis, postertort bilobü ; corpore sub- 


tus obscuro , pedibus flavis , antennis fuscis. 
Long. 3 1/2 lig. Larg. 1 2/5 lig. 


D'un vert cuivreux très-brillant. Corselet étroit. Elvires 
un peu échancrées à l'extrémité , et offrant de fortes stries 
longitudinales ; elles présentent chacune deux larges taches 
jaunes dont la postérieure est bilobée, Dessous du corps 
obscur. Pattes jaunes. Antennes brunes. Java. 


10. Genre Dercylus (Coléoptères Carabiques ). 


Ce genre diffère de celui de Panageus, dont il a le faciès, 
par le premier article des palpes renflé, le dernier très court, 
légèrement dilaté en hache, les deuxième et troisième ar- 
ticles des tarses antérieurs dilatés et carrés dans les . Nous 
n'avons vu de ce genre que deux insectes en mauvais élat. Ils 
font partie de la cellection de M. Dupont. 


Dercylus Ater. 


Latus , niger, nitidus, lævigatus ; thorace latissimo postice recto, 
line& medi& longitudinali et puncto laterall postice impresso ; 


elytris profundè striatis. 
Long. 6 1/2 lig. Larg. 3 1/2 lig. 


Corps élargi, noir, luisant , lisse. Corselet très-large, coupé: 
carrément en arrière avec une strie au milieu et une impres- 
sion longitudinale de chaque côté en arrière. Elytres avec de: 
fortes stries lisses. Angles haméraux saillans. Brésil. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 593 
11. Carabus Luczotii. 


Brevis , obscurè æneo-virescens, subgranulatus , thorace linec 
longitudinali medi& et altera laterali utrinque impresso ; elytrés 
tuberculatis , tuberculis parvis, subseriatim dispositis, lineis ele- 
vatis approximatis ad basim elytrorum, capite, corpore subtus pe- 
dibusque nigricantibus. 


Carabus Luczotit. Collect. Dupont. 
Long. 10 lig. Larg. 5 lig. 


D'un cuivreux obscur verdâtre , faiblement granuleux ; cor- 
selet avec une ligne enfoncée au milieu et une impression peu 
marquée de chaque côté en arrière. Élytres couvertes d’une 
foule de petits tubercules obtus , serrés, rangés en stries lon - 
gitudinales très-nombreuses, quelques-unes d’entre elles un 
peu élevées et formant des lignes longitudinales à la base , et 
irois séries de lignes élevées , courtes et interrompues. Tête, 
dessous du corps et pattes verdâtres; antennes un peu velues. 
Espagne. 

Nota. Ce Carabe rentre dans la quatrième division. Il 
doit être placé après le Brevis. M. Dupont avait, dans sa 
collection , dédié cette espèce à M. Luczot, et nous désirons 
irop nous-mêmes rendre un hommage à ce naturaliste esti- 
mable pour ne pas conserver ce nom. 


12. Camptodontus Clivinoides. 


Niger, nitidus ; thorace linea longitudinalt media. et lateralibus 
duabus , utrinque impresso ; elytris ovatis , strüs lævigatis ; pedi- 
bus anticis bidentatis. 


Camptodontus Clivinoides. Coilect. Dupont, 
Long. 8 lig. Larg. 1 1/2 lis. 


D'un noir luisant; corselet avec une ligne longitudinale au 


594 ANNALES 


milieu et deux petites impressions de chaque côté, l’une en 
arrière , l’autre près du milieu; élytres ovales avec des stries 
lisses ; pattes antérieures bidentées. Cayenne. 


13. Percus Ramburi. 


Niger, thorace brevi, subtriangulari , postice truncato ; elytris ova- 


is, sublævigatis , striis sinuatis longitudinalibus punctatis. 
Long, 11 lig. Larg. 5 1/2 lig. 


D'un noir assez brillant. Extrémité des palpes un peu rouge. 
Antennes, à l'exception de la base, recouvertes de légers 
poils roussâtres ; corselet bisinué en avant , à angles antérieurs 
arrondis , les bords latéraux droits, rebordés ; les postérieurs 
un peu échancrés au milieu. Il est très-court , large en avant, 
rétréci postérieurement, presque lisse , offrant à peine quel- 
ques petites stries transversales fort peu visibles. Il présente 
une ligne longitudinale enfoncée, assez marquée au milieu 
et qui n’atteint pas les bords, et en arrière deux impressions 
assez fortes; écusson très-petit; élytres un peu plus longues 
que la tête et le corselet réunis, peu convexes, ovalaires , 
présentant un assez grand nombre de petites lignes longitudi- 
nales, un peu sinueuses, et dont plusieurs sont formées de 
petits points enfoncés. Ces points sont surtout visibles en ar- 
rière; l’on voit sur l’angle huméral une très-courte carène 
oblique ; les élytres sont un peu sinueuses au bord extérieur, 
près de l'extrémité. Pattes fortes. 

Cette espèce habite la Corse, d’où elle a été rapportée par 
M. Rambur. Ayant appris que M. Dejean l'avait, dans sa col- 
lection, dédiée à ce naturaliste, nous nous sommes empressé 
de lui conserver ce nom. Elle doit être placée après le Percus 
Loricatus. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 395 


14. Bradybænus Cayennensis. 


Niger, thorace subquadrato, rugis duabus transversis et sulco longi- 
tudinali haud profundo punctisque duobus posticis impresso ; ely- 
tris striatis, strüs lævigatis, labro flavo,pedibus antennisque fuscis. 


Long. 4 1/2 lig. Larg. 2 1/2 lis. 


D'un noir peu brillant, tête large, avec un petit sillon 
transversal en avant; labre jaune ; corselet transversal, presque 
carré, avec deux petites rides en travers placées au milieu ; 
entre celles-ci un léger sillon longitudinal qui ne se prolonge 
pas jusqu'aux bords, et deux petites impressions en arrière. 
Écusson petit. Élytres non ponctuées avec des stries longitu- 
dinales lisses ; palpes , antennes et paites bruns. Careie 


15. Osorius Cornutus. 


Cylindricus , niger, capite subquadrato , antice bicornuto ; thorace 
subcordiformi , postice truncato ; elytris ad suturam subelevatis ; 
antennis pedibusque ferrugineis ; tibits dilatatis , dentatis. 


Long. 5 lig. Larg. 1 1/4 lig. 


Cylindrique , noir: tête presque carrée, avec deux cornes 
courteset dirigées en avant ; corselet presque condiforme, tron- 
qué eu arrière; élytres un peu élevées près de la suture; anten- 
nes et pattes rougeâtres. Jambes élargies et dentelées. Brésil. 


Nota. Le genre Osorius , formé par Leach , renferme plu- 
sieurs espèces , la plupart inédites. M. Guérin en à figuré une 
dilférente de la nôtre, dans son Iconographie. M. Westwood 
en à aussi décrit une autre espèce sous le nom de Stephensii 


(Zoological Journ., p. 56). 
16. Eumicrus. 


Genre de Coléoptères Palpeurs , formé aux dépens des Scyd- 


396 ANNALES 

mænus. Nous placons ici ces insectes ; car ils nous semblent 
devoir , dans une méthode naturelle , suivre immédiatement 
les Pselaphus, que nous rangeons à la suite des Brachélytres. 


Genre Eumicrus ; Scydmænus. Schuppel. Kunz. 


Les insectes de ce genre ont entièrement le faciès des Seyd- 
mænus , mais ils en diffèrent essentiellement par leurs palpes 
maxillaires , composés de trois articles; les mêmes des Scyd- 
mænus en ayant quatre , il faut y rapporter : 

1°. Eumicrus Rufus. Scydmænus Rufus Schuppel ; Kunze. 
Monogr. 19. 2. f. 2. 

2°, Eumicrus T'horacicus. Scydmænus Thoracicus Kunze. 
Monogr. 12. 4. f. 4. 

5°. Eumicrus T'arsatus. Scydmænus Tarsatus Kunze. Mon. 
11: b. 0: 

4°. Eumicrus Helwigü, Scydmænus Helwigü. Fab, S yst. 
1: 202, 22 


17. Genre Clidicus, Goléoptères Palpeurs. 


Antennes insérées entre les yeux, de onze articles; le pre- 
mier très-long , le deuxième assez petit, les suivans presque 
coniques et égaux entre eux. 

Palpes maxillaires très-longs , l’avant-dernier article infun- 
dibuliforme , échancré , recevant le dernier; celui-ci conique 
et pointu. 

Tarses filiformes à articles à-péu-près égaux. 

Tête presque triangulaire , yeux très-petits; corselet très- 
convexe, séparé de la tête par un étranglement ; élytres ovales, 
convexes ; pattes très-longues, surtout les postérieures, avec 
les cuisses un peu renflées à l'extrémité. 

Ce genre est très-voisin de celui de Scydmænus, dont il a 
presque le faciès. 11 doit suivre immédiatement celui d'Eu- 
in'crus: 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 397 
1. Clidicus Grandis. 


V'aldè punctatus, pubescens , ferrugineus ; elytris punctato-striatis. 


Scydmænus Grandis. Collect. Dupont. 


Long. 3 1/2 lig. Larg. i lis. 


Très-ponctué, presque velu, d’un brun rouge; élytres 
avec des stries formées d’assez gros points enfoncés. Java. 


18. Genre Eretes (Hydrocanthares) ; Dytiscus des auteurs. 


Le genre Dytiscus ayant été partagé en plusieurs autres, il 
est dès lors impossible d'y conserver le Griseus, qui est le 
type du genre que nous établissons ici. 

Les Eretes se distinguent des Dytiscus par leurs palpes 
maxillaires supérieurs, ayant leur trois premiers articles d’é- 
gale longueur , et le quatrième presque aussi long que les trois 
autres réunis, un peu renflé vers le milieu , obtus et tronqué 
à l'extrémité ; les maxillaires inférieurs ont les deux premiers 
articles courts , élargis à l'extrémité; le troisième aussi grand 
que les deux premiers pris ensemble, arrondi sur une des 
faces, échancré sur l’autre, obtus à l’extrémité. Le devant 
de la tête et le labre sont fortement échancrés , les yeux très- 
gros, saillans. Les crochets des tarses sont grands , égaux ; 
anus échancré ; élytres terminées par une petite pointe à la 
suture. 


1. Éretes Griseus. Dytiscus Griseus. Fab. Syst. Eleut, 
1° 209: 20. 
Cette espèce se trouve dans les quatre parties du monde. 


308 ANNALES 
19. Spercheus Senegalensis. 


Pallide cinereus, sutura et costis quatuor longitudinalibus alternatim 
elepatis. 


Long. 2 lig. Larg. 1 lig. 


Plus petit que le Spercheus Emarginatus , entièrement d’un 
gris clair; élytres avec la suture élevée, et quatre côtes sur 
chacune , alternativement très-fortes et plus faibles. Sénégal. 


20. Dasytes Splendidus. 


Punciatus , nitidissime cæruleus , thorace lateribus valdè ciliato ; 
elytris line& augustä posticä à margine ad suturam non usque 
producté. 

Long. 7 1/2 lig. Larg. 3. lig. 


D'un beau bleu éclatant, ponctué; corselet garni latérale- 
ment de longs cils ; élytres avec une ligne oblique assez étroite 
jaune , située en arrière , partant du bord extérieur et n'attei- 
gnant pas la suture. Brésil. 


21. Hylecætus Brasiliensis. 


Cylindricus, valdè elongatus , pallidè castaneus ; elytris pedibusque 
flavis ; thorace valdè elongato, antice elevato, antennis valdé 
pectinatts. 


Long. 8 lig. Larg. 1 1/4 lig. 


Cylindrique , très-allongé, d’un brun-châtain clair ; pattes 
et élytres jaunâtres ; corselet très-long , relevé en avant; an- 
tennes fortement pectinées. Brésil. 


29, Genre Tilloidea. Z/lus Fab. 


Antennes de onze articles, terminées, à partir du sixième, 
par une massue brusque et dentée en scie. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 399 

Palpes maxillaires à dernier article allongé , comprimé. 

Tarses à troisième et quatrième articles dilatés. 

Tête arrondie ; corselet rétréci et comme étranglé en ar- 
rière ; élyires parallèles. 

Ce genre diffère de celui de Tillus, 

1° Par la forme de ses antennes ; 

2° Par le dernier article des palpes maxillaires plus allongé 
et comprimé ; 

5° Par la forme du corselet ; 

4° Par ses élytres non élargies en arrière, 

Il faut y rapporter : ss 

1° Zilloidea Unifasciata. Tillus Unifasciatus. Fab. Syst. 
El. 1: 281. 9. 


2° T'illoidea Senegalensis. 


V'aldè punctata, hirta, ferruginea ; elytrorum posticä parte dimi- 
di& nigr&, fascié transversä suturam haud attingente albd. 


Long. 5 lig. Larg. 1 1/2 lig. 


Fortement ponctué, très-pubescent, d’un beau rouge; la 
moitié postérieure des élgtres est noire , avec une bande trans- 
versale blanche qui n’atteint pas la suture. Sénégal, 


23. Necrophorus Corsicus. 


Niger ; fronte macula quadrata ; antennarum clava et fascüs 2 ely- 
{TOTUmM flavis , prima anguslssima, sinuatla , interrupta et sæpius 
obsoleta. 


Long. 7 lig. Larg. 3 1/2 lig. 
Noir ; tête offrant, entre les antennes, une tache carrée d'un 


jaune orangé; massue des antennes de la même couleur; cor- 
Es 
J, 27 


£ve ANNALES 

selet large en avant, rétréci en arrière , partagé en dessus par 
plusieurs sillons , formant entre eux quatre larges élévations 
le long du bord extérieur, et une ligne longitudinale au mi- 
lieu. Élytres d’un brun noirâtre, avec une tache transversale 
d’un jaune orangé clair, très-étroite, sinueuse , interrompue, 
et quelquefois entièrement effacée , située derrière l'angle hu- 
méral ; et une autre de même couleur, grande, large, trans- 
versale en’arrière , sinueuse sur ses bords et rétrécie près de 
la suture. Dessous du thorax revêtu de poils assez longs et 
jaunes. Jambes dentelées en scie. Rapporté de Corse par 


M. Rambur. 


24. Silpha Formosa (Oiceptoma Leach ). 


Cœrulea, nitidissima ; thorace antice emarginato; antennis nigrescen- 
tibus clav& cinerascente ; thorace rubro fuscescente, maculis qua- 


tuor rotundatis nigriss 
Long. 7 lig. Larg. 3 1/2 lig. 


D'un beau bleu clair, très-éclatant ; corselet échancré en 
avant ; antennes noirâtres , à l’exce >ption de la massue, qui 
est grise. Corselet d’un brun rouge , avec quatre taches ar- 
rondies et noires. Siam. 


29. Silpha Unicostata ( Thanatophilus Leach). 


Nigra, obscura, capite thoraceque pubescentibus levissime tuber- 
culatis, elytris ad marginem exteriorem cost& unica abbreviaiàä. 


Long. 4 1/4 lig. Larg. 2 1/3 lig. 


Noir, obscur, très-finement ponctué; tête et corselet cou- 
verts de poils gris et brillans, avec un grand nombre de pe- 
tits tubercules lisses; bord antérieur du corselet échancré ; 
élytres aplaties, presque tronquées à l'extrémité, avec une 


LS 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 4oi 
seule côte élevée sur chacune, située près du bord extérieur, 


et prolongée jusqu'aux deux tiers de l’élytre, où elle forme 
une faible gibbosité. Dessous du corps grisâtre. Paris. 


26. Genre Peltoïdes. (Coléoptères Taxicornes. ) 


Antennes insérées sous le bord latéral de la tête, au coin 
interne de l’œil, grossissant insensiblement , de onze articles, 
courts, un peu aplatis, le troisième plus long que les autres, 
le deuxième plus court. 


Palpes très-courts; les maxillaires terminés par un article 
fortement sécuriforme. 

Tarses filiformes , le premier article le plus long, le qua- 
trième très-court, le dernier terminé par deux forts crochets. 

Corps ovale. Ghaperon avancé, recouvrant les parties de 
la bouche; yeux grands, échancrés et comme coupés en 
deux par le bord latéral du chaperon; corselet transversal , 
fortement échancré en avant, légèrement arrondi sur les côtés 
et bisinué postérieurement ; écusson Jarge, triangulaire ; ély- 
tres assez planes, larges, fortement rebordées , arrondies à 
l'extrémité; pattes fortes. 


Insectes ailes ayant le facies des Platydema auils nous 
r} 


semblent devoir suivre. 


1. Peltoides Senegalensis. 


Tenuissime punctatus, fufcus; subnitidus, clytris “substriats , 


strüs levissimis ; corpore subius , ore pedibusque ferruginets. 
Long. 5 lig. Larg. 1 1/4. 


Très- finement ponctué, d’un brun assez brillant; élytres 
avec quelques stries très-peu marquées. Dessous du corps, 
parties de la bouche et paites d’un brun rougeâtre. Sénégal. 


Lea ANNALES 
27.—2. Peltoides Cayennensis. 


Fuscus, rigidè hirtus, elytris strüs numerosis punctatis, pedibus 
ferruginets. 


Long. 2 1/2lig. Larg. 1 1/3. 


Brun, couvert de poils assez roides ; élytres avec des stries 
longitudinales nombreuses , formées de gros points enfoncés ; 
pattes rougeûtres. Cayenne. 


28. Enicotarsus Ater. 


Miger, tenuissime punctalus , elytris profunde SIPLALES. 
Long. 7 1/2 lig: Larg. 1 1/5 lis. 


Entièrement noir, finement ponctué; élytres fortement 
striées. Cayenne. 


Nota. Le genre Enicotarsus a été formé par moi, dans le 
Magasin d'Entomologie de M. Guérin, sur un Goléoptère La- 
mellicorne fort voisin des Phaneus, mais s’en éloignant par 
l’aplatissement de son corps et par un système tarsaire fort re- 
imarquable, ces insectes n’offrant pas cinq articles à ces or- 
sanes. J’en indique ici deux nouvelles espèces : toutes deux 
sont absolument semblables sous ce dernier rapport; mais 
cependant , des recherches nombreuses que j'ai faites depuis 
sur-les tarses des insectes ne me permettent pas d’attacher 
une très-grande importance à ‘ce dernier caractère; et je suis 
irès-porté à croire que ces insectes , ayant probablement l’ha- 
bitude de s’enfouir en terre, ont pu user, pour ainsi dire, 
quelques articles de leurs tarses en cette opération. Quoi qu'il 
en soit, ce genre sera toujours très-facile à reconnaître par le 
grand aplatissement de son corps, ainsi que par les autres 
caractères que j'ai indiqués dans ouvrage précité. 


LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 409 
29.+ Enicotarsus Quadratus. 


Obscure viridis, nitidus , thorace antice lineä transversé elevatä , 
profundè punctato, sparsim lævigato; elytris striatis ; corpore 
subtus subcupreo. 


Long. 5 lig. Larg. 3 1/3 lig. 


D'un vert métallique, foncé et éclatant, une petite éléva- 
tion transversale à la partie antérieure du corselet; celui-ci 
très-fortement ponctué avec des espaces lisses; élytres striées ; 
de:sous du corps un peu cuivreux. Brésil. 


30. Genre Pedaria (Coléoptères Lamellicornes). 


Antennes de onze articles , les premiers allongés , les sui- 
vans courts, transversaux, le huitième élargi, les trois der- 
niers formant la massue. 

Tarses courts , crochets non visibles, 

Tête large, échancrée angulairement au milieu. Gorselet 
transversal, convexe, arrondi latéralement ; écusson non vi- 
sible ; élytres longues , recouvrant en dessous l’abdomen , un 
peu convexes , siriées ; abdomen très-court, d’un seul seg- 

ÿ ment; pattes courtes , cuisses larges ; aplaties. 

Ces insectes ont la forme de petits Ateuchus allongés. 

Ce genre se distingue facilement par son abdomen, n’of- 
feant qu’un seul segment, 

Il doit, à ce que nous croyons, suivre celui d'Eurysternu:. 


Pedaria Nigra. 


Nigra, valdè punctata, subpubescens ; ‘elytris longitudinaluer 
lneatis, pedibus anticis tuberculatis. 


Long. 5 lig. Lars, 2 bg, 


Entièrement noir, très-fortement ponctué, presque ru- 


404 ANNALES 


gueux , très-légèrement pubescent; élytres avec des lignes 
longitudinales ; pattes antérieures tuberculées. Sénégal. 


51. Agacephala Mannerheimu. 


Cuprea , elytris punctatissinus , obscure fulvis ; thorace sat profunde 
punctato; cornu elongato bifido anticè instructo. 


Long. 19 lig. Lerg. 9 lis. 


Cette espèce diffère de l’Agacephala Cornigera (Voir £n- 
cyclop. méih., t. X, p. 371) par sa taille plus grande, sa 
couleur plus cuivreuse , et surtout par un corselet qui se pro- 


longe au dessus de la tête en une corne assez longue et bi- 
fide. Brésil méridional. 


Vota. Le genre Agacéphale a été formé par M. le comte 
de Mannerhéim sur un Scarabéide du Brésil, différent des 
Scarabés proprement dits par ses mâchoires non dentelées 
intérieurement; les pattes antérieures des mâles sont sensi- 
blement plus longues que les suivantes ; les élytres ne recou- 
vrent pas entièrement l’abdomen. Ce savant n’en décrit qu’une 
espèce, la Cornigera, à laquelle nous joignons aujourd’hui 
trois espèces, qui nous semblent nouvelles. 


32. Agacephala Duponti. 


Valdè punctata, nitide viridis, elytris fuscis, marginibus, suture 
bast dilatata, et maculis duabus singulorum , nigris. 


Long. 12 lig. Large. 7 lig. 


Fortement ponctué, d’un vert assez éclatant, tête avec 
deux petites cornes dirigées en avant, relevées à l'extrémité; 
élyires brunes avec la suture élargie à la base, deux taches 
sur chacune, noires, et le bord extérieur de même couleur. 


Brésil. 





DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 4oë 
+ 


33. Agacephala Goryi. 


. 
Waldè punctatissima, cupreo-ænea; elytris ochraceis; thoracis 
lateribus crenulatis ; antennis tarsisque fuscis. 


Long. 12 lig. Larg. 7 lig. 


Fortement chagriné, d’un cuivreux bronzé parsemé de poils 
griset très-courts; élytres d’un jaune d’ocre avec de gros points 
enfoncés sur leur surface; côtés du corselet crénelés ; antennes 
et tarses bruns. | 


54. Orphnus Mac-Leayi. 


Fusco-nigricans, capite antice cornulo, thorace medio excavato, 

scutello postice rotundato ; elytris fusco-rubidis , valde punctatts, 
2 Ke 

ad suturam stri& impressis; corpore subtus pedibusque ferrugineis. 


Long. 4 lig. Larg. 2 lig. 


D'un brun noir; tête surmontée d’une petite corne droite 
et comprimée; corselet excavé au milieu, relevé de chaque 
côté en carène aplatie; écusson arrondi en arrièré: élytres 
d’un brun rouge , fortement ponctuées avec une strie Sutu- 
rale; dessous du corps et pattes rougeñtres. Sénégal. 


Nota. Le genre Orphnus a été fondé par Mac-Leay. Il dif- 
fère des Oryctes par son labre large, non rétréci et tronqué 
carrément en avant: les mandibules sont minces , larges; 
les tarses antérieurs à articles courts , ovales, presque granu- 
leux , et terminés par deux crochets à peine visibles. Ce sont 
des insectes d’assez petite taille. 


406 ANNALES 


35. Orphnus Senegalensis. 


, 


Obscure fuscus, elytris irregulariter striatis , thoracis lateribus mi- 
nus elevatis quam in precedente. 


Long. 5 lig. Larg. 1 1/3 lig. 


Diffère de l’'Orphnus Mac-Leayi par son corselet moins 
relevé latéralement et par ses élytres, sur lesquelles les points 
enfoncés forment des stries assez peu régulières. L’insecte est 
entièrement d’un brun foncé. Sénégal. 


36. Genre Clavipalpus. (Goléoptères Lamellicornes. ) 


Antennes de dix articles : le premier grand, renflé à son 
extrémité ; les quatre suivans globuleux ; le sixième allongé, 
un peu courbe, le septième cupuliforme; les trois derniers 
en massue ovale irès-allongée. 

Palpes maxillaires à premier et troisième articles coarts, le 
deuxième allongé, le quatrième très-grand, très-élargi , 
creusé au milieu , pointu à l’extrémité. 

Tarses allongés , filiformes ; terminés par deux crochets bi- 
fides , l’un plus grand que l’autre. 

Tête arrondie en ayant; labre entier; corselet convexe, 
un peu anguleux latéralement ; écusson presque triangulaire , 
assez grand ; élytres de la longueur du corselet, parallèles ; 
pattes un peu allongées. 

Ce genre nous semble devoir suivre celui de Leucothyreus. 


Clavipalpus Dejeani. 


Pallidè fuscus, valdè punctatus, subhirtus , elytris costatis, costis 
elevatis sat numerosis, corpore subtüs hirto. 
Long. 4 1/2 lig. Larg. 2 lig. 


D'un brun clair, très-fortement ponctué: de chaque point 


* 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 4ag 
sort un poil court, roide et blanchâtre ; élytres avec des côtes 
élevées assez nombreuses; dessous du corps velu. Brésil. 


Nota. Get insecte est le Gematis Clavipalpus de la col- 
lection de M. Dejean. 


37. Genre Anoxia, Goléoptères Lamellicornes. 


Les insectes dont il s’agit ici ont été confondus par les au- 
teurs avec les Mélolonthes. Ils en diffèrent par la massue des 
antennes , composée seulement de cinq feuillets dans les mâles 
el de quatre dans les femelles ; le deuxième article est très- 
court, et le troisième très-allongé; le corselet est plus long , 
quoique sa dimension en ce sens n’égale pas celle de sa lar- 
geur; les articles des tarses sont plas courts, plus renflés et 
garnis d’épines plus fortes à leur extrémité; les crochets du 
dernier sont armés en dessous d’une forte dent ; les jambes 
antérieures sont simples ou à peine tuberculées ; le segment 
anal est grand, échancré à son extrémité, point prolongé en 
pointe. 


Insecies de taille assez grande , généralement velus et de 
forme allongée. 


1°. Anoxia Orientalis, Melolontha Orientalis Ziégl. 
D’Allemagne. 


2°; Anoxia Occidentalis, Melolontha Occidentalis OL r. 
5, 7. pl. a. f. 7. Midi de la France. 


3, Anoxia Fillosa, Melolontha Villosa. Fab. 2. 162. 8. 
Oliv. 1. 5. 6. pl. 1. f. 4. De toute l’Europe. 


4°. Anoxia Matutinalis. Melolonthà Matutinalis. Gatal. 
de Dahl. | 


4o8 ANNALES : 


Nigra, thorace elytrisque singulis vittis tribus cinereis ; scutello 
albo cinerascente ; corpore subtus hirto; abdominis lateribus 
macularum albarum duplict serie ; pedibus nigricantibus ; anter— 


nis Jferruginets. 
Long. 12 lig. Larg. 5 lis. 


Noir, corselet avec une bande longitudinale de chaque côté, 
velue et grise, et une troisième au milieu; écusson velu et 
d’un gris blanc ; élytres avec trois autres larges bandes lonoi- 
tudinales velues et grises sur chacune; dessous du corps très- 
velu, Abdomen ayant de chaque côté, en dessous , une double 
série de taches blanches ; pattes noirâtres ; les antérieures tri- 
dentées ; antennes d'un brun rougeûtre. Pyrénée. 


38. — 5. Anoxia Africana. 


Elongata valde punctata, pallide fusca, elytris et corpore subtus 
hirto-flavescentibus ; tibis anticis bidentatrs. 


Long. à 1/2 big. Larg. 4 1/2 lig. 


Très-allongé , fortement ponctué, d’un brun clair; élytres 
jaunâtres; dessous du corps de cette dernière couleur et un 
peu velu; jambes antérieures bidentées et offrant une sinuo- 
sité avant la première dentelure. Ile de France. 


39. Dicrania Flavo-scutellata. 


Nigra, thoracis latcribus , corpore subtus , pedibus scutelloque den- 
sissime flavo-lursutus ; scutello linea medi& nigricante. 
Long. 5 lig. Larg. 2 1/2 lig. 

Noir; côtés du corselet, dessous du corps, pattes et écusson 
couverts d’un duvet jaune lrès-serré ; cette dernière partieavec 
une ligne noire au milieu. Brésil, 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 409 
Nota. Le genre Dicrania a été formé par MM. Servilie et 
Lepeletier, dans l'Encyclopédie méthodique, qui y rapportent 
deux espèces, Aubricollis et Nigra ; mais les observations de 
M. Lacordaire ayant fait connaître que ces deux insectes 
étaient tous les déux d’une même espèce , il nous semble que 
ces deux noms ne peuvent ni l’un ni l’autre lui convenir, et 
nous proposons de leur substituer celui de Brasiliensis. Nous 
décrivons ici trois espèces nouvelles de ce genre; ce qui porte 
à quatre le nombre de celles connues. 


4o. Dicrani: Velutina. 


Ferruginea, thorace densissime flavo-hirto, lineis duabus pilorum 
longitudinalbus aucto; elytris irrezulariter substriatis , albo irro- 
ratis ; scutello, corpore subtus pedibusque flavo-hirsutis ; tibiis 
anterioribus extus bidentairs. 


Long. 8 lig. Larg. 5 1/4 lig. 


D'un brun châtain; corselet couvert de poils jaunes, très- 
serrés; d’autres plus longs et redressés forment sur le milieu 
deux lignes longitudinales et une petite touffe élevée de chaque 
côté ; élytres avec quelques petites stties longitudinales irré- 
gulières et parsemées de petites taches blanches ; écusson, 
dessous du corps et pattes couverts de poils jaunes. Jambes 
antérieures bidentées au côté externe. Brésil. 


41. Dicrania Hirtipes. 


Nigra, flavo-hirta, elytris flavis, longitudinaltier striatis ; corpore 
subtus, pedibus tarsisque fuscis. 


# 


Long. 6 1/2 lig. Larg. 3 lig. 


Noir, côtés du corselct et écusson entièrement couverts 


ho ANNALES 
d’un duvet jaune ; élytres brunes, pubescentes et striées lon- 


gitudinalement ; dessous du Corps, pattes et tarses bruns, re- 
vêtus de poils jaunâtres. 


4». Genre Monocrania. (Coléoptères Lamellicornes.) 


Antennes courtes de neuf articles; le premier conique, le 
deuxième globuleux , les suivans presque égaux entre eux , les 
trois derniers forment la massue. 

Palpes maxillaires assez longs, terminés par un article ova- 
laire ; les labiaux très-courts. 

Tarses filiformes à crochets égaux, fortement bifides. 

Chaperon sans prolongement ni dents à ses angles anté- 
rieurs. 

Ce genre se proche entièrement , par le faciès, de celui 
de Dicrania ; mais il s’en éloigne par la forme de son chape- 
ron, ainsi que par sa tête carrée. Ces insectes semblent, ainsi 
que les Dicrania , être propres à l'Amérique du sud. 


Monocrania Luridipennis. 


Nigra, capite thoraceque dense punctatis ; elytris sordide flavis ; 
abdomine subtus ferrugineo. 


Long. 6 1/2 lig. Lars. 3 lig. 


Noir, tête et corselet couverts de points serrés ; élytres d’un 
jaune sale ; abdomen rougseâtre en dessous. Brésil. 


43. Monocrania Nigricans. 


Nigra, tota profunde punctata, pubescens ; capite, thorace et cor- 
pore subtus pilis fuscis subelongatis; tibiis posticis valdè dilataus. 


Long. 5 lig. Larg. 1 1/2 lig. 


Noir, extérieurement et fortement ponctué, pubescent ; 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. fai 
des poils bruns et assez longs sur la tête , le corselet et le des- 
sous du corps; jambes postérieures très-élargies. Brésil. 


44. Anthipna Carcelii. 


Subgranulosa, hirta, viridi metallica, palpis antennisque nigris, 
clavé ferruginea ; abdomine nigricante, segmentorum baseos mar- 
£ine inferiori et sequentibus duobus, ferrugineis. 


Long. 5 lig. Larg. 2 1/9 lig. 


Légèrement granuleux , velu, d’un vert métallique à reflets 
cuivreux ; palpes et antennes noirs; ces dernières, avec la 
massue, ferrugineuses ; abdomen noirâtre , avec le bord infé- 
rieur des premiers segmens et les deux derniers rougeâtres ; 
les trois dents des jambes antérieures de cette couleur. 

Cette jolie espèce a été trouvée près de Tivoli, en Italie, 
par mon malheureux ami , feu Carcel. 


Noia. Le genre Anthipna a été fondé par Eschscholtz : 
c'est un démembrement de celui d’Amphicoma, dont il s’é- 
loigne par la massue des antennes à feuillets libres , le chape- 
ron non rebordé antérieurement, et les quatre premiers ar- 
ticles des larses un peu élargis dans les mâles. 


45. Tapina Americana. 
Fusco-rubida, thorace subcordaio, punctato; elytris punctato-striatis. 
3 1 /o li 
Long. 1 5/4 lig. Larg. 1/2 lig. 


D'un brun rouge , tête ponctuée , devant du chaperon noi- 
râtre, parties de la bouche plus claires; antennes un peu 
velues ; corselet légèrement condiforme, couvert de points 
assez gros et très-serrés ; il est assez large et arrondi en avant À 
rétréci en arrière ; écusson plus petit, punctiforme ; élytres 


ao ANNALES 
ovalaires , un peu convexes, avec des stries longitudinales , 


formées de petits points enfoncés et assez écartés $ dessous du 
corps ponctué , abdomen un peu obscur. Chili. 


46. Languria Lineata. 


DNitide cærulea, capite , excepto frontali puncto , thoractis lateribus , 
elytrorum macula humerali et femorum basi rubris ; antennis 
tibuisque nigris ; elytris striatis, apice acuminatis. 


Long. 5 1/5 big. Larg. 1 lig. 


D'un bleu ardoisé brillant; tête lisse , rouge , avec une tache 
bleue sur le front ; antennes noires, parties de la bouche jau- 
nâtres; corselet long, presque cylindrique, à peine élargi 
en arrière, faiblement rebordé latéralement , offrant une 
bande longitudinale rouge de chaque côté; écusson petit, ar- 
rondi; élytres presque cylindriques, très-Jongues, pointues à 
l'extrémité, offrant des stries longitudinales de points enfon- 
cés et une tache rouge à la base sur l’angle huméral. Dessous 
da corps, à l'exception de l’extrémité de lPabdomen , et base 
des cuisses, rouges; le reste de celles-ci bleu ; jambes et tarses 
noirs, Ceux-ci jaunâtres en dessous; cuisses et jambes anté- 
rieures ayant leur côté interne rouge. Colombie. 


HOMOPTÈRES. 


47. Cicada Maculipennis. 


Viridis, pseudelytris alisque hyalinis, macul& ad basim pseudely- 
trorum viridi, et altera ad basim alarum rubrä. 


Long. (du corps) 13 lig. Large. 7 lig. 


Corps court, vert, partie antérieure dun corselet et cinq 
premiers segmens de l’abdomen, brunâtres ; tête très-large ; 
pseudélytres longues, étroites, hyalines, à nervures vertes 


avec une Jarge tache d’un vert jaupâtre occupant toute la 


DE LA SOCIÉTÉ ENSO MOLOGIQUE. 413 


base , et coupée carrément en arrière; ailes avec une très- 
large tache d’un beau rouge éclatant, occupant la moitié la 
plus rapprochée du corps; dessous de l’abdomen et pattes 
jaunâtres. Cayenne. 


LL 
Nota. Gette espèce me semble devoir être très-voisine de 
la Tettigonia Grossa de Fabricius; mais elle en est bien dis- 
tincte par la tache rouge de la base des ailes. 


48. Genre Raphirhinus. Fulsora Fab. T'ettigonia Germar. 


Antennes insérées dans une cavité près def yeux , termi- 
nées par une soie. 

Rosire ne dépassant pas notablement la base de la deuxième 
paire de pattes. 

Tarses presque cylindriques, à premier article assez long, 
le deuxième plus court, le troisième moyen et muni de cro- 
chets courts et épais. 

Tête prolongée antérieurement en un onglet relevé. 

Ocelles au nombre de deux, situés sur le vertex et écartés. 

Tête triangulaire, avancée, sillonnée au milieu, rétrécie su- 
bitement en avant et prolongée en un onglet; yeux ovalaires; 
corselet presque carré , arrondi en avant, échancré et angu- 
leux en arrière; écusson moyen; pseudélytres un peu allon- 
gées , arrondies en arrière ; pattes moyennes , les postérieures 
longues ; jambes de cette paire munies d’nne très-faible série 
de très-petites épines. 

Ce genre a été réuni jusqu'ici avec les Fulgora. II fait baitie 
de la tribu des Tettigonites : toutes les espèces que nous en 
connaissons sont d'Amérique. 

Le type de ce genre est la Fulgora Adscendens de Fabri- 
cius ; mais cet auteur, prenant pour spécifique le caractère de 
la forme de la tête, réunit sous ce nom trois espèces bien 


distinctes , ainsi qu’on va le voir. 


12 


hré ARN ALES 
1. Raphirhinus Adscendens. 


Fulgora Adscendens, Fab. Syst. rh. 2. 11. — Tettigonia 
Adscendens, Germar. Magas. — Stoll. Cigales, fig IX. n° 4». 


Flava, pseudelytris fusco-subferrugineis, flavo-multipunctatis ; ab- 
domine supra aurantio , subtus cum pedibus pallide flavescente. 


Long. 7 lig. Larg. 1 1/2 lig. 


Jaune , tête*obscure le long du sillon longitudinal de son 
milieu; corselet couvert de points bruns , presque rugueux: 
écusson brun avec quelques petites taches jaunes ; pseudé- 
lytres d’un brun un peu rougeâtre, parsemées de nombreux 
points jaunes ; abdomen orange en dessus, d’un jaunâtre elair. 
en dessous ; pattes de cette dernière couleur. Cayenne. 


kg. — 2. Raphirhinus Cupriventris. 


Fulgora Adscendens, Fab. Syst. rh. 3. 6. — Stoll. Gigal. 
IX. 45. 


Nigra, pseudelytris fusco-subferrugineis, flavo-multipunctatis ; ab- 
domine supra viridi cupreo , pseudelytrorum basi flavescente. 


Long. 7 1/2 lig. Le: 1 3/4 lig. 


Diffère du précédent par le dessus de l’abdomen, qui est 
d’un vert cuivreux, et la base des pseudélytres jaunâtre. 
Amérique méridionale. 


Nota. Nous ne connaissons cette espèce que par la figure 


de Stoll. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 415 
50. — 5, Raphirhinus Obliquatus. 


Fulgora Adscendens var. Fab. Syst. rh. 4. Stoll. Cigales. 
VI. 29. 


Flavus, scutello et pseudelytris obscure fuscis , his maculis quatuor 
Jlavis ; abdomine suprà aurantio ; corpore subtus pedibusque pal- 
lide flavescentibus. 


Long. 7 1/2 lis. Larg. 1 1/9 lig. 


Jaune, une bande longitudinale au milieu de la tête ; écus- 
son et pseudélytres d’un brun obscur; une tache jaune à la 
base de celles-ci, une autre vers le milieu, deux taches trans- 
versales en arrière ; déssus de l’abdomen orangé; dessous du 
‘corps et pattes d'un jaunûâtre clair. Amérique méridionale. 


Nota. La Cicada (Laternaria) Fusca de De Géer, Mém. 
t. IV, p. 200. pl. 52. f. 2 et 5 , est une quatrième espèce de ce 
genre auquel nous croyons qu'il faut aussi rapporter les Tetti- 
gonia Erythrocephala, {-punctata , Intersecta, et Vitripennis 
de M. Germar (Magasin d'Entomologie ); mais cependant 
nous n’ayons vu en nature aucune de ces espèces. 


416 ANNALES 


Observations de M. le D”, Boispuvaz sur un Mémoire de 
M. Zinken-Sommer. 


(Séance du 7 novembre 1832.) 
Beitrag zur Insecten. — Fauna Java. 


Erste abtheilung mit den figuren 155 19. Theod. Fried. Zinken 
genant Sommer. 


Nova acta physico-medica, Academiæ naturæ Curiosorum : temus 


decimus quintus. 


Le tome XV des Actes de l’Académie de Bonn, publié 
cette année, renferme un Mémoire de M. Zinken-Sommer 
sur les insectes de Java. L’auteur commence cette faune par 
les Lépidoptères, dont il donne trois planches, lithographiées 
et coloriées avec un talent tel qu’elles sont supérieures à beau- 
coup de gravures. Ges trois planches contiennent vingt figures 
de Papillons , que l’auteur regarde comme n’ayant jamais été 
ni figurés ni décrits. Une description très-détaillée ; et précé- 
dée d’une bonne diagnose latine, accompagne chaque espèce. 
II décrit aussi dans le texte, pour rendre son travail plus com- 
plet , des espèces anciennement connues et propres à l’île de 
Java. Ce travail paraît avoir coûté à l’auteur beaucoup de 
peines et de recherches; cependant il s’y trouve un certain nom- 
bre d'erreurs qui rendront peut-être cet ouvrage plus nuisible 
qu'utile, lesquelles sont dues évidemment à ce que l’auteur 
n'avait pas à sa disposition une assez grande quantité de ma- 
tériaux et une bibliothèque assez complète. Cette dernière 
cause est peut-être la seule à laquelle ïl faille attribuer les 
fantes nombreuses qui se rencontrent dans ce Mémoire; car 
nous sommes persuadés d'avance que M. Zinken est trop bon 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 417 
observateur pour les avoir commises en toute autre circon- 
stance. Aussi c’est à regret que nous nous voyons forcés, 
dans l'intérêt de la science , de faire une petite critique qui 
pourra lui être utile pour améliorer la suite de son travail. 

Noas ne parlerons pas des caractères génériques, quoiqu'il 
nous paraisse que les Papillons qu’il rapporte aux genres 4ma- 
thusia et Zelina de Fabricius n’appartiennent nullement à 
ces genres. 

Avant de commencer, nous adresserons encore un petit 
reproche à l’auteur : c’est de donner des noms spécifiques 
d’après le système des Glossates de Fabricius : ouvrage qui 
n’a jamais été publié, et que nous ne connaissons que par le 
petit extrait imprimé dans Illiger. Cet ouvrage est nul et non 
avenu; et tous les noms tirés de ce manuscrit ne peuvent 
servir qu'à rendre la synonymie plus inextricable. 

Pour procéder d’une manière plus méthodique, nous al- 
lons d’abord parler des espèces figurées sur les planches, puis 
nous jetterons un coup d’œil rapide sur celles qui sont décrites 
dans le texte. 


Planche 1*°, ou quatorzième des Mémoires. 


Amathusia Lutea et Amathusia Nivea. — Sont une 
seule et même espèce qui varie, comme chacun sait, du 
blanc au fauve. Elle est figurée dans Clerk /cones , tab. 40. 
f. 4, sous le nom de P., Hylas. — God. Encyc!. meth. t. IX. 
p. 61. n° 41. 

Papilio Neesius Zinken. — C’est le P. Nox Swainson 
Zoological illustrat. cah. 21. pl. 102. — Horsfield. Zns. de la 
Comp. des Ind. premier cahier. P. Memercus God. Encycl. 
p. 809. n° 12-15. 

P. Striatus Zinken (il cite Fab. Syst. des Glossat.) — C’est 
le P. Macareus God. Encycel. meth.— Horsfield. {ns. de la 
Comp. des Ind. 


418 ANNALES 


P. Bathycles, Zinken. — Il était connu depuis long-temps, 
dans toutes les collections, sous le nom de 2. Swvammer- 
dam» Dehaan: mais comme à notre connaissance il n’a été ni 
figuré ni décrit , le nom de M. Zinken doit lui être conservé. 


Planche 2°, ou quinzième des Mémoires. 


P. Meges Zinken. — C’est le P. Curius Fab. Ent. Syst. 
n°81.— Ærycina Curius God. Encycl. p.827. n°5. — Donow. 
Ins. of India. cah. 4. pl. 4. £. 4. 

Zelima Paradoxa Zinken, — Est une belle espèce inédite, 
assez rare, Mails qui appartient évidemment au genre Fu- 
plæa, et qui doit être placée à côté de Midama, etc. Le 
genre Zelima a pour type le Pap. Pylades, assez commun 
au Sénégal. | 

Morpho Klugius Zinken. fig. 11. 12. 15. — C’est le More 
pho Odana God. Encycl. p. 4h5. n° 16. — Horsfield. Zns. de 
la Comp. des Ind., premier cahier. 

La £gure que M. Zinken donne comme celle du mâle ap- 
partisat à une toute autre espèce. 


Planche 3°, ou seizième des Memoires. 


Morpho Econteus Zinken. — C’est une espèce figurée dans 
Hubner Exotisch. Sammlung. sous le nom de Canens, et qui 
se place naturellement à côté du P. Gripus de Fabricius, 
Eumea Drury. 

Euplæa Aibata Zinken. — Cette espèce est une des plas 
communes, mais jusqu'à présent personne ne l’ayait ni dé- 
crite ni figurée. 

Euplæa Philomela Fab. — On dois à M. Zinken d’avoir 
reconnu cétte espèce dans Fabricius ; mais il aurait dû citer 
la Cleona de Craw., d’Herbst et de Godart , qui se rapporte à 
cette espèce. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 419 


Euplea Faber Zinken. — Elle est très-bien figurée dans 
Hubn. Exot. Sammlung , sous le nom de Gamelia. Godart, 


dans l'Encyclopédie, la rapporte à tort au P. Sylvester de 
F'abricius. 

Il nous reste encore à dire un mot des espèces décrites mais 
non figurées. 

Page 142, M. Zinken décrit le P. Paris, auquel il rapporte 
la synonymie des auteurs anciens. Le Papilio qu'il décrit 
comme tel n’est pas le véritable Paris, qui est de la Chine, 
mais bien le P. {rjuna figuré par M. Horsfiela, 

Beaucoup d'Entomologistes font la même faute : dans prés- 
que toutes les collections on trouve, sous le nom de Paris, 
l'espèce de dava, qui du reste en est très- voisine. Godart a 
commis une erreur plus grave en confondant ces deux espèces 
et en y rapportant en outre le -Bianor de. Cramer. 

Page 144, M. Zinken décrit, sous le nom de P. {damas, 
un P. très-commun, appelé par Cramer Polydorus, et qu'il 
reconnaît comme tel, mais la division de la tache blanche 
discoïdale des ailes inférieures par des nervures plus larges 
que dans les individus ordinaires, l’a engagé à le séparer du 
Poly dorus des auteurs. 

Page 148, M. Zinken décrit, sous le nom de Papilio Lede- 
bourus, une espèce figurée sous le même nom par Eschscholtz. 
Voy. de Kotzbue. 111. tab. 3. f. 7. C'est évidemment une 
variété du Pammon, qui est un de ceux qui varie le plus. En 
effet, tantôt il a une queue plus ou moins longue, tantôt il 
en est totalement dépourvu; souvent la bande blanche maca- 
jaire s'étend jusqu’au milieu du bord postérieur des premières 
ailes , et quelquefois elle dépasse à peine les inférieures, etc. 

Page 151, le même auteur décrit, sous le nom d’/rbates 
Fab. Syst. des Gloss. , le Pap. A7emnon de Cramer, Sulzer et de 
Fabricius, Entomologie systématique. Il pense que cette espèce 
n'est pas celle de Linnée. Nous croyons au contraire qu’elle 


&20 ANNALES 


ne diffère pas de celle décrite dans le Â7useum Ludovicæ 
Ulricæ. Mais elle varie beaucoup, puisque Gramer en a fait 
trois espèces. 

Page 167, M. Zinken décrit une espèce voisine de Jairus, 
figurée depuis plusieurs années, dans Swainson, sous le 
nom de /Jorsfieldit. C’est à tort que M. Zinken , qui ne con- 
naît sans doute pas le vrai Jairus, a cité pour l'individu 
de Java toute la synonymie des anciens auteurs. Mais, s’il a 
fait une erreur , il à fait en même temps une sorte de décou- 
verte, en rapportant le premier le P. Urania de Linnée, 
Museum Lud. Ulr., au Jairus des auteurs iconographes. 

Page 189, l’auteur ayant reconnu avec raison que le P. H75- 
damus de Cramer n’était pas celui de Linnée, il le décrit 
sous le nom d’ÆEuplæa Pavetiæ, empranté au système des 
Glossates. S'il eût consulté l'Encyclopédie, il aurait vu que 
Godart avait fait la même remarque , et que l’espèce en ques- 
tion y est décrite sous le nom de Prothoe. 

Page 191. Euplæa Mulciber Zinken et Cramer est le véri- 
table P. Midamus de Linnée et de Sulzer, dont la Danuis 
Claudia Fab. God., Basilissa Cram. n’est que la femelle. 

Même page. Apatura Gambrisius. Cest le P. Sylvia 
Cramer et Herbst., Sy/vina Godart. M. Zinken lui donne ce 
nom d’après le système des Glossates. Il ne doit pas ignerer 
cependant qu'il y a déjà un P. Gambrisius voisin d’4mphi- 
tryon. figuré par Cramer et décrit par Godart. 

L’Apatura Bolina, qui suit immédiatement celle-ci, ter- 
mine cette première partie du Mémoire de M. Zinken. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 42x 


Notice sur un accouplement de deux Zygènes d'espèces 
différentes , observé par ve Viurers, de Chartres. 


Séance du 7 novembre 1832. 


M. Boisduval, dans sa belle Monographie des Zygénides , 
dit, page 9 de cet ouvrage , qu'il n’a jamais été assez heureux 
pour voir éclore des œufs provenant d’accouplemens d’espèces 
différentes ; et, dans la relation de la séance du 4 avril der- 
nier, de la Société Entomologique de France , insérée dans le 
deuxième trimestre du tome 1°, page 251 et suivantes , M. Au- 
douin , dont l’avis est partagé par MM. Boisduval et Rambur, 
pense, après avoir rapporté l'exemple d’accouplemens d’es- 
pèces différentes, qu’il est fort rare que ces accouplemens 
aient un produit fécond. S’il m'est permis d'émettre mon opi- 
nion après de tels observateurs , je dirai que je crois, comme 
eux, qu’en rendant de pareils accouplemens stériles , la na- 
ture a voulu maintenir les races dans leur pureté primitive ; 
mais que cependant, et surtout dans les Lépidoptères , il y a 
lieu de penser que c’est à de pareils faits que nous devons les 
variétés nombreuses qu'on observe dans toutes les grandes 
tribus de cet ordre, et principalement dans les Nocturnes , 
qu'on parvient rarement, à l'exception des Bombycites , à 
trouver accouplés. Il est bien à souhaiter, d’après le désir de 
M. Chevrolat et de tous les vrais amis de la science Entomo- 
logique , que les naturalistes d'Europe et les voyageurs, lors- 
qu'ils rencontrent des insectes accouplés, piquent le mâle et 
la femelle sur la même épingle : cette méthode est plus sûre 
que des notes, qu’on peut perdre, ou des souvenirs souvent 
incertains : car ce serait un grand service à rendre à l’Ento- 
mologie que d’aider à débrouiller le chaos synonymique , qui 
devient de jour en jour plus inextricable. Mais, tout en de- 
mandant pardon de la digression dans loquelle je me suis 


422 ANNALES 
laissé entraîner, je reviens à l'observation qui est le sujet de 
cette petite Notice. 

Le 25 juillet 1857, j'ai pris, dans le lit du canal construit 
par Louis XIV pour conduire les eaux de la rivière d'Eure À 
Versailles, canal qui n’a jamais été achevé, une femelle dela 
Zygène Minos accouplée avec un mâle de la Zygène de la 75 
lipendule. J'ai piqué l’une et l’autre; et, les ayant mis à part 
dans une boîte, le lendemain la femelle a pondu des œufs, 
quai me sont éclos le 9 août. Par malheur, j'ai été obligé de 
retourner à Ghartres avant la fin de l'éducation de mes petites 
chenilles; et, comme je ne pouvais espérer de les nourrir fa- 
cilement , car elles passent l'hiver, j'ai pris le parti, bien mal- 
sré moi, de les déposer dans un endroit isolé du parc de la 
maison de campagne que j'habitais, où j'étais sûr qu’il ne se 
trouvait aucune espèce de Zygène , avec l'espoir bien incer- 
tain de retrouver peut-être, l’année suivante, le résultat de mon 
observation. d’ai visité ce lieu cette année à plusieurs reprises, 
et jy ai enfin pris plusieurs Zygènes ; mais toutes de la File- 
pendule : il n’y avait pas une seule de la Minos. Je ne fais 
aucun doute que ces Zygènes ne fussent le fruit de l’accouple- 
ment que j'avais observé en 1831; car, comme l'endroit où 
j'avais mis mes pelites chenilles est entièrement environné de 
bois, je ne crois pas qu'il puisse en être arrivé d’autres lieux. 
Je conclus de ce fait qu'il est très-certain que les Zygènes 
d'espèces différentes s’accouplent ensemble, que le produit de 
leur accouplement est quelquefois fécond ; et que si, dans cette 
circonstance, je n’ai pu donner que la certitude morale du 
produit de cette fécondation, toujours est-il bien probable que 
cela arrive souvent, et que beaucoup d'espèces de Lépidop- 
ières ne devraient être considérées que comme des variétés 
produites par ces mariages adultérins , si on pouvait remonter. 
à leur origine. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 423 
BULLETIN ENTOMOLOGIQUE. 
ANNÉE 1933. — 4° TRIMESTRE. 
SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. 
Séance du 3 octobre. 


Ouvrages offerts. Troisième livraison de la partie entomo- 
logique de l'expédition scientifique de Morée, par l’auteur, 
M. Bruilé. 

Descriptions et figures de deux nouveaux genres de Coléop- 
ières (/Zoplopus et Pachydema), par Pauteur, M. de Laporte. 

Lettre de M. Audouin à M. Léon Dufour, sur les genres 
Pieropte, Caris, Ærgas et Ixode, per l’auteur, M. Audouin. 

Quatrième livraison du Supplément à l'Histoire naturelle 
des Lépidopières de France, de M. Duponchel, par léditeur 
des Annales. 

Troisième livraison du complément de l’Histoire naturelle 
des Lépidoptères de France , de M. Duponchel , par le même. 


Communications. M. Audouin fait part, 1° d’une Note né- 
crologique sur M. Vander Linden, par M. Morel, professeur 
à Caen; 2° d’une Notice sur la vie et les écrits de Hüber, 
par M. de Candolle; 3° d’une vie de Linnée, par M. Fée, 
et d’une Lettre de Réaumur à Linnée, tous deux extraits des 
Annales de la Société des Sciences de Lille. Il annonce que 
le Jardin du Muséum d'histoire naturelle vient d’être envahi 
par l’Aphis Laniger, qui y fait d’assez grands ravages. M. Aubé 
observe que ce même insecte vient d’apparaître également 
dans plasieurs endroits des environs de Paris. 

M. Lefebvre communique deux Monographies des Bombus 
et des Sphex de Suède, par M. Dahlbom, de Lund. 


Lectures. Discours sur l'inconvénient qu'il y a dans l'En- 


£a ANNALES 
tomologie à changer, sans motifs, tous les noms, et du danger 
auquel on s’expose en suivant une telle marche, par M. Du- 
pont. 

Monographie des Rhipicérites, par M. de Laporte. 


Membres reçus. M. le baron Walckenaër est élu membre 
honoraire , en remplacement de feu M, le baron Cuvier. 

MM. Roger (de Bordeaux), Bugnon (de Lausanne), Bru- 
guières (de Nîmes), Margarot (idem), et Meissonier (de 


Hyères). 


Séance du 7 novembre. 


Ouvrages offerts. Mémoire sur l’organisation extérieure 
et comparée des insectes de l’ordre des Thysanoures , par l’au- 
teur, M. Latreiile. 

Deuxième livraison de la partie Entomologique du voyage 
de l’_Æstrolabe, et la première partie du texte y relative, par 
l’auteur, M. Boisduval. 

Description et figure de deux Coléoptères nouveaux , le 
Dryophilus Anobioides et le Doryphora 21-punctata , par 
l’auteur, M. Chevrolat. 

Mémoire sur les larves des Vémoures, par l’auteur, M. Pictet. 

Cinquième livraison du supplément à l'Histoire naturelle 
des Lépidoptères de France, de M. Duponchel, par l’éditeur 
des Annales. 

Quatrième livraison de l’Iconographie des chenilles. des 
Lépidoptères de France, de M. Duponchel , par le même. 


Communications. M. Chevrolat annonce un Catalogue gé- 
néral des Coléoptères , par MM. les professeurs Joseph Chris- 
tofori et Jan, de Milan. 

M. Lefebvre donne connaissance d’une observation sur la 
phosphorescence de la chenille de la Noctua Occulta, faite 
par un naturaliste russe, M. Gimmerthal. MM. de Saint-Far- 


DE LA SOCIËTÉ ENTOMOLOGIQUE. 425 
seau et Rambur font ressortir toute la nouveauté de ce fait 
encore inconnu. M. Boisduval assure qu’il connaissait cette 
propriété dans les chenilles. 

M. Audouin présente plusieurs. dessins à la plume, fhite 
d’après nature par feu M. Cuvier, à l’âge de vingt-un ans, d’a- 
près quelques espèces de Crustacés, et accompagne cette com- 
munication de diverses réflexions sur ce grand naturaliste. 

M. Lefebvre appelle l'attention de la Société sur l’éton- 
nante facilité qu'ont quelques insectes de pouvoir vivre dans 
la neige pendant un laps de temps, qu'il présume être bien 
plus long qu’on ne saurait le croire. Il rapporte à l'appui de 
cette assertion que , se trouvant à Îa fin de 1825 au pied nord 
du dernier cône de l'Etna, par un temps calme et serein , au 
milieu d’un chaos de laves et de scories, loin des dernières 
régions de la végétation, et à environ dix mille pieds au dessus 
de la mer , il vit ruisseler des fissures du cône, après une lé- 
gère secousse du volcan, de l’eau de neige fondue, qui vint 
remplir divers petits bassins , formés par les cavités nom- 
breuses des laves. Dans un de ces bassins, rempli d’eau, et 
que, dans un moment de repos, il s'était amusé , peu d’in- 
stans auparavant, à nettoyer parfaitement , il remarqua et re- 
cueillit, non sans sarprise, nombre d'individus du Gyrinus 
Lineatus , pleins de vie et s’agitant en tous sens. La présence 
de cet insecte aquatique dans une région aussi élevée et dans 
une localité dénuée de tout courant d’eau , où le peu qui y 
est produit par la fonte des neiges s’écoule rapidement le long 
de la montagne, ou bien est promptement absorbé par les 
rayons du soleil, à une époque de l’année dans laquelle la 
cime du volcan est ordinairement , et était en ce moment, dé- 
pourvue de neige, ne conservant que celle que l’on découvre 
sous la légère couche de terre brûlante des parois extérieures 
de son cratère; la présence, dit-il, de ce Gyrinus dans un 
endroit aussi inhabitable pour tout être vivant, et surtout 


426 ANNALES 

pour celui-là , peut donner lieu à des recherches bien inté- 
ressantes, tant sur la longévité des insectes et leur transla- 
tion loin de leurs habitats naturels, que sur l’étonnante fa- 
culié qu'ils ont de suspendre toute action vitale pendant un 
laps de temps qu'aucun naturaliste n’a encore pu apprécier. 
Ce sont les conséquences qui dérivent de ce fait que M. Le- 
febvre signale à la Société. 


Lectures. Notice sur les collections de plasieurs Entomo- 
logistes suisses, par M. Feisthamel , au retour d’un voyage 
dans ce pays. 

Observations sur l’ouvrage intitulé : Bombi Scandinav'æ 
Monographiæ Tractati, etc., de M. G. Dahlbom, par M. le 
comte Lepeletier de Saint-Fargeau (pag. 466). 

Revue critique d’un Mémoire de M. Zinken Sommer, sur 
les insectes de Java, par M. Boisduval (pag. 416). 

Notice sur un accouplement de deux Zygènes d’espèces 
différentes (la Zy2.-Filipendulæ d'avec la Zyg. MinosQ.), 
observé par M. de Villiers de Chartres. Gelte notice est com- 
muniquée par M. Duponchel (pag. 421). M. Boisduval pense 
qu’il peut y avoir erreur, et que M. de Villiers aura pris sans 
doute une Zyg. Filipendulæ 9 , à taches confluentes, pour 
une Zyg. Âinos © , avec laquelle cette variété de la Æilipen- 
dulæ a quelques rapports. M. Rambur rapporte à ce sujet les 
observations qu’il a failes sur les nouveaux Sphinx /’esperti- 
lioides et Epilobii, et pense que le premier est un hybride 
du Sph.-’espertilio et du Sph. Æippophaës, vu que, bien 
qu'on trouve ordinairement la chenille du Sph. Yesperti- 
lioites sur l’£pilobiunm Angustifolium, ilen a vu des chenilles 
sur l’Æippophaës, où elles avaient été pondues sans doute par 
une femelle de ce Sphinx. De même il pense que la nouvelle 
espèce désignée sous le nom d’Æpilobit n’est également qu'un 
hybride des S. Fespertilio et Euphorbiæ. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 427 
Mémoire sur une centurie de Carabiques nouveaux , par 
M. Gory. 
Description de treis Goléoptères nouveaux, ét du genre 
Tretus, que forme l’un d’eux, par M. Chevrolat. 


Membres recus. MM. Meunier (de Paris), Robert (de 
Liége), Albert Alavoine (de la Bassée), Silbermann (de 
Strasbourg ). 


Séance du 21 novembre. 


Ouvrages offerts. Description et figure de la Syntomis 
Kuhlweinti, par l’auteur, M. À. Eefebvre. 
| 


Lectures. Description de deux nouveaux Goléoptères , la 
Rutela Cyanitarsis et le Buprestis Carbunculus, par M. Gory. 


Membres reçus. MM. Gouzot (de Ferrières) , et Emy (de 


Paris ). 


Séance du 5 décembre. 


Lectures. Observations sur le genre Lampyris ; par M. de 
Laporte. | 

Mémoire sur le Psalidomyia Fucicola, par M. Doumerc. 

Description de deux nouveaux Goléoptères, l’Æister For- 
micetorum et le Ptlium Trisulcatum, par M. Aubé. 

Netice sur une nouvelle espèce 'd’Aranéïide, l’4rgyope 
Aurantia, par M. Lucas. L'auteur de cette notice n’étant pas 
membre de la Société, ie président charge MM. Duponchel 
et Brullé d’en faire un rapport dans la prochaine séance. 

Observations sur la structure du nid de l’{raignée Pio- 
rière, par M. Audouin. 


Membres reçus. MM. Frédéric Dujay (de Paris), Greene 
{de Boston). 


ANNALES 


Fa 
[Ce] 
(e + 


Séance du 19 décembre. 


Ouvrages offerts. Monographia Chalciditüum Gallopro- 
vinciæ , par M. Boyer de Fonscolombe. 

Description et figure du genre Derbe, par l’auteur, M. Per- 
cheron. 

Sixième livraison du supplément à l’Histoire naturelle des 
Lépidoptères de France , de M. Duponchel, par léditeur des 
Annales. 


Communications. Prospectus d’un Journal d'Entomologie, 
qui se publie à Strasbourg, par M. Silbermann. 


Lectures. Division du genre Satyre en neuf groupes , d’a- 
près des caractères lirés des nervures et des antennes, par 
M, Duponchel. 

Anomalie du genre Urania, par M. Boisduval. 

Nouvelle espèce de A/eloë, par M. Audouin. 

Observalion sur le Polyommatus Ceronus, considéré comme 
variété du P. Ædonis®, par M. Pierret fils. L'auteur de ce 
Mémoire n’élant pas membre de la Société, MM. Duponchel 
et Lefebvre sont chargés par M. le président d’en faire un rap- 
port pour la prochaine séance. 


Membres reçus. MM. Daube (de Montpellier }, Lueas 
(de Paris). 


o 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 429 
VOYAGES. 
DÉPARTS. —— ARRIVÉES. — NOUVELLES DIVERSES. 


Les frères Verreaux, dont nous avons annoncé le départ 
pour le Cap de Bonne-Espérance, y sont heureusement arri- 
vés le 4 octobre dernier, et se sont aussitôt dirigés vers l’in- 
iérieur. 


On vient de recevoir des nouvelles de madame veuve Sallé 
et de son fils, partis pour le Mexique en 18532, et dont nous 
avons déjà parlé dans nos bulletins. Ils envoyent à M. Che- 
vrolat plus de sept mille Goléoptères, cinq cents Lépidopières, 
et un grand nombre de Goquilles terrestres et flaviatiles. 


VENTE DE COLLECTIONS. 


Une collection de plus de quatre mille Lépidoptères Euro- 
péens imprimés avec les corps faits au pinceau, le plus souvent 
'etQ, dessus et dessous, isolément placés sur une feuille 
in-/°, et encadrés d’un passe-partout à vignette. 

Cette collection est accompagnée d’un catalogue , qui déjà 
est un travail de grande valeur, et aaquel ont travaillé plu- 
sieurs Entomologistes allemands, notamment le sénateur 
Schneider , à Stralsund. 

L'auteur en désire 3,000 francs. 

S’adresser au secrétaire de la Socicté , M. À. Lefebvre , rue 
de Provence, n° 14 , à Paris. 


ANNALES 


+ 
Qt 
(e\ 


OUVRAGES D’ENTOMOLOGIE. 
PUBLIÉS DEPUIS LE 1% OCTOBRE 1822. 


(77e ; ps 
(4° trimestre.) 
FRANCAIS. 


ICONOGRAPHIE ET HISTOIRE NATURELLE DES COLÉOP: 
TÈRES D'EUROPE, par M. le comte Dejean et M. J.-4. Boisduval ; 
tome TT , r'° zivraIsON. Paris, Méquignon-Marvis. 

Prix de chaque livraison, 6 fr. 


HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES, OU PAPILLONS 
DE FRANCE, par Godart, continuée par M. Duponchel ; tome VII, 
deuxième partie, Nocturnes ; tome V, deuxième partie, 7€ LIVRAISON. 
Paris, Méquignon-Marvis. 

Prix de chaque livraison , | 3 fr. 

SUPPLÉMENT A L'HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES 
OÙ PAPILLONS DE FRANCE, par M. Duponchel; tome I‘, L1VRAI- 
son 6€, Paris, Méquignon-Marvis. 

Prix de chaque livraison, 3 fr. 

ICONOGRAPHIE DES CHENILLES , pour faire suite à l'ouvrage in- 
üUtulé : Æistoire naturelle des Lépidopières ou Papillons de France, par 
M. Duponchel ; tome I‘, Lrvraïson 5e. Paris, Méquignon-Marvis. 

Prix de chaque livraison, a fr. 

ICONOGRAPHIE DU RÈGNE ANIMAZ DE M. LE BARON 
CUVIER, par F.-E. Guérin ; Livraison 27° Paris, J:-B. Baillière. 

Prix de chaque livraison en noir, 6 fr: 

Figures coloriées, soir. 

MAGASIN DE ZOOLOGIE, par M. Guérin, 9° et 10° LIVRAISGNS. Pa- 
ris, Leéquien. 

Prix du volume ; orné de 50 planches coloriées, 194 

ICONES HISTORIQUE DES LÉPIDOPTÈRES NOUVEAUX OU 
PEU CONNUS, collection avec figures coloriées des Papillons d’Eu- 


rope nouvellement découverts, par le docteur Boisduval. Paris, Roret. 
8 ,«9 Et 10° LIVRAISONS. 
PYix de chaque livraison , 3fr: 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 451 
COLLECTION ICONOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE DES CHE- 
NILLES, ou Description et figures des Chenilles d'Europe, par 


MM. Boisduval, Rambur et Graslin. Paris, Roret. 7, 8, 9 et 10° LIVRAIS. 
Prix de chaque livraison, aire 


ÉTRANGERS. 


DENKSCHRIFTEN DER ALLGEMEINEN SCHWEIZERISCHEN 
GESELLSCHAFT FUR DIE GESAUMSTEN NATURWISSEN- 
SCHAFTEN , Ier vol. , 2° partie. Un vol. in-4° de 283 pag. et 5 planc. 
Zurich, 1833 (allemand et francais ). 


THE ENTOMOLOGICAT, MAGAZINE, N° 1. September 1832. (Lon- 
don) Frederick Westeley, and a H. Davis. Price 3 s. 6 d. 


OBSERVATIONES PHISIOLOGICÆ-PATHOLOGICÆ de plantarum 


gallarum ortu insectis que excrescentia proferrentibus auctore Carlo 
Eduardo Ham-erschmid, Vienne. 


DE INSECTIS AGRICULTURÆ DAMNOSIS UTILIBUSQUE, auc- 
tore Carlo Eduardo Ham -erschimid. Vienne. 


SYMBOLÆ PHYSICÆ, seu Icones et Descriptiones Insectorum. Emprich 
et Ehrenberg. Decas tertia, Berolini, 1832. 


AVIS A MM. LES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ. 


Pour éviter à l’avenir les inconvéniens que présentaient les 
divers modes d’envois partiels que proposaient la plupart des 
membres de la Société pour en recevoir les Annales , et don- 
ner à cet envoi une marche plus, sûre et plus régulière, ils 
seront désormais confiés à la poste; mais comme l’affranchis- 
sement au lieu du départ est oblizatoire pour tout ouvrage im- 
primé , MM. les membres de la Société voudront bien ajouter 
deux francs de plus à l'envoi de leur cotisation annuelle (£x 
TOUT 26 FRANCS) pour ceux qui résident en France, et quatre 
francs de plus (EN TouT 28 FRANCS ) pour ceux qui demeurent 
à l'étranger. 

De cette manitre , les Annales lear seront envoyées franc 


- 29 


32 ANNALES 

de port au lieu de leur résidence , du moins à ceux jusqu’à la 

résidence desquels il est permis d’affranchir. 

(Délibération prise par la Société Entomologique de 
France , dans sa séance du 3 octobre 1832.) 


L 


ni 





Ouvrages offerts à la Societe pendant l'annee 1832. 
5 P 


Aupouix. Lettre de M. Audouin à M. Léon Dufour, extrait 
des Annales des Sciences naturelles. 


Borspuvarz. Première et deuxième livraisons de la partie En- 
tomologique du voyage de l’Astrolabe, et première partie 
du texte, 


Boyer DE Foxscozouge. Monographiæ Chalciditum Gallo pro- 
51ap 
vVinCiæ. 


Baurzzé. Première, deuxième et troisième livraisons de l’ex- 
pédition scientifique de Morée. Entomologie. 


CnevroLaT. Description et figure du Dryophilus Anobioides 
et du Doryphora 21-punctata, du Magasin Zoologique de 


M. Guérin. 


Düuronr. Description et figure de l'Heterosternus Bupres- 
toides, du Magasin Zoologique de M. Guérin. 


Larregizze. Mémoire sur les Aranéides à 4 pneumo-bran- 
ches, etc. — Mémoire sur l’organisation intérieure des 
Thysanoures. Extrait des nouvelles Annales du Muséum 
d'Histoire naturelle. 


DE Larorre. Descriptions et figures des genres Hoplopus et 
Pachydema , du Magasin Zoologique de M. Guérin. 

Azex. Lerspvre. Trois fascicules de descriptions et figures 
d'insectes, recueillis, par: M. A. Lefebvre , en France ; cn 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 433 
Sicile, en Égypte et en Turquie. Extraits des Annales de la 
Société Linnéenne et du Magasin de Zoologie de M. Guérin. 
— Figure et description de la Syntomis Kuhlweinii, 


LEPELETIER DE SAINT-F ARGEAU. Monographia Terthredine- 
tarum, 


Méquianon-Manvis. Les six premières livraisons du Supplé- 
ment aux Lépidoptères de France, par M. Duponchel. — 
Les quatre premières livraisons de l’Iconosraphie des Ghe- 


nilles, par M. Duponchel. 


Percueron. Figure èt Description du genre Derbe , extrait du 
Magasin zoologique de M. Guérin. 


Picrer. Mémoire sur les Némoures. Extrait des Annales des 
Sciences naturtlles. 


Pory. Les deux premières décades de la ceaturie des Lépi- 
doptères de lile de Cuba, 


ANNALES 


es 
CA 
ES 


MEMBRES 
DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. 


(ANNÉE 1032.) 





Note. Les noms en majuscules indiquent les membres honoraires, L’* indique 


les fondateurs. 


MM. 


ÂALAVOI"E, négociant, à La Bassée (Nord. 

* AUBÉ, à Paris. » 

* AunrxeT-SrRVILLE , membre de la Société d'histoire naturelle de Paris, 
et de la Société Impériale des naturalistes de Moscou, à Paris, 

* Aupouix , docteur-médecin, aide naturaliste au Muséum d’histoire 
paturelie, bibliothécaire de l'Institut, chevalier de la Légion-d’Hon- 
neur, elc. à Paris. 

* Bauper-Lararce, député du département du Puy-de-Dôme à Marin- 
ques (Puy-de-Dôme). 

BLAIN VILLE (Ducroray DE), professeur adjoint à la Faculté des scien- 
ces, membre de l’Institut, etc. à Paris. 

BLonpez , architecte, à Versailles (Seine-et-Oise). 

Bonemax, lieutenant, etc., à Grenna et Anneberg (Suède). 

* Borspuvaz, docteur-médecin , membre de plusieurs sociétés savantes, 
à Paris. 

* Boryx Le SainT-Vixcenr, colonel d'état-major, correspondant de l’Aca- 
démie des sciences , etc., a Paris. 

BRONGNIART (Alexandre), membre de l’Académie des sciences, etc. , 
a Paris. 

BRuGuUIÈRE , négociant, à Nimes (Gard. 

* BruzzE, membre dela commission scientifique de Morée, etc., à Paris. 

Buexionx , membre de la Société helvétique des sciences naturelles, etc., 
a Lausanne (Suisse). 

Bus (le chevalier Du), à Bruxelles (Belgique). 

Cantener, à Strasbourg (Bas-Rhin). 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 435 

* CuaupouEr, avocat à Paris. 

* CaevrozarT, vérificateur à l'administration de l'octroi, membre ü&e 
plusieurs Sociétés d'histoire naturelle à Paris. 

Couzox , membre de la Société Linnéenne du Calvados, et de la Société 
Helvétique des sciences naturelles, à Neufchâtel (Suisse). 

Cuauvener (le baron de), capitaine de génie , chevalier de la Légion- 
d'Honneur, à Hesdin (Pas-de-Calais). 

CUVIER (le baron), pair de France, membre de l’Institut , professeur 
au Muséum d'histoire naturelle et au Collége de France, etc. à 
Paris. 

Dause, pâtissier, à Montpellier (Hérault). 

DESMAREST , professeur de zoologie à l’'Ecnle véterinaire d’AMort, à 
Paris. 

* Doumerc, docteur-médecin, membre de l’Académie royale de Metz, 
etc., à Paris. 

Draprez, professeur de minéralogie, etc., à Bruxelles (Belgique). 

Durour (Léon }, docteur-médecin, cerrespondant de l'Académie des 
sciences, correspondant de la Société royale de médecine, cheva- 
lier de la Légion-d'Honneur, à Saint-Sever (Landes). 

Dupont, marchand naturaliste, à Paris. 

Duray , ancien officier de cavalerie, à Paris. 

* Duméxiz, peintre d'histoire naturelle, à Paris. 

DUMÉRIL, membre de l’Institut, professeur au Muséum d’histoire na- 
turelle et à l'Ecole de médecine de Paris, ete., à Paris. 

* Duroxcuez, membre des Sociétés d’histoire naturelle de Paris, des 
Georgofili de Florence , etc. , à Paris. 

Emyx , ancien capitaine d’artillerie, officier de la Légion-d’Honneur , à 
Paris. 

Fonscorom8Ee (Boyer de), à Aix (Bouches-du-Rhône. 

* Feisruamez (le baron), officier de la Légion-d'Honneur, chevalier de 
Saint-Louis, colonel commandant la garde municipale de Paris, etc. 
a Paris. 

Fray , commissaire ordonvnateur des guerres, chevalier de la Légion- 
d'Honneur, membre de plusieurs sociétés savantes, à Limoges 
(Haute-Vienne). 

GEOFFROY SAINT-HILAIRE, membre de l'Institut, professeur au 
Muséum d'histoire naturelle, et à la faculté des sciences, etc., à Paris. 

Girop-CHantraxs, chevalier des ordres de Saint. Louis et de la Légione 
d'Honneur, a Baume (Doubs). 


436 ANNALES 


* Goper, membre de la Société d’histoire naturelle de Suisse, à Lau- 
sanne (Suisse). 

* Gorx (le chevalier), chevalier de l’ordre Royal Espagnol de Ferdi- 
nand, capitaine de cavalerie, à Paris. 

* GoucEeLEr , employé à l'administration de l'octroi, à Paris. 

Gouzor, à Ferrières (Seine-Inférieure). 

GR&ENE ( Copley ), docteur-médecin , membre de la Société d'histoire 
naturelle de Boston, à Boston (Etats-Unis). 

GUÉNÉE , avocat, Chäteaudun (Eure-et-Loire). 

* Guérin, membre de la Société d'histoire naturelle de Paris, etc., a 
Paris. 

GRasziN (de), propriétaire, à Château du Loir (Sarthe. 

GYLLENHAIL, membre des Académies de sciences de Stockholm, 
d'Upsa! , et de plusieurs Sociélés savantes, commandant des gardes, 
chevalier de l’ordre royal de Vasa , etc., à Hæberg près Skara (Suède). 

HUMBOLDT (le baron de), membre de l'Académie des sciences de 
Paris, de l'Académie de Berlin, etc. à Berlin (Prusse). 

JousseL1N (le comte de ), capitaine de cavalerie, chevalier de la Légion- 
d'Honneur , à Versailles (Seine-et-Oise). 

KIRBY , membre de la Société Linnéenne de Londres, recteur de Bar- 
ham , etc., à Barham (Angleterre). 

KLUG, docteur-médecin, directeur du Muséum d'histoire natureïle de 
Berlin, etc., à Berlin (Prusse). 

LacoRDAIRE , naturaliste, à Paris. 

* Laporte (de), membre de plusieurs Sociétés savantes, à Paris. 

LATREILLE, membre de l’Institut, professeur au Muséum d'histoire 
naturelle de Paris, etc., à Paris. 

* Larrre (de), peintre d'histoire naturelle, à Paris. 

Lépine, employé à l'administration de l'octroi, à Paris, 

* Lepoux, architecte, ancien chef de bataillon , chevalier de l’ordre royal 
des Deux-Siciles, à Paris. 

* LereBvre ( Alexandre), correspondant du Muséum d'histoire natu- 
relle de Paris, de l’Académie Gioënienne de Catane, etc., à Paris. 

* LEPELETIER ST.-FarGEau (le comte), membre des Académies de Mos- 
cou et de Dijon, de la Société d’histoire naturelle de Paris, aux Ba- 
tignolles (Seine). 

Lorey , docteur-médecin, chevalier de la Légion-d'Honneur, membre 
de l’Académie royale des sciences et belles-lettres de Dijon, des 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 457 


Sociétés d'histoire naturelle de Paris, et Linnéenne de Bordeaux ; 
à Dijon (Côte-d'Or). 

Lucas, employé au Laboratoire d'Entomologie du Muséum d'histoire 
naturelle de Paris, à Paris, 

* Luczor, ingénieur en chef des ponts et chaussées, membre de la 
Société Polymathique du Morbihan, et de la Société de statistique 
universelle, à Paris. 

Macquarr, membre de plusieurs Sociétés savantes, à Lille (Nord). 

Marceaux (de Saint-), propriétaire, premier adjoint du maire, à Reims 
(Marne). 

MarcHanD, propriétaire , ancien adjoint du maire, à Chartres (Eure- 
et-Loire). 

Mar@aror , à Nimes (Gard). 

Marmieu , docteur-médecin, Orléans | Loiret). 

* Maximy (de), étudiant en médecine à Paris. 

MxrssoniErR , homme de lettres, à Hyères (Var). 

Merzy, négociant, à Manchester (Angleterre). 

Mercex, propriétaire, membre de la Société Linnéenne du département 
du ‘Rbôñe, etc. , à Lyon (Rhône). 

Meunier, peintre du Muséum d'histoire naturelle, à Paris. 

* Mine Enwarps, professeur de zoologie à l'Ecole centrale des arts et 
maaufactures , etc., à Paris. ; 

Muzsanr, propriétaire, à Lyon (Rhône). 

Noorer (Charles), bibliothécaire de l’Arsenal, chevalier de la Légion- 
d'Honneur, à Paris. 

Orgicny {Dessalines d’), membre de plusieuis Sociétés savantes à Paris. 

* Pozx , avocat à la Cour royale, à Paris. 

* Rapror, employé à l’administration des postes , à Paris. 

* Rameur , docteur-médecin, à Paris. 

* ReicHEe, ancien officier de santé , bachelier ès-lettres, à Paris. 

RrpPeRT, propriétaire, commandant de la garde nationale, à Baugency 
(Loiret). 

Roszer, membre de la Société des sciences naturelles de Liège, à Chênée 
ès-Liège (Belzique). 

Rogyxs, à Bruxelles (Belgique). 

RocEr, négociant, à Bordeaux (Gironde). 

* Romanp (de), chevalier de la Légion-d'Honneur, à Tours (Loire). 

Saporta (le comte de }, à Aix (Bouches-du-Rhône.) 

SAVIGNY, membre de l'Institut, à Versailles (Seine-et-Oise). 


458 ANNALES 

ScHônuerr, conseiller de commerce, chevalier de l'Etoile polaire, à 
Skarra et Sparresater (Suède). 

ScnuErMaAnNN, à Bruxelles (Belgique). 

SILBERMANN , avocat, à Strasbourg (Bas-Rhin). 

+ Tueis (de), attaché au Ministère des affaires étrangères, membre de 
la Société des sciences et arts de Saint-Quentin, à Paris. 

Trarexaux (du), inspecteur de l’octroi de Paris, à Paris. 

* VATTIER, Capitaine-adjudant-major au 25° de ligne, chevalier de la 
Légien-d'Honneur , à Paris. 

* VrarD, négociant, à Paris. 

* Vizzarer ( Foulques de), capitaine d'infanterie, chevalier de la Lé- 
gion-d'Honneur et de l'ordre Royal Espagnol de Charles IIT , à Paris. 

Vizzrers ( de), capitaine d'infanterie, membre correspondant de la 
Société Linnéenne de Paris, Chartres (Eure-et-Loire). 

* WazcxENaER ( baron de), membre de lInstitut, etc., à Paris. 

Wazxer , membre de la Société Linnéenne de Londres, à Londres (An- 
gleterre). 

Yon (Saint-), colonel au corps royal d'état-major, officier de la Lé- 
gion-d’'Honneur , chef de statistique au bureau de la guerre, etc., 
à Paris. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 459 


ERRATA ET ADDENDA 


DU PREMIER VOLUME DES ANNALES. 


PREMIER TRIMESTRE. 


Liste des membres de la Société. 


Page 14 : M. Aubé, ôtez membre de la société d’histoire 
naturelle de Paris. 

Page 14 : M. Baudet-Lafarge, au lieu de Mareille, lisez 
Maringues. 

Page 14 : M. Ledoux, ajoutez ancien chef de bataillon, 
membre de l’ordre royal des Deux-Siciles. 

Page 14 : M. Luczot, après ingénieur, ajoutez en chef. 

Page 15 : Villaret (Foulques de), au lieu de Gharles IV, 
lisez Charles TITI. 


Discours prononcé à l'ouverture de la première seance de 
la Societe, par M. LATREILLr. 


Page 31, lig. 11 : Il ne , lisez Elle ne. 


Mémoire sur le G. Gorytes, par M. le comte LrPELETIER 
DE SAINT-FARGEAU. 


Page 57, ligne 19, après le mot pattes, ajoutez jaunes. 


Caractère distinctif entre quelques Satyres Européens de 
la section des Leucomélaniens, par M. A. Leresvre. 


Page 80, ligne 2 , au lieu de Lefevre , lisez Lefebvre. 
Page 81, ligne 31, après annuellement, ajoutez comme 


440 ANNALES 
par exemple les Pier. Ærgane, Belemida, Arg. Merope, 
Chlorodippe, Cleodoxza, etc., etc., et après et, ajoutez 
celles qui. 

Page 84, ligne 20, après pour ce qui est du dessin, ajoutez 
nécessaire à connaître à l’égard du sujet qui nous occupe. 


Satyrus d’Arcet. 


Au moment où s’imprime ce quatrième Numéro, vient de 
paraître et d’arriver à Paris la troisième décade des Symso1x 
pysicÆ D Exmrrich ET EnREN3ERG , dans laquelle se trouve , 
planche XXIX , fig. 15, 16, 17, 18, représenté, jet9, des- 
sus et dessous, le Satyrus & Arcet. 

Dans la figure qu’on en donne , le trait caractéristique de 
la cellule discoïdale des ailes antérieures est, dans le , lé- 
sèrement courbe et vient aboutir sur la deuxième nervule 
inférieure , et dans la Q est au contraire très-brisé , mais abou- 
tit également sur la même nervule. 

Peut-être ce caractère de la cellule discoïdale , auquel on 
n'avait pas encore attaché une importance plus grande qu’aux 
autres dessins, n'est-il pas sur la planche représenté avec une 
rigoureuse exactitude , tandis que je puis certifier de celle ex- 
trême du dessin que j'en ai fait moi-même, et dont j'ai dirigé la 
gravure. Mais si le dessin de ce caractère, dans l’ouvrage pré- 
cité , est exact, j'ai alors tout lieu de croire que ce Satyre est 
bien une espèce distincte dont je ne posséderais qu’une variété. 
Mais au lieu de le rapprocher du Sat. Galaiïhea (avec lequel 
il n’a pas le moindre rapport), comme le fait l’auteur prus- 
sien, je le placerais immédiatement après le Sat, Larissa , 
duquel il différerait tant par la position du trait caractéris- 
tique que par les autres différences qui lui sont propres, et 
que j'ai signalées dans la description que j'en donne, 

Je crois faire plaisir de transcrire iei la description latine 
que l’auteur allemand fait de ce Satyre. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 44s 


5. Hipparchia Zitea. 
Tab. XXIX. Fig. 15 ad 18. 


H. alis dentatis, anticis albo-nigroque varus , posticis supra albis , 
basi, margineque nigris, subtus albis, linea transversa duplici 
undata media fascia que antemarginal ocelligera nigricantibus 
(mas. fem.). Habitat in Syria. 

Affinis H. Galatbeæ. Corpus nigrum, suprà rigro, subtus albo- 
pubescens , collare utrinque thoracisque lateribus albo-villosis. 
Antennæ apice rufescentes. Ale, albæ, albo nigro que ciliatæ , 
anticæ subdentatæ , suprà basi et ad marginem latæ nigræ , fascta 
ocellata antemarginali obsoleta, subtus linea media transversa 
undata duplici et fascia ocelligera dentata, medio sub-interrupta, 
antemarginali rigricantibus , ocellis sex magnis nigris, pupilla 
alba simplici , tride aut alba aut flavescente , ocellis ultimis duc- 
bus , plerumque minoribus et approximatis. 

Femina ocellis majoribus præsertim in pagina inferiori alarum pos- 
ticarum gaudet. 


Observation sur le crin des Lépidoptères de la tribu des 
Crépusculaires et des Nocturnes, par M. Posy. 


99-200. Glancopide, lisez Glauopide. Yponomente, lisez 
Yponomeute. 


Notice sur un nouveau genre de l’ordre des Homoptères 
a ' ; 
par M. Laprorre. 


Genre /Zeteronoius. 


Depuis l’impression de notre notice sur ce genre, nous 
avons recueilli les observations suivantes. 

1°, Le Membracis Nodosa (Germar), Magas. Entom. doit 
être rapporté à ce genre. 

2°, Le Centrotus Furcatus (Gray) ; (Animal Kingson. }, 


44 ANNALES 

pl. 109, f. 1, est un Âetoronotus, et doit, je crois, être 
rapporté à mon /nermis. Get insecte est aussi figuré dans le 
même ouvrage sous le nom générique de Fulgore. 


Monographie d’un genre nouveau dans la famille des Cur- 
culionites, par M. CnevroLAT. 


Pages 100, 102, 104, 109, 106, 107 et 108, mettre Oli- 
docéphale et Otidocephalus au lieu de Otiocéphale et Otioce- 
phalus. 

Page 102, ligne 17 : elytram, lisez elytrum. 

Page 103, ligne 3 : cineris , lisez cinereis. 

Page 104, ligne 8 : picies, lisez piceis® 

— — ligne 18 : nigeo nitidus, lisez nigro-nitidns. 

Page 106, ligne 17 : humera elevata, lisez humeri elevati. 


(Page 102.) Loncophorus Humeralis. Klug. Chev. 


Piloso-albidus , thorace aurato lateribus, macula laterali, obliqua 
Jusca in elytris, his apice fucescentibus ; rostro oculisque nigris , 
femoribus valdè calcaratis, tibisque anticts in extrem& parte un- 
cinalis. 


Simillimus Loncop. oblique nobis , sed differt colore albidiore, rostro 
nigro, oculis globosis, thorace breviore, latescente medio et ro- 
tundato , lnea alba ampliata , et præsertim scapulis angulosissimis 
atque recurvis. 


E Museo Regio Berolinensi mihi misit sub hoc nomine celeberrimus 


Klug. 


() Long. ° 11 mili. rostri 9 lat. ° hum. 5 m. 1/3 Insula Cuba. 


Trompe cylindracée, grêle, un peu arquée, noire , cou- 
verte d’un duvet blanchâtre, sillonnée légèrement de la base 
au milieu. Tête arrondie, blanche , ayant un point enfoncé 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 443 
sur le front. Yeux noirs, plus globuleux que dans le Loncop. 
Obliquus. Corseletrétréci en avant, court, élargi près du mi- 
lieu , tronqué d’une manière un peu sinueuse à sa base , cou- 
vert d’un duvet d’un jaune doré, avec une ligne blanche large 
sur le dos, étroite par la tête. Écusson élevé, allongé, arrondi 
en arrière, blanc. Elytres sillonnées, blanches, marquées 
latéralement d’une tache oblique brune , extrémité jaunâtre , 
épaules très-aiguës sur le côté et arquées. Pattes et dessous 
du corps d’une couleur fauve , sommet intérieur de chaque 
cuisse armé d’une dent large et pointue , extrémité des jambes 
de devant munies d’un onglet recourbé, postérieures tron- 
quées un peu angulairement. 


Bulletin Entomolozique. 


Page 112, ligne 28 : le bey d'Angola, lisez le pays d’An- 
gola, 
Page 116, ligne 22 : le docteur Boisduval , lisez MM. Bois- 


duval, Rambur et Graslin. 
Le 


DEUXIÈME TRIMESTRE. 


Nouvelle classification des Longicornes, par M. Aunixer- 
SERVILLE. 


Page 188, ligne 25 : caniculée, lisez canaliculée. 
(Page 157.) Genre Macrotoma. 


Le nom de Macrotoma ayant été donné par M. Serville à 
un genre de Prioniers , je suis obligé de rappeler que j'avais, 
six mois auparavant, appliqué la même dénomination à un 
genre de Diptères (Annales des Sciences naturelles, mois 


44 ANNALES 


d’avril 1832). Le genre de M. Serville doit donc changer de 
dénomination (1). 
À. DE LAPORTE. 


Mémoire sur un nouveau genre de Diptères de La famille 


des T'ipulaires, par M. BruLté. 


Page 206, avant-dernière ligne, au lieu de Ctenophore, 
lisez Gtenophoræ. 

Page 309, ligne 4 : Ciaudius , lisez Cladius. 

Page 310, ligne 25 : de dix enveloppes, lisez de six en- 
veloppes. 


A onographie de deux genres nouveaux dans la famille 
des Curculionites, par M. Cnevroar. 


Page 212, ligne 2 : fondé, lisez porté. 
— —  — 90: triarticulis, lisez St articulis ou tri- 
articulis. 


Page 215, ligne gutturomsu , lisez gutturosum. 


Page 219, ligne 


3-4 , 0-6, 7 et 8. 


Page 216, ligne 12 : pune, lisez pone. 


De 
— —  — 3: scrobs hevis y lisez scrobs brevis. 
7 : les trois, quatre, cinq, six, lisez les 


— 217, ligne 8 : bisinunatus, lisez bisinuatus. 
— + — 9:ex-surgens, lisez exsurgens. 
— —  — 19: tumentis, lsez truncatis. 
— —  — 25: unguculis, lisez unguiculus. 


(x) Il y a trois ans environ que le nom de Macrotoma a été donné, par 
M. le comte Dejean, à une coupe faite par lui dans les Prioniens, et adopté 
alors par les Entomologistes. Depuis, ce nom a été seulement conservé 
par M. Audinet-Serville dans sa Monographie des Prioniens, lue à la 
séance du 19 février 1832 de la Société Entomologique, et publié dans 
le rer volume de ses Annales, pag. 118. 

| ArEx. LEFEBVRE. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 445 
Page 217, ligne 4 : un peu pointus , lisez un peu renflés. 
— 219, ligne 6 : le titre de la planche 5, fig. 2 a, doit 
venir après la description de la var. B. 
Page 220, ligne 9 : M. Germas, lisez Germar. 


(Page 108.) Otidocephalus. Klug. Chev. 
Idem Myrmecodes. KI. 


Ater, cum pectore linea alba marginato. Rostrum breve, suprà ca= 
rinalum , punctalum atque rugatum utrinque. Caput rotondaturt , 
thoracis dimentione ; fronte foveato. Oculi albicantes. Thorax cy- 
léndricus , bast vix altenuatus , nonnihil punciatus , levis medio. 
Scutellum cinereum , triangulare. Elÿtra thorace basi duplo la- 
tira, humero rotunda, apice ovata; singulacum decem stris 
levibus punctatis, duabus marginalibus profundis. Pedes pilosi, 
Jemoribus intus, tenuiter dentatis, tibiis æqualibus longitudine , 
sub-rectis, apice oblique truncatis. 

Inter Otidocephalem Prilosum et Americanum collocavi. Ex museo 
Latreille ; a Klug. missus. Habitat... 


Long. ° 4 mill., rostri. 1 m. Latit. ° 9 mill. 


D'un noir assez luisant , à peine couvert de quelques poils 
noirs. Écusson et une ligne blancs au côté de la poitrine. 
Trompe en tarrière, inclinée , droite, courte , très-carenée 
en dessus, ponctuée près sa base et rugueuse latéralement. 
Tête arrondie, ayant un enfoncement profond entre les yeux ; 
ceux-ci obliques, un peu rapprochés vers le haut, blancs , 
noirs au centre. Corselet cylindrique, élevé en avant, couvert 
de quelques gros points épars aux extrémités, lisse au milieu 
et en dessus , faiblement atténué en arrière et tronqué. Écus- 
son petit. Élytres du double en longueur du corselet à sa parlie 
postérieure ; épaules arrondies sur le côté, ovalaires et élevées 
vers leur sômmet , marquées chacune de dix stries légères , 


Le, 


446 ANNALES 


formées de points rapprochés , les deux marginales profondes. 
Pattes d’une longueur moyenne , couveries de poils blancs ; 
cuisses légèrement uni-épineuses en dedans , jambes de gros- 
seur inégale , droites, tronquées obliquement au sommet. 


Bulletin Entomologique. 


Page 235 , ligne 28 : Megasoma Repanda , lisez Repandum. 
Page 241, ligne 7 : Caïenne , lisez Cayenne. 
Page 245, ligne 8 : par le docteur Boisduval, lisez par 


MM. Boisduval, Rambur et Graslin. 


TROISIÈME TRIMESTRE. 
Lettres des membres honoraires. 


Page 245, première ligne, après le mot Lettres, lisez de 
MM. les membres honoraires. 


Catalogue des Lépidoptères de l'ile de Cuba, par M. Ravweur. 


Page 159, ligne 15 : Elychrisium , Zisez Elychrysum. 


— 9299, — 20: Argus, lisez Evon. 

— 256, — 7: Elychrysium, lisez Elychrysum. 
— 96/4, — 29 : roussâtre, lisez roussâtres. 
— 275, — 31:ele, lisez elle. 

— 279, — 14: Acronicia, lisez Acronicta. 
— 9282, — 192 : brunâtre, lisez brunâtres. 


Sur les transformations du Cladius DifJormis, par M. Au- 


GUSTE BRULLÉ. 
Page 508, ligne 14 : espère, lisez espèce. 
Bulletin Entomologique. 


Page 511, ligne 2 : par l’auteur, lisez par l'éditeur. 


DE LA SOCIÉTÉ ENFOMOLOGIQUE, hay 
Notice necrologique sur M. Cuvier. 


Page 317, ligne 13 : lu à cette société , lisez lue. 

Page 329, ligne 25 : qui depuis long-temps occupait cette 
chaire, lisez qui depuis peu dé temps occupait cette chaire 
nouvellement créée. 

Page 350, ligne 20 : 13 mars, Lisez 15 mai. 


Bulletin Entomologique. 


Page 354, ligne 3, après Rambur ajoutez Graslin. 
Page 312 : Pnytonomus, Lisez Rhytonomns Muriaus. 


QUATRIÈME TRIMESTRE. 


Notice sur le Bombyx Repanda Aübner, par M. le baron 
\ 
F'EISTHAMEL. 


Page 341, ligne dernière : l’ide de Léon , lisez l’île de Léon: 
Page 345, ligne 21 : bisertatis, Lisez biseriatis. 

Page 546, ligne 27 : tâches, lisez täches. 

Page 547, ligne 14 : Repanda , Lisez Repandum. 


Nouce sur l’Entomologie de la Guyane francaise, par 
M. Lacorparre. 


Page 349, ligne 28 : est aussi, lisez et aussi. 

Page 356, ligne 20 : sur les bouses , Zisez sous les bouses! 
Page 562, ligne 3 : Nemogatha, lisez Nemognatha. 

Page 364, ligne 1 : longiminanus , lisez longimanus, 

Page 364, ligne 3 : de ces plus, lisez des plus. 


L. 36 


448 ANNALES 


Observations sur l'ouvrage intitulé Bowe1 ScanpiINAviÆ Mo- 
NOGRAPHICÈ TRACTATI, etc., par M. le comte LEePELeTiER 
DE SAINT-FARGEAU. 


Page 375, ligne 21 : denuées, lisez dénué. 
Page 378, ligue 16 : Metaleucus, lisez Melaleucus. 


Mémoire sur cinquante espèces nouvelles ou peu connues 
d'Insectes, par M. ns Laporte. 


Page 592, ligne 3 : bilobù , üsez bilobis. 
Page 411, ligne 25 : condiforme, lisez cordiforme. 


Observations de M. le D’ Boispuvaz sur un memoire de 


M. Zinken-Sommer. 
Page 418, ligne 10 : Fuplæa, lisez Euplæa. 


Notice sur un accouplement de deux Zygènes d'espèces 
x 
différentes, observé par M. »e Virus. 


Page 422, ligne 19 : il n’y avait, Zisez il n’y en avait. 
Bulletin Entomologique. 


Page 425, ligne 12 : à la fin de 1825, lisez à la fin de 
juin 1829. 

Page 452, ligne 22 : Thysanoures. Extrait et, lisez Thy- 
sanoures , extraits et. 

Page 455, ligne 1 : Turquie. Extraits et, lisez Turquie, 
extraits et. 

Page 435, ligne 2, après linnéenne , ajoutez de Paris. 


Érrata et Addenda. 


Page 441, ligne 20 : Glauopide, lisez Glaucopide. 
Page 442, ligne 1 : Hetoronotus, Zisez Heteronotus. 
— O—  — 12: nigro-nitidns, lisez nigro-nitidus. 


DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 449 


Page 445 , ligne 5 : Otidocephalus Klug. Chev., lisez Oti- 
docephalus Klug. Chev. 


ee 


PLANCHES. 


PI. VIIT, fig. 10 : Chenille de l'Uropus, Zsez de l’Uropus 
Ulmi. 


PI. IX, fig. 1 : Lencania Riparia , Lisez Leucania Riparia. 
PL IX, fig. 7 : Rematus Latierus, lisez Nematus Laticrus. 


FIN DU PREMIER VOLUME. 








TABLE DES MATIÈRES. 


Avis à MM. les membres de la Société. Page 431. 


Bibliographie Entomologique. 115, 242, 333, 430. 
Bulletin Entomologique. 109, 231, 311, 423. 


Caractère distinctif entre quelques Satyres Européens de a section 
des Leucomélaniens , par M. Alex. Lefebvre. 80, 440. 

Catalogue des Lépidoptères de l'ile de Corse, avec la descriplion et 
la figure des espèces inédites, par M. Rambur. 245. 

Communications faites à la Société. 111, 231, 233 , 234, 236, 
SL, SUN U23 3424, 428. 


Composition du bureau de la Société. 16. 


Description d’un Tetralobus nouveau , par M. Gory. 220. 

Description d’un nouveau genre de Crustacé Macroure , formant le 
passage entre les Paguriens et les Thalassinites, par M. Guérin. 295. 

Discours prononcé, le 29 février 2832, à l’ouverture de la première 
séance de la Société Entomologique , par M. Latreille , son prési- 
dent honoraire. 22. 


Errata et Addenda du premier volume des Annales. 430. 

Lectures faites à la Société. 110,111,113, 233, 234, 235, 237, 
230,239, 423, 426, 427, 426. 

Lettres d’acceptation des Membres Honoraires. 17, 18, 19, 20, 21, 


127,:245, (330: 


Membres de la Société Entomologique de France, 434. 
Membres fondateurs de la Société, 12. 
Membres honoraires. 15. 


Membres recus. 233 , 234, 235 , 240, 313, 315, 424, 427, 428. 


452 TABLE DES MATIÈRES. 

Mémoire sur le genre Gorytes (Arpactus Jur.), par M. le comte 
Lepeletier de Saint-Fargeau. 52. 

Mémoire sur un genre nouveau de Diptères, de la famille des 71- 
pulatres , par M. Auguste Brullé. 205. 

Mémoire sur quelques nouveaux genres de l’ordre des Homoptères, 
par M. F. de Laporte. 221. 

Mémoire sur quatre nouvelles espèces de Tenthredines , par M. Foul- 
ques de Villaret. 303. 

* Mémoire sur cinquante espèces nouvelles ou peu connues d’Insectes , 
par M. F. de Laporte. 386. 

Monographie d’un genre nouveau dans la famille des Curculionites , 
par M. A. Chevrolat. 98, 442. 

Monographie de deux genres nouveaux dans la famille des Curcu- 


lionites , par M. A. Chevrolat. 211, 445, 448. 
Nécrologie. 123, 241, 317 , 332: 


Note sur un nouveau genre de Crustacé de l’ordre des Stomapodes, 
par M. H. Milne-Edwards. 336. 

Notice sur un nouveau genre de l’ordre des Æomoptéres , par M. de 
Laporte. 95, 441. 

Notice sur une espèce de Tineite (Tinea Decuriella. Hübn.), dont 
la chenille vit et se métamorphose dans la résine du Pin Sylvestre 
(Pinus Sylvestris), par M. Duponchel. 300: 

Notice sur GEorcE Cuvrer , membre honoraire de la Société Ento- 
mologique de France , lue à cette Société par M. Victor Audouin , 
vice-président. 317. 

Notice sur l’Entomeologie de la Guyane française , par M. Th. La- 
cordaire. 348. 


Notice sur le Bombyx Repanda (Hübner), appartenant au genre 
Megasoma (Boisd. ), par M. le baron Feisthamel. 340. 

Notice sur un accouplement de deux Zygênes d’espèces différentes , 
observé par M. de Villiers. 421. 

Nouvelle classification de la famille des Longicornes, par M. Au- 
dmet-Serville. 118. 


TABLE DES MATIÈRES. 453 


Observations sur le crin des Lépidoptères de la tribu des Crépuscu- 
laires et des Nocturnes , par M. Poëy. 9r. 


Observations sur le Bombyx Pityocampa de Godart (genre Gastro 
pacha d'Ochs) , par M. de Villiers. 201. 


Observations sur l’Écaille Pudique de Godart (genre Eyprepia 
d’Ocbs), par M. de Villiers. 203. 


Observations sur l’ouvrage intitulé Bombi Scandinavie, ete., a Gust. 


Dahlbom ; etc. , par M. le comte Lepeletier de Saint-Fargeau. 366. 


Observations de M. le docteur Boisduval sur un Mémoire de M. Zin- 
ken-Sommer. 416. 


Ouvrages offerts à la Société, 231, 233, 234,236, 311, 313, ST4, 
423 > 424, 427, 428, 432. 


Quelques observations sur la manière de travailler en histoire natu- 
relle , et en particulier sur les Monographies , par M. Godet. 34. 


Réolement de la Société. 5. 


Séance de la Société du 31 janvier. 109. 
SR PEL Mie NUE SL 7 février. 100. 
OR Re NN dant 14 février. 109. 
ALES AE D LE MT à 20 février. 110. 
M RL AE ANRT A PRE 7 Mars. 111. 
RER. DEA Re CA AUTRES OUR 
See rene sa DO NAVTEL 0293. 
A et ere» > mal. 234. 
Sans esta ccre MT MUIO. 230: 
Sn UE dUn Se ete 4 juillet. 311. 
ARTE RE I TS AO EG Ed 
D de AAA NE AE 5 septembre. 3 


1 
LES RTE TS OCLODEE. 153: 
» 1e Re 
se MACRO PRE UE 4 novembre. 424. 


3 


RAR. DOMAINE ERNRNR 21 novembre. 427. 
2 


454 TABLE DES MATIÈRES. 
Sur les transformations du Cladius Difformis', Hymenoptère de ja 
famille des Tenthredines, par M. Aug. Brullé. 306. 


! 


Tableau indicatif des jours de séance. 2. 


Trois espèces de Coléoptères nouveaux, par M. Gory. 353. 


Voyages et nouvelles diverses. 112, 241, 315 , 429. 


Nota. La table des Genres et des Espèces contenues dans ce vo- 


lume n’étant pas terminée, sera envoyée séparément avec la pro- 
chaine livraison. 


FIN DE LA TABLE DES MATIERES 


s° 


TABLE ALPHABÉTIQUE 


DES 


CENLBES ER EBSLECGES 


DU PREMIER VOLUME. 


w ; 


if ; 
Pi 
* 


= LA 
4 


q 


LA Au 


> 
" 
“ 





TABLE ALPHABÉTIQUE 


: DES GENRES ET ESPÈCES DU PREMIER VOLUME. 


(1832.) 


Nota. Les geures sont en Noms des genres 


gros caractère et les espèces| auxquels les espèces appar-|auxquels les genres 


en petit caractère. tiennent. 


ACANTHICUS. 
ACANTOPHORUS. 
ÆGOSOMA. 
AGACEPHA LA. 
ALLOCERUS. 
AMPHION. 

AN ACANTHEUS. 
ANACOLUS. 
ANCISTROTUS. 
ANOXIA. 
ANTHIPNA. 
ARPACTUS. 
ATYPA. 
AULACOPUS. 
Abdominalis. 
Acaciæ. 


CEROCTENUS. 
MEGASOMA. 
CTENOSCELIS. 
RA PHIRHINUS. 
PSITHYRUS. 
ÆGOSOMA. 
ARPACTUS. 
ANOXIA. 
HOPLISUS. 
EUSPONGUS. 
TAGENIA. 


Acanthopus. 
Adscendens. 
Æstivailis. 


OTIOCEPHALUS. 


LEUCANIA. 
PYRODES. 
SESIA. 
GORYTES. 
PSITHYRUS. 
SATYRUS. 
SATYRUS. 
BASITOXUS. . 
PANAGEUS. 
HET 


Angulatus. 
Anthraciformis. 


ONOTUS. 


Noms des ordres 


appartienvent. 


Hémiptères. 
Coléontères. 
Col. 

Col. 

Col. 
Crustacés. 
Col. 

Col. 

Col. 

Col. 

Col. 


Hÿménoptères. 


Hém. 
Col. 
iol. 
Lép. 
Col. 
Hém. . 
Hym.. 
Col. 
Hym. 
Coi. 
Hym. 
Hym. 
Col. 
Col. 
Lép. 
Col. 
Lép. 


Hyménoptères. 


Hym. 
Lép. 
Lép. 
Col. 
Col. 
Hém. 


Auteurs 


qui eu parlent. 


De Laporte. 
Ser ville. 
Serv. 

De Laporte. 
Serv. 

Milne Edwards. 
Serv. 

Serv. 

Serv. 

De Lap. 

Dé Lap. 
Si.-Fargeau. 
De Lap. 
Serv. 

Serv. 
Feisthamel. 
Serv. 

De Lap. 
St.-Far. 
Serv. 
St.-Far. 

De Lap. 
St.-Far. 
St.-Far, 

De Lap. 
Chevrolat. 
Rambur. 
Serv. 
Ramb. 
St.-Far. 
St.-Fargeau. 
Lef. 
Rambur. 
Serv. 

De Lap. 

De Lap. 





458 TABLE ALPHABÉTIQUE 


= 

















Nota. Les genres sont en Nouns des genres Noms des ordres Auteurs 
D igros caractère et les espèces | auxquels les espèces appar-|auxquels les genres j Pages. 
en petit caractère. tiennent. appartiennent. qui en parlent. 









ee 


Armillatus. 
J'Asphodeli. 
Ater. 

j'Ater. 

Ater. 
Atropos. 
lAustralis. 
BASITOXUS. 
{BOCYDIUM. 
| BOMBUS. 

I BOMBYX. 


ENOPLOCERUS.  |Coléoptères. Serville. 147 
POLIA. Lépidoptères.  |Rambur. 281 
DERCYLUS. Col. De Lap. 392 
ENICOTARSUS. Col. De Lap. 402 
CTENOSCELIS. Col. Serv. 135 
SATYRUS. Lép. Lefebvre. 85 
XYLINA. Lép. Ramb. 291 

Col. Serv. 1974 

Hém. De Lap. 229 

Hym. St.-Far. 366 

Lép. De Villiers. 20 

Lep. Feist. 340 

Col. De Lap. 395 

Col. Gory. 383 
ORTHOSOMA. Col. Serv. 156 
CALLIPOGON. Col. Serv. 142 
PRIONUS. Col. Serv. 143 
PSITHYRUS. Hym. St.-Far. 377 
PSITHYRUS. Hym. St.-Far. 379 
LESTIPHORUS, Hym. St.-Far. To 
LITHOSIA. Lép. Ramb. 270 
PYRODES. Col. Serv. 187 
CYMINDOIDEA. |Col. De Lap. : 390 
HYLECÆTUS, Col. De Lap. 194 
DEROBRACHUS. |Col. Serv. 152 
PRIONUS. Col. Serv. 398 
SPONDYLIS, Col. Serv. 131 
, Col. Serv. 140 
Col. Serv. 194 
Col. De Lap. 395 
Col. Serv. 132 
Col. De Lap. 393 
Lépidopteres..… [Ramb. 286 
Col. 21f De Lap. 387 
Col. De Lap. 392 
Col. Serv. 196 
Hém. De Lap. . 229 




































































































d|Bifasciata. 

{ Bifasciatus. 
|Bisignata. 

| Brasihiénsis. 

1 Brevicollis. 

| Buphthalmus. 

| Buprestoides. 
AICALLIPOGON. 
 CALOCOMUS. 
ICAMPTODONTES: 
CANTHAROCNEMIS. 
ICARABUS. 

I CARADRINA. 
CASNONIA. 
CATASCOPUS.. 
HICEROCTENUS. 
CENTROTUS. 




























































ICHARIEA. Col. Serv. 197 
CICADA. Hem. De Lap. 412 
Hyménoptères. |Brullé. 308 


Col. De Lap. 496 
Col. De Lap. 396 
Col. Serv. 193 
Col. Serv. 104 
Col. Serv. 178 
Diptères. " |Brullé. 20b 






A CTENOPHORA. 

















DES GENRES ET ESPECES. 459 
È Nota. Les genres sont en Noms des genres Noms des ordres Auteurs 
K|gros caracière et les espèces | auxquels les espèces appar-|auxquels les genres k Pages. 
$ en petit caractère. tiennent. appartiennent. qui en parlent. - 
FH CTENOSCELIS. Ÿ Coléoptères Serville. 134 
AIGYMINDOIDEA. Col De Laporte, 390 
HCYPHONIA. Hémipteres. De Lap. 229 
1 Cæruleus. PYRODES. Col. Serv. 187 
j| Caffer. COLPODERUS. Col Serv. 179 
E | Callidioides. MONODESMUS. Col. Serv. 16t 
tCaliforuicus. OMUS. Col. De Lap. 387 
F|Campestris. GORYTES. Hym St.-Fargeau. 58 
| Campestris. ”SITHYRUS. Hyÿm St.-Far. 379 
H|Canaliculata. SOLENOPTERA. Col. Serv. 184 
||Carcelii. ANTHIPNA. Col. De Lap. 411 
| Carceli. ARPACTUS. Hym St -Far. 78 
1|Castanea. MACROTOMA. Col. Serv. 1338 
Cayennensis. BRADYBÆNUS. Col. De Lap 395 
Cayennensis. PELTOIDES. Col. De Lap 4ot 
Cervicornis. MACRODONTIA. |Col. Serv.- 140 
{|Chenopodiphaga MAMESTRA. Lép. Ramb. 283 
Cinctus. HOPLISUS Hym St.-Far 6r 
| Cinereum. COELODON Col. Serv. 164 
Cinereus. TÉTRALOBUS Col Gory. 220 
Cinnamomeus. ORTHOMEGAS Col. Serv. 149 i 
Clavatus. CENTROTUS Hém De Lap 230 } 
Claviger. CENTROTUS Hém De Lap 230 
Cleanthe. SATYRUS. Lép. Lefebvre 86 
Clivinoides. CAMPTODONTUS. |Col. De Lap 393 
Clotho. SATYRUS Lép. Lef. 85 
Concinnus. ARPACTUS Hym St.-Far 7 
Coriarius. PRIONUS Col. Serv. 192 
Cornutus. OSORIUS Col. De Lap 395 
Corsica. ZYGÆNA Lép. Ramb. 267 
Corsica. POLIA. Lép. Ramb. 279 
Corsicum. TRICHOSOMA Lép. Ramb. 272 
Corsicus. NECROPHORUS. |Col. De Lap 399 
Corticinus. PRIONUS Col Serv. 149 | 
Costatus. ANACANTHUS Col. Serv 166. 
Crenatus. PRIONUS 1 Col. Serx 140 
Cristatum. MEGASOMA Lép. Feisthamel. 347 
Cucullata. GERMARIA Hém De Lap. 223 
Cupriventris. RAPHIRHINUS Hém De Lap. 414 
Cyanea. CHARIEA Col. Serv. # 195 
Cylindricum. ORTHOSOMA Col Serv. 156 
DASYTES. Coi De Lap 398 
DERANCISTRUS. Col. Sert. 181 
DERCYLUS. Col. De Lap 393 
DEROBRACHUS. Col. Serv. 154 
DICRANIA. -[Col, De Lap 400 





Nota. Les genres sont en 


Noms des genres 


TABLE ALPHABÉTIQUE 


Noms des ordres 





Auteurs 


dlgros caractère et les espèces |auxquels les espèces appar-[auxquels les genres 


en petit caractère, 


| Dalhi:. 

l Damicornis. 

!ID'Arcet. 

| Decuriella. 

\ Dejeanii. 

à Depsarium. 

 Desmaresti1. 
Desmarestii. 
Difformis. 
Dilaticornis. 

Dupont. 

ECAILLE. 

SH ELATER. 
ENICOTARSUS. 


ENOPLOCERUS. 


ERETES. 

IERGATES. 
EUMICRUS. 

HEUSPONGUS. 
EYPREPIA. 

{|Elegans, 

[lElegans. 

F Elongata. 
Exsertus. 
Faber. 

{Filipendulæ. 

ÿ Flabellicornis. 

{ Flavipennis. 

j Flavipennis. 

1Flavolineatus. 

à Flavo maculatus. 

Flavo-scutellata. 

i Formicarius. 

I Formosa. 
Formosus. 

| Frutetorum. 
Fusca. 

 Fuscicornis. 

jFuscus. 


GASTROPACHA. 


GERMARIA. 
GORYTES. 
1'Galathea. 
Galaxera. 
Galena. 
Gibba. 


Uennent. 


SPHINX. 
STENODONTES. 
SATYRES. 
TINEA. 

CLA VIPALPUS. 
TRAGOSOMA. 
CALOCOMUS. 
ACANTHICUS 
CLADIUS. 
ALLOCERUS. 


JAGACEPHALA. 


DERANCISTRUS. 


ARPACTUS. 
ISEA. 
PRIONUS. 
PRIONUS. 
ZYGÆNA. 
CLOSTERUS. 


OTIOCEPHALUS. 
PRIONAPTERUS. 


HETERONOTFUS. 
CURCULIO. : 
DICRANIA. 


OTIOCEPHALUS. 


SILPHA. 
ARPACTUS. 
PSITHYRUS. 
CICADA. 
CARADRINA. 
HETERONOTUS. 


SATYRUS. 
SATYRUS. 
SATYRUS. 
ATYPA. 


appartiensent. 


qui en parlent. 


a ———— | —_—_———— rennes 


Lépidoptères. 
Coléopières. 
Lép. 

Lép. 

Col. 

Col. 

Col. 
Hémiptères. 


Hyménoptères. 


Col. 
Col. 
Lép. 
Col. 
Col. 
Col. 
Col. 
Col. 
Col. 
Hym. 
Lép. 
Col. 
Hym. 
Crustacés. 
Col. 
Col, 
Lép. 
Col. 
Col. 
Col. 
Hém. 
Col. 
Col. 
Col. 
Col. 
Hym. 
Hÿm. 
Hém. 
Lép. 
Hém. 
Lép. 
Hem. 
Hyin. 
Lépidoptères. 
Lép. 
Lép. 
Hémiptères. 





Rambur. 
Serville. 
Lefebvre. 
Duponchel. 
De Laporte. 
Serv. 
Serv. 

De La. 
Brullé. 
Gory. 

De Lap. 
De Villiers. 
Gor. 

De Lap. 
Serv. 

De Lap. 
Serv. 

De Lap. 
St.-Fargeau. 
De Vill. 
Serv. 
St.-Far. 
Guérin. 
Serv. 
Serv. 

De Vill. 
Serv. 
Chevrolat. 
Serv. 

De Lap. 
Chev. 

De Lap. 
Chev. 

De Lap. 
St.-Far. 
St.-Far. 
De Lap. 
Ramb. 

De Lap. 
De Vill. 
De Lap. 
St.-Far. 
Lefebvre. 
Lef. 

Lef. 

De Lap. 





Nota. Les genres sont en 
gros earactère et les espèces auxquels les espèces appar- [auxquels les genres 
en petit caractères 








Noms des genres 


tienneut. 


DES GENRES ET FSPÈCES. 


Noms des ordres 


appartiennent. 


Auteurs 


qui en parlent. 


467 





Pages. 

















Giganteus. TITANUS, Coléoptères.  |[Serville. 134 
Globularis. CENTROTUS. Hémiptères. De Laporte. 229 
Goryi. AGACEPHALA. Col. De Lap. 4oÿ 
[Grandis. CLIDICUS. Col. De Lap. 397 
Griseus. ERETES. Col. De Lap. 397 
HESPERIA. Lépidoptères. |Rambur, 265 
HETERONOTUS. Hem. De Lap. 99 
HOPLIDERES. Col. Serv. 147 
HOPLISUS. Hyménoptères. |St.-Fargeau. 6x 
HOPLOSCELIS. Col. Serv. 169 
HYLECÆTUS. Col. De Lap. 398 
Hamaticollis. ANCISTROTUS. Col. Serv. 137 
Hamatiferus. CALOCOMUS. Col. Serv. 195 
Helwigii. EUMICRUS. Col. De Lap. 396 
Herta. SATYRÜS. Lép. Lefebvre. 86 
Hierta. SATYRUS. Lép. Lef. 86 
Hirtipes. DICRANIA. Col. De Lap. 409 
Humeralis. LONCOPHORUS. |Col. Chevrolat. 442 
ISEA. Crustacés. Guérin. 295 
Ichnusa. VANESSA. Lép. Ramb. 260 
Imbricornis. PRIONUS. * | Col. Serv. 192 
Inermis. HETERONOTUS. |Hém. De Lap. 97 
Ines. SATYRUS. Lép. Lef. 838 
Inops. PSITHYRUS. Hym. St.-Far, 380 
Iaterruptus. PSITHYR US. Hym. St.-Far. 387 
Klugii. OTIDOCEPHALUS. | Col. Chev. 445, 
LANGURIA. Col. De Lap. 412 
LEPTOTRACHELUS Col. De Lap. 389 
LESTIPHORUS. Hym. St.-Far. 70 
LEUCANIA. Lép. Ramb. 288 
LITHOSIA. Lép. Ramb. 270 
LONCOPHORUS. Col. Chev. 215 
Lachesis. SATYRUS. Lép. Lef. 85 
Lacordairei. POLYOZA. Col. Serv. 167 
Lacordairii. HOPLISUS. Hyno. St.-Far. 64 
Lævis. ARPACTUS. Hym. St.-Far. 7 
Larissa. SATYRUS, Lép. Lef. 86.9 
Lateralis. THYRSIA. Col. Serv. 180 
Lalicinctus. EUSPONGUS. Hym. St.-Far. ; 66 
Laticrus. NEMATUS. : Hym. De Villaret. 307. 
Latipes. - INEMATUS. Hym, De Vill. 306 
Lepida. BUPRESTIS. Col. Gory. .383 
Lepidoptères. {CRIN DES). Crépusc. Nocture|Poey. g1 
Leucaspis. MALLASPIS. Col. Serv. 189 
Leucomelas. SATYRUS. Lép. Lef, . 85 
Leucoproctus, PSITHYRUS. Hym. St.-Far. 379: 





462 TABLE ALPHABÉTIQUE 











Nota. Les gerres sont en Noms des genres Noms des ordres Auteurs 
gros caractère et les espèces| auxquels les espèces appar-| auxquels Les genres 


en petit caractère. tienuent. appartiennent. 










Pages. 





qui en parlent. 







—_—_—_—_—_———_——_——————_—_—_ | —— À ————— 


Lineata. TLANGURIA. Coléoptères. 
Lineata. SOLENOPTERA. |Col. 
Longicornis. SPHEX. Hyméneptères. 
Lucanicerus. PRIONUS. Col. 











De Laporte. 4r2 
Serville. 184 
St. Fargeau. 6x 
Serv. 142 





















































Lucanoïdes. HOPLOSCELIS. Col. Serv. 170 
Lucanoides. NOTOPHYSIS. Col. Serv. 159 
Luczoti. POIOCERA. Hém. De Lap. 222 
Luczotii. CAR ABUS. Col. De Lap. 393 
Lugubris. ANACOLUS. Col. Serv 
Luridipennis. MONOCRANIA. Col. 
Luzonum. PRIONUS. Col. 
Lyssianassa. SATYRUS. Lép. 
BMACRODONTIA. Col. 
MACROTOMA. Col. 
MA LLASPIS. Col. 
MALLODON. Col. 
MAMESTRA. Lép. 
MEGASOMA. Lép. 
MEGOPIS. Col. 
MEROSCELISUS. : Col. 
METOPOCOILUS. * [Col. 
MONOCRANIA. Gol. 
IMONODESMUS. Col. 
Mac-Layi. ORPHNUS. Col. 
Maculatus. ACANTHOPHORUS. | Col. 
Maculicollis. METOPOCOILUS. |Col. 
Maculipenne. PÆKILOSOMA. Col. 
|Maculipennis. CICADA. Hém. 
IMadagascariensis. ELATER. Col. 
Maiilei. BASITOXUS. Col. 
Mandibularis. STENODONTES.  |Col. 
|Mannerbeimii. AGACEPHALA. Col. 
|Maquarti. PTERYGIA. Hém. 
Matutinalis. ANOXIA. Col. 
iMaxillosus. MALLODON. Col. 
| Melanocerus. OXYCORYNUS.  |Col. 
|Melanops. OXYCORYNUS. Col. 
|Mercki. XYLINA. Lép. 
iMelaleucus. PSITHYRUS. Hym. 
iMexicanus. OTIOCEPHALUS. |Col. 
|Minos. ZYGOENA. Lép. 
|Mutica. MEGOPIS. Col. 
|Myrmecodes. OTIDOCEPHALUS. | Col. 
|Mystaceus. GORYTES. Hym. 
{NECROPHORUS. Col. 





INEMATUS. He 










en petit caractère. 





NOTOPH YSIS. 
Niagarensis. 
Nigra. 


Nigromaculatus. 
Nitidus. 
ODACANTHA. 
OMUS. 
ORGYA. 
ORPHNUS. 
ORTHOMEGAS. 
ORTHOSOMA. 
OSORIUS. 
OTIOCEPHALUS. 
OXYCORYNUS. 
Obliquatus. 
Obliquus. 
Obscurus. 
Occidentalis. 
Octangularis. 
Orientalis. 
Ornata. 
Ornatipenne. 
Ornatum. 
Orratus. 
IPANAGEUS. 
PEDARIA. 
PELTOIDES. 
PERCUS. 
PIERIS. 


POEKILOSOMA. 
POIOCERA. 
POLIA. 
POLYARTHRON. 
POLYOZA. 


PRIONUS. 
PSAMM ÆCIUS. 
PSITH YRUS. 

I PTER YGIA. 
PTYCHOPTERA. 
PYRODES. 

Palmata. 





Nota. Les genres sont en 
gros caractère et les espèces | auxquels les espèces appar- 


PRIONAPTERUS. 





DES GENRES ET ESPÈCES. 


Noms des genres 


tiennent. 


SPHOERODERUS. 
PEDARIA. 
MONOCRANIA. 
HETERONOTUS. 
XIPHURA. 
LONCOPHORUS. 
PYRODES. 


RAPHIRHINUS. 
LONCGPHORUS. 
PRIONUS. 
ANOXIA. 


PLATYGNATHYS. 


ANOXïA. 
CYPHONIA. 
POEKILOSOMA. 
POEKILOSOMA. 
PSITHYRUS. . 


PLATYGNATHUS. f 


MACROTOMA. 


Noms des ordres 
auxquels les genres 


apparliennent. 


Coléoptères. 
Col. 

Col. 

Col. 
Hémiptères. 
Dipteres. 
Col. 

Col. 

Col. 

Col. 
Lépidoptères. 
Coi. 

Col. 

Col. 

Col. 

Col. 

Col. 

Hém. 

Col. 

Col. 

Col. 

Col. 

Col. 

Hém. 

Col. 

Col. 


Hyméno ptères. 


Col. 
Col. 
Col. 
Col. 
Lép. 
Col. 
Col. 
Hém. 
Lép. 
Col. 
Col. 
Col. 
Col. 
Hym. 
Hym. 
Hém. 
Dip. 
Col 
Col. 


Auteurs 


qui en parlent. 


Serv. 

De Laporte, 
De Lap. 
De Lap. 
De Lap. 
Brullé. 
Chevrolat. 
Serv. 

De Lap. 
De Lap® 
Rambur. 
De Lap. 
Serv. 
Serv. 

De Lap. 
Chev. 
Chev. 
De Lap. 
Chev. 
Serv. 
De Lap. 
Serv. 

De Lap. 
De Lap. 
Serv. 
Serv. 
SL-Fargeau. 
De Lap. 
De Lap. 
De Lap. 
De Lap. 
Ramb. 
Serv. 
Serv. 

De Lap. 
Ramb. 
Serv. 
Serv. 
Serv. 
Serv. 
St.-Far. 
St--Far, 
De Lap. 
Brul. 
Serv. 
Serv. 





















































464 TABLE ALPHABETIQUE 


À en = me C7 











FETES D rime dre = 2m 






Nota. Les genres sont en Noms des genres Noms des ordres 


Auteurs 
gros caractère et les espèces auxquels les espèces appar-|auxqueis les genres 





Pages. 





en petit caractère. 








Parallelus. 












































tiennent. 





appartiennent. 








qui en parlent, 








PLATYGNATHUS. |Coléoptères.  |Serville. 151 
Parasita. LONCOPHORUS.  |Col. Chev. 218 
jPectinicornis. POLYARTHRON. |Col. Serv. 190 
Peleterii. SCHIZOCERUS.  |Hyménoptères, | De Villaret. 304 
f|Pherusa. SATYRUS. Lépidoptères.  |Lefebvre. 88 
$|Pilosus. OTIOCEPHALUS. |Col. Chev. 104 
1 Pityocampa. BOMBYX. Lép. De Villiers. 201 
Î|Poëy. OTIOCEPHALUS. |Col. Chev. 107 
fProcida. SATYRUS. Lép. Lefebvre, 85 
|| Psyché. si SATYRUS. Lép. Lef. 88 
flPudica. ECAILLE. Lép. De Villi. 203 
p Punctulatus. PSAMM ÆCIUS. Hym. St.-Fargeau. 72 
 Pyrenœus. PSITHYRUS. Hym. St.-Far. 375 
Quadratus. ENICOTARSUS.  |Gol. De Laporte. 403 
| Quadricolor. PSITHYRUS Hym. St.-Far. 376 
il; Lineata. SOLENOPTERA, |Col. Serv. 184 
[4 Signatus. CASNONIA. Col De Lap. 387 
4 Signatus. CATASCO PUS. Col. De Lap. 392 
i 4 Spinosa. MACRODONTIA. |Col. Serv. 140 
4 et 5 Fasciatus. HOPLISUS. Hym. St.-Far. 65 
RAPHIRHINUS. Hémiptères. De Lap. 413 
RH APHIPODUS. Col. Serv. 168 
 Ramburii. PERCUS. Col. De Lap. SisE 
Raynaudii. AMPHION. Crustacés. Milne Edwards.| 336 
'Repanda. BOMBYX. Lép. Feisthamel. 340 
Reticulatus. AULACOPUS. Col. Serv. 145 
Riparia. LEUCANIA. Lép. Rambur. 288 
1 Rossiellus. PSITHYRUS. Hym. St.-Far. 380 
l'Rufeola. LITHOSIA. Lép. Ramb. 271 
\Rufcollis. ARPACTUS. Hym. St.-Far. 77 
| Rufipenne. POEKILOSOMA.  {|Col. Serv. 186 
Rufus. EUMICRUS. Col. De Lap. 396 
Rugulosa. MACROTOMA. Col. Serv. 146 
'Rupestris. ORGYA. Lép. Ramb. 275 
[Rupestris. PSITHYRUS. Hyÿm. SL.-Far. 375.6 
ISATYRUS. Lép. Lef. 80 
SATYRUS. Len. Ramb. 262 
\SCHIZIA. Hém. [De Lap. 223 
ISCHIZOCERUS. Hym. De Villaret, 303 
SESIA. Lép. Ramb. 266 
AISILPHA. Col. De Lap. 400 
SOLENOPTER A. Col. Serv. 183 
I SPERCHEUS. Col. De Lap. 398 
SPHÆRONOTUS. Hém. De Lap. 229 
| SPHINX. Lép. Ramb. 266 
SPHOERODERUS. Col. De Lap. 390 





| Nota. Les genres sont en Noms des genres Noms des ordres Auieurs 
Bluros caractère et les espèces [auxquels les espèces appar-|auxquels les genres 


en petit caractère. tiennent; appartiennent. qui en parlent. 


ISPONDYLYS. Coléoptires. Serv. 
STENODONTES. Col. Serv. 
STERNACANTHUS. Col. Serv. 
STICTOSOMUS. Col. Serv. 


Sanguineus. 
Scabricorne. 
[IScutellaris. 
Semicostatus. 
Senegalensis. 
Senegalensis. 
Senesalensis. 
Senegalensis. 
Senegalensis. 


ANACOLUS. 
ÆGOSOMA. 
MALLASPIS. 


STICTOSOMUS. 


ORPHNUS. 
PRIONUS. 
PELTOIDES. 
SPERCHEUS. 
TILLOIDEA. 


Col. 
Col. 
Col. 
Col. 
Col. 
Col- 
Col. 
Col. 
Col. 


Serv. 

Serv. 

Serv. 

Serv. 

De Laporte. 
Serv. 

De Lap. 

De Lap. 

De Lap. 


Sericeus. 
Serrarius. 
Serraticornis. 


ORTHOMEGAS. Col. Serv. 
ERGATES. Col. Serv. 
ACANTHOPHORUS. | Col. Serv. 
MACROTOMA. Col. Serv. 
SCHIZIA. Hémiptères. De Lap. 
PYRODES. Col. Serv. 
ALLOCERUS. Col. Serv. 
PRIONUS. Col. Serv. 
HOPLIDERES Col. Serv. 
HETERONOTUS. |Hém. De Lap. 
DASYTES. Col. De Lap. 
CANTHAROCNEMIS | Col. Serv. 
PRIONAPTERUS. |Col. Serv. 
ACANTHICUS. Hém. De Lap. 
PRIONUS. Col. Serv. 
LEPTOTRACHELUS.|Col. De Lap. 
RHAPHIPODUS. Col Serv. 
PSITHYRUS. Hyménoptères. |St.-Fargeau. 
Col. De Lap. 
Col. Gory. 
Col. Serv. 
Col. De Lap. 
Lépidoptères. |Duponchel. 
Col. Serv. 
Col. Serv. 
Lép. Rambur. 
PIERIS. Lép. Ramb. 
EUMICRUS. Col. De Lap. 
HESPERIA. Lép. Ramb. 
SOLENOPTERA. Col. Serv. 
EUMICRUS. Col. De Lap. 
SATYRUS. Lép. Ramb. 
CASNONIA. Col. De Lap. 


Transversalis. 





4606 


Le ser VS — 


| Nota. Les genres sont en 
A|gros caractère et les espèces | auxquels les espèces appar- auxquels les genres 
en petit caractere. 


Trifidus. 

| Tuberculatus. 
| Tumidus. 
UROPUS. 

! Ulmi. 
 Undatus. 

| Unicostatus. 

B|Unifasciata. 

H VANESSA. 

| Varius. 

i Varius. 

h| Varus. 

H Vasco. 

t Velutina. 
Versicolor. 

a! Vestalis. 

H Vicinus. 

'Villaretiana. 
Villosa. 
Violaceus. 
XIPHURA. 
XYLINA. 
ZYGÆNA. 
ZYGÆNA. 


RÉ EEÉÉEE —— 





eo ont A à NT» ns 


Noms des genres 


üennent. 


CENTROTUS. 
CTENOSCELIS. 
ARPACTUS. 


UROPUS. 


ISTERN ACANTHUS 


(SI LPHA. 
TILLOIDEA. 


LONCOPHORUS. 


PSITHYRUS. 
NEMATUS. 
PSITHYRUS. 
DICRANIA. 
PRIONUS. 
PSITHYRUS. 
EUSPONGUS. 
XIPHURA. 
ANOXIA. 


MEROSCELISUS, 


Noms des ordres 


appartiennent. 


Hem. 
Coléoptères. 
Hym. 


Lépidoptères. 


Lép. 
Col. 
Col. 
Col. 
Lép. 
Col. 
Hym. 
Hym. 
Hymn. 
Col. 
Col. 
Hym. 


Hyménoptères. 


Diptères. 
Go. 

Col. 
Dipt. 
Lép. 
Lép. 
Lép. 


TABLE ALPHAB. DES GENRES ET ESPÈCES. 


Auteurs 


qui en parlent. 


De Laporte. 
Serville. 
St.-Fargeau. 
Rambur. 
Ramb. 
Serv. 

De Lap. 

De Lap. 
Ramb. 
Chevrolat. 
St-Far. 

De Villaret. 
St.-Far. 

De Lap. 


. [Serv. 


St.-Far. 
St.-Far. 
\Brullé. 

De Lap. 
Serv. 
Brullé. 
Ramb. 
Ramb. 

De Villiers. 


Pages. 





230 
135 
77 
278 
‘278 
192 
400 
398 
260 
219 
381 
306 
375 
409 
183 
A 8 Il 


. 
407 
158 
206 
201 
267 
421 


Ann. de la Soc. Entomologique . | Tom. L. Page 62. FT..7F 





























Brulle Del PDumenil Direct . 
Rg.1a. Aie du Gorytes Myvtaccus b Antenne du G Campertrur., fem.c.antenne du male. 
dtarse anterieur de la fem.e.Jambe posterieure. Pig. a. aile de YMoplisus 5 cretur b. 
Antenne de la fem.c.antenne du male. d.tarse anterieur de la jem.e jambe posterieure Lg. 3.8. 
Antenne de uspongus Laicinetur. fem.bantenne du mâle. Fig 4.a. Aile du Vestiphorus 
Bicinetur. D antenne de la fem.c. antenne du male: Rg.5.a Antenne du Vsammeæcius 
l'uncüulatur. fem. b. ne du male. Fig 6.a. Aile de YArpactus Zaævër b Antenne de la 
Jém.e. Antenne du male . ns 





« Ann.dela Soc: Entomologique. 





Tom. I. lage 80. PL. 1. 














LTefibore del 





| 
P. Dumérit Drreætt. 
zZ. Satvrus./ aches tr. 1 a.td. wa cellule vu en dessous. 2 Sat. Galathea 2 a td. sa cellule vu en 


dessous. 8. Sat. /rge. Sat. Cotho.S.Sat. Larcrra.6. Sat. ner. 7. Sat. Lriyche 


Z Satyrus.d'Arcet. Lef | ar Larisra [L. Ale supérieure der J ahyres de’celte Section. 
+ Zache annulaire. 


D 


/ pour les autres détails, voir lage 84, 





Ann de la Joc. Ento mo logique Tom I. Page 98. PL. IT 





| 


| 








Guerm Del. 





























de Laporte Del ” P Dumeral Direait . 
1, Otiocephalus Mexticanus. 2. Oto.Piorus. 34. Oto. Americanus. 4. Oo. Flavpennus. 


3. Ouo. /oey. 6. Otuio. fornucartus . 


7. Heteronotus Jpinosus. 8. Het. Wigricans. 9. Met. Flavolineatus. 10. Met .lnerrus. 








è D 26 £ 
Ann. de la Joe. Entomologique . ( Tom I age 220, FEI. 








Euerin Pinrit. * 











2.4 


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ARRETE dl: 











|” PDumenil Dwerit , 
Æ Te t ralobus. (inereus Cory 2, Xiph ura . Villaretana Îr. 2. a. antenne .Jro#S1e 


2.b. Tete et palpe. 2.c. Aude.2.4 Abdomen vu de profil. 








Ann. de la Joc. Entomolegique . Tom Ze lage 210. PL a 
| | 
| | 

















Guerin et Dumenil Pinrit. Ed à ' THE < LE L Tu, ÿ 

.Loncophorus. 4gquus 8 Chevr1a.ra trompe vue de profil. 1.0. son antenne. 2oncophorus 

Larasita ( her. 2.a.sa trompe vue de profil. 2.b.une patte grosse. 2.0. crochets vus de, face. 3. Lonco- 

phorus./rastta Var. 8.a.sa trompe vue de profil. 4.Oxycorynus .Welanocerus Cheor. 4.a 
antenne grosse . 4.b.une patte grosste.Ô. Oxycorynus #elanopr Ceor. 


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Aruv. de la Joe . Entomologique. Tom.1I. Page 221, PL.VI. 











PDumerul Dirertt . 
z.Poiocera Zucxoté Lap. 2. Germaria Gucullalæ Zap 3.Schiria Jervillet 
Lap.4. Cyphonia Wrnata Lap. 5. Atvpa Gibba Lap. 6. Pteryoia Nacquart Zap. 

7. Acanthicus 2erarestit zap. 
Bab Téte grossie du Bombyx lyocampa $. 9. a.b Timbaler grossies de Ye aille Pudique 


vues dessus et dessous. 








Ann. de la doc Értomologique Zome 1 l'age 245 14. WII. 




















L'Pumerul lire 


Rambo linrit 
2-2 Pieris Jagts.?. Vanessa ZAnura.z4.Mesperia Therapne 5-0 Zye>æœna 
n = " 


lorrica.7. Sesia Anthraciformer 
# [2 





Ann. de Lx Joc: Entomologique. Jome 14 lage 270 21. VII. 





























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20 








: L Plumeril Dre. 


fambur l'inxit 

? Orgya Rupestris 2. la femelle. 3.4.5. Chenidle et Chryralide.. 6. Trmiehosoma Cor siCumM 

7 Il d -va en dessous. oO, la, femelle 9 la Cherille. a. 6. e. d. lœif da O ryralide .e la lete- depoutlt. de 

pour, fig ardennes ,gr'onrtès. bc. lbia der Premières Palter. 7 patle portériæure. À erochet des larrer 

20. Cherdle de l'Uropus.a. pale. poréeriéure grosree. be. &te el antenne de l'inrecte parfait AT LA 
Lithosia Bifasciata.z2. Id. Rufeola . 





Ann.de la oct. Éntomologique. Tome L lage 276 1. ZA 





Lambur Lnril LPumené Lurex.. 
Lola Ryade 21 Adtresen e Poe ePeoi > Coradrs 
2. LERCARNIA Riparia. 2... Ammeola. 3, FO Corsioa. Z. FE. Asphodeli 5. aradrina 

6 à C < ce } = : 
fuseicornis.7. Mamestra Chenopo dipha sa. 6. Xvlina Merekir. 4. \vlina Australis . 





Ann. de lx Jociete Zntomologique Zome Z. age doo LlancheX, 


























Fe. et Guérin liner. LPumernil Dire, 
Tinea Decuriella /#uéner) 2 Chenle dans son Jeune àge 2. 1d: Adulte 3 1d. 22 ve Oquz g 
Chrysalide Ÿ {nrecte parfait S 6 palpe üfériur grosrt 7. antnne 14.8. patte postérieure 4. 

A. Jsea Elongata /éuertn.) 





Ann . de 


Zome 1. lage PTIN LLATS 


la Joe. Ertomologique 
: 





| 


| 














Jage Jo8. 








P Pumerit Lirexit 











« 


à FA < "1 » . , Pa 
z Schizocerus leleterib, 2 son aile, 3. va coque aprés la sorte de linrecle parfait. 


l JT 0 T 
8. Nematus vertu 4. Nematus latiper. .won @dle. 6, 4 pale posrkriure., 7. Nematus 
latierus. 9. Antenne de Nematus .GTOSSLE, 


? 





20, Cladias #ffôrmer Lans. 10,4. antenne du male, / 19.1. la Nymphe au nuleu de sa coque 


72 


Pig. 12,la larve vue sur le dos, 12-a,tla larve vue de profil > 
E _ 








Tome 1 l'age 330 UNI. 


Arr de la Jocete £rtomologique.. 


A 
47/2 TE 





À 
d \ VA 7 


























De 


Cuerir L'inait L'Pumerd Lirer 
A. Am phion Reinaudu./ Ze.) B.1. Allocerus Dilaticornis /£ory.) 2.Flater Madagascar: - 
-ensis.9.Buprestis Lepida /% |. 





ie FN rl 
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a" " FU 
[LE 


19 GA L 
JANINE 





Ann. de la Soc. Entomologique ; Tome 1 l'age 340 PL. AU. 








6 














Fevsthamel pinx Pupreel sculp 


#ez. M CoAsSOMmA Repandum mate. 2. idem. femelle. 3. Antenne du mate, grosste.  Z. Chendle 


apres la seconde mue. 8. idem. dans loule sa grosseur. 6. Coque 7. Chrysalide 


“ 


EPS 


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